dimanche 25 septembre 2005

Aigle à deux têtes

Apparement le secrétaire d'Etat à la pelliculture US Glickman avait un peu de mal avec Hollywood et il va désormais se contenter de jouer les lobbyistes qui se glissent entre les portes à Washington (sa vocation avouée). Pour la partie Tinseltown contre les pirates de l'internet il se voit adjoindre Bob Pisano, ancien président du syndicat des acteurs.
Pisano will be based on the West Coast, at the MPAA's Encino office, while Glickman will focus on the organization's lobbying work in Washington. The decision to put Pisano in charge of most day-to-day operations of the organization ends what had long been considered a czar-like position of the MPAA's leader, personified by Jack Valenti, who resigned earlier this year. As Daily Variety observed in reporting on the appointment, "For decades, Valenti and the MPAA were synonymous. He had many fervent supporters and many detractors, but apparently it takes two men to fill his shoes."
(source: Studio Briefing)
(voir aussi l'article du Hollywood Reporter en lien dans le titre du post)

mercredi 14 septembre 2005

Also Sprach Fritz -- Art & Vanité

Dans chaque homme il y a une part de vanité. Parce qu'il a été cité dans beaucoup de livres, M est devenu un grand film. Le thème de M a été repris dans beaucoup de films allemands et américains. Je crois qu'il est juste de prétendre qu'aucune de ces copies n'est un progrès par rapport à l'original. Rien de nouveau n'a été dit sur cet être humain contraint de tuer en raison de quelque désordre mental.

M est-il une oeuvre d'art ? Je ne le crois pas. Qui peut décider, comme nous le faisons aujourd'hui, de ce qui est du domaine de l'art et de ce qui ne l'est pas ? N'est-ce pas seulement le temps qui peut prendre cette décision ?
Lorsqu'un film qui a été fait autrefois, ressort en 1960, passe pendant dix-huit semaines et fait beaucoup d'argent (cela est arrivé à Paris avec l'un de mes films) n'est-ce pas la preuve qu'il a atteint un vaste public ? Le box-office est une chose capitale et à laquelle je pense de façon constante. Un film ne doit pas être fait pour quelques privilégiés mais pour un large public.

lundi 12 septembre 2005

Box-office Pp WE 37

1. BROKEN FLOWERS ............... 117 868 = 38 x 620
2. MA VIE EN L'AIR ...................... 45 323 = 44 x 206
3. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .. 26 557 = 41 x 130
4. THE ISLAND ............................. 28 664 = 37 x 155
5. DARK WATER ......................... 21 732 = 35 x 124

(source : ciné-chiffres)

vendredi 9 septembre 2005

André Pousse (1919-2005)

II fut d'abord, avant-guerre, une figure légendaire du vélodrome d'Hiver, pour la plus grande joie des stars de la chanson (Piaf), du cinéma (Gabin) ou de la " truande " (Emile Buisson, Pierrot le Fou et autres Jo Attia). En 1950, il part faire fortune à Haïti, revient ruiné mais riche d'une expérience d'agent du FBI. En 1951, pour une " inoubliable parenthèse de six mois ", il est le compagnon d'Edith Piaf, puis devient imprésario pendant dix-sept ans (Henri Salvador, Line Renaud, Joséphine Baker...). En 1959, il découvre un petit jeune... Johnny Hallyday. En 1963, il lance la mythique Locomotive et, la même année, accepte un petit rôle dans D'où viens-tu, Johnny ?, commençant ainsi sa carrière d'acteur.
(extrait de la 4e de couv' de ses mémoires, publiées en avril dernier)

Et PAF le chien aboie...

Article qui commence fort mais ne tient pas la longueur sur l'analyse de la critique ciné au petit écran. Gilles Lyon-Caen démarre sur l'opportunité ratée du DVD pour donner un coup de fouet à la critique.
Aujourd’hui, au niveau éditorial, l’outillage réflexif du DVD s’essouffle de lui-même, se voit désaffecté, au gré de bonus sans passion et de recyclages analytiques de facture universitaire. Comparée à la Zone 1 Import, la qualité française stagne, résignée, comme si elle était prise de court par la vitesse du marché. L’ensemble, indigeste, conjugue les diktats d’un prestigieux et encombrant patrimoine, et la sacro-sainte « politique des auteurs » institutionnalisée par la critique française.
Personnellement, si je reconnais que le DVD aurait pu permettre à la télé de parler d'autres films que les productions au plan média sous amphétamines, le côté décorticage de scène m'horripile parce qu'il va à l'encontre (et non pas à la rencontre) du travail des cinéastes. La télé est déjà suffisament déprimante sans espérer phagocyter cette magie du cinéma après laquelle elle court toujours.

Que ce soit chez Drucker, Ruquier ou au Masque et la plume ("le marteau et l'enclume" FB) toutes les émissions radio/TV ou téléphoniques tournent au bavardage. On est encore loin de la critique construite mais pas très loin de ce que, moi, j'appelle le premier degré de la critique, à savoir la paraphrase. Tout critique qui n'a rien à dire de spécial (et quand il est pathologiquement nul c'est un symptôme persistant) commence par raconter le film ; et comme il n'y a pas un film intéressant qui sort chaque semaine on doit facilement tourner (en rond) autour de 80% de paraphrase.
Or de la paraphrase d'images à la télé ça ne prend pas (sauf pour la météo et... vidéogag, comme par hasard) donc il ne reste plus qu'un pauvre terrain vague pour la critique ciné cathodique (plasmabolisée ?). Et si personne n'y voit un emplacement à valoriser le terrain vague tourne vite au dépotoir.

mercredi 7 septembre 2005

Ciné-o-logismes : scénariste

Qui est le scénariste ? Un travailleur de l'ombre pour sûr et c'est bien naturel puisque il est le seul intervenant dont le travail peut être intégralement révisé, réécrit (par lui-même ou un confrère plus ou moins dans l'obscurité) et malgré tout ne déboucher sur rien. Avorté avant fécondation. Là où un manuscrit, même non-publié, devient un roman dès qu'il est considéré comme achevé par son auteur, un scénario n'est jamais qu'un brouillon plus ou moins avancé d'un film possible et peut-être, finalement, réalisé.

Ecoutez plutôt comment on en vient à achever ses scénarios quand ils ne sont pas portés à l'écran :
INGLEWOOD, Calif., Sept. 2 - In the dim light of a shooting range, a figure clad in black baggy trousers and a black T-shirt is carefully loading a .45-caliber pistol. He adjusts his glasses, plants his feet and aims straight ahead.

Pow! Pow! Pow! Pow! Pow! Five ear-splitting cracks ring through the cavern, and a flurry of paper - like tiny white feathers - wafts to the floor.

"That's 'Ivory Joe,' " says the screenwriter Tom Benedek, who has just pumped bullets into one of his 22 unproduced scripts.
Sharon Waxman pour le NYT - 7-sept-05
Connaissant cette réalité je me demandais pourquoi ces dernières années le métier de scénariste suscitait autant d'engouement. J'en suis resté à cette équation (trop) simple : "le cinéma fait rêver" + "le métier d'écrivain fait fantasmer" = "scénariste c'est un peu écrivain de cinéma." Et je vais être un poil méchant : beaucoup croient qu'écrire un scénario c'est plus facile que d'écrire un roman.
Ben non, c'est totalement différent et chaque boulot demande beaucoup de travail, de rigueur et d'abnégation. Après faut savoir ce qu'on recherche dans la vie.
Arthur Miller's first and, I think, only novel, Focus, was, in my opinion, every bit as good as his first produced play, All My Sons. I once asked him why, if he was equally talented in both forms, he choose to write plays. Why would he give up the total control of the creative process that a novel provides to write instead for communal control where a play would first go into the hands of a director and then pass into the hands of a cast, set designer, producer, and so forth? His answer was touching. He said that he loved seeing what his work evoked in others. The result could contain revelations, feelings and ideas that he never knew existed when he wrote the play. It's what we all hope for.
Sydney Lumet Making Movies


Pour réouvrir le débat : si les films des américains paraissent dix fois moins créatifs (données brutes corrigées des variations saisonnières) que leurs séries télé c'est aussi parce que sur le petit écran, comme au théatre, le scénariste est roi. Et pour ceux qui doutent encore du mépris pour les scénaristes à Hollywood voici en bonus exclusif une histoire édifiante.

lundi 5 septembre 2005

George W. Bush : un héros très distrait

Evangile du jour : passer pour un crétin pieux c'est encore la meilleure défense contre vents acharnés et marées rationnelles. On recule d'un pas et ça nous fait un homme de paille pour profiter à fond de l'anticyclone des low expectations.
Via le Standblog de Tristan Nitot, un gros délire, parodiant l'encyclopédie libre Wikipedia, pour se dépêcher d'en rire avant qu'il ne soit trop tard :
In 2002, George W. Bush was assassinated by a homosexual pretzel. In retaliation, he declared war on the liberal media, thereby starting the Second Civil War.

In 2003, George W. Bush declared war on Mars and its allies. The brief invasion was declared a success after the tactical nuclear bombing of a Mars chocolate factory in Wichita, Kansas and placing Marvin the Martian on the FBI's most wanted list.

In 2003, it was believed that George Bush declared war on Iraq, but this has been dismissed as Liberal propaganda. Everyone knows that Iraq was liberated in the Happy Smily Revolution.

In 2005, George W. Bush created the Magna Carta, which stated that he was supreme ruler of earth and tacos. However, Cinderella, the great ruler of Antarctica declared war on him stating "No one can rule tacos. Tacos are for all people to share and own equally." The attack on Bush lead to World War 5 and America's 3.75th Great Depression. Eventually Cinderella and Bush were able to settle the feud. They aggreed that Bush would not own Tacos but would be allowed full access to them on weekends. They later got married and had two children, The quaker oats guy and chiquita banana.

In August of 2005, following the aftermath of Hurricane Myexbitch, George W. Bush declared a War on Weather.
...

In the little spare time that he has, George W. Bush enjoys what he describes as "indulging in the cascade of beauty and thought that was the European Renaissance."
uncyclopedia.org :: George W. Bush

Voir aussi : le règne de l'empereur W. en BD.

Gore for President!

