Renforcé dans leurs bottes crottées par le vote d'Hadopi2, les lourdeaux de la Sacem qui brament contre le scandale du téléchargement illégal en remettent une couche sur le besoin de taxer les fournisseurs d'accès internet. Pourquoi ? Parce qu'ils auraient bénéficié, implicitement de l'offre de téléchargement illégal pour développer leurs ventes d'abonnement Haut-débit.
Quand bien même il serait prouvé que l'argument tacite du téléchargement gratuit et illégal a joué un rôle prédominant dans le développement commercial des FAI, encore faudrait-il mesurer cet impact. Des parents qui prennent un forfait Triple Play et qui ne connaissent pas grand chose à internet, contrairement à leurs enfants qui vont eux, éventuellement, télécharger en masse n'ont certainement pas pris en compte cet argument. Au contraire, moins ils s'y connaissent en informatique/internet plus ils vont avoir tendance à éviter de télécharger et à l'interdire à leurs enfants.
Mais pour avancer sur ce débat il faudrait faire une étude approfondie des arguments marketing des FAI en fonction de leurs résultats. C'est largement possible, même s'il n'est pas évident de se mettre d'accord sur un protocole d'étude, parce que les FAI sont des entreprises qui publient leurs résultats et doivent rendre des comptes à leurs actionnaires. Or la Sacem est un organisme tout ce qu'il y a de plus opaque.
Bref, quand la Sacem voudra bien faire preuve de plus de transparence dans sa gestion elle pourra peut-être commencer à demander des comptes à des entreprises dont l'activité s'exerce sur un secteur concurrentiel, par opposition à une administration privée établie dans un quasi-monopole de fait.
A lire aussi : tweeté par Ziknblog, un sondage Ipsos que n'utilisera pas la Sacem dans ses arguments fallacieux.
Mon sous-titrage du cinema, qu'il s'agisse de films, de pépètes ou simplement de personnes.
Ce blog a obtenu son visa Tout Public, il s'adresse à tous ceux qui vont au cinéma et/ou qui aiment les films.
lundi 5 octobre 2009
mercredi 23 septembre 2009
Les Délices d'Hadopi
C'était prévisible. Raphaël Anglade nous signale que les journalistes papier (au cerveau plus lent et plus servile que celui de leurs confrères qui pensent d'abord Internet) viennent de se rendre compte qu'Hadopi n'est qu'un prétexte au contrôle du web.
Évidemment ils ne s'en seraient toujours pas rendu compte s'il n'y avait pas une mesure qui les touche directement :
Après le petit bout de loi empêchant la secte de Scientologie d'être dissoute en France (et toutes les personnes morales convaincues d'escroquerie), les amendements votés pour limiter l'inégibilité des parlementaires, il y a vraiment qqch de pourri au royaume de Sarkozie. En tout cas un sacré sens inné de la mission de droit divin, balancé sans complexe au beau milieu de la République et sa difficile définition du bien commun.
Évidemment ils ne s'en seraient toujours pas rendu compte s'il n'y avait pas une mesure qui les touche directement :
Les "œuvres" des journalistes pourront désormais être exploitées sans rémunération supplémentaire sur tous les supports d’un même titre.Hé oui, on ne peut pas copier sans limite les œuvres des artistes, mais les journalistes ne sont eux que des ouvriers de l'actualité et de la propagande.
Après le petit bout de loi empêchant la secte de Scientologie d'être dissoute en France (et toutes les personnes morales convaincues d'escroquerie), les amendements votés pour limiter l'inégibilité des parlementaires, il y a vraiment qqch de pourri au royaume de Sarkozie. En tout cas un sacré sens inné de la mission de droit divin, balancé sans complexe au beau milieu de la République et sa difficile définition du bien commun.
jeudi 17 septembre 2009
Déjà vu : Out of the Past/Against All Odds
Out of the Past (La Griffe du passé - 1947), aussi connu sous le titre de Build my Gallows High (Pendez-moi haut et court), est tout simplement un des chefs d'oeuvre du film noir. L'idée d'en faire un remake est donc éminement foireuse d'entrée, et à plus forte raison s'il s'agit de faire le remake au coeur des années 80.Notre petite jurisprudence D.O.A. nous montre en effet que les insouciantes, lumineuses et tape à l'oeil 80s sont tout ce qu'il y a de plus éloigné visuellement de l'époque des films noirs. Le contexte morose se prête pourtant aux histoires de héros poursuivis par la fatalité, mais en plus du manque d'un style propre après la fureur des années disco, de la libération sexuelle, les années 80 sont assommées par le retour des valeurs (morales) des années Reagan sur fond de crise économique permanente, au détriment du sens de la vie (c'est le travailler plus pour gagner plus avant l'heure). Ajoutons à ça que la "nouvelle vague US", les jeunes réalisateurs prometteurs des 70s (Spielberg, Scorsese, De Palma, Coppola...) sont vite rentrés dans le moule d'Hollywood pour faire ce qu'ils savent faire sans prendre trop de risques. Pour le cinéma des années 80, l'esthétique est entièrement écrasée par la puissance financière des groupes qui ont racheté les studios. Les pontes des studios voient progressivement la manne de la vidéo et du public ado s'imposer comme les bases d'un marché juteux. Pour moi le résultat se résume à la série Miami Vice : du soleil, des héros seuls, mais globalement indestructibles, et avec tellement de compensations en nature...
PAS DE FEELGOOD MOVIE DANS MON FILM NOIR, MERCI
Rien ne rapproche notre héros de film noir de Sonny Crockett ou Ferris Bueller ou Bud Fox, le héros de Wall Street, perdu face à Gordon Gekko, un nom qu'on retient plus facilement grâce à l'écrasante présence de Michael Douglas dans ses quelques scènes. Mais l'ambition d'Against All Odds (Contre toute attente - 1984) n'est pas d'être un remake (ou alors ils ont vraiment perdu le fil et la bobine en cours de route !), ce qui évite déjà au film d'être jugé, et descendu en flammes, sur ce plan là par les fans de films noirs. Le film de Taylor Hackford ne fait que reprendre le fond de l'intrigue pour en faire un film romantico-policier. Ce genre, finalement assez typique des 80s (Polanski va malheureusement marcher dedans avec Frantic) n'avait pas d'avenir, comme toute l'esthétique des années 80 qu'on essaie de nous refourguer aujourd'hui. Pourtant j'ai un petit faible pour ce film mineur. Jeff Bridges y est excellent, même si son rôle est trop propre comme tout ce qu'on lui demande à l'époque, entre la guimauve de John Carpenter (Starman) et l'insignifiant dernier film de Hal Ashby (8 millions Ways to Die) dont le potentiel noir a été laminé en cours de production. Et Rachel Ward est sublime. John Woods est très bon aussi, comme toujours, mais son rôle est trop limité par rapport à la menace sournoise incarnée par Kirk Douglas dans l'original.
Bref on peut voir ces deux films indépendamment, sans se douter d'une vague filiation entre eux. Le premier est tout simplement excellent, l'autre peut faire passer un bon moment si on n'en attend rien de particulier. Quoique cet exemple ne soit pas très convaincant, il reste que la meilleure façon de concevoir un remake est de s'affranchir totalement du film original. Si le film original est un chef d'oeuvre on part perdant, mais contre toute attente on peut alors en sortir qqch d'intéressant et, paradoxalement, d'original.
So take a look at me now, cos there's just an empty space
And there's nothing left here to remind me,
just the memory of your face
Just take a look at me now, well there's just an empty space
And you coming back to me is against the odds and that's what I've got to face.
mercredi 9 septembre 2009
RIP! A Remix Manifesto
Le PDG de Sony Music France, et président du Snep, ferait bien de regarder le documentaire Rip, A Remix Manifesto avant de se ridiculiser par sa petite poussée d'urticaire.
