mercredi 15 juin 2005

Also sprach Fritz

A l'occasion de la sortie de Clash by Night voici la première livraison d'un série de citations de Fritz Lang.

La citation de Fritz Lang en exergue de ce blog correspond à l'introduction de la préface écrite pour un livre de l'historien du cinéma H.A.V. Bulleid en 1946. Le texte intégral est repris et traduit dans le recueil Trois Lumières d'Alfred Eibel.
Pour paraphraser Lincoln, le cinéma est l'art du peuple, par le peuple et pour le peuple. En d'autres termes, le cinéma trouve son origine dans le peuple, lui doit sa création et répond à une grande part de ses besoins culturels.

Cet essai ce termine sur ces mots qui n'ont pas perdu leur actualité malgré 60 ans d'âge :
Ce que j'ai dit au sujet du cinéma en tant qu'art populaire ne doit pas faire oublier le fait que, depuis vingt ans, existe dans notre industrie une tendance croissante à oublier les intérets culturels de la masse. Le prix de plus en plus élevé de la production d'un film a développé la dimension même des organisations rattachées à cette production. Le caractère gigantesque de ces organisation leur coupe tout contact avec le peuple. Il advient ici que les intérêts privés tendent à exclure tout ce qui pourrait porter préjudice au seul bénéfice. Et dès que le peuple n'est plus considéré que comme source possible de bénéfice, ses besoins réels sont négligés au profit d'un ersatz de culture bon marché.

Box-office Paris-RP semaine 24

1. L'INTERPRETE ...... 120 322 = 49 x 351
2. STAR WARS 3 ...... 111 083 = 51 x 311
3. SIN CITY ......... 73 205 = 49 x 213
4. BABY-SITTOR ........ 62 951 = 30 x 300
5. CRAZY KUNG FU ...... 62 636 = 35 x 256

source : ciné-chiffres

lundi 13 juin 2005

Follow the money, will ya?

''Follow the money'' c'est cette phrase emblématique du personnage de Deep Throat dans le scandale du Watergate. Ou plutôt c'est le dialogue emblématique du personnage de Deep Throat dans le scénario des Hommes du Président (All the President's men) de William Goldman, et ça, alors que Deep Throat a révélé son identité, beaucoup de monde et notamment beaucoup de journalistes l'ont oublié.
Qu'est-ce que tout cela nous apprend ?

  • Que le dialogue de William Goldman était vraiment bon (le scénario lui a valu un second Oscar après celui obtenu pour Butch Cassidy et le Kid),

  • Que le cinéma (l'image) est bien supérieur à la littérature (l'écrit) en terme d'impact sur les consciences,

  • Que si les journalistes ne font pas leur travail plus scrupuleusement on est mal barrés pour être bien informés face à des hommes politiques qui consacrent de plus en plus d'énergie à assurer leur communication (voire flatter les medias pour mieux les tenir) :
  • In the most recent example, all the president's men slimed and intimidated Newsweek by accusing it of being an accessory to 17 deaths for its errant Koran story; led by Scott McClellan [porte-parole de la Maison Blanche], they said it was unthinkable that any American guard could be disrespectful of Islam's holy book. These neo-Colsons [conseiller spécial de Nixon, condamné à de la prison ferme pour ses agissements] easily drowned out Gen. Richard Myers, the chairman of the Joint Chiefs of Staff, and Afghanistan's president, Hamid Karzai, both of whom said that the riots that led to the 17 deaths were unrelated to Newsweek. Then came the pièce de résistance of Nixon mimicry: a Pentagon report certifying desecrations of the Koran by American guards was released two weeks after the Newsweek imbroglio, at 7:15 p.m. on a Friday, to assure it would miss the evening newscasts and be buried in the Memorial Day weekend's little-read papers.
    Frank Rich, NYT 12 juin 2005

    samedi 11 juin 2005

    Miam-miam (encore) des gros chiffres !

    Pour tout ceux qui sont intéressés par les gros business qui prend de plus en plus le pas sur la simple magie du cinéma les chroniques du Hollywood Economist Ed J. Epstein pour Slate valent le détour.
    Cette semaine on apprend que la révolution numérique pourrait modifier profondément le business model classique.
    Soit le business model classique :
    les studios dépensent plus en marketing que pour la production quitte à perdre de l’argent en salles pour
    1/ doper les entrées en première semaine d’exploitation
    2/ dont dépendaient directement les revenus annexes (location et vente video)

    Or le gros pilonnage marketing touche surtout les ados, qui ont plus de temps à perdre pour subir ce pilonnage et les films qu’il promeut, et surtout qui ne sont pas les plus gros consommateurs de DVD.
    De plus les marchands de DVD comptent sur ces galettes comme produit d’appel pour vendre des produits à plus forte marge (cas classique de l’alimentation dans la grande distrib) ce qui exclut encore les ados et donc la stratégie du pilonnage marketing pour inonder le marché dès les premiers jours d’exploitation.
    Ajouter à ça l’explosion du CA du DVD qui dévalue mécaniquement les droits TV et les zones DVD qui appartiennent au passé, voilà assez d’ingrédients pour faire écrire un nouveau scénario pour le business plan qui va cartonner dans les salles (des marchés).

    Le problème ? Comme c’est le DVD qui rapporte de l’argent tout ce beau monde rêve de pouvoir sortir ses galettes en même temps que la sortie salles. Ok, mais si on doit en venir à vendre des DVD à la sortie des multiplexes faudra penser à baisser le prix des entrées. Voire à offrir des places pour tout achat du DVD.
    Bref encore une fois cette créativité étonifiante gagnerait surtout à être traduite sur les grands écrans.

    mercredi 8 juin 2005

    BO Pp semaine 23

    1. STAR WARS 3 ....... 200 031
    2. SIN CITY ........ 153 630
    3. TRAVAUX ...... 69 753
    4. SAHARA ...... 45 766
    5. PAPA ..... 40 857
                  source : ciné-chiffres

    lundi 30 mai 2005

    Box-office Paris-RP WE 22

    1. STAR WARS 3 ............ 258 368 .. 52 x 994 (-45%)
    2. LA MAISON DE CIRE ....... 31 952 .. 28 228 -
    3. IMPOSTURE ..................... 18 159 .. 29 x 125 -
    4. KINGDOM OF HEAVEN .... 17 013 .. 41 x 83 (-24%)
    5. LEMMING ................... 13 624 .. 44 x 62 (-44%)
    6. CAVALCADE ................. 13 246 .. 19 x 139 -
    7. LE PONT DU ROI SAINT-LOUIS .. 12 908 .. 22 x 117 -
    8. BRICE DE NICE ........ 11 071 .. 23 x 96 (-7%)
    9. QUARTIER V.I.P ......... 10 803 .. 29 x 75 -
    10 ANTHONY ZIMMER ......... 9 476 .. 22 x 86 (-23%)

    source : ciné-chiffres

    jeudi 19 mai 2005

    May the cheese be within your dialogue

    D'après Alec Guiness c'est lui qui avait insisté auprès de George Lucas pour faire mourir Obi-wan Kenobi dans le premier Star Wars. Il ne tenait pas en haute estime son travail sur le film pas plus qu'il ne tenait à retrouver la tenue kimono du Jedi marron devant/marron derrière (les autres acteurs principaux avaient des clauses pour deux suites). En particulier il trouvait les dialogues vraiment trop mauvais et se trouvait, lui, trop vieux pour trouver ça drôle :
    "Apart from the money, I regret having embarked on the film. I like them well enough, but it's not an acting job, the dialogue - which is lamentable - keeps being changed and only slightly improved, and I find myself old and out of touch with the young"

    Dialogues tartes, vous avez dit dialogues tartes ? Justement le site keepersoflists.org (pour les maniaques des listes) abrite une fournée de répliques qui ne dépareilleraient pas dans un film de boules :
    "Get in there you big furry oaf, I don't care what you smell!"
    "She may not look like much, but she's got it where it counts, kid"
    "Backdoor, huh? Good idea."
    "Get on top of it!" "I'm trying!"
    (via MCN)

    Entrées Pp du mercredi 18

    Sans commentaires :

    1. STAR WARS 3 ...... 124 364 (moy = 2 392 sur 52c.)
    2. LEMMING ................ 4 405 (moy = 94 sur 47c.)
    3. KINGDOM OF HEAVEN .... 3 487 (moy = 74 sur 47c.)
    4. LAST DAYS ........ 3 110
    5. ANTHONY ZIMMER .... 2 445
    6. SHALL WE DANCE ? ..... 2 324
    7. EN BONNE COMPAGNIE ..... 2 062
    8. BRICE DE NICE ....... 1 987
    9. OTAGE ............... 1 834
    10 LE CRIME FARPAIT .... 1 689 (best of the rest avec moy = 169 sur 10c.)

    et niveau nouveautés perdues dans le tas :

    22 FASHION MAMAN 400 (3 x 133)
    ...
    26 ANCHORMAN 241 (8 x 30)
          source : ciné-chiffres

    mercredi 18 mai 2005

    Exception de crédit d'impôt "culturel" (2)

    On voyait l'autre jour qu'à trop vouloir attirer les investisseurs les pouvoirs publics avaient tendance à faire de gros cadeaux à des gars simplement à la recherche de failles dans le code des impôts.
    Saisissante étude de cas dans The Observer de dimanche dernier :
    Gradually, as Brit-flick followed Brit-flick, the Inland Revenue began to notice a disconcerting pattern: tax relief on film production wasn't financing film production but being creamed off by middle men. The technicalities of the deals were complicated, but the basic 'sale and leaseback' scam was simple. A corporation - a Hollywood film studio - or a consortium of wealthy men - footballers, City law partners - would nominally buy a film for, say, £100 million and lease it back to the producer. As corporation tax is at 30 per cent and the higher rate of personal tax is at 40 per cent, the sale would entitle corporations to knock £30m off their tax bills and footballers and City lawyers to knock £40m off their tax bills. The bulk of their 'investments', however, wouldn't be risked in the notoriously unpredictable film market.

    The producer would put most of the money in a high-interest bank account and pay it back to the lenders over the 15 years of the lease. Only a small proportion, typically between 10 to 15 per cent, would actually be spent on the film. Even if every penny was lost, the investors wouldn't have suffered. They would have gained far more in tax breaks than they had lost in the multiplexes and still have the £85m earning interest which would one day be theirs.
    (...)
    David Puttnam told me that in 1983, when he made The Killing Fields, 93 per cent of the money he raised was on screen for the viewer to watch: it was spent on the actors and technicians; on getting the crew on location; on editing the film. Today, he guesses that about half the money raised for a British film would be spent on setting up deals and paying off financiers.
    (via MCN)

    BO Pp semaine 20

    1. KINGDOM OF HEAVEN ..... 86 064
    2. LEMMING .................... 71 322
    3. ANTHONY ZIMMER ..... 39 837
    4. SHALL WE DANCE ? .... 35 125
    5. LAST DAYS ............. 34 170
    6. EN BONNE COMPAGNIE 31 376
    7. OTAGE ................... 30 630
    8. BRICE DE NICE ......... 29 654
    9. MILLION DOLLAR BABY .. 24 185
    10 CREEP ..................... 21 355
    11 MON PETIT DOIGT M'A DIT... 21 352
    12 LE CRIME FARPAIT .......... 20 371
          source : ciné-chiffres

    lundi 16 mai 2005

    Box-office Paris-RP WE 20

    1. KINGDOM OF HEAVEN .... 75 222
    2. LEMMING .............. 61 811
    3. ANTHONY ZIMMER ..... 34 062
    4. SHALL WE DANCE ? .... 30 085
    5. LAST DAYS ........... 28 312 (3 j.)
    6. EN BONNE COMPAGNIE .. 27 112
    7. OTAGE ............... 26 436
    8. BRICE DE NICE ...... 25 131
    9. MILLION DOLLAR BABY .. 20 146
    10 CREEP ..................... 18 239
    11 MON PETIT DOIGT M'A DIT... 18 183
    12 LE CRIME FARPAIT ....... 17 100

    dimanche 15 mai 2005

    Footage Traders: where the money ebbs and flows

    Petit dossier dans le Monde sur les marchands de films à la française, au premier rang desquels on trouve Exception Wild Bunch.
    J'adore ce genre d'amorti du tibia journalistique :
    Réputés pour leurs excès et leur sens de la fête, les salariés de Wild Bunch le sont aussi pour leur moyens et leur professionnalisme, si bien que de nombreux gros projets arrivent directement à eux.
    Dans les autres crémeries on ne réussit pas encore à impressionner le journaliste sans être obligé de présenter sagement (naïvement ?) la vérité toute nue :
    "Les vendeurs sont devenus de véritables partenaires du film, dit-il [Eric Lagesse, DG de Pyramide]. Ils ont leur mot à dire sur le script et le montage et le disent de plus en plus. Combien de fois a-t-on entendu que le film était "vraiment too French", c'est-à-dire qu'il ne se passe rien et que ça bavarde un max ? Nous cherchons le juste milieu entre le film grand public et le film d'auteur pour atteindre 100 000, 200 000, 300 000 entrées, voire 1 million !"

