lundi 1 mai 2006

Fincher Price

Ne convient pas à un cinéphile de plus de trente-six mois.
Chapitre 1 : je n'ai pas revu Se7en depuis sa sortie. Je pense qu'une grosse partie de son succès est due au shock factor, l'accumulation de vignettes toutes plus malsaines les unes que les autres mais joliement emballées par la photo de Darius Khondji. Je soupçonne qu'en le revoyant je trouverais ça too much, trop de complaisance esthétique dans le sordide. En tout cas sans a priori je me souviens que Brad Pitt était très moyen dans un rôle de petit jeune flic très caricatural : la scène censée creuser le personnage était plombée par une Gwineth Paltrow déjà très mauvaise. Morgan Freeman était bien dans son rôle, un rôle qui n'avait rien de génial non plus.
Si je le revois un jour faudra que je m'intéresse à comment la tension narrative est construite avec cette escalade dans le malsain alors qu'on ne se rapproche du serial killer, John Doe, qu'à l'occasion d'une scène de poursuite très forte je dois l'avouer. Déjà Fincher a recours à un double retournement final : est-il possible que le spectateur soit toujours dupe d'un aussi gros artifice la deuxième fois ?

Chapitre 2 : Fight Club. Pas revu depuis sa sortie non plus, mais au contraire de Se7en très mauvaise impression en sortant. Cette fois Fincher ne m'a pas bluffé plus d'une petite demi-heure, soit en gros le temps de l'introduction du personnage principal joué par Edward Norton et avant le grand guignol qui ne fait que commencer avec l'arrivée de Tyler Durden (Brad Pitt). En gros, pour moi, Fincher n'a rien compris au bouquin original et a balancé à l'écran un baveux pensum anarcho-nihilisto-bobo. Ok ça fait beaucoup trop de mots pour caractériser ce truc qui n'est en fait, comme tous les Fincher, qu'un gros film boursoufflé, pris dans sa prétention autant visuelle que narrative.

Chapitre 3 : Panic Room. Vu à sa sortie, sorte de dernière chance accordé à ce réal qui m'énerve alors d'autant plus qu'il est adulé par la masse dont la cinéphilie repose sur la lecture de torchons publi-rédactionnels comme Première ou Studio. Panic Room ça ressemble à un petit exercice tranquille pour se faire comparer à Hitchcock. Tout éclate au grand jour dans ce film qui ne tient même pas la route l'espace d'une bobine. Le générique en images de synthèse sur les parois des buildings n'a aucun sens et ne fait que singer celui de Saul Bass pour La Mort aux Trousses (générique qui avait l'intérêt de plonger le spectateur dans l'esprit de la course poursuite qu'allait être le film). L'installation d'une jeune divorcée avec sa fille dans cette immense maison de New-York n'a aucun sens à part celui, artificiel, de faire mumuse avec des personnages sans défense dans un décor démesuré. Bien sûr les méchants sont assez mauvais pour être tenus en échec par deux femmes surprises en plein sommeil et les différentes péripéties sont toutes du même tonneau que cette ineptie révélatrice. Mais s'il ne devait rester qu'une image, emblématique de l'esbrouffe totale, c'est ce plan CGI (images de synthèse qui ont donc dû coûter cher) de la caméra qui se balade dans la maison endormie juste avant l'arrivée des intrus. Et là, sans aucune raison, on passe par l'anse d'une cafetière. Une complication sans intérêt d'une point de vue narratif et qui au contraire détruit toute la logique et tout le suspense d'un vaste mouvement de caméra déjà un peu trop grandiloquent au départ (le point de vue de la mouche avant le point de vue de la clé dans la serrure et finalement du gaz dans les tuyaux : quelle créativité débile pour tripoteur de pâte à modeler !).
Pour mémoire le plan de référence dans Frenzy est un modèle de construction spatiale du suspense par un mouvement de caméra qui isole les personnages dans le décor, qui dramatise l'action : le seul objectif est de mettre en scène la tension dramatique, pas de faire mumuse avec des images.