Encore un peu et il va traiter les gens qui critiquent Hadopi de terroristes (c'est déjà le fond de la pensée unique qu'il partage avec ces potes bloqués du bulbe: pirates = pas de quartier). C'est sûr que c'est le genre d'argument à faire un beau débat démocratique.
UN PERE FOUETTARD A LA PETITE SEMAINE
Christophe Gnagnanère, tu as du temps à perdre à commenter les propos d'anonymes que tu présentes comme pas du tout crédibles. Tu dis que les opposants à Hadopi sont des délateurs parce qu'ils veulent publier la liste des députés qui ont voté pour la loi ? Parler de délation alors qu'il est tout à fait normal, pour commencer, de vouloir savoir à quelles discussions a pris part son député, puis comment il a voté, c'est de la malhonnêteté intellectuelle. T'as beau jeu de montrer ta gueule, tu ferais peut-être mieux d'essayer de dire des trucs mieux argumentés en te cachant sous un pseudo et de t'exposer seulement le jour où tu es sûr d'avoir tout compris.
De toute façon, inutile de discuter avec des gens qui sont techniquement (et intellectuellement) incapables d'avoir le moindre recul sur leur secteur et l'évolution du monde. S'ils avaient la capacité de comprendre, l'ouverture d'esprit, s'ils n'étaient pas aveuglés par la colère face à ce qui menace leur haute opinion d'eux-mêmes, ils iraient de l'avant et investiraient leur énergie, leur temps et leur salive dans un business innovant. Ils ne resteraient pas raides dans leurs bottes à défendre leurs châteaux de sable menacés par le réchauffement climatique.
Encore un peu et il va traiter les gens qui critiquent Hadopi de terroristes (c'est déjà le fond de la pensée unique qu'il partage avec ces potes bloqués du bulbe: pirates = pas de quartier). C'est sûr que c'est le genre d'argument à faire un beau débat démocratique.
UN PERE FOUETTARD A LA PETITE SEMAINE
Christophe Gnagnanère, tu as du temps à perdre à commenter les propos d'anonymes que tu présentes comme pas du tout crédibles. Tu dis que les opposants à Hadopi sont des délateurs parce qu'ils veulent publier la liste des députés qui ont voté pour la loi ? Parler de délation alors qu'il est tout à fait normal, pour commencer, de vouloir savoir à quelles discussions a pris part son député, puis comment il a voté, c'est de la malhonnêteté intellectuelle. T'as beau jeu de montrer ta gueule, tu ferais peut-être mieux d'essayer de dire des trucs mieux argumentés en te cachant sous un pseudo et de t'exposer seulement le jour où tu es sûr d'avoir tout compris.
De toute façon, inutile de discuter avec des gens qui sont techniquement (et intellectuellement) incapables d'avoir le moindre recul sur leur secteur et l'évolution du monde. S'ils avaient la capacité de comprendre, l'ouverture d'esprit, s'ils n'étaient pas aveuglés par la colère face à ce qui menace leur haute opinion d'eux-mêmes, ils iraient de l'avant et investiraient leur énergie, leur temps et leur salive dans un business innovant. Ils ne resteraient pas raides dans leurs bottes à défendre leurs châteaux de sable menacés par le réchauffement climatique.
lundi 24 août 2009
Speedciné
Depuis un an environ j'entends parler de gens qui regardent des films (des épisodes de leur série préféré pour commencer) en streaming. Peut-être parce que je deviens vieux, je reste fidèle au bon vieux téléchargement qui me permet de regarder le film quand je veux une fois qu'il est sur mon dur. Au passage il m'est arrivé de télécharger certains films (700 Mo) en moins d'une demi-heure... pas sûr que le streaming permette le même confort de visionnage.
Le gros argument du streaming c'est qu'il n'y a rien d'illégal pour l'internaute. Personnellement je trouve ça très petit comme justification, c'est vraiment de l'hypocrisie. Quand je télécharge un film je n'ai pas honte et je n'essaie pas de me mentir sur le caractère légal du truc. Je ne le fais pas non plus par esprit revendicatif, mais simplement comme un consommateur lambda abreuvé de pub pendant des années qui se retrouve avec un service "instant gratification" plus performant que tout ce qui existe sur le marché officiel.
Si demain tout le monde se met à laisser les clés sur sa voiture et que les gens n'abusent pas du système, je peux donc, en cas de besoin, conduire dans une voiture "volée" (en tout cas sans avoir les papiers en règle) en bas de chez moi, ce qui m'évite par exemple d'en acheter une ou de prendre un taxi. Surtout, dans la mesure où une voiture est dispo en bas de chez moi, le service défie toute concurrence.
Le haut-débit + les rythmes de consommation frénétiques, la génération kleenex, tout ça contribue à bousculer les éditeurs de contenus trop longtemps habitués à tenir fermement les vannes de leur catalogue.
Fondamentalement est-ce que le streaming change quelque chose ? Oui s'il tend à montrer le gaspillage d'énergie de courir après des voleurs à l'étalage par rapport à la lutte contre le terrorisme par exemple.
Comme le démontre Chris Anderson dans son dernier livre, il faut bien comprendre que l'économie de l'internet suppose d'accepter d'offrir du contenu gratuit pour toucher un maximum de personnes, parmi lesquelles une minorité paiera pour avoir du contenu premium, c'est à dire dans le cas d'un film, de le voir dans des conditions meilleures que sur un écran d'ordinateur et en dépendant du débit des données en mémoire tampon et de la qualité de l'encodage pirate.
C'est évidemment contre-intuitif pour tous les vieux cons comme moi qui sont nés bien avant qu'internet n'explose, mais c'est comme ça, il faut savoir écouter, comprendre et s'adapter.
Pour l'instant, l'avenir du streaming parait lié au développement des offres de VOD. Speedciné est un site portail tout ce qu'il y a de plus légal, mais à la base il propose le même service que n'importe quel répertoire de torrents. La garantie de qualité (c'est le minimum) du fournisseur en plus.
Petit détail supplémentaire auquel je tiens, il met en avant une catégorie de films gratuits (en fait, tombés dans le domaine public la plupart du temps) comme le font publicdomaintorrents.com ou archive.org de manière nettement plus underground. Le gratuit est donc encore une fois présent et c'est lui qui crédibilise un service dès le départ, et sur le long terme.
Le gros argument du streaming c'est qu'il n'y a rien d'illégal pour l'internaute. Personnellement je trouve ça très petit comme justification, c'est vraiment de l'hypocrisie. Quand je télécharge un film je n'ai pas honte et je n'essaie pas de me mentir sur le caractère légal du truc. Je ne le fais pas non plus par esprit revendicatif, mais simplement comme un consommateur lambda abreuvé de pub pendant des années qui se retrouve avec un service "instant gratification" plus performant que tout ce qui existe sur le marché officiel.
Si demain tout le monde se met à laisser les clés sur sa voiture et que les gens n'abusent pas du système, je peux donc, en cas de besoin, conduire dans une voiture "volée" (en tout cas sans avoir les papiers en règle) en bas de chez moi, ce qui m'évite par exemple d'en acheter une ou de prendre un taxi. Surtout, dans la mesure où une voiture est dispo en bas de chez moi, le service défie toute concurrence.
Le haut-débit + les rythmes de consommation frénétiques, la génération kleenex, tout ça contribue à bousculer les éditeurs de contenus trop longtemps habitués à tenir fermement les vannes de leur catalogue.