    Ben voyons. Je précise tout de suite que le film d'auteur, en plus de pouvoir se faire une place dans des festivals aux fiestas plus ou moins réussies, peut être une bonne affaire pour les footage traders : pas cher et qui peut rapporter gros, comme des junks bonds.
    Après tout "Film d'Auteur" c'est juste une catégorie marketing qui rassemble des produits à valeur hautement spéculative.

    jeudi 12 mai 2005

    Entrées Pp de mercredi 11

    1. KINGDOM OF HEAVEN .... 9 444
    2. LEMMING .................. 9 018
    3. EN BONNE COMPAGNIE .. 4 452
    4. SHALL WE DANCE ? .... 4 421
    5. ANTHONY ZIMMER ..... 4 414

    mercredi 11 mai 2005

    BO Pp semaine 19

    1. KINGDOM OF HEAVEN .......... 172 951
    2. ANTHONY ZIMMER ............ 64 613
    3. SHALL WE DANCE ? ........... 64 204
    4. BRICE DE NICE ............... 48 695
    5. OTAGE ......................... 48 532
    6. MILLION DOLLAR BABY .......... 38 631
    7. CREEP ................................ 36 277
    8. XXX 2 ................................. 35 278
    9. MON PETIT DOIGT M'A DIT... ...... 32 650
    10 AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD .... 25 878

    mardi 10 mai 2005

    John Boorman au fil de l'eau

    Emanuel Levy fait un petit retour sur la carrière en dents de scie de John Boorman à l'occasion de la sortie de son dernier film, In my Country, une production qui sent le conventionnel à plein nez : Juliette Binoche + Samuel L. Jackson dans l'Afrique du Sud post-Apartheid.
    Known as one of the most independently minded directors, Boorman once said: "filmmaking is the process of turning money into light, and then trying to turn it back into money again," an epigram that has defined the trajectory of his vastly uneven career. It’s hard to think of another major director who has had so many ups and downs. David Thompson has poignantly observed that Boorman is “as commercially unreliable as he is artistically unpredictable.”

    Beaucoup de critiques signalent Point Blank (Le Point de non-retour, 1967) comme son chef d'oeuvre, comme une date marquant le renouveau du film noir et blablabla. Alors peut-être que tout ce beau monde a été impressionné par le côté onirique qui contraste avec la force brute dégagée par Lee Marvin, mais moi ce que j'ai vu c'est un film très daté sixties qui se prend un peu trop au sérieux dans son atmosphère vaporeuse. Deliverance (1972) et même Zardoz (1974 - on ne rigole pas sur le look de Sean Connery svp) m'ont laissé un bien meilleur souvenir.
    The excellent physical realization of “Deliverance” is marred by stereotypical characters and blatant message. The visual account of journey four city guys take down the river, and the irrational hostility of the hill people are stunning. But the film’s central idea, juxtaposing the Bit city with the wilderness, was so familiar to make it seem shallow too.

    Ouais... Moi ma conclusion c'est que les critiques voient vraiment trop de films pour pouvoir les apprécier en simples spectateurs : quatre par jour pendant la quinzaine de Cannes, est-ce bien raisonnable quand on a la prétention de porter un regard neuf sur le cinéma ?

    lundi 9 mai 2005

    Box-office Pp WE 19

    1. KINGDOM OF HEAVEN ..... 154 212
    2. SHALL WE DANCE ? ....... 55 485
    3. ANTHONY ZIMMER ....... 55 457
    4. BRICE DE NICE ......... 44 673
    5. OTAGE ............... 41 395

    vendredi 6 mai 2005

    BO Pp mercredi 4 + jeudi 5

    1. KINGDOM OF HEAVEN ..... 31 092 + 41 420 = 72 512
    2. SHALL WE DANCE ? ...... 10 656 + 14 317 = 24 973
    3. ANTHONY ZIMMER ....... 9 343 + 15 244 = 24 587
    4. BRICE DE NICE ......... 8 435 + 10 668 = 19 103
    5. OTAGE .................. 7 142 + 10 324 = 17 466

    mercredi 4 mai 2005

    Black Success Story

    Déjà mentionné sur MCN et par John August cet excellent article sur Shane Black dans le LA Times. Shane Black c'est ce scénariste, véritable mythe vivant, qui a défini le film d'action moderne avec son script pour L'Arme Fatale : il avait 23 ans, c'était son premier scénar, écrit 'on spec' évidemment, et acheté (cher) dans la semaine qui a suivi son achèvement.
    Only in America...

    Depuis Shane Black a plus ou moins disparu de la circulation pendant 10 ans avant d'écrire et réaliser Kiss Kiss, Bang Bang (starring Robert Downey Jr. et Val Kilmer), présenté hors-compétition à Cannes cette année.
    Petit extrait saisissant sur la rançon de la gloire :

    "The biggest task I had to face was managing to believe that I in any way deserved it," Black said of his swift rise, "especially in light of all the people who had worked just as hard, as strenuously, but to whom it didn't come quite so easily."

    A falling out with his best friend in the mid-'90s only added to his guilt. The man, whom he'd first met at UCLA, had decided he wanted to be a writer too, but his career never caught fire. Black said "he was very angered by my success," and several months after they stopped speaking Black received a letter. "[It] said, 'I still hate you, I don't want to see you anymore, but here's a bank account number. Wire as much as you think our friendship is worth into it.' "

    BO Pp semaine 18

    1. ANTHONY ZIMMER .... 101 953
    2. OTAGE .......................... 77 219
    3. XXX 2 ............................ 61 441
    4. BRICE DE NICE .............. 57 781
    5. MILLION DOLLAR BABY .... 44 095
    6. MON PETIT DOIGT M'A DIT... 35 048
    7. GARDEN STATE ..................... 30 521
    8. L'EMPIRE DES LOUPS ..... 28 971
    9. UN FIL A LA PATTE ... 28 629
    10. ROBOTS .................... 25 691

    mardi 3 mai 2005

    Frenchy goes Hollywood

    Petite amorce de bilan à propos de la 'French Touch' à Hollywood : talents à l'étroit dans leur pays ou vulgaires mercenaires ? Ah il est loin le temps où l'Amérique succombait au charme de Maurice Chevalier !

    J-J Annaud : Bogoss au Tibet et Bogoss à Stalingrad. Deux films où l'on sent qu'il y avait de la matière mais que tout ça a été happé dans la grande machine à faire du film. Malgré une aura qui dépasse celle des "petits jeunes" (la quarantaine quand même...) appelés à traverser l'Atlantique ces dernières années, le savoir-faire d'Annaud s'est retrouvé à l'étroit dans le calibrage des grosses productions américaines.
    J-P Jeunet : Alien 4 ? Mouais, comme lui passons à autre chose.

    A partir des exemples peu probants des glorieux aînés comment pouvait-on espérer mieux pour la génération suivante ?

  • M. Kassovitz : Gothika. D'après lui une pige pour s'aérer l'esprit et prendre ses marques à Montréal où il compte tourner ce fameux Babylon Babies dont on attend toujours les dates du tournage. Kasso ne le sait peut-être pas mais on attend son prochain film (pas bâclé) depuis La Haine alors il aurait peut-être dû choisir un projet perso plus "fast-track." C'est juste mon avis.

  • Pitof : Catwoman. Déjà que des producteurs américains aient l'idée de proposer un job au réalisateur de Vidocq en dit long sur leurs capacités de jugement. Même Nostradamus n'avait pas prévu une conjonction de talents aussi spectaculaire.

  • J-F Richet : Assault on Precinct 13. Est-ce bien raisonnable de faire un remake baveux du film de John Carpenter ? Après des films comme Etat des lieux, Ma 6-t va crack-er et De l'amour ? Moi je croyais que le grand écart c'était une spécialité de J-C Van Damme, pas de P. Caucheteux (sur la tentation schizophrénique de la production voir ce post à propos de Spielberg).

  • F-E Siri : Hostage. Alors il parait que le parrainage de Bruce Willis ça devrait faire rêver les jeunes français qui veulent faire du ciné ? Personnellement je ne vois pas. D'ailleurs je ne vois pas vraiment ce que cherche à faire Siri (se spécialiser dans les films d'action ?) et pour tout dire, avec ce qu'il a montré jusqu'à aujourd'hui, ça ne m'intéresse pas.


  • Kassovitz rappelait sur Canal+ ce mot célèbre d'Arletty à la Libération : "Mon coeur est français mais mon cul est international." En plus d'être hors contexte cette citation est totalement cynique. Si c'est vraiment l'état d'esprit qui pousse des réals français à aller faire des films en Amérique pas étonnant que le résultat soit aussi minable : au petit jeu du "je suis cynique au pays des cyniques" ils trouveront toujours plus fort qu'eux. Et pourquoi chercher à Hollywood ce qu'on a chez nous en super concentré avec Besson, franchement ?
    Evangile #0090751j : Au pays des cyniques les demi-cyniques sont esclaves.

    lundi 2 mai 2005

    Box-office Paris-RP WE 18

    1. ANTHONY ZIMMER ........ 82 641
    2. OTAGE .......................... 61 781
    3. XXX 2 ............................. 48 662
    4. BRICE DE NICE ................. 43 507
    5. MILLION DOLLAR BABY .... 33 804

    samedi 30 avril 2005

    SW Revelations - Upton Sinclair's Revenge

    Dans les années 30 Upton Sinclair, candidat démocrate au poste de gouverneur de Californie, avait proposé que les professionnels d'Hollywood au chômage puissent utiliser les ressources vacantes des studios pour tourner leurs propres films. C'est le genre d'idée, un peu trop à gauche pour certains, qui lui a valu de se faire descendre dans la presse et notamment la presse à scandale de William R. Hearst.

    Aujourd'hui il se trouve des fans de Star Wars pour faire bien avec trois francs/six sous ce que George Lucas fait mal avec ses moyens intersidéraux. Pourquoi ? On peut imaginer que Lucas en bon mégalo patauge à côté de son concept. La créativité, ce n'est pas nouveau, est stimulée par les obstacles sur son chemin : le jour où le créateur arrête de se battre il perd ses moyens et sa raison d'être.
    The Skywalker Ranch is the limit.

