vendredi 21 juillet 2006

Eternelle question : à quoi sert un critique ?

A rien. Je l'ai déjà dit ici même un critique ça sert au mieux à faire vendre du papier, au pire à se prendre pour un donneur de leçons, à faire la police des écrans en distribuant des contraventions ou des indulgences selon la tête du client. Mais certainement pas à influencer le lecteur-auditeur-spectateur (en tout cas pas à contre-courant des stratégies marketing).
A.O. Scott du NYT se pose pourtant une n-ième fois la question, lui qui aurait pourtant bien des leçons de professionnalisme à donner à ses petits camarades français. Il se trouve que le deuxième service de Pirates des Caraïbes est encore plus insipide que le premier, ce que les critiques ont bien ressenti dans leur majorité, et pourtant le film cartonne. Comme prévu.
Est-il possible d'imaginer un critique gastronomique obligé d'aller au McDo 4 jours sur 5 et de donner son avis en plus à chaque fois ? Non, messieurs les critiques de cinéma (comment peut-on être une femme et faire un boulot demandant autant d'entêtement égocentrique ?), malgré ce crédo lié à votre carte de presse votre travail ne consiste pas à informer mais à divertir (comme ces tacherons que vous aimez à stigmatiser par un défoulement bien compréhensible). Vous écrivez de la paraphrase, plus ou moins bonne et à ce titre vos articles sont des trucs faciles à lire, pas fatiguants pour le cerveaux (les mots compliqués dans une phrase alambiquée ça ne fait pas illusion) comme les compte-rendus sportifs.
La seule différence, et de taille pour moi, c'est qu'un événement sportif n'a d'intérêt qu'en direct alors qu'il y a toujours un blaireau pour raconter le film parce qu'il est trop con pour écrire autre chose.
Why not let the market do its work, let the audience have its fun and occupy ourselves with the arcana — the art — we critics ostensibly prefer? The obvious answer is that art, or at least the kind of pleasure, wonder and surprise we associate with art, often pops out of commerce, and we want to be around to celebrate when it does and to complain when it doesn’t. But the deeper answer is that our love of movies is sometimes expressed as a mistrust of the people who make and sell them, and even of the people who see them. We take entertainment very seriously, which is to say that we don’t go to the movies for fun. Or for money. We do it for you.
Non, arrêtez de vous faire mousser, même comme bons samararitains, critique c'est un métier, de branleur, mais pas plus intellectuel qu'un autre, pas plus con qu'un autre surtout si le but c'est de ne pas trop se forcer. Non, mille fois non : aucun critique, aussi intéressant soit-il, ne m'a apporté plus que la projection d'un bon petit film sans prétention mais bien ficelé.

2 commentaires:

radian a dit…

viktor,
je lis régulièrement ton blog, il est super
mais enfin, pouquoi cette obsession des critiques? c'en devient suspect...

viktor a dit…

Ben c'est pas une obsession c'est juste que je lis la presse et qu'on trouve plus souvent des mauvais articles que des bons. Et quand j'ai pas de quoi fournir l'effort d'une analyse personnelle je me contente de réagir à des trucs.
Ok c'est pas vraiment plus constructif de réagir aux critiques que d'être critique, je l'avoue.
Mais je dois aussi avouer que je suis presque pas allé au ciné depuis 6 mois alors j'ai pas grand chose à commenter en direct.