Fondamentalement est-ce que le streaming change quelque chose ? Oui s'il tend à montrer le gaspillage d'énergie de courir après des voleurs à l'étalage par rapport à la lutte contre le terrorisme par exemple.
Comme le démontre Chris Anderson dans son dernier livre, il faut bien comprendre que l'économie de l'internet suppose d'accepter d'offrir du contenu gratuit pour toucher un maximum de personnes, parmi lesquelles une minorité paiera pour avoir du contenu premium, c'est à dire dans le cas d'un film, de le voir dans des conditions meilleures que sur un écran d'ordinateur et en dépendant du débit des données en mémoire tampon et de la qualité de l'encodage pirate.
C'est évidemment contre-intuitif pour tous les vieux cons comme moi qui sont nés bien avant qu'internet n'explose, mais c'est comme ça, il faut savoir écouter, comprendre et s'adapter.
Pour l'instant, l'avenir du streaming parait lié au développement des offres de VOD. Speedciné est un site portail tout ce qu'il y a de plus légal, mais à la base il propose le même service que n'importe quel répertoire de torrents. La garantie de qualité (c'est le minimum) du fournisseur en plus.
Petit détail supplémentaire auquel je tiens, il met en avant une catégorie de films gratuits (en fait, tombés dans le domaine public la plupart du temps) comme le font publicdomaintorrents.com ou archive.org de manière nettement plus underground. Le gratuit est donc encore une fois présent et c'est lui qui crédibilise un service dès le départ, et sur le long terme.
mercredi 8 juillet 2009
Exces de vitesse sur internet
Au cinema on ne fait des suites que quand un film a cartonne. Hadopi a en effet bien cartonne, dans le sens d'un beau carambolage legisatif, et c'est peut-etre pour ca qu'Hadopi2 fait la concession de mettre la justice dans la boucle, mais au niveau d'une procedure sur ordonnance genre exces de vitesse constate = coupable presume.
Plutot que de suivre connement les atermoiments de notre omnispresident, le monomaniaque du refoulement profond pour le citoyen inconnu et de la legion d'honneur pour ses courtisans, mettons un peu de perspective.
Samedi on annoncait la mort (dans l'indifference generale de la presse franchouille) d'Allen Klein. Celui-ci fut un manager impitoyable autant pour ses clients comme les Stones, les Beatles, que pour son propre compte. Son approche pour seduire ses clients ? Comptable New-Yorkais, il aura ete le premier a voir combien les maisons de disques exploitaient leurs artistes, a l'exposer et donc a obtenir des contrats bien plus juteux pour ses clients, quitte a se servir un peu trop au passage. Ces contrats juteux d'alors sont aujourd'hui la norme puisque il s'agissait, avant meme la negociation des conditions financieres, de bien attribuer leurs droits aux artistes. Avant Allen Klein, les royalties n'etaient qu'une obole conditionnelle accordees aux auteurs... Les rapaces de l'edition profitaient d'un fait : s'il y a bien une categorie professionnelles qui ne pense pas a sa retraite, c'est les artistes.
Alors aujourd'hui on vient defendre les maisons de disques, ces grands mecenes de la cuture ? Il faudrait remettre les choses en perspective une bonne fois pour toutes, et considerer l'evolution du secteur sur le long terme. Oui,forcement ca depasse la majorite des hommes politiques qui vivent a la -courte- echelle d'un mandat, d'une echeance electorale. Malheureusement les plus ambitieux vivent concretemenet leur posterite sans depasser le stade du poster.
Plutot que de suivre connement les atermoiments de notre omnispresident, le monomaniaque du refoulement profond pour le citoyen inconnu et de la legion d'honneur pour ses courtisans, mettons un peu de perspective.
Samedi on annoncait la mort (dans l'indifference generale de la presse franchouille) d'Allen Klein. Celui-ci fut un manager impitoyable autant pour ses clients comme les Stones, les Beatles, que pour son propre compte. Son approche pour seduire ses clients ? Comptable New-Yorkais, il aura ete le premier a voir combien les maisons de disques exploitaient leurs artistes, a l'exposer et donc a obtenir des contrats bien plus juteux pour ses clients, quitte a se servir un peu trop au passage. Ces contrats juteux d'alors sont aujourd'hui la norme puisque il s'agissait, avant meme la negociation des conditions financieres, de bien attribuer leurs droits aux artistes. Avant Allen Klein, les royalties n'etaient qu'une obole conditionnelle accordees aux auteurs... Les rapaces de l'edition profitaient d'un fait : s'il y a bien une categorie professionnelles qui ne pense pas a sa retraite, c'est les artistes.
Alors aujourd'hui on vient defendre les maisons de disques, ces grands mecenes de la cuture ? Il faudrait remettre les choses en perspective une bonne fois pour toutes, et considerer l'evolution du secteur sur le long terme. Oui,forcement ca depasse la majorite des hommes politiques qui vivent a la -courte- echelle d'un mandat, d'une echeance electorale. Malheureusement les plus ambitieux vivent concretemenet leur posterite sans depasser le stade du poster.
mardi 7 juillet 2009
The Fog of War
Étrangement hier soir j'ai eu envie de revoir le puissant documentaire d'Errol Morris. Le début au moins, avec une courte scène de McNamarra dans son élément au coeur des 60s, qui enchaîne avec une générique qui pose on ne peut mieux le sujet, et l'émotion grace a la composition magnifique de Philip Glass.
Le lendemain j'apprends la mort de McNamara. La question que tout le monde me posait, apres que j'ai offert moultes fois le film en DVD (alors qu'au départ je l'avais téléchargé... f*ck Hadopi), tenait au jugement à porter sur cet homme qui essaie de s'amender en exposant toutes ses erreurs qui ont causé tant de morts civiles et militaires.
Bizarrement je ne me suis jamais pose la question de juger le personnage, peut-être trop subjugue par la puissance du documentaire dans son intégralité, pas juste comme un documentaire sur McNamara. C'était peut-être aussi son but de généraliser a partir de son expérience pour oter la pression de ses erreurs.
Si réponse il doit y avoir sur McNamara, celle-ci me parait la plus simple :
Le lendemain j'apprends la mort de McNamara. La question que tout le monde me posait, apres que j'ai offert moultes fois le film en DVD (alors qu'au départ je l'avais téléchargé... f*ck Hadopi), tenait au jugement à porter sur cet homme qui essaie de s'amender en exposant toutes ses erreurs qui ont causé tant de morts civiles et militaires.
Bizarrement je ne me suis jamais pose la question de juger le personnage, peut-être trop subjugue par la puissance du documentaire dans son intégralité, pas juste comme un documentaire sur McNamara. C'était peut-être aussi son but de généraliser a partir de son expérience pour oter la pression de ses erreurs.
Si réponse il doit y avoir sur McNamara, celle-ci me parait la plus simple :
It's true, he was much more than a number cruncher. He was a sentimental, emotional man, tortured in some ways. But more than anything, he was a man who wanted to, needed to, be in control. And he could not be that man—no one can.
from
Newsweek
mercredi 6 mai 2009
138
Voilà de quoi mettre du baume au coeur : alors qu'après toutes les manigances en coulisses pour saboter le côté contraignant (pour Hadopi) de l'amendement 138, plus personne ne croyait aux chances de revoir le Bono/Cohn-Bendit, hé bien pourtant c'est fait !