    En tout cas les fans (actifs) ont gardé la force avec eux, ils font ça pour le plaisir et semblent avoir retrouvé l'esprit originel :
    Star Wars Revelations : sur tous les bons réseaux de téléchargement.

    vendredi 29 avril 2005

    Le Maitre et le vieux con

    Hitchy-sketchyAvec les 50 000 000 de téléchargements pour Firefox on célèbre aujourd'hui les 25 ans de la disparition d'Hitchcock.

    Où en est le cinéma un quart de siècle après la mort de cette icône du réalisateur-auteur-marque de fabrique ? Godard, l'avorton prétentieux qui s'est acidifié avec le temps pour devenir un vieux con installé en Suisse, nous propose sa lumineuse vision :
    [The droning old fart] recently flew from Montréal to New York. When he arrived, the customs officer asked him: "Mr Godard: what are you coming here for? Business or pleasure?" Godard indicated the former. The officer asked what business he was in. "Unsuccessful movies," Godard replied.
    There is something paradoxical about his attitude toward cinema. He now seems despairing of the medium's ability to reinvent itself or to have any kind of social impact. "It's over," he sighs. "There was a time maybe when cinema could have improved society, but that time was missed."
    Hé ben, il est où le petit péteux qui faisait son malin avec des petites phrases comme "tout ce dont on a besoin pour faire un film c'est d'une fille et d'un flingue" ou "le cinéma c'est la vérité 24 fois par seconde" ?

    Vous reprendrez bien un peu d'Hitchcock à la place ?
    "Some films are slices of life, mine are slices of cake."

    jeudi 28 avril 2005

    50 millions de renards sous acide !

    Acid2Microsoft avait intégré Internet Explorer (IE) à Windows pour dézinguer Netscape puis, une fois Netscape en faillite, ils n'avaient plus aucune raison de se fatiguer pour faire évoluer leur navigateur. Ce qui explique qu'aujourd'hui IE est plus lent, moins performant que tous ses concurrents (et aussi plus vulnérable aux spywares mais c'est un autre chapitre).
    Pour ceux qui utilisent toujours Internet Explorer (et qui souvent ne savent même pas qu'il existe d'autres navigateurs) voilà enfin un test parlant : soit la codification Acid2 de l'image ci-dessus, à ce jour seule la version de développement du navigateur Safari est capable de l'afficher correctement. Pour le reste, Firefox s'en approche mais avec IE c'est une vraie boucherie.
  • Voir le comparatif complet ici.
  • Voir le résultat du test avec votre navigateur (ah c'est pas encore ça, hein?)

  • Evidemment si tout s'affichait aussi mal avec IE ça ferait un moment que plus personne ne l'utiliserait. Le problème c'est justement que comme tout le monde l'utilise (plus de 80% de part de marché) les développeurs sont obligés de prendre en compte sa technologie vétuste pour que les sites apparaissent correctement à l'ensemble des internautes. Un cercle vicieux quoi.

    Firefox - setting the internet on fire!

    Bref c'est pour ça que la seule pub que vous trouverez sur ce site concerne Firefox (et son compagnon Thunderbird pour remplacer Outlook Express), logiciel libre, gratuit et disponible sous Windows, Mac ou Linux, en français comme en chinois et avec une large palette d'extensions pour personnaliser la bestiole.

    Au fait, Firefox fête demain son 50 millionième téléchargement depuis que la version 1.0 est sortie en novembre dernier.

    Entrées de mercredi 27

    1. ANTHONY ZIMMER ...... 19 128
    2. OTAGE ................. 13 593
    3. XXX 2 ................. 12 833
    4. BRICE DE NICE ..... 10 348
    5. MILLION DOLLAR BABY .. 6 523
    6. MON PETIT DOIGT M'A DIT... 5 979
    7. UN FIL A LA PATTE ..... 5 479
    8. ROBOTS ..................... 5 376
    9. GARDEN STATE ...... 4 914
    10 L'EMPIRE DES LOUPS .. 4 562

    mercredi 27 avril 2005

    BO Pp semaine 17

    1. BRICE DE NICE ........ 93 838
    2. L'EMPIRE DES LOUPS .... 82 732
    3. MILLION DOLLAR BABY ... 71 767
    4. MON PETIT DOIGT M'A DIT... 70 506
    5. GARDEN STATE ............. 67 742

    mardi 26 avril 2005

    L'exception de crédit d'impôt "culturel"

    What we have is a world, as former studio head David Picker so wisely stated, where Hollywood is no longer making movies, they are selling a product. And the product they are selling only happens to be movies.
    William Goldman Which lie did I tell (2000)

    A l'heure où le débat sur l'ouverture du système de financement français reprend cet excellent article d'Edward Jay Epstein pour Slate nous offre une belle perspective sur la créativité financière, la seule dont se préoccupe encore Hollywood.

    Pour tout ceux qui ont du mal à comprendre les mécanismes de tax-shelter (crédit d'impôt) le plan de financement de Lara Croft retracé ici est limpide. Tout commence par une opération de 'sale and lease-back' (vente temporaire des droits à un partenaire local) pour profiter de la mesure réservée aux productions allemandes : bilan de ce petit montage financier, un bénéfice de $10m qui paie les avocats qui ont travaillé et les salaires des comédiens principaux qui sont engagés (dont $7.5m pour Angelina Jolie).
    Après il suffit de répéter l'opération à une moindre échelle.
    Paramount made some more preproduction cash by taking advantage of the British government's largesse. To qualify for Section 48 tax relief in Britain, the movie had to include some scenes filmed in Britain and employ a couple of British actors. Given Lara Croft's peripatetic plot, neither condition presented an artistic problem. Again, Paramount entered into a complex sale-leaseback transaction, this time with Britain's Lombard Bank. Through this legal legerdemain, the studio netted, up front, another $12 million—enough to pay for the director and script.
    Conclusion de l'article : il est plus facile de financer une grosse bouse à $100m comme Lara Croft qu'un petit film indépendant à $16m comme Sideways.

    Normalement le 'sale and lease-back' c'est de l'histoire ancienne mais les gouvernements cherchent toujours à attirer des capitaux sans avoir l'air de faire de (trop gros) cadeaux.

    lundi 25 avril 2005

    Box-office Paris-RP WE 17

    1. BRICE DE NICE ............. 68 802
    2. L'EMPIRE DES LOUPS ......... 66 831
    3. MON PETIT DOIGT M'A DIT... 54 975
    4. GARDEN STATE ....................... 54 107
    5. MILLION DOLLAR BABY ............. 53 734

    dimanche 24 avril 2005

    Défense du faiseur de films

    S. PollackTrès bon article de Slate, critique et argumenté sur Sydney Pollack, un bon faiseur comme on n'en fait plus en France depuis que la nouvelle vague les a vomis et persécutés (Verneuil, Lautner...).

    Morceaux choisis et commentés :
    [In 1966] the journalist Peter Bart quoted Pollack deriding the "horizontal" storytelling favored by American directors and offering paeans to Fellini and Truffaut. But by then it was too late. Pollack's rough edges had been shorn off by television. He had become a dedicated middlebrow artist, suspicious of sophistication and concerned with nothing so much as being an entertainer.
    Ce décalage c'est exactement ce que la nouv' vag' et ses novlinguistes ne peuvent pas comprendre puisque pour eux le talent préexiste à l'envie de faire du cinéma. Pour moi c'est tout à l'honneur de Pollack de décider de baisser ses prétentions s'il sait qu'il ne sera jamais Fellini ou Truffaut. A condition bien-sûr qu'il ne tombe pas dans le cynisme du mercenaire.

    The Pollack hero undergoes a ritualized breaking-in: He begins as a handsome loner, self-sufficient and set in his ways. Then he meets a she. She (Streep, Fonda, Streisand) is overly idealistic or else overly prim. He is smitten. He opens himself up. Together, he and she overcome a hostage crisis, evil lawyers, or African colonization. Two and a half hours later, he is a slightly better he. If you think I'm oversimplifying things, listen to Pollack: "It's usually the same guy in a different place," he told The Directors. "Sometimes he's in Africa, sometimes he's in the West. ... And often it's Redford."
    C'est là la différence entre l'auteur reconnu et le faiseur : l'un a des thèmes de prédilection qu'il explore au fil de ses oeuvres quand l'autre ne fait que se répéter. Mais pourquoi tomber dans le manichéisme alors qu'on peut très bien imaginer un auteur puant se perdre dans ses obsessions au mépris du spectateur quand le faiseur a simplement pour ambition de réussir le meilleur film dont il est capable avec les ingrédients qu'il a rassemblés ?
    Hollywood has a word for people who join big stars with big literary properties and then leave the film to make itself—producers.
    Ah ! si on pouvait sortir cinq minutes du cliché du producteur inculte qui insulte tout le monde sauf ses banquiers et ses stars...
    Admettons qu'il y ait moins de 1% du patrimoine cinématographique constitué de chefs d'oeuvre (inoubliables) et 90% de films médiocres à exécrables (vite vus vite oubliés), hé bien c'est tout le reste de la production qui fait tenir l'ensemble. Encore une fois il ne faut pas se voiler la face : il n'y a pas d'auteurs dans le cinéma, il y a juste des talents qui peuvent espérer faire un excellent film s'ils se trouvent, se regroupent et donnent le meilleur d'eux.

    jeudi 21 avril 2005

    1 business 2 multimedia

    "I want to make movies that have energy. They may be cynical - but with a sunny cynicism."
    David Sacks, 32, an inventor of the Internet payment system PayPal, which was sold to eBay in 2002 for $1.5 billion
    Vous trouverez cette citation d'enculé (enculé oui, mais attention, enculé optimiste) dans le New York Times. L'article est vraiment fourre-tout, une compilation de vignettes sans aucune perspective, donc c'est à chacun d'y faire son marché.

    Quoiqu'il en soit il est plus facile d'imaginer les nouveaux business models du cinéma que les films de demain. Je dis ça parce qu'on entend souvent pleurnicher sur la corrosion du système par le fric alors que s'il y a des solutions à trouver c'est par là qu'il faut commencer, pas en invoquant des générations spontanées d'auteurs-artisans de leur propre image. Ça n'est peut-être pas rassurant, mais c'est la réalité toute simple. Pas besoin d'imaginer des complots ou d'échaffauder des théories pour l'affronter.
    "I've never put a dime of my own money into this business," said John Davis, a multimillionaire producer whose entree to Hollywood was smoothed by his father, Marvin Davis, who purchased 20th Century Fox and sold it to Rupert Murdoch's News Corporation in the 1980's. "I always advise other people not to. It is a very risky business. The riches in this business are made on libraries that increase in value over a long period of time, but you have to have two or three thousand titles."

    Entrées Pp du mercredi 20

    1. L'EMPIRE DES LOUPS ......... 11 093
    2. BRICE DE NICE ....................... 9 809
    3. GARDEN STATE ...................... 8 768
    4. MON PETIT DOIGT M'A DIT... 7 506
    5. MILLION DOLLAR BABY ......... 6 169

    mercredi 20 avril 2005

    L'hymne officiel du cinéma

    Singin'La semaine dernière a été idéale d'un point vue météo pour les entrées sur Paris. Petites pluies, temps qui se rafraichit... Bref ce ne sont pas les exploitants qui vont me contredire si je proclame que Singin' in the Rain est le film et la chanson emblématique du cinéma.



    I'm singing in the rain
    Just singing in the rain
    What a glorious feeling
    I'm happy again

    I'm laughing at clouds
    So dark up above
    'Cause the sun's in my heart
    And I'm ready for love

    Let the stormy clouds chase
    Everyone from the place
    Come on with the rain
    I've a smile on my face

    I'll walk down the lane
    With a happy refrain
    'Cause I'm singing
    Just singing in the rain.