Interview très verte d'un vieux monsieur qui ne mâche pas ses mots, Gore Vidal, dans le Monde daté de jeudi dernier (j'ai quand même un peu l'impression d'avoir lu ça dans le NYT d'y a six mois, mais en plus romantique et moins provoc...).
De tous vos livres, lequel aimez-vous par-dessus tout ?
Il y en a un, en tout cas, que j'aimerais que tout le monde lise car il leur serait utile : c'est Création. Tout le monde est là. Socrate, Platon, Zoroastre, Confucius. Avec, posée à tous, une question qui vient de Montaigne : qu'est-ce que la création ? comment le monde fut-il créé et le fut-il ? Je crois à l'utilité des livres, figurez-vous. Je ne suis pas vraiment intéressé par l'"art pour l'art".

Et quelle est, à vos yeux, l'"utilité" de Création ?
C'est un assez bon cours accéléré sur l'histoire des religions. Si seulement je pouvais faire en sorte que ces sales chrétiens le lisent... Un exemple. Un disciple a demandé à Confucius : "Maître, s'il y avait un seul précepte selon lequel guider une vie, quel serait-il ?" Confucius répondit : "Traitez les autres comme vous aimeriez qu'ils vous traitent." Eh bien vous n'avez pas idée de l'hystérie, à travers l'Amérique, autour de cette phrase prononcée cinq cents ans avant Jésus-Christ ! [Il prend un accent caricatural] "Mais cela ne peut être vrai. Cela a été inventé. Seul Notre Seigneur aurait pu dire cela !"

Vous êtes athée ?
Oh oui ! un pur athée. Un athée born again...

Box-office Pp WE 36

1. THE ISLAND .................................. 75 728 = 92 x 165
2. DARK WATER .................................. 73 168 = 82 x 178
3. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .. 58 782 = 82 x 143
4. PEINDRE OU FAIRE L'AMOUR ...... 55 880 = 84 x 133
5. THE JACKET ................................. 47 832 = 82 x 117


(source : ciné-chiffres)

dimanche 4 septembre 2005

Also Sprach Fritz -- Télévision

Aux USA beaucoup de gens travaillent à la TV depuis qu'il y a moins de travail dans le cinéma. J'habite Beverly Hills où je peux capter sept chaînes de TV qui fonctionnent de six heures du matin à deux heures du lendemain matin. Comment présenter des émissions intéressantes sur des temps aussi importants ? J'ai vu d'excellentes choses mais maintenir en permanence un niveau de qualité élevé est impossible.

Confession of a critical mind

Un critique sachant critiquer sait commencer par lui-même :
Any posting for the job of print movie critic should begin with the following questions:

Do you like to meet people?

Do you make friends easily?

An affirmative answer to either question will terminate the process immediately. No true movie critic enjoys meeting people or making friends.
Cette vision lucide de Geoff Pevere, d'une honnêteté à la limite de l'auto-dénigrement, serait inimaginable en France où le champ de la critique ciné est très limité, très polarisé.
Pour sûr on n'en demande pas tant aux analphabètes des mensuels de publi-rédactionnel, en revanche de la part de ceux qui se prennent au sérieux avec leurs sentences pipo-rigides (genre petit livre rouge) on serait en droit d'attendre un minimum d'autocritique !
(via MCN)

lundi 29 août 2005

Des amis de 30 ans

Article très intéressant dans Slate (14/6) sur l'amitié/rivalité/émulation entre Lucas et Spielberg.
Illustration by Charlie Powell.<br />Click image to expand.Moment clé : après un projection privée de Star Wars en mars 1977 Marcia Lucas était effondrée devant le résultat, De Palma n'avait pas de mots assez durs pour critiquer le film et Spielberg était le seul à croire au succès :"It has a marvelous innocence and naivety to it, which is George, and people will love it." A ce moment il pressentait que le film allait battre le record de Jaws au box-office et était secrètement jaloux de ce grand frère depuis qu'il avait vu THX 1138.
When Spielberg joined Lucas in Hawaii the weekend Star Wars opened, it was clear whose hour it was. Spielberg found Lucas in a "state of euphoria," bursting with news of Star Wars' first-weekend grosses. On the beach outside their hotel, Lucas built a sandcastle—to wish his film luck—while Spielberg and he fell to talking about their dream movie projects. "I said I wanted to do a James Bond film," said Spielberg. "Then George said he had a film that was even better than a James Bond. It was called Raiders of the Lost Ark and it was about this archaeologist adventurer who goes searching for the Ark of the Covenant. When he mentioned that it would be like the old serials, and that the guy would wear a soft fedora and carry a bullwhip, I was completely hooked. George said, 'Are you interested?' and I said, 'I want to direct it,' and he said, 'It's yours.' "
Et c'est grâce à ce film, réalisé sous la houlette de Lucas, que Spielberg va devenir un cinéaste adulte, apprenant qu'il est un technicien avant d'être un artiste.
La conclusion : alors que Spielberg ne s'est jamais arrêté de réaliser, Lucas s'est laissé écraser par le succès de Star Wars. Aujourd'hui son horizon est vide, vide comme la perspective de quelqu'un qui a trop longtemps tourné en rond.

Box-office Pp WE 35

1. PEINDRE OU FAIRE L'AMOUR ........ 60 412 = 41 x 295
2. THE ISLAND ................................ 59 915 = 47 x 255
3. THE JACKET ................................ 43 366 = 43 x 202
4. STEALTH ...................................... 35 733 = 30 x 238
5. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .. 33 081 = 37 x 179


source : ciné-chiffres

Also Sprach Fritz -- Dire

Je ne fais pas des films pour la génération de Fritz Lang. J'ai commencé ma carrière en 1918 et les quelques petites choses que j'ai à dire je crois qu'il faut les répéter pour toutes les générations. Il faut seulement les répéter en d'autres termes et enrichies de sa propre expérience. Ce sont en général des choses très simples telles que « l'argent n'est pas la plus grande valeur du monde », « l'amour est une très grande découverte », « se trouver soi-même est la plus haute valeur ». Ce sont des idées élémentaires qui n'ont rien de pessimiste. Si mes films semblent pessimistes c'est que le cadre et la condition qui est faite à ces valeurs sont désastreux.

Ce mois-ci réédition en copie neuve de Secret Beyond the Door (dont personnellement je retiens surtout la séquence onirique d'intro, très inspirée de Rebecca).
Le mois prochain : Fury (mais on attend toujours House by the River qui, lui, est une vraie rareté).

samedi 27 août 2005

The Path of the Righteous Director

Virer un réalisateur en France c'est un sacrilège (sauf si on s'appelle Besson et qu'on emploie des tâcherons pas assez maléables) puisque le réalisateur est aussi un sacro-saint auteur qui sait parfaitement ce qu'il fait (même s'il est le seul à le comprendre). Aux Etats-unis où le producteur a l'entière responsabilité des énergies créatives qu'il va réunir (je ne dis pas que c'est nécessairement mieux mais c'est une approche moins prétentieuse du cinéma) ça arrive tous les jours. De fait se rendre compte de différences créatives avant le tournage c'est exactement la même chose qu'éviter une erreur de casting.
Quelle vision du projet doit prévaloir ? Soit le producteur est à l'origine du projet (même dans le cas où il achète un lot scénar/réal) et il définit les règles du jeu, soit il a entre les mains un véritable auteur (et son équipe créative, j'insiste) auquel il donne carte blanche.

Petit retour sur quelques exemples historiques et emblématiques dans le NYT de dimanche :
Renny Harlin, who is better known for blood than philosophy, [was hired after Paul Schrader had already cut his Exorcist prequel] to reshoot the film in its entirety. A year after Mr. Harlin's version opened to tepid reviews and slow box office, Mr. Schrader called in some favors, and finished production on his version. In May, Morgan Creek released "Dominion: Prequel to the Exorcist" as a Paul Schrader film. The "Dominion" DVD comes out this October, providing more vindication for Mr. Schrader, and perhaps further embarrassment to the executives who fired him. No matter. "You never underestimate the power of greed," Mr. Schrader said. "When greed comes face to face with hubris, greed tends to win."

vendredi 26 août 2005

The Emperor's New Clothes

Après un été chargé en déceptions au Box-office on voit poindre dans certaines analyses l'idée que le spectateur ne serait pas aussi con qu'il en a l'air et qu'il serait tellement habitué aux grosses campagnes marketing de lancement qu'il sait exactement à quoi s'attendre. Et donc attendre le DVD qui sort trois mois plus tard si le film ne marche pas fort en salles.

Mouais, en tout cas The Onion publiait la semaine dernière une tribune de Michael Bay qui décrit bien le désarroi local  :
I've been a major Hollywood director for a long time, and I thought I'd seen it all. But I can't help wondering what's happening to the entertainment industry—indeed, to our entire society. Where are our standards? Our values? For fuck's sake—our cultural priorities? I simply cannot accept that March Of The Penguins [La Marche de l'Empereur] is the big summer hit everybody's talking about. Hello?
[...]where was the love story? Stars have to have real chemistry that smolders on the screen to make a summer blockbuster one to remember. Okay, the penguin movie had mating cycles, but that's not love. Is it all about sex to these animals?
C'est pour de rire mais comme toujours la satire grossit à peine le trait.

(provided by Leloup)

mardi 23 août 2005

Evangile #1 : pour qu'un film marche...

...il lui faut partir à point.
Bien sûr que personne n'a la formule magique et c'est d'ailleurs drôle de voir sortir chaque année des études de 500 pages où des consultants de la galaxie m6041 expliquent comment fabriquer un produit parfait. Bon ya aussi les petits futés comme Bruckheimer qui ont vraiment le sens du business mais ça aussi ça fait partie des impondérables.
J'en parlais il y a peu à propos de The Island, un film qui marche c'est une adéquation entre une ambition, une époque, un public et la manière de susciter l'attente du public. En bref le film :
    doit correspondre à ce qu'une partie du public aura envie d'aller voir (c'est le point de départ, artistique ou pas, de vouloir toucher les gens),
    doit être réussi... dans son genre (ce qui laisse la place à des films absolument mauvais voire infâmes, tout dépend des ambitions de départ),
    enfin il ne faut pas que le film soit sur-vendu ou sous-vendu (c'est le travail de la communication/marketing de susciter les attentes sur ce que le film est ou peut devenir).
Pour la sortie du très attendu (au moins par moi) nouveau film de Fernando Meirelles The Constant Gardener on peut déjà dire que Focus Features a déjà mis en place un marketing à la hauteur du talent de son réalisateur. Le NY Times d'hier nous détaille cette approche internet qui cible une population politically conscious, qui a une certaine conscience politique, et en particulier susceptible de s'intéresser aux méfaits des multinationales pharmaceutiques.
Je n'aime pas trop comment le gars dit ça (c'est un bon gros marketeur sans coeur et sans reproche) mais l'idée y est :
[...] studios may look more and more to the Internet to find audiences. "It's the opposite of buying a spread in a newspaper or a slew of 30-second slots on TV," Mr. Jaffe said. "Studios need to stop trying to reach the most people and focus on reaching the best people."