La réaction de Guy Bono n'a pas tardé à nous parvenir :" C'est une nouvelle claque pour Sarkozy et le gouvernement français. Le Parlement a dit non à Sarkozy autant sur le fond que sur la forme. Les eurodéputés ont dit non à la riposte graduée et non aux pressions inadmissibles exercée par la France sur le premier organe démocratique du continent européen. "J'ai toujours pensé que Sarkozy serait, au bout du compte, victime de son gros défaut de vouloir imposer sa volonté coûte que coûte.
mardi 28 avril 2009
William Morris + Endeavor = Will MorE?
Article pas très intéressant en soit (simple juxtaposition de déclarations à chaud sans travail de mise en perspective) mais qui illustre les changements que vont subir les professions intermédiaires des médias.
Ou alors, les agences rationalisées vont se concentrer sur les gros coups, laissant la place à un nouveau marché pour des "offres" alternatives. Ce serait pas mal aussi.
Mr. Emanuel, whose brother Rahm is the White House chief of staff, told agents who flocked to his office that the weak economy was a major impetus to consolidation.Entre deux répétitions de détails sans importance sur la nouvelle organisation des 2 "majors" de la représentation de talents William Morris + Endeavor, il est vaguement évoqué l'opportunité de "rationaliser" en période de crise. Par la bouche du charismatique frère de celui qui joue le rôle du "méchant" à la Maison blanche, ça passe mieux.
For years, virtually every significant Hollywood agency has explored possible mergers with competitors as companies looked for growth and new horizons at a time when core movie and television businesses have been constrained by digital inroads and cost cutbacks.A l'heure où les banquiers recommencent à se sucrer, grâce à l'argent des contribuables, la "crise" pousse un peu les agents artistiques à prendre en compte les mutations plus profondes de l'économie numérique, et notamment le fait que les intermédiaires vont devoir travailler beaucoup plus pour justifier leurs 10% de commission sur tout ce qui bouge.
Ou alors, les agences rationalisées vont se concentrer sur les gros coups, laissant la place à un nouveau marché pour des "offres" alternatives. Ce serait pas mal aussi.
lundi 27 avril 2009
Epuration ou réconciliation numérique ?
Aujourd'hui, très belle réponse du berger aux mégères malaprises qui s'énervaient la semaine dernière contre le vote du PS pour repousser Hadopi (voir post du 22/4).
La réponse est complète, argumentée sans passion contrairement à ces pauvres cinéastes déconnectés qui prennent encore leur position dans la société au sérieux.
Forcer le dialogue, rentrer dans le détail de la ventilation des bénéfices créés par les produits culturels, voilà ce que les puissants intermédiaires de la Culture veulent éviter à tout prix. L'apport des labels d'une Major, d'un conglomérat de production/distribution/exploitation dans le cinéma, d'une société d'auteurs... serait ridiculisé une fois mis à nu au beau milieu de l'économie numérique. Du moins dans l'état actuel de la volonté de ces brontosaures de la Culture de s'adapter.
Qu'ils meurent avec leur trésor de guerre et les souvenirs de leur rente de situation. Personne ne viendra les pleurer, ni les artistes, ni même leurs anciens actionnaires qui comprendront vite aussi où se nichent les gisements de croissance de l'économie.
La réponse est complète, argumentée sans passion contrairement à ces pauvres cinéastes déconnectés qui prennent encore leur position dans la société au sérieux.
La loi censée défendre l’exception culturelle devient une « loi d’exception » en Europe. Dès lors, en refusant le fait du prince, comme nombre de députés de la majorité, nous ne comprenons pas en quoi nous devrions demander pardon aux artistes qui nous ont toujours trouvés à leurs côtés dans l’action gouvernementale comme dans nos politiques locales. Nous voudrions juste que ceux qui nous interpellent prennent conscience que voter une loi est un acte plus grave que de signer une pétition. C’est un engagement au service de l’intérêt général dont on doit répondre la tête haute, sans raser les murs.
Lorsque la loi est mal foutue et qu’elle ne règle rien, il vaut mieux que la main du législateur tremble et qu’elle refuse de céder à la politique de « l’Hadopire ». On nous rétorque qu’il n’y a pas d’alternative. On refuse même de débattre de notre proposition de « contribution créative » au prétexte qu’elle ne serait pas à la hauteur des enjeux financiers du téléchargement. De qui se moque-t-on ? La redevance de deux ou trois euros mensuels que nous proposons couplée à la réorientation de la taxe sur les FAI générera près d’un milliard d’euros pour rémunérer chaque année les droits d’auteurs, quand Hadopi ne leur rapportera pas un centime. Elle est aussi l’occasion de forcer un dialogue, sans haine, sans anathème, auquel se refusent aujourd’hui l’Etat et les majors, sur les coûts de fabrication et de diffusion des produits culturels.
Forcer le dialogue, rentrer dans le détail de la ventilation des bénéfices créés par les produits culturels, voilà ce que les puissants intermédiaires de la Culture veulent éviter à tout prix. L'apport des labels d'une Major, d'un conglomérat de production/distribution/exploitation dans le cinéma, d'une société d'auteurs... serait ridiculisé une fois mis à nu au beau milieu de l'économie numérique. Du moins dans l'état actuel de la volonté de ces brontosaures de la Culture de s'adapter.
Qu'ils meurent avec leur trésor de guerre et les souvenirs de leur rente de situation. Personne ne viendra les pleurer, ni les artistes, ni même leurs anciens actionnaires qui comprendront vite aussi où se nichent les gisements de croissance de l'économie.
mercredi 22 avril 2009
Les vieux de la veille
15j après la bataille, JJ Annaud, Philippe Lioret, Bertrand Tavernier, Danièle Thompson... publient une tribune dans Libé, pour dire quoi ? Qu'ils ne sont vraiment pas contents du vote des socialistes contre Hadopi. Ils se sentent même un peu incompris, les pauvres, eux qui croyaient que leur oeuvre avaient une dimension sociale.
C'est à dire qu'ils débarquent un peu. Le PS est à la rue depuis un sacré bout de temps, mais globalement ce n'est pas notre problème si on doit encore parler d'Hadopi. La compagnie des vieux cinéastes arrivés reproche aux députés de l'opposition de ne rien faire de constructif ? Mais alors eux aussi ils feraient mieux de proposer qqch au lieu de piquer une colère contre ce vote de détail contre Hadopi.
Et après ils s'étonnent qu'on les traite de bétail, de veaux qui suivent le lobbying de ces intermédiaires de la production qui vont mourir demain, sans qu'Hadopi n'y change rien ? Et c'est les mêmes qui mettront sans discuter leur nom sur une pétition qui parle un peu de droits de l'homme ?
Comme les hommes politiques qui soutiennent cette loi ils sont déconnectés du monde réel, ça fait trop longtemps qu'ils n'ont pas eu de fin de mois difficile. En revanche la création, l'économie de la création, la nouvelle économie/révolution numérique (cette expression date de 10 ans les gars, faut se réveiller, ça ne vient pas de commencer), les nouveaux modes de consommation, un nouveau pricing pour la nouvelle chaîne de distribution/diffusion... tout ça ils connaissent super bien, c'est des spécialistes. De sacrées têtes pour tout dire, il faudrait vraiment réfléchir à leur attribuer un Prix Nobel de l'économie, de la Paix et en créer un aussi pour le Cinéma qui porterait leur nom.
C'est à dire qu'ils débarquent un peu. Le PS est à la rue depuis un sacré bout de temps, mais globalement ce n'est pas notre problème si on doit encore parler d'Hadopi. La compagnie des vieux cinéastes arrivés reproche aux députés de l'opposition de ne rien faire de constructif ? Mais alors eux aussi ils feraient mieux de proposer qqch au lieu de piquer une colère contre ce vote de détail contre Hadopi.