    (pour les paroles et l'illustration, merci à ce site sur l'argot dans les films en anglais où je vous recommande d'aller piocher quelques mots au hasard des titres répertoriés)

    BO Pp semaine 16

    1. BRICE DE NICE .............. 127 866 (-44%)
    2. MON PETIT DOIGT M'A DIT... 97 566
    3. MILLION DOLLAR BABY ........ 83 663 (-26%)
    4. MAN TO MAN ....... 64 314
    5. ROBOTS .............. 50 048 (-33%)
    6. DANS TES REVES ....... 28 793
    7. VA, VIS ET DEVIENS ...... 27 758 (-23%)
    8. HITCH .................... 23 989 (-35%)
    9. DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE . 22 976 (-22%)
    10. WINNIE L'OURSON ET L'EFELANT ..... 21 556

    mardi 19 avril 2005

    Multiplication des galettes et division du pain

    (Multiplication of profits & division of the dough)

    Pour paraphraser Audiard :
    "Les bénéfices ça se divise quand tout a l'air d'aller, la cupidité ça se multiplie quand rien ne va plus."

    C'est exactement ce qui s'est passé avec la manne du DVD, tombée du ciel alors que les studios se débrouillaient tant bien que mal. Comme pour la Ruée vers l'or cette manne a été le signal que rien ne va plus, que toutes les règles acceptées en bonne société n'avaient plus cours.
    Le besoin pour les (grandes) entreprises d'être totalement libres ? A condition que la technologie ne les dépasse pas.
    Les téléchargements gratuits ? Donnez-nous libre accès aux coordonnées de ces petits malins. Mais laissez-nous faire un peu de comptabilité créative pour dissimuler nos recettes DVD.
    Il faut éliminer ces horribles pirates de l'espace internet qui ne respectent pas le droit d'auteur et menacent donc des secteurs entiers de l'économie mondiale. Mais faisons comme si de rien n'était et ne parlons surtout pas des royalties DVD.

    Even though Hollywood's labor unions have failed to make any headway in getting a share of DVD profits, individual movie artists are free to argue for a bigger slice of the proceeds. The studios say that any DVD concessions would bring financial ruin, but cracks are starting to appear in their previously united front, fissures that could ultimately provide the clearest view of the battleground.
    John Horn, LA Times (17 avril)
    CA ventes + location DVD 2004 (US+Can) = 15,5 +5,7 milliards de dollars
    CA ventes + location VHS 2004 (idem) = 3,2 milliards
    Box-office cumulé 2004 = 9,5 milliards

    Le DVD compterait au final pour 60% du bénéfice des studios mais grâce à l'imputation de divers frais par des comptables habitués aux effets spéciaux il est facile de dire que telle galette n'a rien rapporté (pour les passionnés voir l'étude de cas Buchwald v. Paramount dans Fatal Subtraction).

    Je pose DV et je retiens DVD. «Jusqu'où s'arrêteront-ils» dans cette fuite en avant où le DVD est censé payer pour l'explosion des budgets (production et marketing) ? Probablement quand le DVD deviendra obsolète, dans 5 ans. Et là ce sera marrant de voir encore tout ce beau monde s'agiter pour un soubresaut technologique qui n'est en fait que la dernière étape (en cours) de la révolution numérique : la dématérialisation totale des supports.
    C'est bien là le seul problème dont tout le monde devrait se préoccuper au lieu de fantasmer sur des gros chiffres.


    DOSSIER
    L'évangile DVD selon St. Thomas Faquin :

    Au commencement...
    Perspective générale du marché de la galette DVD (+ perma-link vers un article du NYT sur les ventes à l'étranger) :
    Le seigneur des galettes et du gros pot de beurre (janvier)
    La logique du mastodonte qui édicte ses règles (mars) :
    MGM vs. Grokster
    Vendre des galettes en Chine pour les Nuls (mars) :
    Le dévidoir du Yang-Tsé I
    Le dévidoir du Yang-Tsé II

    lundi 18 avril 2005

    Box-office Paris-RP WE 16

    Brice profite du w-e pour limiter la casse (-60% mercredi, on est maintenant sur une baisse inférieure à -50% pour la semaine).

    1. BRICE DE NICE .............. 110 534
    2. MON PETIT DOIGT M'A DIT... 79 134
    3. MILLION DOLLAR BABY ........ 68 439
    4. MAN TO MAN ....... 52 314
    5. ROBOTS ........... 44 466

    dimanche 17 avril 2005

    The proof of the fudging is in the teasing

    Une des raisons pour lesquelles je vais surtout dans des petits cinémas parisiens c'est qu'il n'y a pas (ou vraiment très peu) de pub avant le film. Ce n'est bien sûr pas ma principale motivation mais je pense qu'une grande partie de la magie du cinéma intervient quand les lumières s'éteignent et qu'on peut glisser tranquillement dans le monde imaginaire créé par le film. Au contraire dans les multiplexes, ces supermarchés dont on se retrouve vidé par les issues de secours, toute cette magie est gâchée par un fatras de messages publicitaires, de teasers et de films annonces assommants, fatras après lequel les lumières se rallument. Sacrilège !

    Vous qui aimez aussi le cinéma, en gros ou en détail, regardez ce qui nous arrive des Etats-unis, admirez l'inventivité : un bonus publicitaire de 20 minutes avant le machin pour lequel vous avez payé. Miam-miam.
    “The 2wenty,” which is shown with digital projectors, is “a larger-than-life pre-show adding unique and special entertainment to the REG movie-going experience.” The country’s largest theater chain [Regal] refers to it as “quality entertainment supplied by our four content partners.”

    To understand what this is really about, replace “entertainment” with “advertisements” and “content partners” with “companies that are paying for these advertisements.” Essentially, movie theater chains have found a way to give us even more advertising: by running pre-show ad films while the lights are still on and audiences are finding their seats.
    En revanche très bonne initiative que celle de la Captive Motion Picture Audience of America : mettre une affichette "réservé" sur son fauteuil et ne revenir que pour le début du film.


    Je sens que je vais m'en inspirer pour la prochaine fois que je dois faire mes courses au supermarché !
    (via imdb)

    jeudi 14 avril 2005

    Episode -30%

    Emmanuelle nous propose un petit reportage sympa sur les gros consommateurs de Star Wars. Il parait qu'en bon langage pipo-marketing on parle de fans. C'est vrai qu'ils ont l'air gentils ces gars qui campent dans la rue pour être les premiers au ciné, mais moi, cet esprit gros nenfant (plus que bon enfant) me rend assez dubitatif (pour faire à mon tour dans l'euphémisme décoratif).
    Non, franchement, je trouve ça déprimant tout ces consommateurs captifs, dépendants à un produit dilué rien que pour eux, parce qu'ils le valent bien. Exemple : est-ce que ce serait de la dialectique trop lourdement Michael Moorue que de mettre en regard ces clochards volontaires et de vrais SDF américains ? D'un côté de jovials intermittents du trottoir et en face la sécurité du non-emploi, l'assurance universelle de ne pas pouvoir tomber beaucoup plus bas que le caniveau.


    Même décor, changement d'angle, William Goldman met la production de suites (sequels) au même niveau que faire le trottoir :
    ...sequels are whores movies.
    (...)
    In Lucas's case, I think there are precious few on the planet who preferred Return of the Jedi to Star Wars. Well, why, pray tell, should the Phantom Menace be any less boring and flawed than the last of the first trilogy?
    People will come up with all kind of bullshit for whoring. I remember telling people, Well, there was just so much great stuff about Butch and Sundance I couldn't fit in the first one. Wonderful interesting new material.
    Bullshit. That was whore talking.
    And whatever Lucas tells us today about why he did the deed, whatever excuses he comes up with, it will be bullshit. If you disagree then answer this: why didn't he finance a sequel to Howard the Duck?
    William Goldman, Which lie did I tell? (2000)
    Ecrivain et scénariste américain oscarisé pour Butch Cassidy et le Kid (qui a donné une prequel dix ans après) puis pour les Hommes du Président.

    Mercredi 13 : entrées Paris-périphérie

    1 BRICE DE NICE ........................ 14 706
    2 MON PETIT DOIGT M'A DIT... 11 293
    3 ROBOTS .................................... 9 076
    4 MILLION DOLLAR BABY ........ 7 878
    5 MAN TO MAN ......................... 7 219
    6 DANS TES REVES .................. 4 908
    7 WINNIE L'OURSON ET L'EFELANT .. 4 740
    8 VAILLANT PIGEON DE COMBAT ! ... 4 064
    9 AKOIBON ............................. 2 705
    10 MISS CONGENIALITY 2 ....... 2 697

    mercredi 13 avril 2005

    BO Pp semaine 15

    1. BRICE DE NICE ....... 228 172
    2. MILLION DOLLAR BABY .... 113 425
    3. ROBOTS .......................... 74 912
    4. VAILLANT PIGEON DE COMBAT ! .... 43 428
    5. THE RING 2 .................. 42 004
    6. LES ENFANTS ................. 39 901
    7. HITCH ............................ 36 825
    8. VA, VIS ET DEVIENS ....... 35 910
    9. TOUT POUR PLAIRE ....... 34 401
    10. DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE .. 33 769
    11. L'ANTIDOTE ......... 29 429
    12. DR KINSEY ........ 24 460

    lundi 11 avril 2005

    Bullshit Broadcasting Corp.

    Je ne connais pas la teneur originale ni le contexte de cette interview de Kristin Scott-Thomas (pour un programme international de la BBC, The Ticket) mais ça empeste la très mauvaise tambouille. Première, Studio ou même Ciné Live mettent toujours un peu plus de formes avant de publier ce genre de publi-reportage fourré aux vagues idées générales qui ne se raccrochent à aucun discours construit.

    Titre du papier prémaché : "France embraces commercial film." Encore si c'était le titre d'une enquête approfondie sur le cinéma français des dernières années, mais non, c'est un vague lieu commun qui s'appuie (sans trop forcer) sur trois exemples (qui parlent d'eux-mêmes) : Amélie Poulain, Les Choristes et... Arsène Lupin bien-sûr.

    Hé oui ! figurez-vous que ce film, passé inaperçu à l'automne dernier avant la sortie d'Amélie Poilue, est un phénomène du box-office. Premier paragraphe :
    On the heels of Amelie and The Chorus, Scott Thomas' latest film Arsene Lupin, an unusual mix of costume drama, martial arts and computer-generated imagery, is another box office success story.

    Donc, par là même, consécutivement, on n'a plus honte de faire des films qui gagnent de l'argent en France.
    Moi ma conclusion c'est que quand les gars osent communiquer avec un tâché de presse aussi baveux c'est que le film doit être encore plus mauvais que ce que je pensais.

    Pour l'histoire, Arsène Lupin, "ce mélange inhabituel de film en costumes, de film de kung-fu et d'images de synthèse" à 22m d'euros, a fait 1 184 240 entrées en France. Et il est porté disparu sur les autres marchés avant sa sortie tant attendue au Royaume-uni. Sortie DVD dans un mois en France, mais dispo depuis longtemps en import russe.
    (via MCN)

    Box-office Paris-RP WE 15

    Vent froid, averses : météo parfaite pour les salles ce WE.