Interviews de Fernando Meirelles sur son travail ici et là.
Interview de Ralph Fiennes de ce côté (audio).

lundi 22 août 2005

Tonino Delli Colli (1923-2005)

J'apprends aujourd'hui que ce directeur de la photo, qui était à la fois le plus respecté et le plus admiré dans le métier, est mort et enterré dans un anonymat médiatique quasi complet.
Fiche Wikipedia (en anglais)
Récente interview où Delli Colli retrace sa carrière.

"You must know the sun and the sea, the colours and the contrasts," he once said of his trade. "We Italians are masters of this."

Les nouveautés du WE 34 Pp

1. THE ISLAND ...... 105 031 = 45 x 467
2. H2G2 ..................... 54 987 = 31 x 355
3. LA CLOCHE A SONNE ...... 35 602 = 39 x 184
4. COACH CARTER ................ 17 194 = 18 x 191
5. SHARK BOY ET LAVA GIRL .... 4 905 = 25 x 39
6. ODESSA... ODESSA ! ............ 4 300 = 4 x 215
7. DEAD ZONE (REP 2005) ......... 1 947 = 1 x 389
8. THE BENCH ............................... 1 903 = 2 x 190
9. ZIM AND CO. ............................. 1 685 = 3 x 112
10. LE MAHABHARATA (REP 2005) ...... 1 389 = 1 x 278

source : ciné-chiffres

jeudi 18 août 2005

Entrées Pp du mercredi 17

1. THE ISLAND ....... 17 084 = 45 x 380
2. H2G2 ............................ 9 129 = 31 x 294
3. LA CLOCHE A SONNE .......... 5 470 = 39 x 140
4. MR. & MRS. SMITH ............... 4 296 = 38 x 113
5. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .. 3 899 = 42 x 93

source : ciné-chiffres

mercredi 17 août 2005

Bay des cochons

Boire la tasse avec The Island c'était trop facile alors il fallait départager tout ce beau monde. Mais distribuer les rôles et les baffes ça y en a pas très très gentil...
A spokesman for Johansson tells PAGE SIX’s Tom Sykes [Page Six c'est la page des ragots dans le NY Post, un torchon de Murdoch], “We find it incredible that the producers of ‘The Island’ have blamed the low box-office results on the film’s two lead actors. This is a clear-cut example of the producers’ passing the buck and not taking responsibility for their part in making calculated mistakes throughout the film’s marketing.”
The rep continues: “Ms. Johansson is proud of her performance and the film … The film and the actors’ performances were overall well received by the critics. We put our trust in the professionals who sold and promoted this film. It is unforgivable that the producers continue to blame everyone but themselves.” [...]

Parkes and MacDonald ate their words as PAGE SIX went to press, praising “Scarlett Johansson and Ewan McGregor’s extraordinary work” and alleging that their “comments were taken completely out of context.” DreamWorks had no comment.

"J'espère que les spectateurs auront autant de paisir à voir le film que nous en avons eu à le faire et à nous taper sur la gueule après."

Génériques haut de gamme


(via MCN)

mardi 16 août 2005

Box-office Pp 10-15 août

1. MR. & MRS. SMITH .......... 55 437 = 48 x 192
2. LAND OF THE DEAD .......... 50 165 = 32 x 261
3. THE WEDDING CRASHERS ....... 46 710 = 38 x 205
4. LE TRANSPORTEUR 2 ............... 42 362 = 40 x 177
5. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .. 40 196 = 44 x 152

source : ciné-chiffres

mercredi 10 août 2005

Benefit of dudsight - Connerie avouée...

En anglais on parle de sagesse rétrospective (benefit of hindsight) pour souligner qu'il est plus facile de analyser les raisons d'un échec que de l'éviter. En parfaite subjectivité j'avais avancé que The Island devait son échec à une série de mauvais choix découlant d'un concept mal cerné dès le départ (gros film bourrin de Michael Bay + SF abordant la question du clonage).

MCN se fait un malin plaisir à souligner que ces mêmes Walter Parkes et Laurie MacDonald (sa femme) qui analysent les énormes bourdes conceptuelles du film en étaient aussi les producteurs (avec Bay), donc co-responsables des conneries avouées (titre à côté de la plaque, accroche nulle, acteurs inconnus pour les jeunes blaireaux qui se rafraîchissent dans les salles l'été) :
"It's a bad title," Parkes declares, as if the title of a presumptive summer blockbuster were a tiny element that might have just slipped through the cracks. "It's a title that refers to something that doesn't exist in the movie. You might say, 'Oh well, so what?' but really from the title comes the advertising campaign and from the campaign comes the image people have of what they may or may not see, so that was a problem."
(...)
Parkes continues, "Without that clear conceptual hook, we ended up having to actually present too much, but it actually seemed to be more confusing, as opposed to elucidating to the audience."
(...)
Johansson is a critical darling with only art house hits to her credit. It's with some regret that MacDonald calls out the 20-year-old actress for not bringing in younger viewers.
"She's not owned by this sort of young generation at all," she says, before burying the knife. "Even lesser television actresses, quite honestly, would have more connection to that audience."

BO Pp semaine 32

1. MR. & MRS. SMITH ......................... 246 741 = 49 x 719
2. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .. 93 575 = 53 x 252
3. LES 4 FANTASTIQUES .................. 90 296 = 39 x 331
4. LA GUERRE DES MONDES ......... 61 118 = 52 x 168
5. LES POUPEES RUSSES ................ 34 667 = 39 x 127
6. SHAUN OF THE DEAD .............. 28 900 = 27 x 153
7. MADAGASCAR ........................... 19 909 = 33 x 86
8. CENDRILLON (REP 2005) ......... 16 037 = 33 x 69

source : ciné-chiffres

lundi 8 août 2005

Box-office Pp WE 32

1. MR. & MRS. SMITH ............... 79 785 = 49 x 326
2. LE TRANSPORTEUR 2 ............... 79 727 = 40 x 399
3. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .. 44 858 = 48 x 187
4. BLACK / WHITE ......................... 44 717 = 28 x 319
5. LA COCCINELLE REVIENT ......... 41 152 = 38 x 217
6. LA PORTE DES SECRETS .......... 39 345 = 33 x 238
7. LES 4 FANTASTIQUES ............ 35 490 = 33 x 215
8. LA GUERRE DES MONDES ...... 26 142 = 40 x 131
9. LES POUPEES RUSSES .......... 20 110 = 31 x 130
10 SHAUN OF THE DEAD .......... 11 362 = 26 x 87
11 L'ETE OU J'AI GRANDI ........ 10 038 = 11 x 183
12 MADAGASCAR ................. 8 313 = 26 x 64

source : ciné-chiffres

dimanche 7 août 2005

Ciné-o-logismes : Backstory

Ceci est la première entrée de la série ciné-o-logismes consacrée au vocabulaire, voire du jargon, propre au cinéma. Vos suggestions sont les bienvenues !

Il n'y a pas d'équivalent simple en français pour ce terme qui a une signification très précise du côté d'Hollywood. Intrigué par le succès du mot dans les médias, avec une connotation plus large (souvent sous la version back story), William Safire a fait une recherche lexicographique très bien résumée par ces mots de son rédac-chef Gerald Marzorati :
''My understanding is that the phrase is mostly (though not exclusively) used in Hollywood to describe the potted history and biography of, respectively, the narrative and the characters that will have to be worked into the film -- carefully, as not to bog down the unfolding of the edge-of-the-seat stuff that moviegoers have paid their 10-plus bucks for.''
Je soupçonne que le succès de ce terme de backstory remonte l'âge d'or de l'Actor's studio dont les adeptes avaient besoin de se plonger dans la psychologie complexe d'un personnage. William Safire suggère que c'est juste un mot à la mode pour parler du background, l'arrière-plan émotionel et narratif d'un personnage ou d'une situation.
Effectivement le terme prend vite des allures de recette marketing pour donner de la profondeur à une situation : qui n'a jamais rit devant un film américain où l'action se calme pour laisser la place à un petit monologue bien lourdaud sur le trauma d'un personnage ? Regardez Die Hard : on a la backstory de John McLane très bien présentée dans la première partie du film (exposition) mais on nous bassine plus loin avec celle du flic noir (une histoire de bavure, tu l'as dit). A l'inverse une backstory peut donner lieu à des grand moments de cinéma quand elle s'intègre parfaitement à l'histoire et à son rythme (je pense notamment au monologue de l'USS Indianapolis dans Jaws).

En amont un scénariste peut s'astreindre à écrire des petites bios de ses personnages pour mieux les sentir lors de l'écriture, mais la logique du truc ce n'est pas de pondre la Comédie Humaine, juste de développer des idées qui viendront soutenir des conflits, éventuellement la résolution, de l'histoire principale. Ça c'était le petit coup de canif aux prétentions artistiques de beaucoup trop de monde en France.
Chez les américains c'est l'excès inverse qui domine : le productivisme. On avait une bonne backstory dans un film qui a marché ? Faisons une prequel, détaillons à l'extrême ce qui était efficacement suggéré. Exemple typique de la backstory surexploitée : dans Star Wars (1977) Obi-wan expliquait à Luke que Darth Vador avait combattu avec son père lors d'une mystérieuse mais évocatrice 'guerre des clones'. Devant le succès George Lucas s'est empressé de taper dans ce genre de backstory pour nous assommer avec Anakin Skywalker, sa vie, son oeuvre, sans trop se soucier de la cohérence dans l'esprit entre les deux trilogies. En revanche on a échappé à une prequel de Jaws centrée sur le personnage de Quint (le vieux loup de mer) et sa fascinante backstory dont je parlais plus haut (faut dire que dans cette franchise le personnage central c'est le requin).
Enough is enough, je ne m'abaisserai pas à reparler de Batman 0.