Et après ils s'étonnent qu'on les traite de bétail, de veaux qui suivent le lobbying de ces intermédiaires de la production qui vont mourir demain, sans qu'Hadopi n'y change rien ? Et c'est les mêmes qui mettront sans discuter leur nom sur une pétition qui parle un peu de droits de l'homme ?
Comme les hommes politiques qui soutiennent cette loi ils sont déconnectés du monde réel, ça fait trop longtemps qu'ils n'ont pas eu de fin de mois difficile. En revanche la création, l'économie de la création, la nouvelle économie/révolution numérique (cette expression date de 10 ans les gars, faut se réveiller, ça ne vient pas de commencer), les nouveaux modes de consommation, un nouveau pricing pour la nouvelle chaîne de distribution/diffusion... tout ça ils connaissent super bien, c'est des spécialistes. De sacrées têtes pour tout dire, il faudrait vraiment réfléchir à leur attribuer un Prix Nobel de l'économie, de la Paix et en créer un aussi pour le Cinéma qui porterait leur nom.
lundi 20 avril 2009
La gratuité en question
Chris Anderson, le rédacteur en chef de Wired, auteur il y a 4 ans de The Long Tail (La Longue Traîne
), est donc quelqu'un qui connait un peu mieux internet que la majorité des élus qui travaillent, parfois, à le réguler (le discours du vieux sénateur républicain corrompu de l'Alaska - belle carte de visite - Internet is a series of Tubes fait encore rire 3 ans après).
Chris Anderson travaille depuis 2 ans (au moins) à son prochain livre, qui sortira en juillet, sur le phénomène de la gratuité et internet : Free: The Future of a Radical Price
.
Il publiait déjà un avant goût de son travail l'an dernier, et j'ai l'impression que ceux qui étaient capables de l'entendre et de réagir à son approche n'ont pas été très enthousiasmés par la perspective d'un débat (synthèse en français ici). Il faut dire que même parmi les plus virulents détracteurs d'épiphénomènes coûteux comme Hadopi, le plus difficile à argumenter est la solution au problème du téléchargement gratuit. Parce qu'intuitivement, avec nos schémas de pensée hérités de la vieille économie, tous ces fichiers téléchargés gratuitement doivent bien correspondre quelque part à un problème, un déficit de ventes. Hé bien non justement. D'un côté il y a des adolescents qui téléchargent massivement, par ennui, par émulation..., mais leur pouvoir d'achat est de toute façon limité alors autant qu'ils participent au buzz gratuitement. De l'autre il y a les adultes qui téléchargent, mais ont, eux, plus souvent l'occasion d'acheter. Ils ne sont pas dans la situation frustrante de l'ado qui découvre tout en vrac et se noie dans la profusion incontrôlée. Les adultes ont une carte de crédit et ne sont qu'à un clic de faire un achat impulsif de tel disque ou de tel film. Sans compter que les produits dérivés non-numériques (livres, gadgets, déco...) n'ont aucune raison de marcher moins bien, au contraire.
Chris Anderson travaille depuis 2 ans (au moins) à son prochain livre, qui sortira en juillet, sur le phénomène de la gratuité et internet : Free: The Future of a Radical Price
Il publiait déjà un avant goût de son travail l'an dernier, et j'ai l'impression que ceux qui étaient capables de l'entendre et de réagir à son approche n'ont pas été très enthousiasmés par la perspective d'un débat (synthèse en français ici). Il faut dire que même parmi les plus virulents détracteurs d'épiphénomènes coûteux comme Hadopi, le plus difficile à argumenter est la solution au problème du téléchargement gratuit. Parce qu'intuitivement, avec nos schémas de pensée hérités de la vieille économie, tous ces fichiers téléchargés gratuitement doivent bien correspondre quelque part à un problème, un déficit de ventes. Hé bien non justement. D'un côté il y a des adolescents qui téléchargent massivement, par ennui, par émulation..., mais leur pouvoir d'achat est de toute façon limité alors autant qu'ils participent au buzz gratuitement. De l'autre il y a les adultes qui téléchargent, mais ont, eux, plus souvent l'occasion d'acheter. Ils ne sont pas dans la situation frustrante de l'ado qui découvre tout en vrac et se noie dans la profusion incontrôlée. Les adultes ont une carte de crédit et ne sont qu'à un clic de faire un achat impulsif de tel disque ou de tel film. Sans compter que les produits dérivés non-numériques (livres, gadgets, déco...) n'ont aucune raison de marcher moins bien, au contraire.
Scenario 1: Low-cost digital distribution will make the summer blockbuster free. Theaters will make their money from concessions — and by selling the premium moviegoing experience at a high price.Ce que nous dit Chris Anderson, en bref, c'est qu'il faut inclure la gratuité dans la manière de penser son marketing. Il a l'air en avance si j'en crois la manière dont le débat est soigneusement évité sur la place publique. Tant mieux, ça veut dire qu'on peut encore être en avance là-dessus (avis aux entrepreneurs qui voient loin) mais aussi que certains vont louper la dernière chance qui leur est offerte de prendre en marche le train de l'économie numérique (adieu veaux, vaches à lait, Sacem et compagnies craignos).
mardi 7 avril 2009
La parole est à la défonce
Dernier mot cette fois promis, et je laisse la loi Hadopi avorter dans son coin.
Bon je vous laisse, j'ai des téléchargements en retard. Tout ce débat face à des industriels de mauvaise foi et des politiques commis d'office m'a donné une de ces soif de culture gratuite... Comme une envie de commettre un crime gratuit.
- 1. Le Wifi va pourrir les premières tentatives d'appliquer la loi
- 2. Refusez systématiquement les Recommandés adressés à l'adresse précise qu'utilise votre FAI (conseillé précédemment par Maitre Eolas). Vous conviendrez que les recommandés sont très rarement des chèques de généreux donateurs. Si vous attendez quand même des RAR importants, ajoutez une ligne dans l'adresse de votre compte Internet (un truc anodin genre "boite n°512a") qui vous permettra d'identifier à coup sûr le farceur qui vous envoie une missive avec force formalités. Deux raisons à ça :
- le facteur ne sera pas forcément coopératif pour vous indiquer l'expéditeur (surtout s'il vient de se taper 4 étages à pied pour avoir votre signature)
- si vous n'êtes pas là (ou que le facteur n'a pas voulu risquer de se taper 4 étages pour rien) l'avis de passage ne mentionnera pas l'expéditeur et j'imagine que vous ne voudrez pas faire la queue 1/2h un samedi matin à votre bureau de poste juste pour avoir confirmation que vous êtes dans la base de publipostage des nouveaux emplois vieux créés par Crétine Albanel.
Pas de bras, pas de chocolat ; pas de preuve légale d'un avertissement, pas de risque de sanction. Et qui c'est qui aura gaspillé l'argent des contribuables en touchant des sous de la Sacem et compagnie ?
Bon je vous laisse, j'ai des téléchargements en retard. Tout ce débat face à des industriels de mauvaise foi et des politiques commis d'office m'a donné une de ces soif de culture gratuite... Comme une envie de commettre un crime gratuit.
"16 gus dans un hémicycle"
Un dernier petit coup sur Hadopi qui a été voté à l'Assemblée Nationale la semaine dernière par 16 députés.
Visualiser le résultat du vote.
Bravo aux 10 députés moutonniers (ou abrutis) de la Majorité Présidentielle qui se sont déplacés pour voter pour.
Bravo aux 2 députés du nous-veaux centre qui se sont déplacés pour s'abstenir.
Bravo aux 4 députés de l'opposition qui ont pris le temps de venir voter contre.