Chapitre 4 : The Game. Aïe. Je n'ai pas vu ce film à sa sortie mais je me souviens qu'il divisait les partisans subjugués et les autres qui trouvaient ça complètement pipo. J'ai téléchargé l'édition DVD Criterion du truc, je n'ai pas honte de le dire, j'ai déjà assez donné d'argent à ce réalisateur de mes deux. Mais avant de regarder le film il y a six mois j'avais oublié tout le passif de Fincher (c'est le seul avantage des mauvais films, ils sont oubliables) et j'étais prêt à être agréablement surpris. Ouais, difficile d'être surpris avec ce clipper qui ne sait que flatter l'oeil du spectateur et ajouter des 'twists and turns' pour faire tenir son histoire avec des grosses béquilles.
Qu'est-ce que The Game à part, une fois de plus, de l'esbrouffe totale ? Des personnages en deux dimensions, celles que leur confère le décor ? Fincher se croit malin en jouant au ping pong narratif : un élément réaliste brut, un élément de jeu malsain en contrepoint. J'ai du mal à croire que des spectateurs cultivés puissent être impressionnés par un travail aussi grossier et quand Ron parle de Chef d'oeuvre et compare ce machin à Hitchcock je suis estomaqué.

A part ça j'ai très peu de souvenirs d'Alien^3 : encore un film que je ne risque pas de revoir par plaisir de sitôt. Une note d'espoir : je doute que 10 ans après Se7en et 15 après Le Silence des Agneaux les gens aient envie de voir un film flashy sur un vrai serial killer tout ce qu'il y a de plus sordide (Zodiac).

American Booty

J'écoutais tout à l'heure Philippe Djian expliquer (dans l'excellent Pudding sur Nova) que si les américains se moquaient autant de nous c'est qu'ils étaient jaloux. Rien qu'avec leur déficit d'Histoire ils font un complexe d'infériorité alors ils essaient systématiquement de se la ramener sur des trucs dont ils sont fiers.
Bien sûr ce n'est pas nouveau mais est-ce qu'on peut imaginer que c'est du niveau des pages ciné du NYT de rigoler sur les français qui se sont majoritairement couchés devant l'envahisseur nazi ? Dans un article sur la sortie, 37 ans après, de l'Armée des Ombres aux Etats-unis ?
FOR six decades now, the French have cherished the myth of the Resistance, the homegrown insurgency that undermined, a little, the repressive authority of their Nazi occupiers and preserved — at least in memory — the honor of their otherwise thoroughly humiliated nation. Heroic futility is powerfully romantic stuff, and the apparatus of clandestine operations is, besides, imperishably cool: the false names, the passwords, the disguises, the dead-of-night rendezvous, the hastily swallowed messages. But, perhaps because in their national imagination the ethos of the Resistance slides so easily into the comfort zone of Musketeer-like fraternal gallantry, the French have not in fact made many interesting movies about their wartime heroes: "All for one and one for all" doesn't, somehow, quite do justice to the difficult reality of the resisters' lives.
C'est vraiment minable. Je ne crois pas qu'un quotidien français de qualité ait osé se moquer des américains avec le même mépris hautain à l'occasion de la sortie de Rambo. Entendons-nous bien : il ne s'agit pas de respecter l'honneur des cocardes etc. mais juste de ne pas en rajouter dans ce genre d'insultes qui volent tellement bas qu'on s'embourbe dedans avant de s'en rendre compte.

dimanche 30 avril 2006

Le sage prévisible et le fou prévoyant

Dans sa recherche lexicographique du jour William Safire s'attaque au little guy. Apparement le concept est récent même si pas très éloigné du common man, ce héros central des films Hollywoodiens, emblème du peuple américain tel qu'il veut se voir : honnête et droit, naïvement optimiste et qui ne demande rien de plus qu'on le laisse tranquille sur son lopin de terre (à partir de là les théories de l'espace vital divergent : lopin de terre perdu dans le Vieux Sud ? les 50 Etats ? Tous le continent américain ? l'espace intergalactique avec les planètes Tatooine et Alderaan ?). Au passage remarquons qu'en France ce n'est pas très valorisant de parler de M. Dupont ou de Mme Michu, c'est à dire, au mieux, l'individu lambda (pas intéressant) ou au pire la ménagère de moins de 50 ans (intéressante uniquement pour les annonceurs). Hé oui nous ne sommes pas un pays de consensus national et c'est mieux comme ça !
La différence entre le common man/man in the street et le little guy c'est que pour être politiquement correct il faut inclure les femmes. Sans les vexer.
The populist metaphorical cause was saved, however, by the recent neutering of the formerly male guy; "you guys" is now sexless, or at least partly gender free, a grammatical manifestation of the new inclusiveness. I use the qualifier "partly" because the feminist magazine Bitch complains in its mission statement that "Hollywood continues to churn out movies where women's only lines are 'Help me,' 'C'mere, Big Guy' and 'Oh, honey, I missed you so much while you were out saving humanity."' In current usage, women are part of the army of the little guy, but are never included in the capitalized Big Guy.
Ce message vous a été offert par le comité de lutte contre les clichés au cinéma.

