lundi 20 octobre 2008

Mesrine, pour voir (en cassation)

Le biopic est à la mode, certes, mais il ne l'était pas encore en 2001, quand l'idée de cette adaptation des romans autobiographiques de Jacques Mesrine avec Cassel en tête d'affiche, a pris forme. Et le biopic de gangster flambi-flamboyant, filon ou fausse piste ? Toujours est-il que le projet, comme Babylon Babies, a traîné en longueur. Dès le départ, il était question de faire 2 films. En ce qui me concerne, tout ça suffit déjà à émettre des doutes sérieux.

Barbet Shroeder était attaché au projet à l'origine, Vincent Cassel aussi ; et puis Cassel n'était plus disponible et alors il a été question de Magimel (oui, Magimel, avec une moustache en plus comme dans les Chevaliers des Brigades du Tigre du Ciel). Bref le projet n'a pas vraiment été sur des rails mais disons qu'au moins, si à l'écriture ils gardaient la foi, ça leur laissait le temps de peaufiner, au choix du maître-queux, un polar violent ou un film noir.

A L'ECOLE DE LA 5ème CHANCE

Venons-en à LA pièce à conviction du dossier : le producteur s'appelle Thomas Langmann, et malgré sa bonne volonté on ne peut pas dire qu'il ait la vista de son père. 1962 : l'Oscar du Meilleur Court Métrage est attribué à la première réalisation, première production du jeune Claude Berri, un acteur sans le sou. 2008 : sortie sur les écrans de la troisième adaptation cinématographique de la BD Astérix. Après avoir dû sagement abandonner l'idée à son père pour les 2 premiers volets, Thomas Langmann prend les commandes et décide même de co-réaliser la méga-production Astérix aux Jeux Olympiques. Malgré le battage, le film ne fait pas illusion longtemps et d'ailleurs il laisse vite la place dans les salles à un film pas attendu du tout : Bienvenue chez les Ch'tis, produit par Claude Berri. Ouch, je n'ai entendu personne signaler cette cruauté du Box-office. En attendant Claude Berri espère toujours que son fils va prendre sa relève et devenir un producteur qui compte. Sans penser à tout ça le spectateur espère juste voir de grands films, ou au moins de bons films.

Alors Mesrine, la consécration pour cette persévérance malgré la présence écrasante (mais pas seulement) du père ? Je ne tire aucun plaisir à trouver des raisons de douter de la réussite du projet, ce n'est pourtant pas de ma faute si autant d'arguments viennent contredire tout optimisme. Comme tout amoureux de cinéma j'ai envie de voir des bons films, français par exemple. Est-ce que j'ai envie de voir un film sur Mesrine ? Non. Est-ce que le public veut voir un film sur Mesrine ? Un 36 Quai des Orfèvres avec un héros révolté contre l'ordre, dans une expérience en deux parties ? Je ne suis pas sûr que ce soit dans l'air du temps. Les exploitants eux en doutent fortement après le bide ces derniers mois de Jean-Paul Rouve en Spaggiari et Vincent Elbaz dans Le Dernier Gang. OK, Cassel apporte nettement plus de poids au projet, mais Mesrine ça n'évoque plus rien aujourd'hui, 20 après que les derniers punks ont changé de coupe. Le téléfilm diffusé en 2006 n'a d'ailleurs pas suscité beaucoup d'intérêt alors que le public TV est en moyenne suffisamment âgé pour se souvenir du gangster (à défaut d'avoir un fond de sympathie anarchiste pour le gars).

Dans son commentaire détaillé, un spectateur US sur IMDb pense que le film mériterait d'être condensé et qu'en l'état c'est un enchaînement de scènes pas suffisamment convaincant (malgré l'efficacité des scènes de fusillade et l'humour du personnage) pour justifier un second volet.
The pacing is just too disjointed for an audience to invest in a story thread long enough to care before we are on to the next.
Verdict mercredi, 16h.

6 commentaires:

viktor a dit…

Présomption d'innocence, mais éléments de preuves accablants contre le producteur :
L'anecdote de son coup de tête à l'agent de Magimel (alors que franchement, le retrait de Magimel pour ce rôle, il suffisait de le prendre comme un signe du Dieu du cinéma) aggrave son cas de personnage pas posé du tout, trop dans l'émotion de l'instant.
Thomas Langmann voulait aussi à une époque reprendre Fantômas, pour en faire de nouvelles pitreries avec José Garcia (et pourquoi pas Clavier et Reno dans les rôles de Jouve et Fandor ?). Les ayant-droits n'ont pas donné leur accord, et on les comprend. Refaire des pitreries Fufunestes sans Fufu alors que Louis Feuillade a parfaitement illustré, il y a 95 ans (!), l'attrait populaire pour un héros malfaisant... Voilà une leçon qui n'a malheureusement pas été comprise.

viktor a dit…

Année : 2008, Semaine n° 43 - Chiffres du Mercredi 22 Octobre.

Ciné-chiffres

>>>> TOTAUX SUR LES 59 SITES Paris-Périphérie 32 412

Salle entrées mercredi 22 pdm av-premières
(2 511)

UGC Ciné Cité Les Halles2 157 6,7%
Gaumont Opéra 1 425 4,4%
UGC Ciné Cité Bercy 1 309 4,0%
UGC Ciné Cité Rosny 1 280 3,9% 426
Pathé Wepler 1 181 3,6%
UGC Ciné Cité La Défense1 166 3,6% 396
Pathé Belle Epine 1 160 3,6%
Gaumont Parnasse 1 032 3,2%
UGC George V 1 005 3,1%
MK2 Bibliothèque 961 3,0%
Pathe Quai d'Ivry 960 3,0%
Gaumont Champs-Elysées 926 2,9%
Gaumont Carré Senart 897 2,8%
MK2 Quai de Seine 836 2,6%
Pathé Conflans 832 2,6%

viktor a dit…

Mesrine marche bien sur Paris après n'avoir été que second des nouveautés mercredi à 14h.
A confirmer ce WE, notamment avec le coeff. Paris-province réalisé.

viktor a dit…

489 000 entrées France sur 5 jours, dont 190 501 sur Paris-rp. Mesrine arrive en tête, mais son très faible coeff. Paris-province (en fait Total/Paris) de 2,5 laisse présager une chute rapide des entrées.
59 copies sur Paris, 489 au total sur la France : 489/59=8,2
Un bon coeff, sachant que les salles sont en moyenne plus grandes sur Paris-rp et que le film n'est pas un spectacle familial (malgré son visa tous publics), serait de 4. A 3,5 se serait déjà un peu faible, à 5 se serait un carton assuré.

De plus 007 arrive dès ce mercredi.

viktor a dit…
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viktor a dit…

Cet approche pronostic est sans intérêt. J'ai au départ de ce blog voulu suivre le Box-office hebdomadaire pour avoir un contenu récurrent à côté des billets d'humeur et mes analyses sur le cinéma, mes envies de films etc.

Tous les gens qui ont vu Mesrine 1 m'ont dit que c'était bien filmé, que Cassel y était excellent. C'est la seule chose qui compte au final, que le film fasse 700 000 entrées (comme Blueberry) ou 3 millions (comme Le Boulet).

La paraphrase prospective, ou après coup, sur le Box-office, laissons cela à ceux qui n'ont rien à dire.