Quand on pense qu'il aurait suffit d'une petite dizaine de députés PS ou PC en plus pour foutre le souk une semaine de plus...
Vive le courage politique.
Qu'on ne vienne pas me reprocher après ça d'appeler à l'abstention totale et au téléchargement intensif jusqu'en 2012.
Visualiser le résultat du vote.
Bravo aux 10 députés moutonniers (ou abrutis) de la Majorité Présidentielle qui se sont déplacés pour voter pour.
Bravo aux 2 députés du nous-veaux centre qui se sont déplacés pour s'abstenir.
Bravo aux 4 députés de l'opposition qui ont pris le temps de venir voter contre.
Quand on pense qu'il aurait suffit d'une petite dizaine de députés PS ou PC en plus pour foutre le souk une semaine de plus...
Vive le courage politique.
Qu'on ne vienne pas me reprocher après ça d'appeler à l'abstention totale et au téléchargement intensif jusqu'en 2012.
samedi 28 mars 2009
Hadopi is dead baby
A la veille de la reprise des discussions, on peut déjà annoncer qu'Hadopi est mort. En signe de deuil et de compassion avec tous les éditeurs audiovisuels qui ont cherché à se blackbouler eux-mêmes, ce blog reprend ses couleurs d'origine.
Autopsie d'un fantasme sécuritaire de plus du califat Sarkozy, commandeur des croyants en lui.
Qu'est-ce que tout cela peut bien vouloir dire ?
Autopsie d'un fantasme sécuritaire de plus du califat Sarkozy, commandeur des croyants en lui.
- D'abord tout le battage autour d'Hadopi a fait beaucoup de pub au téléchargement illégal. Les gens qui avaient un vieux LimeWire installé pour télécharger à l'occasion ont commencé à s'intéresser, par exemple, aux clients BitTorrent. µTorrent sur Mac ou PC, Transmission sur Mac ou Linux, Vuze (ex-Azureus)... L'effet nouveauté/découverte aidant ils ont plus téléchargé. Sans compter qu'ils ont dû lire au passage qu'on pouvait exiger que les échanges soit cryptés. Ajoutons à ça les sites de streaming, ou alors les possibilités de services comme RapidShare cités dans la presse
- L'adoption à près de 95% par le Parlement Européen d'un rapport spécifiant que la connexion Internet "ne devrait pas être refusée comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées". Certes le Conseil des Ministres avait déjà bazardé l'amendement Bono/Cohn-Bendit l'an dernier, mais ils ne pourront pas éternellement remonter leur caillou. Comme ce qui les intéresse c'est le bien commun et pas leurs petits pouvoirs de législateurs, ils vont vite comprendre..
- La sanction de la coupure est aussi absurde que de fusiller une dizaine d'otages pour l'exemple. Ceux qui prennent ne sont pas plus coupables que les autres, et les survivants n'en éprouvent que plus de haine pour l'autorité imposée. Plus ils ont de haine, et moins ils vont être ouverts à cette tartufferie de message pédagogique : panpan cucul à l'heure où les parents n'ont plus le droit de mettre une fessée à leurs enfants sans passer pour des bourreaux..
- Le buzz Hadopi jouait à fond et tout ce petit microcosme de Haut Défenseurs de la Culture Française roulait des mécaniques, se sentant sûrs de leur droit, droits dans leurs bottes pour botter le cul de ces petits merdeux qui leur taillent leur marges de parasites. Petite croisade d'arriérés qui se congratulent et se serrent les pognes dans leur asile pour paranos-dépressifs réfractaires à l'économie numérique. Pendant ce temps, qui fait dans le "constructif" ? Qui sort des offres payantes attractives pour innover sur le plan marketing, imposer un standard de téléchargement commercial ? Personne, ou plutôt si, The Pirate Bay propose un abonnement à 5€ par mois pour anonymiser totalement ses connexions P2P. Si je dois payer je veux évidemment que ce soit pour des sociétés impliquées dans la production audiovisuelle, logicielle... (à défaut d'être directement pour les auteurs) mais d'autres n'ont pas mes scrupules. Hadopi aura bien mérité cette escalade "nucléaire" qui était entièrement prévisible..
Qu'est-ce que tout cela peut bien vouloir dire ?
mercredi 25 mars 2009
Ask not what Internet can do for you
La phrase clé du moment, qui m'aide à résumer beaucoup de choses à propos d'Internet, et que ferait bien de méditer tous les blaireaux défenseurs du projet de loi qui va accoucher de la souris albinos Hadopi.
Il s'agit d'une paraphrase de mon cru de ce célèbre passage du discours d'investiture de JFK, repris par Obama pour la sienne : "And so my fellow Americans, ask not what your country can do for you - ask what you can do for your country". Comme les financiers qui ont fait n'importe quoi ces dernières années, les vieux parasites de la Culture restent droits dans les bottes de leur conservatisme, tout en venant pleureur pour se faire assister par l'État...
"Pensez d'abord à ce que vous pouvez apporter à Internet, pas à ce qu'Internet peut vous apporter une fois que vous êtes déjà perclus de certitudes inébranlables."
Il s'agit d'une paraphrase de mon cru de ce célèbre passage du discours d'investiture de JFK, repris par Obama pour la sienne : "And so my fellow Americans, ask not what your country can do for you - ask what you can do for your country". Comme les financiers qui ont fait n'importe quoi ces dernières années, les vieux parasites de la Culture restent droits dans les bottes de leur conservatisme, tout en venant pleureur pour se faire assister par l'État...
vendredi 20 mars 2009
L'industrie US et la lutte contre le piratage
John August fait le point sur la pratique pour limiter le piratage des films et notamment éviter que des copies dégeus (CAMs) arrivent à être très demandées sur les réseaux de P2P.
Il s'agit principalement de techniques pour remonter jusqu'à l'origine du piratage (les fameuses watermarks sur les DVD promotionnels, et un système similaire pour les copies en salles).
Ensuite ils adaptent les dates de sortie des films en les retardant dans les pays très sensibles (Asie du Sud-Est) puis en y sortant très vite le DVD derrière (pour éviter les CAMs).
Tout ça pour dire que ce travail est constructif, contrairement au foin (qui va faire un feu de paille) d'Hadopi. Les grands groupes de media s'y prennent un peu tard pour circonscrire la partie de l'incendie qui noircit réellement la façade de leur business, alors c'est vraiment malhonnête de leur part de venir s'attaquer aux internautes par ce qu'ils viennent juste de se réveiller. Mais c'est cohérent avec le fait qu'ils ne comprennent rien à Internet.
Il s'agit principalement de techniques pour remonter jusqu'à l'origine du piratage (les fameuses watermarks sur les DVD promotionnels, et un système similaire pour les copies en salles).
Ensuite ils adaptent les dates de sortie des films en les retardant dans les pays très sensibles (Asie du Sud-Est) puis en y sortant très vite le DVD derrière (pour éviter les CAMs).
Tout ça pour dire que ce travail est constructif, contrairement au foin (qui va faire un feu de paille) d'Hadopi. Les grands groupes de media s'y prennent un peu tard pour circonscrire la partie de l'incendie qui noircit réellement la façade de leur business, alors c'est vraiment malhonnête de leur part de venir s'attaquer aux internautes par ce qu'ils viennent juste de se réveiller. Mais c'est cohérent avec le fait qu'ils ne comprennent rien à Internet.
mercredi 18 mars 2009
Slumdog Ballon d'air
Danny Boon se plaignait de ne pas avoir la reconnaissance des professionnels via l'académie des Césars. Mais quand on a la reconnaissance du public, de quoi d'autre a-t-on besoin ? Le plus marrant dans l'histoire était toutes les réactions obséquieuses "ah oui, effectivement, on va réfléchir à un César de la comédie." Molière ou Mozart n'ont pas eu de funérailles digne d'un gentilhomme, et alors ?