Toujours dans le NYT Magazine de ce dimanche une analyse très pertinente sur la pub au cinéma (et en général) et un comparatif lumineux entre Wedding crashers (Serial noceurs en vf) et Broken Flowers par le critique en chef du journal.
Et encore : un long article sur des accros à la Xbox qui font des films en scénarisant des parties de Halo (pas lu).

jeudi 4 août 2005

Noir intense

Très bon article sur Mitchum à lire du côté de chez Sight & Sound, mais bien besogneux à côté d'une page de citations du bonhomme.
A cool, humorous, take-as-you-find view of humanity seems to have been the legacy; somehow part of Mitchum was always outside events, taking a dispassionate view of what was going on around him. This quality was an intrinsic part of what made him such a superb actor. He was neither a theatrical technician nor a Method invoker of ghost emotions, but really did, as he claimed, make it up as he went along, a naturally gifted performer who seemed to know instinctively how to give minimum effort for maximum effect.

''Years ago, I saved up a million dollars from acting, a lot of money in those days, and I spent it all on a horse farm in Tucson. Now when I go down there, I look at that place and I realize my whole acting career adds up to a million dollars worth of horseshit.''

Zidane se lance dans le cinéma

Pauvre Zizou. Voilà quelqu'un de simple, qui n'a rien d'intéressant à dire (le sportif par excellence) mais dépassé par cette envergure médiatique qu'il a acquise grâce à son talent.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
Qui dit personnage médiatique dit potentiel merchandising et notre Zizou national, qui avait abandonné le maillot bleu par cette même réaction d'orgueil qui le rend parfois vindicatif sur un terrain, le seul à pouvoir rivaliser avec l'abbé Pierre au classement des hommes préférés des français se laisse aller à succomber aux calculs marketing de ses avides conseillers.
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
Et nous on nous prend pour des cons. Le communiqué pipo-officiel explique que Zizou a longtemps réfléchi et qu'avec les vacances son envie de retrouver l'équipe de France est devenue plus forte que jamais. Sauf que la décision a été prise il y a des mois, en mai parait-il. En fait d'envie il y a d'énormes enjeux marketing :
    autour du personnage de Zidane et son merchandising tous azimuts (voir article sus-mentionné)
    autour de l'équipe de France et son laborieux parcours qualificatif pour la coupe du Monde en Allemagne l'an prochain
Outre Adidas, Orange et les autres sponsors directs ou indirects de Zidane il y a surtout TF1 qui avait misé très gros pour acheter les droits de retransmission de trois Coupes du Monde consécutives. Ça faisait un an qu'ils travaillaient en coulisses : soit Zidane revenait, soit ils auraient la tête de Domenech.

Ah ces blockbusters de l'été sont toujours aussi réjouissants !

mercredi 3 août 2005

ECTOPLASME A ROULETTES ! MOULE A GAUFRES !

Cathy Seipp a quelques anecdotes sympas sur cet élément pittoresque de la sociologie d'Hollywood qu'est la tendance à vouloir affirmer son autorité (réelle ou fantasmée) en gueulant comme un porc.
When in full throttle, the classic Hollywood screamer cannot be neither stopped nor shamed. I once heard a story about a studio executive who screamed at someone’s assistant for a good five minutes before realizing he was in the wrong office — possibly even on the wrong floor. “Well, if you see her,” he yelled before stomping out, “tell her what I said!”

Screaming actors, it seems, can be easier to deal with, perhaps because they are not always famous for their brains. Many years ago, I read a story about how Roger Moore (a nonscreamer) took a younger actor aside and suggested he stop attacking everyone on the set. “I'm not in this business to win a popularity contest,” the screamer fumed. “I just want to be a good actor.”

“Well, you've failed at being a good actor,” Moore replied reasonably. “Why not try for the popularity contest?”
(via MCN)

BO Pp semaine 31

1. MR. & MRS. SMITH .......................... 246 741 = 49 x 719
2. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE ...... 93 575 = 53 x 252
3. LES 4 FANTASTIQUES ................... 90 296 = 39 x 331
4. LA GUERRE DES MONDES ............ 61 118 = 52 x 168
5. LES POUPEES RUSSES ............... 34 667 = 39 x 127
6. SHAUN OF THE DEAD .............. 28 900 = 27 x 153
7. MADAGASCAR ........................ 19 909 = 33 x 86
8. CENDRILLON (REP 2005) ........ 16 037 = 33 x 69

source : ciné-chiffres

lundi 1 août 2005

Box-office Paris-RP WE 31

1. MR. & MRS. SMITH .......................... 205 164 = 49 x 837
2. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE ...... 71 141 = 53 x 268
3. LES 4 FANTASTIQUES ................... 70 796 = 39 x 363
4. LA GUERRE DES MONDES ............ 47 457 = 52 x 183
5. LES POUPEES RUSSES ............... 26 214 = 39 x 134

source : ciné-chiffres

mercredi 27 juillet 2005

BO Pp semaine 30

1. LES 4 FANTASTIQUES .................... 207 608 = 39 x 760
2. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .... 132 936 = 53 x 358
3. LA GUERRE DES MONDES .......... 106 821 = 54 x 283
4. LES POUPEES RUSSES ............. 45 590 = 40 x 163
5. MADAGASCAR ......................... 30 741 = 38 x 116
6. CENDRILLON (REP 2005) ........ 28 680 = 32 x 128
7. L'AVION .................................. 23 662 = 43 x 79
8. LA MOUSTACHE ...................... 19 298 = 26 x 106
9. NEW POLICE STORY .................. 17 542 = 25 x 100
10. LES SEIGNEURS DE DOGTOWN .... 14 895 = 28 x 76

source : ciné-chiffres

mardi 26 juillet 2005

Evangile #3774 : moins par moins = plus

Un film bourrin appelle une promo bourrine.
C'est un corollaire de cette sacro-sainte (et unique) règle de la promo pour les films : elle doit susciter des attentes en phase avec ce que le film est (ou, plus risqué, avec ce qu'il peut devenir).

Michael Bay vient de l'apprendre à ses dépends avec son premier film sans Jerry Bruckheimer derrière. Il était tout content de dire aux journalistes qu'il aimerait passer à autre chose que des films d'action bourrin, les marketeurs de Dreamworks se sont enflammés en risquant une stratégie de promotion subtile : pas d'affichage massif ou de films-annonces en boucle dans les salles, mais des pelletées d'articles et une approche très axée internet.
Comme si les films de Michael Bay s'adressaient aux gens qui savent lire...
Bay said "The Island" suffered from low awareness among potential moviegoers. In a phone interview, he said he felt the movie, which stars Ewan McGregor and Scarlett Johannson as clones who go on the run after discovering they have been raised for harvested body parts, had fallen victim to a number of factors.

"It could be the subject matter, the lack of stars," he said. "I'm not blaming the whole thing on the marketers."

A spokesman for DreamWorks said the studio mounted the biggest print, online and broadcast marketing campaign in its history for "The Island," an effort that included five theatrical movie trailers, a word-of-mouth screening campaign, three websites and numerous Internet ads.

In the weeks leading up to "The Island's" opening, though, marketing executives at other studios said they thought the campaign was confusing and unfocused. Bay himself, in an earlier interview with The Times, worried about the marketing campaign and complained that "The Island's" poster made Johansson look like "a porn star."
Chris Lee LA Times 26/7

lundi 25 juillet 2005

Box-office Pp WE 30

1. LES 4 FANTASTIQUES ....................... 169 750 = 39 x 871
2. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE .. 100 407 = 53 x 379
3. LA GUERRE DES MONDES ......... 82 026 = 54 x 304
4. LES POUPEES RUSSES ........... 33 215 = 40 x 166
5. MADAGASCAR ....................... 22 870 = 38 x 120
6. CENDRILLON (REP 2005) ...... 22 861 = 32 x 143
source : ciné-chiffres

dimanche 24 juillet 2005

Fosse septique pour films asseptisés

Maman, pourquoi les films qui sortent l'été puent-ils du cul ?
Parce qu'ils sont calibrés jusqu'à l'absurde pour cibler un public précis et en particulier les ados qui s'emmerdent l'été. Cibler ça veut dire obtenir la classification PG ou PG-13 (enfants/-13 ans accompagnés d'un adulte) pour être accessible au public le plus large, mais aussi, plus rarement, risquer la classification R (restricted = moins de 17 ans accompagnés) pour appâter le chalant boutonneux (''Chouette ! un film où on voit des nichons qui bougent'').
Résultats : une pleine cuvette de films qui tournent autour de blagues et de vocabulaire scato parce que le caca ce n'est pas sale comme des allusions sexuelles trop explicites. Dans ce bon esprit il vaut mieux démouler un film plein de shit et de asshole que se laisser aller à placer un petit fuck.
... excremental declaratives rule the day.

The flip side is a movie like Wedding Crashers that is really borderline PG-13. The only nudity that I recall is in a montage of women falling on beds. As is the rule, no fondling. So even those breasts could ferry cross the mersey. And there are simulated sex acts. Very gently simulated. But the inference is enough. R.

Personally, I'm ok with a shitty summer. I wouldn't even mind a good fuck now and again. And it seems to me that Michael Bay could have let Scarlett squirm out of her Puma Wear, so long as Ewan didn't touch her Johanssons, and still kept his PG-13. Just think of how many dozens of people you can vaporize and still get a PG-13. (Va-poo-rize too!).

Jessica Alba stripping down in the Fantastic Four wasn't enough to get a PG-13. (It took a fight sequence to make the leap from PG.) Kingdom of Heaven was stuck with its R and still forgot to include a fully R sex scene. Lindsey Lohan had enough under the hood to make Disney marketers sweat. And Nicole Kidman and Will Ferrell damaging their career credibility certainly should have gotten an NC-17... they really shot... shit... shot themselves in the foot there.