    1 BRICE DE NICE ............ 201 494
    2 MILLION DOLLAR BABY ....... 94 996
    3 ROBOTS ............................. 67 252
    4 VAILLANT PIGEON DE COMBAT ! .... 39 734
    5 THE RING 2 .......... 36 238
    6 LES ENFANTS ........... 32 876
    7 HITCH ........................ 31 245
    8 VA, VIS ET DEVIENS ......... 28 590
    9 TOUT POUR PLAIRE ......... 28 076
    10 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE .. 27 765
    11 L'ANTIDOTE ................ 24 898
    12 DR KINSEY .................... 19 523

    vendredi 8 avril 2005

    Charlie and the Kaufman Factory

    Extraits d'une interview de Charlie Kaufman (scénariste de films qui prennent le temps de s'installer dans les méandres du cerveau humain comme Being John Malkovich, Adaptation. et Eternal Sunshine of the Spotless Mind) :

    These days, I don’t think of awards at all. And even less so since I’ve been part of that world, and I’ve seen what it really is. It doesn’t have the same sort of allure it once did. It’s just watching a marketing machine, and there’s something very ugly about that. I hate it, I think it’s crap. It’s marketing, and marketing is marketing. People get too attached to it. It’s slightly mean-spirited. I can’t speak to larger trends. If people say a movie is better because it has an award it’s sort of affecting the future of marketing.
    (...)
    I’m not interested in watching films right now that feel like a product. I want to feel like I’m watching something that’s really really a mess. Does this make any sense? I don’t know what it is, I want to watch a film in which it feels like there’s something at risk, that’s not a package. But everything seems to be a package. I’m on edge, I don’t want to feel like someone’s sort of presenting me with something and I’m supposed to appreciate it.
    (...)
    I don’t really have anything against stories, but I just want to feel something happening. I read something that Emily Dickinson said that I’m going to paraphrase: you know something’s poetry if a shiver goes up your spine. And that’s the thing to try to put out there, and you put it out there by being honest. If you have a story, it has to conform to that, rather than the other way around. I’m not necessarily into plotless cinema; sometimes people make those movies and they’re not very good, or interesting. Everything is intention, and sometimes people’s intentions, even when they’re avant-garde or on-the-edge, or muddied, become apparent, and it doesn’t really have any power.

    jeudi 7 avril 2005

    Béatitude et nostalgie

    Le week-end dernier j'ai reçu un message privé d'un internaute d'Imdb qui me trouvait trop sévère dans mes commentaires sur certains films. Il se demandait si j'étais 'bien dans ma peau' (je résume les tournures plus ou moins diplomatiques). Après avoir discuté de nos différences d'approche (en gros moi je poste mes commentaires - plus ou moins pertinents - par une gymnastique personnelle qui s'exerce plus facilement sur des films 'défectueux' quand lui, comme l'essentiel des internautes, cherche des commentaires qui confortent ses a priori) il a évoqué la nostalgie comme un état d'esprit qui tend à dissimuler les défauts de ces films avec lesquels on entretient un lien émotionnel qui déborde largement du film lui-même.

    Bref avec ça je dois passer pour un monstre (freak) puisque je me crois capable de juger avec un oeil impartial le premier film que j'ai vu sur grand écran ou le premier film que j'ai vu avec autre chose comme préoccupation que ce qui se passait sur l'écran. Mais on ne m'ôtera pas de l'idée que la nostalgie n'est qu'un état d'esprit passager, pas une attitude dans laquelle on doit se complaire ; une ambiance, une atmosphère, pas un décor physique dans lequel on pourrait se promener sans perdre la notion des réalités.

    C'est ainsi que je concluais sur le Grand Meaulnes, livre magique pour un adolescent mais livre bien décevant pour un adulte.
    (...) admittedly it's not a book for grown-ups. The book is all about the fantastic atmosphere drawn between a little boy's and a young man's world. Told in a flashback through the eyes of the former little boy there's also a sense of lost paradise. Once read twice lost it seems, hence the point that nostalgia is only a transient feeling, not a firm standpoint you can find and climb over and over again.
    Il est normal pour un enfant qui ne comprend pas encore tout de vivre dans un monde vaporeux où l'atmosphère prime sur le décor. Mais l'adulte est censé faire l'effort de comprendre, pas de se réfugier dans ses souvenirs d'enfance, ses albums de photos jaunies au goût de madeleine et aux sonorités de Choristes.

    BO Pp mercredi 6

    1. BRICE DE NICE ............. 33 051
    2. MILLION DOLLAR BABY ..... 11 207
    3. ROBOTS ...................... 10 866
    4. VAILLANT PIGEON DE COMBAT ! .... 7 408
    5. LES ENFANTS ........ 5 118
    6. THE RING 2 ......... 5 089

    mercredi 6 avril 2005

    BO Pp semaine 14

    1. MILLION DOLLAR BABY .... 132 389 
    2. THE RING 2 ........................ 74 975 
    3. VAILLANT PIGEON DE COMBAT ! ... 65 902
    4. HITCH ...................... 56 756
    5. L'ANTIDOTE .................. 54 558 
    6. TOUT POUR PLAIRE ........... 46 863 
    7. DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE .. 40 749
    8. VA, VIS ET DEVIENS .......... 35 869

    lundi 4 avril 2005

    Box-Office Paris-RP WE 14

    1. MILLION DOLLAR BABY .......... 107 322
    2. THE RING 2 ............................. 65 010
    3. VAILLANT PIGEON DE COMBAT ! ....... 59 122
    4. HITCH .................................... 47 963
    5. L'ANTIDOTE .......................... 45 068
    6. TOUT POUR PLAIRE .................... 37 100
    7. DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE .. 31 957
    8. VA, VIS ET DEVIENS ................ 27 551

    dimanche 3 avril 2005

    Non.

    Pourquoi faudrait-il voter pour ce projet de constitution européenne ? Parce que.
    Parce que c'est pas bien d'être contre quelque chose où ya marqué Europe dessus.
    Parce que si le non l'emporte au référendum du 29 mai prochain ce sera vraiment pas bien.

    Franchement est-ce qu'on a vu de meilleurs arguments que ça pour le oui ? Non.
    Non, parce que les hommes politiques ont pris l'habitude de court-circuiter chaque débat à leur avantage, c'est à dire en martellant leur propre conclusion, sans expliquer les enjeux pour ne pas risquer d'avoir à s'expliquer sur leurs contradictions. Et le court-circuit ultime du débat c'est : votez pour moi parce que je suis le plus beau.
    a bo oui, a pa bo non.
    Voter oui c'est voter pour l'Europe de demain ; voter non c'est voter en réaction, voter rétrograde.
    Si vous votez oui vous avez tout compris à l'Europe ; si vous votez non vous êtes des électeurs capricieux, mesquins, irresponsables.
    Merci beaucoup de nous dire ce qu'on a faire, vous, les hommes politiques qui démontrez chaque jour votre incapacité à prendre des responsabilités, la suffisance dont vous êtes capables pour entendre ce que vous voulez bien entendre, dire ce que vous pensez qu'on veut entendre, et vos grandes compétences sur ces questions hautement stratégiques qui consistent à se couvrir et s'entourer de bons fusibles.
    (la suite ici)

    jeudi 31 mars 2005

    Entrées Pp du mercredi 30

    1 MILLION DOLLAR BABY ....... 15 197
    2 VAILLANT PIGEON DE COMBAT ! .... 14 543
    3 THE RING 2 ............. 13 282
    4 L'ANTIDOTE ............. 8 675
    5 HITCH ...................... 7 276
    6 TOUT POUR PLAIRE ......... 5 880
    7 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE .... 5 157
    8 BE COOL ............... 3 933
    9 CRUSTACES & COQUILLAGES .... 3 736
    10 VA, VIS ET DEVIENS ......... 3 525
    11 LE FILS DU MASK ... 3 351
    12 HOTEL RWANDA .... 3 045

    mercredi 30 mars 2005

    Box-office Pp semaine 13

    1 MILLION DOLLAR BABY ............. 217 541
    2 HITCH ................................. 120 982
    3 TOUT POUR PLAIRE .......... 81 506
    4 BE COOL ...................... 73 512
    5 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE ..... 66 182
    6 LE FILS DU MASK ......... 48 674
    7 SAW ...................... 41 221
    8 RAY ...................... 32 006
    9 BOUDU .................... 21 983
    10 LES MOTS BLEUS ....... 16 491

    mardi 29 mars 2005

    MGM vs. Grokster

    Les studios mettent toutes leurs forces dans la balance de la Justice pour rendre illégal le téléchargement en P2P. Toutes leurs forces aux Etats-unis ça veut dire d'énormes frais d'avocats pour lessiver l'adversaire. Par exemple c'est comme ça que la Scientologie a coulé les associations anti-sectes qui la gênaient : en lançant des procédures longues et coûteuses que seuls des entreprises ou des particuliers millionaires peuvent se permettre.

    Manque de bol pour MGM, qui s'attaque aux sociétés derrière les logiciels P2P Grokster et Morpheus, Mark Cuban est prêt à suivre les enchères. Pour voir, parce qu'il croit aux innovations technologiques comme moteur de la croissance, mais surtout parce qu'avec ses armées d'avocats MGM prépare un scénario qui pourrait convaincre les vieux sages de la Cour Suprême. Ce scénario hollywoodien est simple comme du Walt Disney : si le P2P a des répercussions sur le chiffre d'affaires de l'industrie de la musique, du cinéma et du logiciel, c'est donc qu'il est néfaste.

    This isn't the big content companies against the technology companies. This is the big content companies, against me. Mark Cuban and my little content company. It's about our ability to use future innovations to compete vs their ability to use the courts to shut down our ability to compete. It's that simple.

    Lire aussi dans Libé une bonne synthèse sur plus d'un siècle de petits cris vite étouffés sous les innovations.

    lundi 28 mars 2005

    BO WE 13 Paris-RP

    Sur la lancée du Printemps du Cinéma, avec le lundi de Pâques qui devrait aider pour la fin de semaine.

    1 MILLION DOLLAR BABY .... 155 199
    2 HITCH ....................... 88 947
    3 TOUT POUR PLAIRE .. 57 941
    4 BE COOL ................... 53 584
    5 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE ..... 46 985
    6 LE FILS DU MASK .. 35 526
    7 SAW ...................... 29 460
    8 RAY ....................... 21 469
    9 BOUDU ..................... 15 368
    10 LES MOTS BLEUS .... 11 121

    jeudi 24 mars 2005

    Entrées Pp du mercredi 23

    1 MILLION DOLLAR BABY ....... 21 256
    2 HITCH ........... 10 615
    3 BE COOL ......... 8 419
    4 TOUT POUR PLAIRE ..... 7 880
    5 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE ... 6 683
    6 LE FILS DU MASK ... 6 467
    7 SAW ..................... 4 176
    8 RAY ...................... 2 319
    9 LES MOTS BLEUS .. 1 602
    10 BOUDU ................ 1 528

    mercredi 23 mars 2005

    'Million Dollar Baby' selon Leloup

    L’histoire – sans spoiler :
    Maggie (Swank), la trentaine, ayant grandi dans une famille pauvre que l’on qualifierait de « white trash » aux Etats-Unis, s’entête de devenir une boxer pro alors qu’elle a déjà bien dépassé la trentaine.
    Frankie (Eastwood), après moulte hésitation, et l’intervention de son homme à
    tout faire - Freeman - décide de la prendre sous son aile, à l’essai, à contrecoeur.