Papy amorti cherche blockbuster

Mentionné par Leloup cet article du Wall Street Journal nous propose un énième épisode de la série "My cinema is poor but my financier is richly creative". Ce qui est drôle au moins dans l'histoire c'est que les ventes de gadgets Harry Prouter peuvent contribuer à payer le grasse retraite d'un vieux qui a jeté l'ancre quelque part entre la Floride et Saint Barth.
Legendary, which built up a $600 million war chest over the past two years, highlights the tortured path that investors who pick their own films can face. Messrs. Tull and Mednick spent more than a year on the road trying to raise capital. The group of debt and equity participants they ultimately signed included a wide array of institutional investors including the pension fund of the technology and manufacturing giant Honeywell International Corp.
The Legendary dealmakers argued that sophisticated computer software could help make smart selections among a pool of upcoming films offered by Warner Bros. They put their faith in a statistical approach, employing a computer-driven odds assessment technique called a Monte Carlo simulation.
By feeding factors like budget and box-office results into the model, Legendary came up with a set of cost parameters and movie genres that appeared more likely to make money.
In its five-year, 25-movie co-financing deal with Warner Bros., Legendary will put up 50% of the production costs for those films. In exchange, Legendary will receive 50% of the revenue after certain costs and adjustments.

jeudi 27 avril 2006

Also Sprach Fritz -- Théorie

I believe that when one has a theory about something, one is already dead. I don't have time to think about theories. One should create emotions, not create under rules. To work with rules is to work with one's experience, is to fall into routine. I know a man named Kracauer who wrote a book called From Caligari to Hitler. His theory is absolutely false. He used all his arguments to prove a false theory. I therefore feel forced to dissuade today's youth from believing in a book that is full of idiocies. I told him. He was very angry. [Laughs] You know I have a language, I simply use it and I can prove anything. But it isn't necessary for my truth. A theory is nothing for an artist, it serves only for people who are already dead.

mercredi 26 avril 2006

Concours de plots

Et si on laissait libre cours à notre imagination pour anticiper toute sorte d'attaque terroriste ? C'est en gros l'idée derrière ce concours de scénario catastrophe lancé par un spécialiste la sécurité nationale (sous le patronage pas trop fier des autorités US). Gaspiller de l'énergie sur une idée pareille en tout cas c'est vraiment réfléchir à l'envers.
Malheureusement pour les ricains ils sous-estiment encore leurs adversaires : leurs pires ennemis savent bien qu'ils arriveront plus facilement et plus efficacement à frapper l'oncle Sam hors de ses bases après l'avoir fait sortir de ses gonds le 11 septembre. Quelque part entre Baghdad et Téhéran se prépare une gifle magistrale, inéluctable, quelque chose comme un remake de Saigon'75 ou Téhéran'79 avec beaucoup plus d'effets spéciaux secondaires.
L'administration Bush tient de moins en moins bien le monde arabe, à commencer par les saoudiens, et celui-ci n'attend qu'un signal pour arrêter de se faire payer leur pétrole en dollars. Et comme l'économie américaine est plus que jamais surendettée il suffit que le monde ne veuille plus de ses dollars pour qu'elle s'effondre.
C'est un scénario catastrophe comme un autre, mais il ne s'agit pas là de se faire une petite peur avec une attaque chimique extraterrestre très originale, donc forcément rassurante, mais de voir la réalité en face.
Comme dans Docteur Folamour il suffirait d'un rien pour que tout explose, un officier supérieur américain un peu fatigué, un malentendu dans le golfe persique, un navire US qui viole les eaux iraniennes...

lundi 24 avril 2006

Also Sprach Fritz -- Expressionisme

In what way were you influenced by or have you worked against the Expressionism current?

I was very influenced by it. One cannot live through a period without taking some of it in.

Die Nibelungen seems expressionist in the sense of the term, whereas Caligari seems expressionist in the very worst sense.

You are wrong. Because Caligari is an interesting attempt, it was the first attempt. When Wiene tried again with Genuine, that didn't work. The cinema is a living art. It is necessary to take all that is new, not without examination, but all that is good for you, all that enriches you.

What seems to you to be good in the Expressionist movement, what did you use in your films?

That is a very difficult to tell you; that which I take is my emotion. I try to create something. In this type of interview, one asks me to explain what I would like to have done. One day, in America, some admirers showed me what I thought when I made M. I said to them, "That's very interesting, but that's the very first time I realized it." I can't really answer you, these are emotions. When young directors come to ask me, "Could you givbe us the rules of directing," I tell them "There are no rules." Today I see that something is good, I should go in that direction, tomorrow I say it isn't right, I should take a different direction. I used the train and now I use a plane, nut it is impossible to pretend that the train is bad. I can't say what I found in Expressionism. I used it, I tried to absorb it.