Shit.
David Poland Summer of Shit (MCN)

samedi 23 juillet 2005

Pablo Ruiz Cimino

Après la sortie de la version "mucho" intégrale de La Porte du Paradis voilà un petit article mignon comme tout sur le ''grand artiste aux ailes brûlées'' à lire dans Libé d'aujourd'hui.
On écouterait pourtant des heures l'ancien raconter Lee Marvin, saoul, bras en croix sur le capot du break Mercedes, incapable de retrouver sa maison. La voiture qui tourne et tourne dans Beverley Hills, Lee Marvin qui hurle : «Stop ! J'ai une bonne idée. Retournez au coin de Sunset et Doheny, on va s'acheter une carte des stars, comme ça, on pourra retrouver ma putain de maison.» (A Beverley Hills, il existe un plan des villas des célébrités comme au Père Lachaise, celui de leurs tombes.) Demi-tour, arrêt sur Sunset. «Lee, ta maison n'est pas sur la carte !» Lee, avec son cigare, sur le toit de la voiture : «Ma maison n'est pas sur cette putain de carte. C'est quoi ce merdier ? !»

mercredi 20 juillet 2005

BO Pp semaine 29

1. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE ...... 178 422 = 52 x 490 (-)
2. LA GUERRE DES MONDES ...... 148 768 = 54 x 394 (-60%)
3. LES POUPEES RUSSES ...... 42 218 = 54 x 112 (-38%)
4. MADAGASCAR ............... 39 125 = 45 x 124 (-55%)
5. NEW POLICE STORY .. 30 207 = 26 x 166 (-)

source : ciné-chiffres

lundi 18 juillet 2005

Box-office Pp WE 29

1. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE ...... 138 351
2. LA GUERRE DES MONDES .............. 119 521
3. LES POUPEES RUSSES .......... 31 740
4. MADAGASCAR ................... 29 321
5. NEW POLICE STORY ......... 23 791
6. LA MOUSTACHE ......... 17 344
7. BATMAN 0 ................... 13 097
8. AU SUIVANT ! ............. 11 080
9. L'INTERPRETE ............. 10 404
10 PROFESSION PROFILER .. 9 811


Source : ciné-chiffres

vendredi 15 juillet 2005

Projections en plein air (2)

Petit addendum pour mentionner les projections organisées par la mairie du 13e et qui commencent dès ce soir :

Le tombeau des lucioles de Isao Takahata
Avec AscEnDanse 13 le vendredi 15 juillet 2005
Au square Paul Grimault (ex-square de la Fontaine à Mulard)
Place de Rungis 75013 Paris (M° Maison Blanche, Bus 67)

Jeremiah Johnson de Sydney Pollack
Avec la Ligue des Droits de l'Homme le vendredi 22 juillet 2005
Au square Héloïse et Abélard
22 rue Pierre Gourdault 75013 Paris (M° Chevaleret)

Salé, Sucré d'Ang Lee
Avec les Ateliers Pluriculturels le vendredi 29 juillet 2005
Dans la rue Simone Weil 75013 Paris (M° Maison Blanche)

Central do Brasil de Walter Salles
Précédé de l' "Ile aux fleurs" de Jorge Furtado
Avec Devine qui C'est le vendredi 5 août 2005
Au square Boutroux
Rue Boutroux 75013 Paris (M° Porte d'Ivry, Bus : 27, PC1)

Mercredi 13 + Jeudi 14

1. CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE ..... 29 380 + 33 346 = 62 626
2. LA GUERRE DES MONDES .......... 20 067 + 30 006 = 50 573
3. LES POUPEES RUSSES .............. 4 208 + 7 705 = 11 913
4. MADAGASCAR ........................ 5 174 + 6 328 = 11 502
5. NEW POLICE STORY ........... 4 688 + 5 512 = 10 200


source : ciné-chiffres

mercredi 13 juillet 2005

Projections en plein air

« Sous les étoiles de la Villette ». Pour fêter ses quinze ans d’existence, ce festival propose, du 19 juillet au 28 août, les films plébiscités par le public. En ouverture : Scarface de Brian de Palma (mar. 19 juillet), suivi de Jules et Jim de François Truffaut (mar. 26 juillet), des Liaisons dangereuses de Stephen Frears (dim. 7 août) ou de Pulp Fiction de Quentin Tarantino en clôture (dim. 28 août). Par ailleurs, une séance à thème est organisée chaque samedi : le 30 juillet, la soirée baptisée « A voir sans modération » propose le documentaire de Jonathan Nossiter Mondovino et le 20 août, celle intitulée « Du crayon à la souris » est consacrée au film d’animation avec notamment Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki.
Programme complet
Du 19 juillet au 28 août, au parc de la Villette, Prairie du Triangle, 211, avenue Jean-Jaurès, XIXe. Tous les soirs sauf le lun., aux alentours de 22 h. Accès libre, location d’un transat et d’une couverture : 6 Euro et TR. : 4 Euro. Rens. : 01.40.03.75.75 ou www.villette.com

« Cinéma au clair de lune » : du 3 au 20 août, chaque soir, un film sur la capitale est projeté gratuitement, en plein air dans des sites remarquables : la butte Montmartre, la place des Vosges ou encore le parc Montsouris. Seize films réalisés entre 1932 et 2002 sont programmés pour cette cinquième édition dont Les Enfants du Paradis de Marcel Carné, Le silence est d’or de René Clair et les récents Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet et Ma femme est une actrice d’Yvan Attal.
Programme complet
« Cinéma au clair de lune » du 3 au 20 août. Projections gratuites à 21 h 30. Rens. : 01.44.76.62.18


Voir aussi sur le Figaroscope les détails pour le Festival Silhouette (Courts-métrages - fin août) et les vendredis de Chamarande.

BO Pp semaine 28

1. LA GUERRE DES MONDES ............. 369 477
2. MADAGASCAR ......................... 87 506
3. LES POUPEES RUSSES ........... 67 931
4. LA MOUSTACHE ................... 48 323
5. AU SUIVANT ! ...................... 30 316
6. BATMAN 0 .......................... 30 073
7. L'INTERPRETE .................. 24 313
8. MONSTER-IN-LAW .......... 20 831
9. STAR WARS 3 ................. 20 167
10. CAMPING A LA FERME ...... 18 820
11. PROFESSION PROFILER ... 17 680
12. AMITYVILLE .................. 13 589
13. EROS .......................... 13 197
14. « PARIS CINEMA » ..... 10 179
15. SIN CITY ................ 10 018

source : ciné-chiffres

lundi 11 juillet 2005

Une bonne petite révolution bien compressée

J'ai souvent lancé ici des amorces de questions sur les conséquences de la révolution numérique pour le cinéma : influence croissante de l'argument marketing des effets spéciaux numériques, dématérialisation totale des supports (DVD, VOD, projection numérique) et surtout les modifications induites sur la chaîne de valeur, le business model du cinéma.

David Poland a proposé sur son site une mise à plat qui a l'avantage d'être très large, de poser pas mal de bonnes questions (c'est assez rare sur ce sujet pour être noté) même si au final on n'a pas vraiment d'éléments de réponse sur ce qui va vraiment changer demain.

  • Partie I : introduction.
  • Partie II : comparatif des business models/modes de consommation pour ciné/DVD/musique.
  • Partie III & IV : les "plus consommateur" de la révolution numérique.
  • Box-office Pp WE 28

    1. LA GUERRE DES MONDES ............ 313 937 = 54 x 1 163
    2. MADAGASCAR ........................... 73 516 = 49 x 300
    3. LES POUPEES RUSSES ........... 55 912 = 54 x 207
    4. LA MOUSTACHE ............. 40 523 = 30 x 270
    5. AU SUIVANT ! ............... 25 026 = 34 x 147

    source : ciné-chiffres

    dimanche 10 juillet 2005

    Fu Manchu ou le péril jaune

    Que les choses soient claires dès le départ : le seul rapport de ce post avec le cinéma tient aux incarnations plus ou moins réussies de super-méchants sur grand écran (personnellement j'entretiens une préférence pour le Dr. Mabuse). Les romans de Sax Rohmer datent de près d'un siècle (et sont rétrospectivement très racistes dans leur parti-pris de diaboliser une culture mystérieuse) tout comme les premières transpositions du cruel et diabolique Dr. Fu Manchu au cinéma, mais la Chine n'aura jamais, sérieusement, fait autant peur qu'aujourd'hui avec la puissance économique qu'elle détient, battant finalement le capitalisme à son propre jeu.

    Pour ceux qui aiment comprendre l'économie mondiale expliquée par des experts vulgarisateurs (ou qui aiment les histoires avec des super-méchants qui menacent le monde sans être ridicules) Paul Krugman est là :
    Krugman then spells out the jaw--dropping extent of China's T-bill [bons du Trésor US] purchases: $200bn in 2004 and possibly as much as $300bn this year. Beijing, he says, is "bankrolling America's huge budget deficit", now almost 5 per cent of national income, to the tune of $1bn per day.

    "At some point," he says, excited by the power of his logic, "China could well decide to stop this. If so, the dollar falls sharply, US interest rates rise and our housing bubble bursts."

    A pause. "Quite simply," he concludes, "that would stop the American economy, the locomotive for the whole world, in its tracks. So, in this weird way, China is now the financial nexus keeping the global recovery going."
    Voir aussi les chroniques de Krugman pour le New York Times (deux fois par semaine)

    samedi 9 juillet 2005

    Montage non-séquentiel

    Si quelqu'un a un site ou bouquin intéressant sur le sujet je suis preneur. Il se trouve que cette tendance des films à raconter une histoire de manière non-linéaire, ou plutôt non-séquentielle, est devenue un peu une mode depuis le succès de Pulp Fiction mais c'est pourtant là la principale direction par laquelle le cinéma peut se réinventer. Les effets spéciaux numériques ne parlent pas au spectateur, ils se contentent de lui en foutre plein les mirettes alors que l'objectif de tout cinéaste doit être d'arriver à toucher les gens au plus près, au plus profond, et pas seulement de les divertir pendant deux heures.

    21 Grams
    Average reader rating: 7.9 (328 votes)

    Reviewed by: Tom Downs
    Reviewed on: 13 Nov 2004

    I'm with those reviewers who saw right through the emperor's new clothes of non-linear editing. Presented in a traditional linear fashion this film would be very, very ordinary - bordering on dull. A shallow plot, too much "acting" and few interesting ideas. Non-sequential editing is effective when it is integral to the telling of the tale - as in Memento. Unfortunately in this case it was just serving to make interesting a pretty unengaging narrative.