    Ce qui impressionne le plus dans Million Dollar Baby, c’est la justesse de ton.
    Eastwood s’attable à un scénario simple, mais chargé d’émotion.
    Là ou beaucoup d’autres réalisateurs auraient versé dans la surcharge d’effets, Eastwood garde énormément de retenu. Chez Eastwood, la confiance, l’amitié, et le respect, ne se donnent pas facilement, ils se gagnent. Et sur le ring, et à l’entraînement, dans l’effort, la souffrance, et l’abnégation.
    Le film est un long apprivoisement entre deux être cassés par la vie.
    Ce n’est pas le moindre mérite de Eastwood que d’aimer ces personnages apparemment sans grandeur, car sans réussite sociale.
    Sans sermon, et dans une Amérique qui sacralise la réussite sociale à tout prix, Eastwood nous prouve la grandeur ces être brisés, qui refusent de baisser les bras, et continuent à se battre.
    Bien que reposant sue un canevas proche de Rocky, Million Dollar n’est pas une success story au sens « achievement » du terme, mais une success story sur le courage.

    « Tough ain’t enough »

    Au centre du film, Hilary Swank. Elle rayonne. Elle ne joue pas, elle est Maggie.
    C’est un être simple, car la vie ne lui a pas offert de choix. Elle survit, dans une Amérique ou un seul job (elle est serveuse) permet à peine à payer le loyer.
    Sa vraie vie commence le soir, dans la solitude de ces entraînements interminables, ou elle essaye d’apprendre toute seule les subtilités de la boxe. Ce qui surprend dans son personnage, c’est qu’il est au dessus de tout misérabilisme. La vie n’a pas été très généreuse avec Maggie, qui est serveuse depuis ses treize ans. Pourtant, elle n’en veut pas à la vie.

    Elle semble juste habitée, par l’envie de boxer, d’apprendre le beau mouvement, de prouver et de se prouver qu’elle est plus qu’une serveuse.
    Elle a beaucoup d’amour à donner, mais personne avec qui le partager.

    Si pour elle la boxe est un sésame pour acheter sa liberté (d’où le titre), elle ne boxe jamais par vengeance ou par cupidité. Les scènes de combats sont éclairées de regards félins, astucieux, et enfantins lors des victoires. C’est l’ascension d’une petite grenouille timide jusque dans les hautes sphères de la boxe féminine. Conte moderne.

    Unforgiven 2

    La filiation avec Impitoyable semble évidente. Ces deux films s’appuient sur des histoires très simples, traitées linéairement, sans effets de style. Ils partagent une grande âpreté dans les sentiments humains, un refus du misérabilisme. Frankie est le frère de William Munny. Ils sont tous deux au crépuscule de leur vie, êtres solitaires, brusques, bourrus, refusant toute concession, mais pourtant habités d’une détermination et d’une fidélité sans faille.

    Hilary Swank est le pendant féminin de Clint Eastwood : carrure frêle, mais nerveuse, visage osseux, œil malicieux. Si Eastwood était plus jeune, on pourrait tout à fait les imaginer ensemble tant l’alchimie fonctionne à l’écran.
    Swank rappelle énormément une autre femme qui joua un rôle important dans la vie de Eastwood : Sondra Locke qui partagea sa vie durant 15 ans et 8 films.
    Même dégaine de classe moyenne, même détermination, même sensualité animale.

    Cette dureté entre les personnages, qui cache des sentiments, ce granit qui au fil des combats s’effrite pour se transformer en admiration mutuelle et en amour, est le véritable moteur du film, qui ne manquera pas de vous bouleverser.
    -Leloup-

    Box-office Paris-RP de printemps

    La semaine 12 profite à fond, avec ses nouveautés, de l'effet Printemps du Cinéma.

    1 HITCH ............................................ 218 207
    2 TOUT POUR PLAIRE ........................... 142 090
    3 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE .... 104 737
    4 SAW ................ 75 142
    5 RAY ...................... 53 342
    6 BOUDU ................. 45 605
    7 ELEKTRA ................. 33 200
    8 LE COUPERET .......... 30 808
    9 LA VIE AQUATIQUE .... 30 107
    10 LADDER 49 ................. 20 647
    11 MEET THE FOCKERS ..... 20 524
    12 CAPTAIN SKY... .............. 19 519

    mardi 22 mars 2005

    De se battre mon réalisateur s'est arrêté

    A chaud, parce qu'il le vaut bien, ma critique Imdb du dernier film de Jacques Audiard, De battre mon coeur s'est arrêté.

    MàJ : Mise à plat (en French) de cette réaction à chaud dans les commentaires.

    French cinema pleased with itself. Once and again.

    I'm trying to understand what those guys had in mind before the movie was put into production. The producer must have been pleased enough yet to cradle the new opus from a Great Film Auteur. The auteur himself ? He must have been pleased with the sample of a premise he had with the central character. That must be it: Jacques Audiard said in an interview he wanted to make a movie far less written than his previous directorial effort (Read my lips). What do you call that? Experimenting a new creative workshop or indulging in pretentious laziness? No, it's just a French disease: the auteur attitude. People keep telling you you're good and you end up believing them and then half your brain goes to sleep.

    So there's Thomas, he does nothing with his life and certainly no good. Then Thomas gets the feeling he can do better. Not better in a spectacular way but anything that might strip him off his nihilistic way of life is welcome. OK. But his inner conflict is so flatly described the movie never pulls off. You know, this is the kind of movie where the director is pleased with his own sympathy for his loser of a hero. The director shoots him in a sympathetic way but you never empathize. Why? Because the director fails to get the lively thrust of this character in the frame. Audiard quotes
    Il Bidone as a reference. Well, I'm sorry this is a perfect example of Fellini's failure to take his sympathy for losers off the ground. Sympathy might be a good starting point but if you keep playing that note over and over again till it's time for a conclusion, I suspect moviegoers will feel the movie doesn't deliver.

    At best - or if you think you're here on a mission to pump up French auteurs - you can say the storytelling is smooth. Yet there's no storyline. Everything is linear, nothing builds up from a previous event and the overwhelming noir mood is supposed to swallow the episodic nature of the whole thing. Oh yes, something occurs that makes Thomas think he should catch up with his buried past of a promising piano pupil. It's not even an anecdote. And then... and after that... Yes it flows. Yes it goes nowhere. As most French films do when the boys in charge have come to think either they're big fat auteurs or nice little respected artists.
    In the meanwhile fewer and fewer people go to the movies.

    lundi 21 mars 2005

    WE : ménage de printemps en tête du BO

    1 HITCH .............................. 153 341
    2 TOUT POUR PLAIRE ................... 93 835
    3 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE .. 69 730
    4 SAW ................ 47 176
    5 RAY ................ 33 852
    6 BOUDU ................ 31 192
    7 ELEKTRA ............ 22 892
    8 LIFE AQUATIC ....... 20 485
    9 LE COUPERET ........ 18 840
    10 LADDER 49 ............. 13 937
    11 CAPTAIN SKY... ......... 13 544
    12 MEET THE FOCKERS ..... 12 886

    jeudi 17 mars 2005

    Entrées de mercredi

    1 HITCH ............... 23 070
    2 TOUT POUR PLAIRE ....... 14 995
    3 DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE .. 9 874
    4 SAW ...... 7 135
    5 BOUDU .... 4 367
    6 RAY ......... 4 135
    7 ELEKTRA ... 3 095
    8 LA VIE AQUATIQUE .... 2 840
    9 LE COUPERET ....... 2 552
    10 SKY CAPTAIN... ...... 2 282

    mercredi 16 mars 2005

    Somnium et Numeri - compression numérique

    Du rêve pas cher et des chiffres qui font rêver, voilà la recette de la politique moderne.
    Tant que les chiffres sont en accord avec un discours de base conçu pour rassurer, convaincre ou simplement endormir, personne ne va aller creuser derrière ce qu'il y a. Et le principe des chiffres c'est qu'on peut leur faire dire ce que l'on veut parce qu'il suffit de choisir ceux qu'on va lâcher dans la nature. Un chiffre c'est concis, c'est net, donc c'est facilement mémorisable, et surtout ça a l'air transparent. "Les chiffres parlent d'eux-mêmes" avait sorti le père Balladur dans un accès de mépris pour le peuple il y a une douzaine d'années.

    Aujourd'hui, pour résumer la complexité du monde, on fait des classements. Top 100 des personnalités les plus riches, des pays les plus endettés, box-office des films... tout ça n'a aucune signification en soi mais en éliminant les cas particuliers on a l'impression d'obtenir une vision d'ensemble.
    Bienvenue dans l'ère de la compression numérique, des marchands de moyenne et des experts multi-tâche. Soixante millions de consommateurs, et nous et nous et nous, qu'on prend de plus en plus pour des moutons numériques.


    Le WSJ, qui adore se faire l'écho des statistiques officielles, a piqué un petit somme ce matin en recopiant sans broncher la bonne parole du nouveau patron de la MPAA.
    Dan Glickman, named in September as chief executive of the Los Angeles trade group, said the average movie in 2004 cost $98 million to make and market. That was a 5% decline from the prior year, as average marketing costs fell to $34.4 million a picture.
    a Wall Street Journal Staff Reporter (??)
    March 16, 2005; Page B2

    Heureusement il existe aussi de vrais journalistes pas virtuels qui ne prennent pas pour argent comptant les conclusions qu'on leur livre à domicile.
    In truth, even if the numbers are to be believed, actual costs haven't declined one iota. What has changed is that the studios have found myriad ways to limit its up front expenditures.

    (...)

    It's also a fact that you can take a lot of numbers and fold, spindle and mutilate them until they're unrecognizable. Glickman and NATO president John Fithian did yeoman like work spinning positive about another year of declining admissions. Their presentation stated that the average cost of a ticket went up by 3% while the number of buyers declined 2.4% to approximately 1.54 billion.

    One of the bright spots according to the report was the fact that frequent moviegoers - people that see at least one movie a month - comprised 28% of ticket buyers. It represented a 12% increase for the group from 2003. So, if truth be told, not only are admissions falling but as well the core movie public is shrinking.

    Neither Glickman nor Fithian addressed the fact that a fewer people are going to the movies.
    Leonard Klady, Movie City News

    Box-office Paris-RP semaine 11

    1 BOUDU .......... 99 278
    2 RAY .................... 72 971
    3 ELEKTRA ........... 69 153
    4 LIFE AQUATIC ...... 59 248
    5 LE COUPERET ........... 49 470
    6 MEET THE FOCKERS ....... 37 751
    7 ASSAUT SUR LE CENTRAL 13 ... 34 492
    8 NEVERLAND ..... 28 016
    9 CONSTANTINE .... 22 959
    10 TROUBLE JEU .... 19 991
    11 TEAM AMERICA WORLD POLICE .. 19 733
    12 SEED OF CHUCKY ..... 19 484

    lundi 14 mars 2005

    Critique à la con, Episode VI

    Non mais regardez-moi ce critique qui croit que son travail sert à autre chose que vendre du papier :
    When people tell me they ignored my pan of Meet the Fockers and went to see it anyway - including my own parents - they invariably end their confession with, "I didn't think it would be that bad."

    And maybe that's the real answer to the enduring popularity of bad movies.

    Moviegoers are incorrigible optimists, in spite of all evidence to the contrary. Huddled together in the dark, temporarily insulated from the world's insanity, they keep wishing that everything will turn out all right.
    Dans l'article il s'offusque d'un sketch de Chris Rock, présenté lors de la cérémonie des Oscars, qu'il trouve raciste (pour les noirs) et lui, il arrive avec son petit clavier de parasite prétentieux du 7e Art et ses gros doigts carrés, et il traite les spectateurs d'imbéciles heureux. Parce que c'est bien ça qu'il faut lire derrière son euphémisme des "incorrigibles optimistes."

    A mettre à l'actif de notre incontinent criticailleur, tout de même, son aveu implicite de ne pas faire partie du monde des spectateurs. Ah ! Bel exemple d'abnégation que celle du critique de film : pas besoin de talent ni de lecteurs !