Box-office Pp WE 17


1. OSS 117 LE CAIRE NID D'ESPIONS . 170 091 =40x850
2. L'AGE DE GLACE 2 ............... 125 198 =50x501
3. V POUR VENDETTA ................. 82 942 =39x425
4. INSIDE MAN ...................... 78 330 =40x392
5. ASTERIX ET LES VIKINGS .......... 48 960 =36x272
6. LA DOUBLURE ..................... 40 845 =39x209
7. LES BRIGADES DU TIGRE ........... 35 644 =47x152
8. JEAN-PHILIPPE ................... 31 453 =42x150
9. ENFERMES DEHORS ................. 17 630 =29x122
10 THE WILD ........................ 16 900 =29x117

(source : ciné-chiffres)

samedi 22 avril 2006

Le paraître et le hi-han

Mentionné par Emmanuelle cet article du Wall-Street Journal (le canard ultra-libéral par excellence) ne loupe pas cette vielle coquille vide de July. Ça commence comme ça :
Serge July, a former Maoist and a veteran of France's 1968 student-led revolt, says he supports France's new generation of rebellious kids. But he says he was "too busy" to join the recent rash of street marches against a new youth job contract.
A la lecture de ce papier sans concessions, qui prend un malin plaisir à détailler et redétailler l'histoire de Libé mais sans exagérer les faits, je me disais qu'un personnage aussi pitoyable aurait bien eu sa place dans un Citizen Kane réalisé par Fellini. Mais se serait faire trop d'honneur à cette caricature ambulante du protozoaire politique qui s'accroche à son petit pouvoir et aux idées du jour.
(le lien vers l'article complet est dans le titre du post)

lundi 17 avril 2006

Box-office Pp WE 16


1. L'AGE DE GLACE 2 ............ 198 158 = 50 x 793
2. INSIDE MAN .................. 127 512 = 39 x 654
3. ASTERIX ET LES VIKINGS ....... 73 748 = 36 x 410
4. LES BRIGADES DU TIGRE ........ 71 585 = 46 x 311
5. LA DOUBLURE .................. 66 314 = 48 x 276
6. JEAN-PHILIPPE ................ 56 339 = 49 x 230
7. ENFERMES DEHORS .............. 33 687 = 35 x 192
8. THE WILD ..................... 26 538 = 32 x 166
9. 16 BLOCS ..................... 23 831 = 26 x 183
10 FOG .......................... 18 180 = 20 x 182

(source : ciné-chiffres)

dimanche 16 avril 2006

Also Sprach Fritz -- Critique et cinéma

It's not up to me to critique critics. I make a film, it's a child I put out to the world. Everyone has the right to critique it. That's all. Permit me to have the only vanity that makes me happy: public approbation. I don't work for the critics but for audiences whom I hope are young. I don't work for the people of my age because they should already be dead, mee too. I don't want to come to Paris. This cocktail, these few words in front of the public at the Cinémathèque, I told Mme Lotte Eisner, this remind me of a monument for an unhappy man who is'nt dead yet. She is right. A young public has really responded. I was moved, very moved, because that proved that I hadn't worked for nothing.

You told us earlier that the director's goal was to critique. Couldn't that be the definition of mise-en-scène?

All art, I believe, should critique something. It isn't enough to say it's good, it's enticing, it's marvellous. In any case, what can one say of a woman who is good? She's a good mother, a good wife. But what can one recount of a bad woman? One ca n speak for hours about her, she is interesting [Laughs]. Yes or no? You say about one that she is good, but the other... The question is "Is she really bad?" "Was right has she?", "What were the circumstances?", "Weren't men responsible?" One could talk all night. And we could talk all night with her. [Laughs] I saw, here in Paris, an English film called Room at the top. There were two women, one very frank, the other very bad. Simone Signoret was the most interesting, not because she was the better actress, but because her sentiments were the more passionate.

lundi 10 avril 2006

Box-office Pp WE 15


1. L'AGE DE GLACE 2 ...... 325 422 = 50 x 1302
2. JEAN-PHILIPPE .......... 99 428 = 49 x 406
3. LA DOUBLURE ............ 91 237 = 52 x 351
4. ENFERMES DEHORS ........ 57 925 = 35 x 331
5. 16 BLOCS ............... 39 228 = 32 x 245
6. FIREWALL ............... 27 535 = 31 x 178
7. BASIC INSTINCT 2 ....... 24 047 = 45 x 107
8. DESTINATION FINALE 3 ... 19 769 = 27 x 146
9. BIG MAMMA 2 ............ 17 990 = 24 x 150
10 ROMANZO CRIMINALE ...... 17 491 = 27 x 130