    Reviewed by: pretentious, moi?
    Reviewed on: 14 Mar 2004

    A pile of steaming, pretentious drivel, the like of which has not defiled a screen since Naomi Watts' breakthrough role, Mulholland Drive. Can we please, for a start, put this non-linear cliche to bed? In some cases, notably the first few, it worked (consider Pulp Fiction, Reservoir Dogs and, yes, even Memento) but since then what we have endured is a clear case of diminishing returns. Hence, what was once an innovative means of forcing jaded cinema viewers to set aside their preconceptions and prejudice has instead become a stock device cynically deployed to detract the viewer from plots that are trite to the point of utter banality.


    Memento est un parfait contre exemple de la tendance : que de l'esbrouffe. Tout ce film tient dans son idée marketing de raconter une histoire à l'envers. Le spectateur est censé être impressionné, point final. Evidemment ça coute moins cher que les effets spéciaux de Batman 0 mais le résultat est le même : vision cynique du spectateur auquel il faut donner sa dose de sucres rapides.
    Au contraire dans Irréversible le même parti-pris a une vrai raison d'être : mettre en perspective la violence, la continuité d'une soirée, la consistance de personnages... Tout le contraire de l'esbrouffe.
    Sur le thème des narrations "non-classiques" on parle souvent de Rashomon mais ce film est aussi bien plus subtil que Memental, le film rempli de courants d'air. Kurosawa ne donne pas comme Nolan une solution en kit et "dans ta face" à la fin, mais les différentes perspectives sur un même événement bâtissent l'histoire elle-même. C'est la puissance du montage parfaitement maitrisée, pas un simple gimmick.

    Tout ceci me parait d'autant plus important à la lecture de la retranscription de la toute récente masterclass de Michael Cimino :
    En fait, je n’avais aucune intention de faire des films. C’étaient les grands peintres qui me passionnaient, Degas, Kandinsky, Bonnard... C’étaient eux mes héros, pas les réalisateurs ou les stars.
    Je n’ai pas grandi en voyant des films comme beaucoup de réalisateurs actuels.
    C’est une transition étrange que je ne peux expliquer qu’en disant que cet écran blanc est une surface à deux dimensions tout comme un tableau. On le regarde de la même manière. Mais en même temps, j’ai conscience qu’on ne comprend vraiment un espace qu’en se mouvant à l’intérieur. C’est pourquoi cet espace bi dimensionnel est devenu mon ennemi. J’ai voulu détruire ce mur, vous emmener au-delà, vous immerger dans un espace à trois dimensions.

    Ce qui est flagrant en comparant The Deer Hunter à Heaven's Gate (dont la version intégrale - 3h39 - vient de sortir) c'est que Cimino n'a aucune notion de montage narratif... et donc de rythme narratif. Au mieux (The Deer Hunter) l'évolution de ses personnages structure une histoire linéaire donc tragique, au pire (Heaven's Gate) il est prisonnier de ses belles images et se retrouve condamné à les accumuler pour espérer créer cette fameuse troisième dimension sur une trame désespéremment plane.

    De l'extérieur qui dit cinéma pense tournage mais tous les grands films se sont joués à 90% lors la double étape d'écriture sur papier et sur pellicule : le scénario et le montage. Evidemment sans les 10% restant le film n'existe pas - le cinéma est un travail d'équipe et pas un travail d'auteur - mais la principale question est de savoir comment montage et scénario interagissent dans le processus de création. L'écriture du scénario est portée naturellement, du moins dans ses premières étapes, vers la linéarité, la fluidité, la simplicité. Le montage au contraire déconstruit et reconstruit.
    Il y a là toute une mine de créativité à creuser qui nous rappelle que le cinéma est encore un art très jeune.

    EDIT 31/8 : extrait d'interview de Fernando Meirelles à propos de son dernier film
    I think that you’re an incredibly inventive editor and, in both this film [The Constant Gardener] and City of God, you seem really committed to taking the audience away from the spoon-fed, A-B-C-D way of telling stories.

    I like films that you have to work with while you are watching them, that demand an active audience, like Memento or 21 Grams or Last Year at Marienbad. Actually, organizing things in a chronological order is just one way to organize things. I can also organize according to colors, numbers, emotions. I mean there’s so many ways to organize things, why do you have to put them in chronological order?

    vendredi 8 juillet 2005

    Evan Hunter (1926-2005)

    Après Ernest Lehman samedi dernier c'est un autre grand romancier américain, lui aussi scénariste pour Hitchcock à l'occasion, qui nous a quittés mercredi.
    In a 50-year career, Mr. Hunter, sometimes as Ed McBain and sometimes using other names, wrote a vast number of best-selling novels, short stories, plays and film scripts. With the publication of "Cop Hater" in 1956, the first of the 87th Precinct novels, he took police fiction into a new, more realistic realm, a radical break from a form long dependent on the educated, aristocratic detective who works alone and takes his time puzzling out a case.

    Set in a New York-like metropolis named Isola, "Cop Hater" laid down the formula that would define the urban police novel to this day, including the big, bad city as a character in the drama; multiple story lines; swift, cinematic exposition; brutal action scenes and searing images of ghetto violence; methodical teamwork; authentic forensic procedures; and tough, cynical yet sympathetic police officers speaking dialogue so real that it could have been soaked up in a Queens diner between squad shifts.

    The Third Man

    Alors que Besson et Spielberg avaient disposés de millions (6 pour Groluc) pour faire leur grosse pub et vanter les mérites de Paris et New-York, c'est un inconnu qui les a éclipsés. Encore une très belle illustration de la loi des "Low expectations."
    Daryl Goodrich, 40 ans, un directeur commercial dans le domaine du sport, qui n'avait jamais réalisé de film auparavant, a battu le réalisateur américain de la "Guerre des mondes", d'"ET" et des "Dents de la mer", et l'auteur français de "Leon", "Nikita" et du "Cinquième élément", avec un modeste budget de 400.000 livres (588.755 euros), produit par Caroline Rowland.
    "I think it raised a few eyebrows when Spielberg and Besson were involved and it was announced that Goodrich and Rowland would make the film for London. It's nice to come through at the end."

    jeudi 7 juillet 2005

    Entrées Pp du mercredi 6

    1. LA GUERRE DES MONDES ............. 70 473 = 54 x 1 305
    2. MADAGASCAR ........................ 16 845 = 49 x 344
    3. LES POUPEES RUSSES ........ 9 076 = 54 x 168
    4. LA MOUSTACHE ................. 7 973 = 30 x 266
    5. AU SUIVANT ! ............. 5 347 = 34 x 157

    mercredi 6 juillet 2005

    Ernest Lehman (1915-2005)

    Lehman was born Dec. 8, 1915 on Long Island, N.Y. His family was affluent until hit by the Depression. He graduated from the College of the City of New York with a degree that combined chemical engineering and English. He became a freelance writer, and his first sale was a profile of entertainer Ted Lewis to Colliers magazine. Freelancing was, he claimed, a "very nervous way to make a living," so Lehman went to work writing copy for a publicity firm specializing in theatrical productions and celebrities.

    That experience later informed 1957's "The Sweet Smell of Success," which he scripted with Clifford Odets based on one of Lehman's novellas, "Tell Me About It Tomorrow." Starring Burt Lancaster and Tony Curtis, the movie focused on the relationship between a powerful gossip columnist and an unscrupulous press agent and has come to be considered a classic dissection of the underside of show business. In 2002, it served as the basis for a Broadway musical.

    Imagery and the third eye

    C'est toujours amusant de voir les critiques révéler leur frustration en laissant libre cours à leur jalousie. Il n'y a d'ailleurs que les critiques qui ne reconnaissent pas Stephen King comme un excellent écrivain et j'ai d'ailleurs une anecote à ce sujet. Son éditeur le trouvant trop prompt à livrer de nouveaux titres King s'amusa à proposer (et vendre) son surplus de production sous le pseudo de Richard Bachman. Bonne opération marketing ou pas (depuis les 'batards' ont été légitimés pour profiter pleinement de la marque paternelle) cette passe à permis de débusquer un crétin qui à propos d'un opus signé R. Bachman disait dans sa feuille choux "c'est ce que pourrait écrire Stephen King s'il savait écrire."
    Justement c'est l'heure de la leçon Coco :
    Too many beginning writers feel that they have to assume the entire burden of imagery; to become the reader's seeing-eye dog. That is simply not the case. Use vivid verbs. Avoid the passive voice. Avoid the cliché. Be specific. Be precise. Be elegant. Omit needless words. Most of these rules -- and the four hundred I haven't quoted -- will take care of themselves almost automatically if you will, from this point on, take two pledges: First, not to insult your reader's interior vision; and second, to see everything before you write it.
    "IMAGERY AND THE THIRD EYE" © 1980 by Stephen King

    BO Pp semaine 27

    1. MADAGASCAR ................ 142 852 (-34%)
    2. LES POUPEES RUSSES ....... 101 176 (-40%)
    3. BATMAN 0 ........... 66 303 (-51%)
    4. MONSTER-IN-LAW ........ 42 963 (-49%)
    5. CAMPING A LA FERME ..... 39 730 -
    6. L'INTERPRETE .................... 39 350 (-39%)
    7. STAR WARS 3 ..................... 32 412 (-40%)
    8. AMITYVILLE ...................... 32 091 (-55%)
    9. L'AMOUR AUX TROUSSES .. 31 522 -
    10 SIN CITY ..................... 20 472 (-57%)

    lundi 4 juillet 2005

    Also Sprach Fritz -- Bicyclette US

    Un film comme Le Voleur de Bicyclette, qui en général a été accepté aux Etats-Unis comme un succès italien, serait impensable dans un milieu américain. Le problème d'un homme dont la survie dépend de sa bicyclette ne passionnerait pas les foules en Amérique, car ici le problème du transport est résolu. L'américain ne s'intéresse qu'à des problèmes qui ne sont pas résolus pour lui -- bien qu'il ne veuille pas toujours admettre qu'ils ne le sont pas.

    Citation intéressante à double titre : Fritz Lang a parfaitement intégré le mode de vie et la culture US (il devient citoyen américain en 1935), au point d'offrir une lecture moderne de la société américaine dans ses films, mais aussi au risque de se retrouver à l'étroit sur ces sujets de société. Je me suis fait cette remarque récemment en regardant Clash by Night : sa direction d'acteurs se trouve vite limitée dès qu'il s'agit d'approfondir l'étude de moeurs, de caractères, alors que sur la période allemande ses films avaient plus d'ampleur et ne reposaient pas du tout sur plusieurs personnages à la fois.