Les Oscars ne se posent pas la question de récompenser une comédie, ce qui ne facilite pas le boulot de définir le meilleur film de l'année. En 1995 Bravehart, en 1999 Shakespeare in Love, en 2004 Crash : que du gros film à gros sentiments calibrés pour faire pleurer dans les grosses chaumières de Beverly Hills.
L'idée de base du roman m'avait donné l'envie d'aller voir Slumdog Millionnaire à sa sortie, et j'ai fini par aller le voir. Je ne crois pas en avoir attendu trop puisque je n'en connaissais que les prémisses donc, et surtout je me suis soigneusement détourné des conversations qui abordaient le sujet.
Le moins que je puisse dire c'est que le film ne m'a pas subjugué. Je pense que l'histoire marche toute seule, mais je n'aime pas du tout ce réal qui envoie les images à la chaîne. Pour moi c'est autant un film jetable que Trainspotting : beaucoup d'effets visuels pour un contenu qui ne repose que sur des gros effets émotionnels pas chers (le gentil indien des rues, les camés folklo) comme toutes les scènes de torture physique qui te prennent en otage.
C'est pas que j'ai détesté, l'histoire est sympa, mais je ne suis jamais rentré dans le film comme c'est le cas pour les vrais bons films qui te scotchent du début à la fin.
Tout ça tient beaucoup à la manière de découper l'histoire : comme Danny Boyle adore balancer des images et mélanger tout ça façon puzzle, euh je veux dire façon clip, il n'y a pas de place pour le développement des émotions par le jeu des acteurs. D'où le recours régulier à un petit peu de violence sur de gentils indiens innocents, comme un ingrédient pour relever la sauce quand ça devient trop carte postale.
Pour moi tout ça est un peu facile, franchement je pense que le film aurait pu être beaucoup mieux réalisé, mais qu'il marche grace à une histoire simple et forte. L'histoire a quelque chose d'éminement universel. Le problème c'est que tout ça est extrêmement superficiel en l'état.
Finalement c'est peut-être toute simplement le jeu Qui Veut Gagner des Millions qui ramène tout au niveau de la médiocrité tv et empêche l'histoire d'avoir une dimension plus intéressante tout en assurant la brand recognition du produit... Mais je ne veux pas être indulgent avec Slumdog Millionnaire : c'est le montage qui met ce jeu à la con au centre du film, alors qu'il a beaucoup plus à offrir.
Les Oscars ne se posent pas la question de récompenser une comédie, ce qui ne facilite pas le boulot de définir le meilleur film de l'année. En 1995 Bravehart, en 1999 Shakespeare in Love, en 2004 Crash : que du gros film à gros sentiments calibrés pour faire pleurer dans les grosses chaumières de Beverly Hills.
L'idée de base du roman m'avait donné l'envie d'aller voir Slumdog Millionnaire à sa sortie, et j'ai fini par aller le voir. Je ne crois pas en avoir attendu trop puisque je n'en connaissais que les prémisses donc, et surtout je me suis soigneusement détourné des conversations qui abordaient le sujet.
Le moins que je puisse dire c'est que le film ne m'a pas subjugué. Je pense que l'histoire marche toute seule, mais je n'aime pas du tout ce réal qui envoie les images à la chaîne. Pour moi c'est autant un film jetable que Trainspotting : beaucoup d'effets visuels pour un contenu qui ne repose que sur des gros effets émotionnels pas chers (le gentil indien des rues, les camés folklo) comme toutes les scènes de torture physique qui te prennent en otage.
C'est pas que j'ai détesté, l'histoire est sympa, mais je ne suis jamais rentré dans le film comme c'est le cas pour les vrais bons films qui te scotchent du début à la fin.
Tout ça tient beaucoup à la manière de découper l'histoire : comme Danny Boyle adore balancer des images et mélanger tout ça façon puzzle, euh je veux dire façon clip, il n'y a pas de place pour le développement des émotions par le jeu des acteurs. D'où le recours régulier à un petit peu de violence sur de gentils indiens innocents, comme un ingrédient pour relever la sauce quand ça devient trop carte postale.
Pour moi tout ça est un peu facile, franchement je pense que le film aurait pu être beaucoup mieux réalisé, mais qu'il marche grace à une histoire simple et forte. L'histoire a quelque chose d'éminement universel. Le problème c'est que tout ça est extrêmement superficiel en l'état.
Finalement c'est peut-être toute simplement le jeu Qui Veut Gagner des Millions qui ramène tout au niveau de la médiocrité tv et empêche l'histoire d'avoir une dimension plus intéressante tout en assurant la brand recognition du produit... Mais je ne veux pas être indulgent avec Slumdog Millionnaire : c'est le montage qui met ce jeu à la con au centre du film, alors qu'il a beaucoup plus à offrir.
mardi 10 mars 2009
Complètement déconnectés !
Maitre Eolas explique qu'en l'état actuel du projet de loi, pour rendre tout ce tremblement inutile, il suffirait de refuser le courrier recommandé de la CPD, la Commission de Protection des Droits. Hé oui, heureusement qu'il y a des spécialistes pour lire les textes, j'ai ainsi appris à cette occasion que la commission Hadopi ne serait qu'un n-ième bureau pour caser des potes aux frais du contribuable (voire à ses dépends si on doute de la compétence des membres) et surtout sans pouvoir autre que consultatif.
La Commission de Protection des Droits, indépendante de l'Hadopi si ce n'est que sa création en dépend, serait la véritable autorité de panpan-cucul méchant pirate de l'espace numérique.
Pendant ce temps Nicodinosaure Seydoux fait toujours plus parler de lui comme président de l'Alpa que comme président de Gaumont :ah, s'il suffisait de produire de bons films au lieu d'essayer d'en fourguer en vrac à n'importe quel prix et surtout le plus cher possible et sans se creuser le citron !
(1) Il est assez simple de voir comment fonctionne le cerveau de Picsou : psycho-rigide, droit dans ses bottes (même si elles sont pleines de caca), il ne peut pas tolérer que le téléchargement gratuit soit pour lui un avertissement (gratuit aussi) qu'il doit évoluer. Il ne va quand même pas se laisser dicter son business model par des petites évolutions (technologique, des habitudes des consommateurs) de rien du tout !
(2) Oh oui l'offre existe ! Tiens, pas plus tard qu'hier j'ai vu un film loué sur la plateforme neufBox-SFR. 5 ou 6 euros. Mais à ce prix là je peux avoir 2 DVDs ! Dans le catalogue j'ai aperçu l'affiche des Tontons Flingeurs : il m'a fallu plus de 10 minutes pour trouver la sous catégorie où je pouvais sélectionner le film ! Tout ce temps pour voir que le film en location (72h) coûte 3 euros, un film produit il y a plus de 45 ans par Gaumont à ce prix, c'est trop cher. D'ailleurs je l'ai téléchargé gratuitement illico alors que je me serais peut-être laissé allé à le louer à 0,99 euros. Ok le rip trouvé en ligne n'était pas terrible, mais ce n'est pas le genre de film qui va bénéficier d'une sortie Bluray avec son digital et colorisation... beurk (soit dit en passant, le son d'origine est très mauvais, ça c'est la faute à Gaumont).