(source : ciné-chiffres)

dimanche 9 avril 2006

Cine-o-logismes : Huey, Dewey and Louie

L'anecdote racontée par William Goldman ne vaut pas tant pour sa définition du dialogue saupoudré sur plusieurs personnages que pour celle du drame humain qui se joue derrière. Soit dit en passant le bouquin où j'ai trouvé cette anecdote n'est que très marginalement intéressant, l'auteur ayant surtout besoin de se parler à lui-même l'année de son divorce après 27 ans de marriage et accessoirement (c'est le pitch de Hype and Glory) année où il s'est retrouvé à la fois juré à Cannes puis à Atlantic City pour Miss America...
One of the unhappiest men I ever met Out There was a very nice fellow who, for his sins, was directing segments of Charlie's Angels. There was, as all of us who like to dish are well aware, a remarkable amount of tension on the set. One of the trio of yummies was always called, by the crew and when she was out of earshot, Hate Jackson.
I'm having dinner with the director and some friends of his, and he had once wanted to do theater. Had done theater. Off-Broadway, etc. But mouths to feed are not without import, so Here he was, Suffering. His friends would ask him zapping questions, just to get him started. Like, "Well, was it Chekhovian today?" "I'm writing a paper on Symbolism in Female Detective Agencies, can I interview you?" And he would say, "You're not funny. That is not a funny question. Not to me. Not anymore."
Anyway let's say this was a line of dialogue for a Charlie's Angels episode:
                  ANGEL
I think it's about time for us to split up, go downtown, see what we can see.
Well, no go. It would end up like this:
                  FARRAH
I think it's about time for us to split up--

                  KATE
--go downtown--

                  JACLYN
--see what we can see.

vendredi 7 avril 2006

Bring the cattle in and ship them out

Nora Ephron offre un petit aperçu saisissant de ce que la logique de multiplexe, poussée à bout (logique de rentabilité financière) peut donner. Aller au cinéma devrait être une expérience valorisée, malheureusement il ne s'agit pour beaucoup que de remplir le plus de fauteuils en faisant payer le plus cher et en dépensant le moins possible.
Avec ça comment ne pas comprendre que les gens préfèrent attendre que les films arrivent chez eux ? Pour beaucoup aller au ciné est une sortie qui coûte cher : suffit de penser quel prix un spectateur occasionnel doit payer s'il lui prend l'envie, en passant devant une salle, de se faire une toile.
We passed the shuttered refreshment counter, went into the theater and sat down. The ads were already playing. There were quite a few of them, including a diet cola ad involving trucks and motorcycles that was so in love with itself that it actually recommended going to a special Web site that explained how the ad had been made.
Then, suddenly, the sound turned off and the screen went completely dark. Several minutes passed. The theater was three-quarters full, but no one moved. In some strange and inexplicable way, I felt responsible. I stood up and went two flights upstairs. A ticket taker had materialized and was now taking tickets. I told her that the system in Theater 7 had shut down. She looked at me blankly. I asked her if she would tell someone about it. She said she would and went on taking tickets. I stood there waiting. After a couple of minutes, when the customers had all passed through, she yelled out, "Projection, is there something wrong in Theater 7?" I went back downstairs.

The Last Picture Show - NYT Apr. 7th

lundi 3 avril 2006

Box-office Pp WE 14


1. LA DOUBLURE .............. 206 804 = 795 x 52
2. BASIC INSTINCT 2 .......... 64 111 = 262 x 49
3. DESTINATION FINALE 3 ...... 41 658 = 260 x 32
4. BIG MAMMA 2 ............... 38 775 = 298 x 26
5. ROMANZO CRIMINALE ......... 31 391 = 170 x 37
6. LA PLANETE BLANCHE ........ 24 744 = 121 x 41
7. TRUMAN CAPOTE ............. 17 749 = 169 x 21
8. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ..... 15 431 = 154 x 20
9. RENAISSANCE ............... 13 730 = 137 x 20
10 ESSAYE-MOI ................ 11 652 = 80 x 29
11 SEPARATE LIES ............. 11 549 = 462 x 5
12 DU JOUR AU LENDEMAIN ...... 10 382 = 74 x 28

(source : ciné-chiffres)

mercredi 29 mars 2006

Richard Fleischer (1916-2006)

Libé trouve moyen de revenir sur sa carrière sans citer The New Centurions (1972) ou Soylent Green (1973)... Ah ils sont forts ces journaleux qui veulent se la péter avec des anecdotes culture-confiture et des conceptions arrêtées (thème pipo du jour le confinement dans l'oeuvre de Richard F.).
L'Enigme du Chicago Express (The Narrow Margin - 1952) est un policier B bien ficelé mais rien de d'extraordinaire non plus, ça reste une grosse série B qui a l'avantage de filer droit et au plus court en 1h10.