    Pauvre petit censeur de joie, tu sais ce qu'il te dit monsieur Hulot ?
    Desproges - Chroniques de la haine ordinaire, Criticon (19/2/86)
    (via MCN)

    Box-Office Pp WE 11

    Cette fois-ci il faisait un peu trop beau le week-end...
    Enfin faut dire que l'offre n'est pas folichonne en attendant Million Dollar Baby.

    1 BOUDU ................. 84 399
    2 RAY ..................... 61 259
    3 ELEKTRA ................ 60 043
    4 LA VIE AQUATIQUE ..... 50 245
    5 LE COUPERET .............. 41 114
    6 MEET THE FOCKERS ........ 32 374
    7 ASSAUT SUR LE CENTRAL 13 .. 28 741
    8 NEVERLAND ......................... 23 662
    9 CONSTANTINE ....................... 19 425
    10 SEED OF CHUCKY ................... 17 077
    11 TROUBLE JEU ......................... 16 657
    12 TEAM AMERICA WORLD POLICE ..... 16 303

    samedi 12 mars 2005

    Everything You Always Wanted to Know About DV

    Tout ce que vous avez toujours savoir sur la technique numérique sans jamais oser le demander, c'est sur le site d'Adam Wilt, video geek autoproclamé (transmis par JK, alias Le loup du Hoggar).

    Extrait des FAQs consacrées à la DV (le site propose aussi une sélection d'articles pour la HD) :
    How good are the DV formats compared to other formats?

    DV formats are typically reckoned to be equal to or slightly better than Betacam SP and MII in terms of picture quality (however, DV holds up better over repeated play cycles, where BetaSP shows noticeable dropout). They are a notch below Digital-S and DVCPRO50, which are themselves a (largely imperceptible) notch below Digital Betacam, D-1, and D-5. They are quite a bit better than 3/4" U-matic, Hi8, and SVHS.

    On a scale of 1 to 10, where 1 is just barely video and 10 is as good as it gets, I would arrogantly rate assorted formats as follows:

    D-5 (10-bit uncompressed digital) ..... 10
    D-1 (8-bit uncompressed digital) ....... 9.9
    Digital Betacam, Ampex DCT .............. 9.7
    D-9 (Digital-S), DVCPRO50 ................. 9.6
    DV, DVCAM, DVCPRO (D-7), Digital8 .... 9
    MII, Betacam SP ................................ 8.9
    1" Type C .......................................... 8.7
    3/4" SP..................................... 6.5
    3/4", Hi8, SVHS ......................... 5.5
    Video 8, Betamax ....................... 4
    VHS ............................................ 3.5
    EIAJ Type 1, Fisher-Price Pixelvision .. 1

    jeudi 10 mars 2005

    Entrées du mercredi 9 sur Paris-rp

    Trois nouveautés en tête. Youpi.
    Elle ne prennent pas encore l'eau mais elles sont toutes sorties sous le signe des Poissons.

    1. BOUDU ...................... 12 823
    2. ELEKTRA ....................... 11 809
    3. LIFE AQUATIC .................... 7 097
    4. RAY .................................... 7 005
    5. LE COUPERET .......................... 5 637
    6. ASSAUT SUR LE CENTRAL 13 ...... 3 912
    7. MEET THE FOCKERS .............. 3 819
    8. NEVERLAND ....................... 3 051

    mercredi 9 mars 2005

    Le DéVíDoir du Yang-Tsé (2)

    Où l'on apprend que la Révolution Culturelle sonne toujours deux fois.

    [Résumé de l'épisode précédent : l'oncle Sam regardait la bonbonnière du Yang-Tsé avec tellement de gourmandise qu'il décide d'offrir en échange aux gentils chinois de véritables galettes fourrées aux royalties... pour à peine plus cher que les fausses galettes de l'Ombre jaune.]

    De : JK

    1 - Le prix des disques et des DVD n’a pas beaucoup de sens économique, et offre (offrait) de bons niveaux de marges à tout le monde, et justifiait des campagnes marketing monstrueuses.
    2 - Les éditeurs ont profité de l’apparition du DVD et de son caractère inaltérable pour augmenter le prix de chaque film. La raison est simple : le gain de qualité et le gain de qualité perçue par le client sont tels avec le DVD que l’augmentation des prix était digérables.

    3 - Par ailleurs, certains facteurs ont encore poussé cette tendance : l’inaltérabilité et la qualité du DVD poussent les acheteurs à se constituer des véritables bibliothèques.
    A tel point que la dynamique vente/location s’est inversée entre le VHS et le DVD : maintenant, les ventes de DVD constituent la part du lion du chiffre d’affaire généré par les DVD, alors que c’était le contraire avec la VHS.

    La logique économique des studios et éditeurs était donc saine : ayant rapidement compris que, de la même façon qu'il y a 10 ans les fans de musique se reconstituaient de véritables discothèques de CD, les DVD allaient cartonner. Ils ont donc décidé d’en tirer un maximum de profit.

    Problème : le support ne coûte rien (en tout cas par rapport à une VHS) et sa duplication est extrêmement facile (un PC, 50 tours de gravage, trois techniciens, et tu as une véritable usine de copiage).

    Ce qui signifie que les pirates auront toujours l’avantage, car même si l’industrie décide de couper massivement le prix de vente, il y a toujours des coûts que les pirates ne supporteront jamais - notamment les royalties.

    Je pense que 10-12 Euros est un juste prix en Europe de l’ouest pour un DVD.

    Cependant, c’est un prix irréaliste en Chine. Autre problème, les fenêtres de diffusion. Avec le détournement de versions bêta, les films atterrissent dans les linéaires de pirates avant même leur diffusion sur certaines zones géographiques.

    Mais ce que l’article ne fait qu'évoquer vaguement c’est la qualité souvent dégueulasse.

    Je pense que, sur un nouveau territoire comme la Chine, l’industrie doit avoir une triple approche :
    A - Baisser fortement le prix de vente pour enfin réfléchir en terme de PPA.
    Sur les chiffres du PIB, on observe que l’écart entre la Chine et les USA est un facteur de x7 - x8.
    - Dans ce cas, même si c’est une approximation grossière, le prix d’un DVD vendu 15 USD aux Etats-Unis devrait être de 2 USD en Chine.
    - Evidemment, pour compenser ce delta de prix unitaire, il faut que les ventes en volume explosent. Ce qui est tout à fait possible étant donné la taille et l’enrichissement de ce marché.
    B - Soigner l’image des films. Le grand perdant de cette guerre, ce sont les films eux-mêmes, qui sont consommés comme des kleenex. Les studios doivent renforcer la perception de valeur d’un film. Oui, les éditions spéciales, bonus, etc. y participent,mais surtout, il faut faire de bons films et pas simplement de bons produits, car les clients sont prêt à payer le prix fort pour un film qui les fait rêver. Les films de second rang et les nanards sont condamnés à des niches ou à l'achat impulsif (conditionné par le marketing associé) où les prix, cassés, ne constituent plus une barrière.
    C - Améliorer l’expérience d’achat : la Chine explose, avec ses villes d’échoppes et de rues dégueulasses. Les studios doivent conquérir les centre villes des agglomération en cours de rattrapage économique en achetant leur respectabilité et via le flicage des pirates (mais, bon, comme la Chine ne reconnaît aucun copyright à l’OMC, bonne chance). Acheter de la respectabilité c'est la suite logique d'une politique de prix réaliste : ouvertures massives de Barnes&Noble de la vidéo, des lieux de convivialité, des temples de la consommation de film où l’on aime autant flaner qu'acheter des films compressés sur galette (expérience d'achat et blablabla). Tant qu’un tel tissu commercial n’est pas installé, les pirates auront de beaux jours devant eux.



    Re : viktor

    Je m'incline devant la sagesse business du vénérable JK !

    Bref aparté pour réagir à "[Par analogie avec le succès du CD les studios] ont donc décidé d’en tirer un maximum de profit" : je ne crois pas qu'ils aient décidé quoi que ce soit. La manne du DVD leur est tombé dessus, ils ont juste maintenu des hauts niveaux de prix et essayant surtout de trouver des déclinaisons à vendre encore plus cher (éditions spéciales, coffrets cadeaux, plus de bonus, zéro bonus mais meilleure définition...). Ils n'ont rien anticipé et maintenant ils crient au pirate dès que ça les arrange.

    Les infos un peu brutes dans l'article du WSJ renseignent sur un assaut commercial d'envergure mais sans éléments de détail sur l'intendance. Ou alors c'est déconcertant (cf. l'exemple donné pour Batman Begins). Le côté 'infiltration culturelle' du marché avec du Barnes&Noble pour valoriser le produit DVD US sur le long terme je n'en vois pas les prémices... mais WSJ ou pas le papier n'a pas l'ambition de résumer le business plan virtuel des studios (sous l'égide de la MPAA ?).
    C'est un des points dans le flou avec les questions de délai de mise sur le marché et de qualité de duplication, points tout aussi importants que le prix de vente public...

    Pour remonter au niveau du business model ciné+DVD : les studios ont maintenant intégré cette vérité suprême que les bénéfices se font sur le DVD ou ne se font pas. C'est un cercle vicieux avec cancer marketing généralisé : le films doit être un gros événement lors de sa sortie en salles et en DVD donc un budget record (cachets de stars, effets spéciaux, droits d'adaptation…) permet d'en faire parler (gros chiffres => floraison d'articles/classements pas chers) mais pour en faire parler de manière organisée, graduée, il faut sortir un gros budget promo. Tout ça n'est pas près de s'arrêter car "quand ya bon gros gateau, cui qui mange le plus c'est cui qui mange le plus vite (et en laisse moins pour les autres)." Évidemment ya du gaspillage mais tant qu'y a du pétrole ya pas besoin d'idées.

    Je sais que mk2 a un projet en cours pour vendre du DVD en Chine : intéressant a priori parce que leur catalogue c'est Truffaut, Chaplin... pas de grosses victimes du piratage, ce qui leur laisse le temps de peaufiner une stratégie pour cibler les csp+ chinoises (mettons que cette cible aisée est comparable en taille à la population française totale…) et donc se faire une petite place, peu à peu, nettement plus confortable que des charges de cavalerie sous un tir de barrage.

    {Fin de l'épisode - to be continued}

    Box-office Paris-rp semaine 10

    Chutes limitées à -24% pour Ray, -34% pour Sideways. Tout le reste à -45% mini. Côté nouveautés Assaut dans la neige ne tient pas la distance face au Couperet.

    1 RAY ................................... 101 230
    2 LE COUPERET ..................... 81 651
    3 ASSAUT SUR LE CENTRAL 13 .... 67 058
    4 MEET THE FOCKERS ............... 63 749
    5 NEVERLAND ..................... 46 348
    6 CONSTANTINE .................. 42 452
    7 LE FILS DE CHUCKY ........... 34 306
    8 IZNOGOUD ........................ 31 971
    9 TROUBLE JEU ...................... 31 653
    10 JE PREFERE QU'ON RESTE AMIS... 25 383
    11 SIDEWAYS ................................. 22 652
    12 LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS .. 21 131
    13 L'ESQUIVE (REP 2005) .................. 20 457
    14 LA MARCHE DE L'EMPEREUR ........ 18 449
    15 STAGE BEAUTY .................... 17 423

    mardi 8 mars 2005

    Le DéVíDoir du Yang-Tsé (1)

    Hier un article du Wall Street Journal (le canard de ceux qui aiment les chiffres, les krachs, les booms mais pas robert hue) nous apprennait que les américains ont décidé de passer à l'attaque sur le marché du DVD en Chine en baissant les prix vers une fourchette de 2 à 4$ afin d'étouffer les pirates (les vrais !) qui vendent leurs contrefaçons autour de 1$ pièce.