    Box-office Paris-RP WE 27

    1. MADAGASCAR ................. 112 468 = 50 x 450
    2. LES POUPEES RUSSES ...... 79 560 = 53 x 300
    3. BATMAN 0 ................. 52 006 = 45 x 231 (énorme bouse)
    4. MONSTER-IN-LAW ............. 32 619 = 34 x 192
    5. CAMPING A LA FERME ... 31 386 = 30 x 209
    6. L'INTERPRETE ....... 30 650 = 32 x 192 (pas mieux)

    source : ciné-chiffres

    dimanche 3 juillet 2005

    Les nègres du cinéma

    En France on commence à entendre parler de script-doctors depuis quelques années, surtout parce que certains scénaristes auto-proclamés veulent vendre leur service aux gogos qui rêvent de devenir scénaristes (oui, apparemment il y a beaucoup de monde qui croit que scénariste c'est ce qu'il y a de plus facile quand on n'a ni envie de s'exposer comme un acteur ni caméra), mais les producteurs n'ont pas attendu que le terme traverse l'atlantique pour employer des scénaristes (et pas des moindres), non crédités au générique, pour des réécritures plus ou moins étendues.

    Script doctor dans l'absolu ce n'est pas vraiment l'équivalent du nègre de l'édition justement parce que le scénariste (professionnel reconnu, j'insiste) sait qu'il vient apporter une touche finale alors que le gros du travail de défrichage a été fait. C'est un peu le plaisir de retaper une baraque (en plus ou moins bon état) pour quelqu'un d'autre et sans en avoir été l'architecte. Ce genre de "travaux éditoriaux" permet aux scénaristes de faire la soudure entre deux chantiers où ils sont architectes en chef.

    En revanche il y a un concept américain plus proche du travail de nègre (disons que le nègre fait tout le boulot et en particulier le sale boulot de dépanneur ponctuel aux ordres) pour lequel je ne sais pas s'il y a beaucoup d'équivalent en France. A Hollywood ils parlent de 'ghost writers' ou 'closet writers' : la nuance étant que le ghost writer est un nègre en free lance alors que le 'closet writer' est le nègre attitré d'une personne (en général une star ou un réalisateur renommé). L'article du jour dans le LA Times (Calling Cyrano to the movie set) évoque les gagmen qui accompagnent les stars importées du petit écran (SNL) mais de manière générale la tendance n'est pas récente contrairement à ce qui est écrit. Les braves nègres se font rémunérer $250 000 par semaine pour faire plaisir à ce commanditaire qui est leur meilleur agent : une grosse star genre Tom Cruise va imposer son mécanicien pour donner à ses fans le Tom Cruise qu'ils veulent. Au détriment de la subtilité du scénario, puisqu'une star veut apparaitre comme une incarnation parfaite du personnage sur papier glacé qui fait les couvertures de magazines, mais aussi au détriment de l'équilibre de travail de l'équipe de production.

    A ce tarif les nègres ne sont pas trop à plaindre malgré le côté méprisable, l'aspect prostitution de leur job. En revanche il y a aussi toujours, mais on n'en parle jamais, des gens peu scrupuleux (et pas vraiment professionnels de toute façon) qui profitent des wannabes scénaristes :
    The producer encourages as many as a dozen aspiring writers to work on his idea. They knock themselves out over his story for two or three weeks in return for nothing but the vaguest of promises. Then the producer comes out of it with enough free ideas to nourish the one writer he finally hires.
    Budd Schulberg What makes Sammy run(1941)

    Dématérialisation totale des stocks

    Mes bien chers frères, en cette merveilleuse période de soldes je vous conseille la lecture du psaume 'Attack of $1 DVDs', article de Franz Lidz dans le NYT du jour.
    ''The Killer Shrews,'' the masterwork of Ray Kellogg, is one of hundreds of cheap old films now available as ridiculously cheap new DVD's. Because of lapsed or improperly registered copyrights, even some very watchable movies - among them, Howard Hawks's ''His Girl Friday,'' Marlon Brando's ''One-Eyed Jacks'' and Francis Ford Coppola's ''Dementia 13'' - are now in the public domain and can be sold by anyone.

    While overall DVD sales are robust - last year retailers sold $15.5 billion in discs - the low-end market is positively booming. Recently, 19 of the 50 top sellers on the Nielsen VideoScan national sales charts were budget DVD's. "The prices are irresistible," said Gary Delfiner, whose Global Multimedia Corporation offers 60 film, cartoon and television titles with prices ranging from 99 cents to $1.99.

    Global, based in Philadelphia, is one of a half-dozen major players in what's called the dollar DVD industry. Since starting up in September, the company said, it has shipped more than two million discs.

    samedi 2 juillet 2005

    Le formatage des cerveaux se joue à l'âge Playschool

    Un jour, je devais avoir un douzaine d'années, pour faire mon malin devant mes copains j'avais demandé un Pepsi alors que tous prenaient du Coca. Evidemment tout le monde a eu son verre de Coca mais je n'ai pas compris tout de suite parce que je n'avais aucune idée de ce à quoi ressemblait le Pepsi. En y repensant je me suis rappelé que, dans ces petites voitures que j'avais dû pousser sur des kilomètres quelques années plus tôt, j'avais un petit camion frigorifique aux couleurs de Pepsi.

    Il n'est pas besoin d'être un marketeur de haut vol (et une figure de style, une) pour comprendre que le meilleur moyen de travailler l'image d'une marque c'est :
    1/ de créer une relation émotionnelle avec le produit (d'où les grosses pubs feelgood de Coca)
    2/ entretenir cette relation émotionnelle pour tendre à la dépendance (d'où le matraquage publicitaire et les milliards déversés dans le marketing)
    3/ que tout ça marche d'autant mieux que les cerveaux sont plus tendres.

    On connait le scandale des distributeurs de friandises dans les écoles et pourtant je ne suis pas sûr que les gens se rendent bien compte qu'il n'y a que l'épaisseur d'une page de code pénal entre ça et la vente de drogue.
    "It's always nice to receive something for free, especially in this time of increased costs and budget reduction. Your school, library, daycare or camp could be eligible to receive FREE materials from Cover Concepts starting today." Such items include "textbook covers, lesson plans, posters, bookmarks, specialty paks [sic] and other fun educational materials". It is not clear what educational value Fantastic Four textbook covers and bookmarks might have.

    Marketing films by producing educational materials, though, is nothing new. Film Education, an industry-funded charity promoting film in schools, is currently providing downloadable resources to teachers not only on Narnia, but War of the Worlds, the new animation Madagascar, and a GCSE film studies package relating to Star Wars. Deborah Sheppard, marketing director of UIP, which has worked with Film Education to produce primary-level materials around Madagascar, says: "It is something we've been doing for years, and we're always looking for ways to develop it ... Essentially, it's a way of engaging with the core audience of the movies; it's a more original way than just advertising." But she is robust in her defence of the practice. "Obviously, we're not doing this completely out the goodness of our hearts, but we feel it's a way of reaching kids in a more responsible way. We're not selling sweets in the playground. We're providing resources that we think kids will like, so they will be aware of a film before release and then hopefully enjoy the film. "
    Charlotte Higgins, The Guardian 1-07-05 (via MCN)

    Lire aussi la chronique de Paul Krugman sur le lobbying pro-obésité.

    jeudi 30 juin 2005

    BO Pp Mercredi 29

    1. MADAGASCAR ..................... 31 029 = 50 x 621
    2. LES POUPEES RUSSES ...... 13 980 = 53 x 264
    3. BATMAN 0 ......................... 9 506 = 45 x 211
    4. CAMPING A LA FERME ..... 6 627 = 30 x 221
    5. MONSTER-IN-LAW .......... 6 582 = 34 x 194

    source : ciné-chiffres

    En-dessous du seuil de médiocrité

    Il y a deux mois j'avais trouvé assez sévère les conclusions d'un profil de Sydney Pollack dans Slate.

    C'était avant d'aller voir L'Interprète, auquel j'ai finalement laissé sa chance malgré une envie nettement en-dessous du seuil de déclenchement. Autant dire que mon niveau d'attente était très faible mais que j'ai finalement succombé aux 2-3 arguments de vente du film : Kidman + Penn + thriller politique dirigé par Pollack. Bon ok l'argument décisif c'était quand même qu'à la fête du cinéma, pour 2 euros, on peut se permettre d'aller voir des daubes.
    Tu l'as dis bouffi ! Je ne pensais quand même pas voir un film aussi mauvais à tous les niveaux. Oui, désolé pour Darius Khondji et les autres qui se sont évertués à rendre ce film joli mais tout leur boulot ne sert à rien quand la médiocrité et la paresse sont aux commandes dans le triangle producteurs-réalisateur-scénaristes.

    Dernière scène de pathos pitoyable du film entre le deux têtes d'affiche : "Quelque part j'ai envie de te dire la vie c'est dûr, mais dans 9-10 ans on sera assez forts pour s'appeller et se faire des trucs spiritualo-exotico-romantiques en Afrique."


    Bref Sydney Pollack est assez vieux pour prendre sa retraite et défendre tout seul la médiocrité assistée de ses films.
    Mea culpa. Dorénavant j'y regarderai à deux fois avant de défendre des faiseurs plus ou moins arrogants selon qu'ils sont bien entourés ou pas.

    Ma critique sur Imdb

    mercredi 29 juin 2005

    BO Pp semaine 26

    1. MADAGASCAR ................. 216 103
    2. LES POUPEES RUSSES ..... 168 561
    3. BATMAN BEGINS ....... 135 696
    4. MOSNTER-IN-LAW ..... 84 090
    5. AMITYVILLE ........ 71 012
    6. L'INTERPRETE ..... 64 961
    7. STAR WARS 3 ..... 54 397
    8. SIN CITY ......... 47 598
    9. BABY-SITTOR ...... 41 410
    10 CRAZY KUNG FU ...... 40 452

    source : ciné-chiffres

    lundi 27 juin 2005

    Box-office Pp WE 26 -- Jour de Fête

    Moyennes doublées pour les nouveautés ce dimanche à l'occasion du premier jour de la Fête du Cinéma.