Le titre de ses mémoires, où il s'attache surtout à raconter des anecdotes sur les "greats, near-greats and ingrates of Hollywood" puisqu'il (et son éditeur surement) n'imaginait pas que sa vie à lui intéresse grand monde, "Just Tell Me When to Cry" est une allusion au fait qu'il pensait que sa formation en psychologie lui était très utile pour diriger les acteurs. Faut dire qu'il avait bifurqué vers la mise en scène en plein boom de l'Actor's Studio, époque où la psychologie était le sujet à la mode dans les milieux intellectuels américains. "Just Tell Me When to Cry" reflète toute la modestie de ce réalisateur qui n'a jamais cherché à se prendre pour autre chose qu'un technicien consciencieux et qui a vécu en bon père de famille à l'écart des excès hollywoodiens : "Just Tell Me When to Cry" c'est la réponse que, jeune réalisateur, il a reçu de Sylvia Sydney alors qu'il lui expliquait en détail l'état psychologique de son personnage.

mardi 28 mars 2006

Retour de baton - The Big Stick Strikes Back

L'humour, la comédie, c'est bien connu, franchit très mal les frontières, la barrière du langage. Si en plus je vous parle de l'Egypte, un pays où la population, l'histoire et la modernité s'entassent dans un périmètre très réduit, où donc la tentation populiste se décline à toutes les sauces (intégriste, traditionnaliste, sexiste et tout ce qui permet de concentrer un malaise dans l'image d'un étranger, ennemi commun), il y a de forte chances pour qu'on tombe dans l'humour débile et nauséabond.
Mais après tout les américains l'ont bien cherché si aujourd'hui ils apparaissent comme les méchants par excellence dans les pays arabes.
"No Problem, We're Getting Screwed," a black comedy, told the tale of an Egyptian who sends his son to Iraq to deliver mangoes and then must travel there to get him out of an American jail. Along the way, the father tumbles into the hole where Saddam Hussein was hiding, gets caught in insurgent crossfire, is arrested by the Americans and is taken to President Bush. Bush forces him to wear a beard and confess to bombing the American Embassy. Somehow, the Egyptian escapes, outwits his captors, sells his mangoes and gets his son back home.
> lire l'article de Daniel Williams dans le Washington Post (19 mars)
Et puis dans les années d'après guerre, malgré son statut de libérateur du monde libre, le gangster bien sapé et violent (prototype : George Raft) a été la caricature de l'américain dans pas mal de films français jusqu'à ce que la propagande des films US vienne majoritairement nous nettoyer nos cerveaux pas politiquement corrects.
Oui, finalement c'est un juste retour de baton puisqu'avec la puissance de feu écrasante de leur distribution les films américains sont les seuls à pouvoir imposer la caricature del'autre et mettre en scène des beaux 'role models', des héros emblématiques des idéaux américains : honnêteté et ambition (le tout couvrant les limites de son propre territoire... qui peut s'étendre partout où il y a du billet vert à prendre), mais malheureusement rarement ambigü.
Si on peut se défouler sur les américains, en les caricaturant comme des obèses envahissants et caractériels, c'est salutaire et c'est largement mieux que l'adaptation télé, honteusement, mortellement sérieuse, des Protocoles de Sages de Sion (Le Cavalier sans monture).
"Speak softly and carry a big stick." Theodore Roosevelt

lundi 27 mars 2006

Box-office Pp WE 13


1. DESTINATION FINALE 3 ........... 91 343 33 554
2. BIG MAMMA 2 .................... 73 229 26 563
3. ROMANZO CRIMINALE .............. 54 109 37 292
4. LA PLANETE BLANCHE ............. 49 311 41 241
5. ESSAYE-MOI ..................... 30 594 37 165
6. TRUMAN CAPOTE .................. 28 786 23 250
7. DU JOUR AU LENDEMAIN ........... 28 618 36 159
8. FAUTEUILS D'ORCHESTRE .......... 25 097 23 218
9. RENAISSANCE .................... 23 338 20 233
10. DERAPAGE ...................... 17 652 21 168

