mercredi 12 octobre 2005

Ciné indé, le peuple aura ta peau

Quelqu'un aurait pu m'avertir pour Broken Flowers. Je veux bien être gentil avec Jarmush mais son film est au même niveau que l'insipide Lost in Translation avec Bill Murray dans le même rôle de chien perdu/battu/blasé.
Si c'est ça du cinéma indépendant autant abdiquer tout de suite et accepter que de moins en moins de gens vont au ciné (oui, c'est pas parce que les accros font chauffer leur carte que la part de la population qui va au ciné cesse de chuter). Ces films sont des caricatures de films qui se veulent profonds : on pose Bill Murray devant la caméra, on lui impose 2-3 activités à subir et hop, on laisse dérouler. Génial. Oui c'est le mot, on encense des gars comme Jarmush ou la fifille Coppolla et eux après ils se croient bons au point qu'ils pourraient faire un plan fixe d'une heure sur une chasse d'eau qui fuit et que ça serait de l'art. Ils n'ont rien à prouver, ils ont été estampillés artistes : leurs défauts expriment la fragilité, leur auto-satisfaction regorge de simplicité, de pureté, leurs grosses ficelles fleurent bon le cinéma à l'état brut.

Bien sûr j'ai certainement tort puisque Broken Flowers comme Lost my Attention ont largement "trouvé leur public." Mais on ne m'empêchera pas de penser que ce public ne fait que suivre un mouvement dans lequel il se croit intelligent, 1/par différenciation et 2/par assimilation à une communauté qui est censé être vraiment cinéphile.
Cinéphile mon cul. Juste content de pouvoir se dire au-dessus de la masse abrutie devant Julie Lescaut ou Navarro. Eh ben pourtant, voyez-vous, ces derniers sont beaucoup plus honnêtes avec eux-mêmes et peut-être même moins victimes marketing. D'ailleurs ils ne demanderaient pas mieux que d'aller au cinéma un fois de temps en temps voir des films intéressants.

2 commentaires:

Ara a dit…

Je partage ton opinion sans pour autant dire que Broken flowers ou Lost in translation soient mauvais, mais effectivement, ras le bol de ces pseudos-scènes-oeuvres-d'art...

viktor a dit…

J'ai dit qu'ils étaient mauvais, moi ? Non, mais certainement pas à la hauteur de leur prétention à une profondeur psycho-sociologique. Lost in Translation est complètement creux (franchement qui regardera encore ce truc vide de sens et de talent une fois l'effet de mode passé ?) et Broken Flowers aurait pu être très drôle si on avait demandé à Bill Murray de faire autre chose que le chien battu/blasé, genre un personnage vraiment méchant, mais désespéremment seul, comme dans Un jour sans fin.
Je pense que Jarmush a lorgné vers le succès critico-public de la nouvelle égérie du ciné indépendant à paillettes intello et qu'il a donc réussi son coup... mais c'est pas moi qui lui dirai bravo.