Sur qui Nicodinosaure pourrait-il se défausser pour m'expliquer que l'offre est aussi nulle et qu'il est plus simple (sans parler du pricing pas adapté) de télécharger via un réseau P2P ?
(3) Encore une analogie foireuse. M. Seydoux a sûrement les moyens d'aller acheter régulièrement des bijoux Place Vendôme (serait-ce un lapsus révélateur du fantasme d'acheter le ministère de la Justice ?), mais il faudrait se dégonfler la tête : cinéma ou musique, il ne se produit que peu de bijoux (surtout chez Gaumont). Tristan Nitot faisait la même remarque quand Luc Besson comparait le téléchargement gratuit au vol de la Joconde. Les bijoux c'est du luxe, la culture, le divertissement sont des besoins. Un bijoutier peut se payer le luxe d'être plus cher que son concurrent (question marketing ça peut rendre ses créations plus attirantes), un éditeur audiovisuel, lui, doit tout faire pour que le client potentiel ait envie d'acheter. Essayer de dissiper la "fumée du téléchargement illicite" (bravo pour avoir évité le terme de pirate, c'est déjà un pas dans le bon sens) ne fera rien de plus que d'attiser le feu qui se consume en-dessous. Tout le battage sur le téléchargement profite aux sites illégaux : sujets multipliés dans les forums, citations dans la presse généraliste, blogs...
Aujourd'hui télécharger une copie illicite est très facile, mais en fait seuls une petite proportion des internautes (<20%) sait le faire. Très facile : tout est relatif car une écrasante majorité de gens n'ont une pratique fonctionnelle de l'Internet (et une maitrise de leur ordinateur au sens large) que très limitée. Le danger, pour Nicodinosaure et sa clique d'arriérés, c'est que demain ma mère puis ma grand-mère deviennent capables de télécharger gratuitement en 1 clic. Là, il sera trop tard pour lancer une offre légale de téléchargement avec des mp3 à 0,09€ et des films à 0,99€.
La culture, quant à elle, française ou pas, elle n'aura toujours pas besoin des contributions de la part de Nico Seydoux ou de la Place Vendôme.
La Commission de Protection des Droits, indépendante de l'Hadopi si ce n'est que sa création en dépend, serait la véritable autorité de panpan-cucul méchant pirate de l'espace numérique.
Pendant ce temps Nicodinosaure Seydoux fait toujours plus parler de lui comme président de l'Alpa que comme président de Gaumont :ah, s'il suffisait de produire de bons films au lieu d'essayer d'en fourguer en vrac à n'importe quel prix et surtout le plus cher possible et sans se creuser le citron !
"le nouveau modèle économique est très simple: à partir du moment où le téléchargement illicite et gratuit sera ramené à peu de choses, vous aurez une offre légale formidable qui existera"(1). "Elle existe d'ailleurs déjà; simplement, elle est complètement cachée par cette espèce de fumée du téléchargement illicite".
"Vous avez aujourd'hui 4.000 films disponibles (...) C'est environ 20 ans de ce qui se passe en France sur les écrans. En ce qui concerne la musique, on parle déjà de millions de titres disponibles. Mais comment voulez vous que les gens aillent sur les sites légaux légèrement payants quand vous avez une offre massive illicite?"(2), s'est-il interrogé.
Mais "est-ce que parce que les bijoux sont chers place Vendôme qu'on a le droit de les voler?", a lancé Nicolas Seydoux. "Qu'on arrête de dire que nous sommes ringards: la France est le seul pays au monde où les oeuvres musicales françaises font jeu égal avec les oeuvres américaines, et c'est pareil pour le cinéma. Ne pas lutter contre le piratage, c'est le plus fragile qui meurt le premier: la musique française et le cinéma français".(3)
AP via nouvelobs.com
(1) Il est assez simple de voir comment fonctionne le cerveau de Picsou : psycho-rigide, droit dans ses bottes (même si elles sont pleines de caca), il ne peut pas tolérer que le téléchargement gratuit soit pour lui un avertissement (gratuit aussi) qu'il doit évoluer. Il ne va quand même pas se laisser dicter son business model par des petites évolutions (technologique, des habitudes des consommateurs) de rien du tout !
(2) Oh oui l'offre existe ! Tiens, pas plus tard qu'hier j'ai vu un film loué sur la plateforme neufBox-SFR. 5 ou 6 euros. Mais à ce prix là je peux avoir 2 DVDs ! Dans le catalogue j'ai aperçu l'affiche des Tontons Flingeurs : il m'a fallu plus de 10 minutes pour trouver la sous catégorie où je pouvais sélectionner le film ! Tout ce temps pour voir que le film en location (72h) coûte 3 euros, un film produit il y a plus de 45 ans par Gaumont à ce prix, c'est trop cher. D'ailleurs je l'ai téléchargé gratuitement illico alors que je me serais peut-être laissé allé à le louer à 0,99 euros. Ok le rip trouvé en ligne n'était pas terrible, mais ce n'est pas le genre de film qui va bénéficier d'une sortie Bluray avec son digital et colorisation... beurk (soit dit en passant, le son d'origine est très mauvais, ça c'est la faute à Gaumont).
Sur qui Nicodinosaure pourrait-il se défausser pour m'expliquer que l'offre est aussi nulle et qu'il est plus simple (sans parler du pricing pas adapté) de télécharger via un réseau P2P ?
(3) Encore une analogie foireuse. M. Seydoux a sûrement les moyens d'aller acheter régulièrement des bijoux Place Vendôme (serait-ce un lapsus révélateur du fantasme d'acheter le ministère de la Justice ?), mais il faudrait se dégonfler la tête : cinéma ou musique, il ne se produit que peu de bijoux (surtout chez Gaumont). Tristan Nitot faisait la même remarque quand Luc Besson comparait le téléchargement gratuit au vol de la Joconde. Les bijoux c'est du luxe, la culture, le divertissement sont des besoins. Un bijoutier peut se payer le luxe d'être plus cher que son concurrent (question marketing ça peut rendre ses créations plus attirantes), un éditeur audiovisuel, lui, doit tout faire pour que le client potentiel ait envie d'acheter. Essayer de dissiper la "fumée du téléchargement illicite" (bravo pour avoir évité le terme de pirate, c'est déjà un pas dans le bon sens) ne fera rien de plus que d'attiser le feu qui se consume en-dessous. Tout le battage sur le téléchargement profite aux sites illégaux : sujets multipliés dans les forums, citations dans la presse généraliste, blogs...
Aujourd'hui télécharger une copie illicite est très facile, mais en fait seuls une petite proportion des internautes (<20%) sait le faire. Très facile : tout est relatif car une écrasante majorité de gens n'ont une pratique fonctionnelle de l'Internet (et une maitrise de leur ordinateur au sens large) que très limitée. Le danger, pour Nicodinosaure et sa clique d'arriérés, c'est que demain ma mère puis ma grand-mère deviennent capables de télécharger gratuitement en 1 clic. Là, il sera trop tard pour lancer une offre légale de téléchargement avec des mp3 à 0,09€ et des films à 0,99€.
La culture, quant à elle, française ou pas, elle n'aura toujours pas besoin des contributions de la part de Nico Seydoux ou de la Place Vendôme.
jeudi 5 mars 2009
"Le Monde de demain...
... quoi qu'il advienne nous appartient..."
Une réponse simple au projet de loi Crétinisme & Internement :
Une réponse simple au projet de loi Crétinisme & Internement :
"Je n'ai jamais autant gagné ma vie qu'aujourd'hui grâce aux droits dérivés alors que mes musiques sont pillées par les DJ pour des samples et que mes albums sont piratables."
Cerrone, via AFP - cité sur Generation NT
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