(source : ciné-chiffres)

dimanche 26 mars 2006

Also Sprach Fritz -- Individualité

Les thèmes profonds d'une histoire sont internationaux, mais la manière dont vous traitez ces thèmes est dépendante du style du pays. Je crois que le thème central de mon oeuvre est la lutte que mène un individu contre ce que les Grecs et les Romains appelaient le Destin, et qui prend ici la forme d'une puissance réelle : dictature, loi ou syndicat du crime. Il s'agit de la volonté de sauvegarder l'individualité et il est important de lutter pour y parvenir.

jeudi 23 mars 2006

Don Siegel et les "profanateurs de sépulture"

La frontière est ténue entre le ridicule comique et le ridicule exaspérant. Quand il s'agit de rabâcher une idée sans fondement mais qui les arrange bien au niveau rhétorique, au niveau polémique, certains journalistes sont très forts pour franchir allègrement cette frontière sans se soucier de pouvoir être accusés, au passage de la douane, de prendre leur travail à la légère.

Parmi les mythes qui ont la vie dure Invasion of the Body Snatchers (1956) (titre brillament traduit : L'invasion des profanateurs de sépultures par le brillant distributeur français et con) s'est aussi avéré, au fil des ans, très utile à cette race venue du tréfonds de l'espace à laquelle appartient le cinéphile bavasseur. Sous prétexte que le film date de l'époque entre McCarthyisme et Spoutnik certains aiment bien y voir, au choix, une critique du communisme (ça c'est nouveau pour moi, je le découvre dans l'article du jour) ou une critique du McCarthyisme (ça m'a toujours fait marrer : un gars trouvait révélateur le fait que l'acteur principal s'appelle McCarthy). Passe encore pour les paléo-cinéphiles qui se prennent au sérieux en délirant sur des analyses thématiques tordues mais n'importe quel journaliste professionnel est censé avoir trouvé dans la bio de Don Siegel cette explication qui coupe court aux fumisteries :
Danny [Mainwaring, le scénariste] and I knew that many of our associates, acquaintances and family were already pods [les clones privés d'émotions, et donc de soucis, qui remplacent peu à peu les hommes dans le film]. How many of them wake up in the morning, ate breakfast (but never read the newspaper), went to work, returned home to eat again and went to sleep?

Don Siegel A Siegel Film (p. 178)

mardi 21 mars 2006

Sidney Lumet, 81 and going

Article très sympa sur Sydney Lumet, le genre de bon article bien équilibré, qui touche à la personnalité du sujet juste ce qu'il faut pour dépeindre son travail, et surtout sans la prétention d'avoir fait le tour du personnage, psychanalysé son existence sociale. En France je ne vois guère ça que dans les pages Portrait de Libé.
Not all of his features are set in New York but, by far, the most successful are.

"I've never analyzed it. I would guess if you grow up poor in this city you get a sense of drama on every block. When I was a kid -- I grew up on two Jewish blocks of the East Side -- you were in trouble if you left those two blocks because in one direction you were in an Irish neighborhood and two blocks in the other and you were in an Italian one. You had a sense that conflict exists everywhere. You're into a world that's physical, that's violent," says Lumet. [...]

But of course, not all of his films have been set in New York, sometimes with lesser results. "I won't knowingly make a bad picture," Lumet says, "but you can talk yourself into anything. One picture I did because there was a house I just wanted to buy so badly and the fee exactly covered the down payment. I won't tell you which one, but it's my 'mortgage picture.' "

Hmmm, was it the 1970s films "Equus" and "Last of the Mobile Hot Shots" or 1966's "The Group"? Or possibly -- this is so un-Sidney Lumet -- 1974's "Murder on the Orient Express"?

"I had [botched] up two pictures because I did not have a sense of comedy. I won't name them. I didn't get the souffle of comedy. I couldn't ever get it light enough." (Not a strange admission from the maker of "The Pawnbroker," one of the heaviest movies ever made, and one of the first to deal with the Holocaust.) "When 'Murder' came along, I thought, I'm going to learn it now or go down in flames. I can promise you 'Network' would not have been so good if I had not done 'Murder.' That spirit of levity is something I had to teach myself, painfully."