    De : JK

    A croire que les gros ricains ne sont jamais allés en Chine.
    Raisonnement tellement simple :
    a. Les chinois aussi veulent des films, mais
    b. le PIB par habitant en Chine est de $5,000 en PPA (parité de pouvoir d'achat) contre $37,800 pour les USA. (et encore, avec une dispersion maximale car 800 millions de chinois vivent avec $400 par mois).
    => Donc il va bien falloir proposer des films à un prix public qui reflète le pouvoir d’achat. Cet article ne fait que décrire un raisonnement économique somme toute classique.

    Derrière, la stratégie c’est d’essayer de sortir au maximum les pirates du marché, au moins en repositionnant le prix des DVD. A long terme, et avec l’augmentation du pouvoir d'achat, les Virgin vont devenir dominants et les vendeurs au coin de la rue seront de plus en plus en minorité, au moins dans les quartiers riches.


    Re : viktor

    Même si la logique économique imposait cette décision je trouve qu'elle arrive un peu tard. La logique du légiste ça n'intéresse que le lieutenant Colombo, nous on connait déjà le coupable (Indisputable gospel #4427).
    Les studios se sont tellement gobergés sur les marchés occidentaux qu'ils commencent juste à regarder ce qu'il faudrait faire sur le marché chinois. Là-bas les pirates ont maintenant un réseau bien installé, bien rodé, et vont pouvoir continuer à vendre les galettes au kilo, comme cdiscount, ce qui aura tjs un impact sur le fond du marché même si les nouveautés bien enrubannées s'en sortiront mieux.
    Et encore :
    1/ les copies pirates, même crades, seront toujours les premières sur le marché,
    2/ apparemment les copies officielles sortiront avec une piste anglaise ce qui fait que la "qualité officielle" sera dispo partout dans le monde pour 2$ plus le prix du transport : ça laisse de la place pour un marché gris-noir avec des copies, "re-jaquetées" ou non, entre 3 et 5 euros dans le 13e arrondissement.

    Ils sont tous là à faire des incantations au grand manitou iTunes mais je n'ai pas l'impression que leur approche soit bien fine. Ce serait plutôt du genre Armes de Destruction Massive : on pillone d'abord puis on fait le bilan des objectifs atteints et des dommages collatéraux. Un chasseur avec un mitrailleuse ne peut pas rentrer bredouille, mais est-ce que ce n'est pas tirer la chasse vers le bas ?

    {la suite -et qq aphorismes foireux de plus- demain}

    Hommage à Debra Hill (1951-2005)


    "Back when I started in 1974, there were very few women in the industry, and everybody called me 'Honey,'" she recalled in 2003. "I was assumed to be the makeup and hair person, or the script person. I was never assumed to be the writer or producer. I took a look around and realized there weren't many women, so I had to carve a niche for myself."

    Carpenter praised her as "a real pioneer in this business."

    "Unlike many producers, she came from the crew ranks. I think they're the most under-appreciated people, and they work the hardest," he said. "She had experienced the ins and the outs and had a thorough understanding of what it took to make a picture."

    Hill began as a production assistant on adventure documentaries, working up to films as a script supervisor, a job that required sitting beside the director and keeping a record of each scene.

    From there she landed jobs as assistant director and second-unit director and became associated with Carpenter, who was then a rising young director.
    Bob Thomas, Associated Press

    lundi 7 mars 2005

    BO Paris-p WE 10

    1 RAY .................................. 85 737
    2 LE COUPERET .................... 68 107
    3 ASSAUT SUR LE CENTRAL 13 .. 57 108
    4 MEET THE FOCKERS .......... 55 522
    5 NEVERLAND ..................... 39 593
    6 CONSTANTINE ............... 36 041
    7 LE FILS DE CHUCKY ...... 30 387
    8 IZNOGOUD .................. 30 140
    9 TROUBLE JEU ............ 26 800
    10 JE PREFERE QU'ON RESTE AMIS... 20 873

    (Les 10 suivants dans les commentaires)

    (Couch + Mouse) potato = Digital potato

    The stakes are enormous. Four large industries -- computer makers, consumer-electronics companies, telecommunications providers and entertainment creators -- will feel the shock waves of rapidly developing change in the way the world consumes home entertainment.
    Eric J. Savitz, BARRONS (7 mars 2004)

    Design 114La bataille du futur se joue dans votre salon. Vous ne le savez peut-être pas mais ces petites boites noires qui au début ne proposaient que de décoder une chaîne vont bientôt vous proposer de s'occuper de tout. La TV par cable ou satellite, c'est fait. Internet haut-débit, c'est fait ; la téléphonie sur IP (VoIP) c'est en cours, la vidéo à la demande (VoD) ça vient.
    La domotique ? La maison assistée par ordinateur qui faisait rêver il y a vingt ans ? Dépassée, parce que demain c'est au confort tout numérique de son salon que l'on reconnaitra l'homme moderne, ce surhomme irrémédiablement dépendant de la moindre petite avancée technologique.

    It's generally thought that after a highly-developed science gets you past the mortality stage, you become part-animal, part- machine, then all machine. Eventually, perhaps, pure energy. We cannot imagine what a million-year jump in science will produce in life-forms. Pure spirit may be the ultimate form that intelligence would seek.

    That seems very Platonic.

    It is. And all human mythology--which certainly expresses the yearnings of mass psychology--reaches toward this ultimate state. There's an instinctive awareness of the advantages and perfection of the non-biological condition.
    Interview de Stanley Kubrick
    à propos de 2001 l'Odyssée de l'espace,
    New-York Times (14 avril 1968)

    Je dirais même plus : la perfection de la condition végétale de patate a tout juste commencé à germer dans les esprits.

    vendredi 4 mars 2005

    Un Spielberg avec deux boules SVP

    C'est un vieux fantasme qui traine dans le monde du cinéma : alterner les gros films populaires qui remplissent les caisses et les films plus ambitieux, plus risqués (équipement de série), plus profonds, qui font avancer le cinéma et l'humanité (en option). Heureusement personne ne sait faire de gros films populaires qui cartonnent à tous les coups, sinon certains se feraient un riche plaisir de ne faire que ça. Du moins tant que leur ego n'exige pas les honneurs de quelques Festivals et autres récompenses pour application cutanée.
    Bon ok, Bruckheimer ne fait que ça, mais il n'a jamais eu l'ambition de réaliser ses propres films.
    Spielberg Melba
    Spielberg est le seul réalisateur à avoir suffisamment de pouvoir pour mettre en route, la même année, deux projets diamétralement opposés comme Indiana Jones 3 et Always (1989), Jurassic Park 1 et La Liste de Schindler (1993) ou, cette année, La Guerre des Mondes et un film sur la prise d'otage des athlètes israéliens par des terroristes palestiniens aux JO de Munich en 1972.
    • Déçu que L'Empire du Soleil se soit fait totalement éclipser (par Bertolucci) aux Oscars'88, il décide de ne plus mettre tous ses oeufs dans le même panier. L'année d'après il joue sur du velours avec Indiana Jones en vadrouille entre son bon papa et le Saint Graal, mais le coup ne réussit qu'à moitié puisqu'Always fait aujourd'hui plus penser à une marque de serviettes hygiéniques qu'au dernier film d'Audrey Hepburn.
    • Spielberg double-bang, retour gagnant en 1993. Jurassic Park assomme le Box-office estival et La Liste de Schindler lui offre enfin quelques Oscars bien mérités et, par là, un prestige qui dépasse celui de simple 'entertainer', chose qu'Hitchcock, par exemple, n'avait pas su/voulu faire.
    • Spielberg double-bang 3e édition en 2002. Minority Report enrichit Tom Cruise et Spielberg, qui avaient négocié des clauses léonines, mais à part ça rien d'extraordinaire. Pas mieux avec Catch me if you can qui ne met pas en scène assez de Hobbits à la recherche d'une famille pour faire parler de lui aux Oscars.
    En revanche 2005 a les airs d'un 'remake' de 1993 avec le tout nouveau pack Cruise-Spielberg, qui intimide par avance les prétendants à une lucrative sortie fin juin, et le second rideau, nettement plus sérieux (donc sortie tardive, fin décembre, calibrée pour les Oscars), des 'Enfants de Schindler.'
    Je ne sais pas vous, mais moi c'est pas de ces films que j'attends le plus. Ça laisse de la place pour de bonnes surprises, mais Spielberg est devenu assez prévisible avec son sentimentalisme lourdaud, balotté entre Capra et Ford.

    (via MCN)

    jeudi 3 mars 2005

    Les aventures de Super-GoalGoal-man

    Go-goalLe 'soccer' pour les américains nourris au Baseball et au Football ça reste un sport de filles ou pour les minorités. Mais comme c'est aussi le sport le plus populaire dans le reste du monde (et donc un vrai marché pour les mecs couillus), Hollywood s'est décidé à miser quelques millions.

    A ma gauche : Goal! ($30m), soutenu par Adidas et approuvé par la Fifa, racontera les aventures d'un prodige sud-américain en trois épisodes : Jesus-Miguel en Premiership (championnat anglais), Jesus-Miguel en Liga (Espagne) et enfin Jesus-Miguel à la Coupe du Monde (Allemagne). Il est prévu que Shearer, Zidane et Beckham prêtent leur image.
    A ma droite : The Goal ($16m) un projet de Spike Lee où un prodige des favelas de Rio va aux Etats-unis et devient le meilleur joueur du monde (??). Ici il est question de décrocher la participation de l'équipe du Brésil (les dollars de Nike ?).

    Comment des projets aussi pompeux et creux (ascension d'un sportif fictif) vont-ils réussir à mélanger, sans rire, des bouts de matchs clippés et des dialogues sur la réussite au bout des crampons ?
    Le suspense est à son comble, je ne veux pas voir ça.

    (pour une analyse détaillée des incompatibilités foot-ciné
    voir le n°16 de 'So Foot' - octobre 2004)
    (màj: plus d'infos - et en vf- sur le film Goal!, en tournage depuis janvier à Pinewood, sur CinéTribulations.)

    Mercredi 2 : BO en mode dégivrage

    1 RAY ........................... 12 345
    2 ASSAUT SUR LE CENTRAL 13 .... 12 169
    3 LE COUPERET ................... 10 814
    4 MEET THE FOCKERS ......... 8 987
    5 SEED OF CHUCKY ......... 7 311
    6 IZNOGOUD .................... 7 196
    7 NEVERLAND ................. 7 003
    8 CONSTANTINE ............. 6 052
    9 TROUBLE JEU .............. 4 825
    10 BOB L'EPONGE LE FILM ... 4 382

    mercredi 2 mars 2005

    Box-office Paris semaine 9

    1 RAY .......................... 133 331
    2 MEET THE FOCKERS ...... 111 933
    3 NEVERLAND ................... 82 436
    4 CONSTANTINE .............. 82 264
    5 IZNOGOUD ............... 62 452
    6 TROUBLE JEU ............. 59 421
    7 JE PREFERE QU'ON RESTE AMIS...    56 075
    8 LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS .. 41 236
    9 ZE FILM ......................... 35 017
    10 SIDEWAYS ...................... 34 523
    11 LA MARCHE DE L'EMPEREUR ... 33 830
    12 BOB L'EPONGE LE FILM ........... 29 820

    mardi 1 mars 2005

    Oscar du meilleur court-métrage

    waspWASP, écrit et réalisé par Andrea Arnold, est visible en passant par là (24 min, format Real Player).
    Présentation du film sur le site d'Arte (diffusion dans le cadre de Court-circuit ; titre en vf : La Guêpe)
    (via MCN)