    1. MADAGASCAR ............... 146 739
    2. LES POUPEES RUSSES .... 108 728
    3. BATMAN 0 ............ 78 275
    4. MONSTER-IN-LAW .... 47 392
    6. AMITYVILLE ........ 37 522
    5. L'INTERPRETE ...... 35 313
    7. STAR WARS 3 ...... 33 357
    8. SIN CITY ...... 22 946

    source : ciné-chiffres

    dimanche 26 juin 2005

    Des pirates partout

    ‘‘C'est grave docteur ? Je vois des pirates partout. Partout partout...’’

    J’ai souvent l’occasion de répéter ma position sur le téléchargement et faut dire qu’il y a du boulot face au discours officiel alarmiste.

    Pour faire court :

    1/ Le téléchargement est parfaitement légal, du moins en France. Ce qui ne l’est pas c’est le partage de fichiers (càd la mise à disposition gratuite d’une copie légale ou illégale).

    2/ Le discours officiel fait du bourrage de crâne (et ça marche si l’on regarde les titres dans la presse) pour qu’on parle de piratage (acte criminel), pour criminaliser le téléchargement (droit reconnu) et, accessoirement, trouver des excuses à la médiocrité ambiante de la production.

    Ce dernier point illustre parfaitement le pire de cette situation : à force de parler de courir après de faux problèmes on va trouver de fausses solutions beaucoup plus préjudiciables à l’équilibre du secteur que le statu quo.

    3/ Le discours alarmiste consiste en effet à brandir des chiffres (impressionnants puisqu’ils illustrent la révolution numérique) pour crier au loup.
    >> Exemple emblématique que l’on trouve reproduit encore dans le Monde de ce WE l’équation ‘‘Plus de téléchargements = moins d’entrées = moins de financements pour les films français.’’
    Hé banane, la question n’est pas franco-française ou limitée à Internet, la question c’est de savoir quel sera l’avenir du cinéma à l’heure du tout-numérique. Quand le DVD est arrivé tout le monde a pris les bénéfices sans se poser de questions, hé bien justement ces questions les voilà qui arrivent au galop alors il ne s’agit pas de voir si on peut choisir celle qu'on préfère.
    Pour les réponses, pour la créativité, artistique sur grand écran ou économique sur petit portefeuille, on repassera. Après la bataille.

    jeudi 23 juin 2005

    Also Sprach Fritz -- Horrible

    J'ignore quelle est, à votre avis, la chose la plus horrible qui puisse arriver à un être humain. Mais je préfère toucher chacun d'entre vous en n'en montrant pas le paroxysme, si bien que tous peuvent imaginer par eux-mêmes ce qui est le plus horrible. Votre imagination travaille et vous devenez mon plus proche collaborateur. Si je montrais tout, je ne pourrais proposer que ma version.

    mercredi 22 juin 2005

    Box-office Pp semaine 25

    1. LES POUPEES RUSSES .... 183 399 = 54 x 485
    2. BATMAN 0 ......... 142 928 = 49 x 417
    3. STAR WARS 3 ..... 52 718 = 44 x 171
    4. L'INTERPRETE .... 51 710 = 49 x 151
    5. SIN CITY ....... 36 736 = 44 x 119

    source : ciné-chiffres

    lundi 20 juin 2005

    Batman 0 & les faux culs de la critique

    Il y a un moment que je ne lis plus les critiques de la presse (les internautes d'Imdb sont beaucoup plus intéressants, à condition de prendre le temps de trier) et j'évite autant que possible les gros blockbusters US au marketing envahissant, mais je suis allé voir Batman 0 ce week-end. Mea culpa.

    Pour commencer par le début, puisque c'est "l'idée" pour relancer la franchise Warner Bros (par l'odeur du Spiderman de Sony aléchée), Batman Begins est une horreur cinématographique. Un produit boursoufflé sans aucune personnalité et surtout sans aucune subtilité : 5 ou 6 flashbacks pour qu'on comprenne bien l'enfance de Bruce Wayne, un stage avec des moines shaolins pour expliquer comment on devient un super-héros musclé, des scènes complètement tartes où Bruce Wayne est censé vouloir venger ses parents de leur agresseur, un import du Q de chez James Bond (incarné par Morgan Freeman) pour expliquer comment s'habille un super-héros, des dialogues explicatifs et tartes au possible... En gros toute l'obscurité du personnage est impitoyablement et grossièrement mise en lumière avec des projecteurs de 50 000 watts (on apprend même que la famille Wayne est une famille de très gentils depuis au moins la guerre de Sécession).
    Côté positif je retiens quand même Cillian Murphy (vu dans 28 jours après...) bien plus intéressant comme méchant (Scarecrow) que la secte des hommes de l'ombre pour laquelle il bosse. Une scène très Largo Winch où Bruce Wayne joue au milliardaire entouré de bimbos est réussie mais lourdement plaquée au milieu de tout ça (Alfred demande à Bruce de faire comme si il n'était qu'un gros fils à papa insouciant et celui-ci s'exécute).

    De manière générale ce produit veut s'adresser à toute la famille, donc faire de l'action non-violente (merci pour le montage hâché des scènes de baston et l'absence de sang qui rend la violence banale) avec qq touches comiques : tout ça ne correspond pas au personnage de Batman et de toute façon le tout est enrichi en graisses, en sucre pour abassourdir le consommateur dès les premières images.

    LA CASUISTIQUE DE LA CRITIQUE OFFICIELLE

    Comme des gros théologiens moralisateurs les critiques "professionnels" (c'est à dire qui sont payés pour voir des films) doivent faire les chèvres, ménager la maison-mère, la feuille de choux et le Saint-Esprit. Et même sans parler d'indépendance financière de la presse (les gros studios ont de gros budgets pub DVD) les critiques sont très largement dans une position bancale : un blockbuster annoncé va de toute façon faire des millions d'entrées donc on le critique en abaissant le niveau d'exigence critique à son minimum.
    J'avais déjà été effaré par la prose paraphrasoïde du pigiste illétré de Télérama pour Terminator 3 et, dix ans plus tôt, par le 'pontificateur' Pierre Murat qui défendait la nullité cinématographique de Goldeneye face à Aurélien Ferenczi ; mais la tendance est apparement générale.
    Comme je le disais je ne lis pas les critiques et surtout pas avant d'aller voir un film que j'ai envie d'aller voir, donc je ne suis pas gêné par cet état de fait, en revanche ce qui me gêne c'est qu'il y ait deux poids/deux mesures avec des critiques qui font leur méprisable métier en ne se permettant d'être virulents que quand ça ne mange pas de pain.

    WALL OF SHAME 'BATMAN BEGINS'

    Extraits de critiques obséquieusement dévouées (c'est par charité pas chrétienne du tout que je n'affiche pas les noms) :
  • Version gros trouduc : "Batman Begins de Christopher Nolan échappe à la plaie du genre : l'infantilisation du spectateur." (Nouvel Obs) [tant qu'à écrire des conneries autant y aller franco et nier l'évidence : ce film n'infantilise pas puisqu'il prend le spectateur pour un abruti]
  • Version copier/coller du dossier de presse : "Nolan (...) nous livre un film d'action trépidant, des conflits moraux passionnants, sans manichéisme primaire ni second degré rassurant." (MCinema.com)
  • Version attelage hypocrite : "Il réalise un film sombre et réaliste avec un personnage certes fanatique, obsédé par l'injustice, mais moins schizophrène que ne le fut Michael Keaton dans la série signée Tim Burton." (Figaroscope) [notez la tournure "certes... mais", élément de base du critique hypocrite]
  • Version djeun péteux : "Au final, aucune déception, plutôt un grand plaisir à voir que le trio Nolan/Goyer/Bale va de front vers le radical et l'épure pour offrir aux fans, comme aux profanes, un diamant noir." (Score) [comme quoi il ne suffit pas de mettre des tournures alambiquées pour faire croire qu'on sait écrire en français]

  • Voir sur Allociné les restes de la revue de presse : seuls le Monde et Zurban rendent honnêtement compte de la profondeur abysmale du machin.

    SUBTILITE ET SUSPENS SONT LES DEUX MAMELLES...

    Je laisse la parole à Spielberg pour la leçon de cinéma à l'attention des inemployés aux écritures sus-mentionnés.
    Spielberg has mixed feelings about the effects of digital technology, however. “I’m as guilty as anyone, because I helped to herald the digital era with Jurassic Park,” he says. “But the danger is that it can be abused to the point where nothing is eye-popping any more. The difference between making Jaws 31 years ago and War of the Worlds is that today, anything I can imagine, I can realise on film. Then, when my mechanical shark was being repaired and I had to shoot something, I had to make the water scary. I relied on the audience’s imagination, aided by where I put the camera.

    “Today, it would be a digital shark. It would cost a hell of a lot more, but never break down. As a result, I probably would have used it four times as much, which would have made the film four times less scary. Jaws is scary because of what you don’t see, not because of what you do. We need to bring the audience back into partnership with storytelling.”

    That he might suddenly lose his extraordinary facility to touch the vast audience that he has enthralled and captivated for a generation may be Steven Spielberg’s most compelling, and, we trust, his most irrational, fear.
    Adam Simpson, Sunday Times d'hier.


    PS Merci à Leloup de m'avoir invité au ciné ce w-e, je te revaudrai ça vieux !

    samedi 18 juin 2005

    Also Sprach Fritz -- Recettes

    Pas eu trop le temps de poster les chiffres du Box-office Paris-RP depuis un mois. Je faisais ça pour avoir un fil d'infos régulier (et donc pour fidéliser les lecteurs) mais finalement je préfère prendre cinq minutes pour trouver une petite anecdote d'actualité ciné plutôt qu'à copier des gros chiffres. Enfin j'espère que ce que j'écris ici arrive à être plus intéressant que l'arithmétique du guichet (en parlant d'arithmétique du guichet est-ce la caissière ou le gérant qui encaisse le black dans les petites salles ?).

    J'aime le cinéma, j'ai envie de réaliser des films, mais ne me demandez pas pourquoi ni comment je les fais. Les jeunes, les étudiants qui viennent me voir veulent toujours obtenir des recettes et des explications sur la mise en scène. J'ai envie de leur citer ces mots de Faust : "Ce que vous ne saisissez pas, jamais vous ne le comprendrez."
    Fritz Lang cité dans Trois Lumières


    >> "Knowing everything and understanding nothing" ou comment perdre son temps dans des études socio-économiques pour expliquer la vie du box-office.