Stephen Hunter - Washington Post Mar. 16th

lundi 20 mars 2006

Box-office Pp WE 12


1. DU JOUR AU LENDEMAIN ........ 55 248 = 37 x 299
2. ESSAYE-MOI .................. 50 618 = 37 x 274
3. TRUMAN CAPOTE ............... 39 794 = 23 x 346
4. RENAISSANCE ................. 39 135 = 19 x 412
5. LA PANTHERE ROSE ............ 35 686 = 32 x 223
6. UNDERWORLD 2 EVOLUTION ...... 33 935 = 28 x 242
7. MEMOIRES D'UNE GEISHA ....... 32 680 = 33 x 198
8. WU JI ....................... 32 597 = 33 x 198
9. DERAPAGE .................... 31 723 = 27 x 235
10. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ...... 31 091 = 28 x 222

(source : ciné-chiffres)

lundi 13 mars 2006

Box-office Pp WE 11


1. UNDERWORLD 2 ............ 57 491 = 29 x 396
2. TRUMAN CAPOTE ........... 53 272 = 21 x 507
3. LA PANTHERE ROSE ........ 49 567 = 32 x 310
4. MEMOIRES D'UNE GEISHA ... 45 312 = 41 x 221
5. DERAPAGE ................ 43 213 = 32 x 270
6. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ... 39 532 = 37 x 214
7. L'IVRESSE DU POUVOIR .... 29 583 = 34 x 174
8. LE TEMPS DES PORTE-PLUMES 29 535 = 34 x 174
9. SYRIANA ................. 28 231 = 30 x 188
10. TOI & MOI .............. 22 930 = 24 x 191

(source : ciné-chiffres)

dimanche 12 mars 2006

Also Sprach Fritz -- Piédestal

Il faut à l'homme, pris en tant que concept, une grandeur surhumaine dans la mesure de ses sensations et de ses actions, même s'il devient tout petit et minable. Il lui faut le piédestal de la stylisation, autant qu'il le fallait aux siècles passés. On ne pose pas les monuments sur la chaussée au niveau du sol. Pour les rendre imposants, on les élève au-dessus des têtes des passants.

mercredi 8 mars 2006

Gordon Parks (1912 - 2006)

He developed a large following as a photographer for Life for more than 20 years, and by the time he was 50 he ranked among the most influential image makers of the postwar years. In the 1960's he began to write memoirs, novels, poems and screenplays, which led him to directing films. In addition to "The Learning Tree," he directed the popular action films "Shaft" and "Shaft's Big Score!" In 1970 he helped found Essence magazine and was its editorial director from 1970 to 1973.

An iconoclast, Mr. Parks fashioned a career that resisted categorization. No matter what medium he chose for his self-expression, he sought to challenge stereotypes while still communicating to a large audience. In finding early acclaim as a photographer despite a lack of professional training, he became convinced that he could accomplish whatever he set his mind to. To an astonishing extent, he proved himself right.

Gordon Parks developed his ability to overcome barriers in childhood, facing poverty, prejudice and the death of his mother when he was a teen-ager. Living by his wits during what would have been his high-school years, he came close to being claimed by urban poverty and crime. But his nascent talent, both musical and visual, was his exit visa.


Nécro de Andy Grundberg pour le NYT .:. Slideshow

lundi 6 mars 2006

Box-office Pp WE 10


1. MEMOIRES D'UNE GEISHA ........ 70 700 = 41 x 345
2. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ........ 58 934 = 43 x 274
3. L'IVRESSE DU POUVOIR ......... 58 626 = 35 x 335
4. SYRIANA ...................... 52 342 = 40 x 262
5. REUSSIR OU MOURIR ............ 43 435 = 31 x 280
6. HOSTEL ....................... 41 076 = 25 x 329
7. BRAQUEURS AMATEURS ........... 39 565 = 31 x 255
8. LES BRONZES 3 ................ 34 611 = 38 x 182
9. PETITES CONFIDENCES (A MA PSY) 34 194 = 31 x 221
10. HELL ........................ 32 220 = 23 x 280

(source : ciné-chiffres)

samedi 4 mars 2006

Qu'est-ce qu'on en a à secouer des Oscars #2006-3

Derniers pronostics (toujours aussi vains) avant le grand soir où les stars se croient obligées de venir s'emmerder pendant plus de 3 heures avant d'attérir dans une bonne soirée privée.
"Crash," despite critical indifference, remains a resonant contender many months after its release. The Bagger senses that what seemed to be a runaway year for "Brokeback" may end up to be more complicated when the Oscar credits — finally — roll.

Some categories are fairly straightforward. "Brokeback" is a lock for adapted screenplay, while "Crash" will just as surely get original screenplay. Major movies that missed out in the major categories will come up large in technical competition, with "Memoirs of a Geisha" probably winning costume and art direction, and "King Kong" winning sound editing and visual effects. "The Chronicles of Narnia" will win a token Oscar in makeup. "Wallace and Gromit" is a safe but not sure bet for animated feature, cinematography will go either to "Brokeback" or "Geisha," with "Brokeback" favored by a nose.

NYT - The Red Carpet

jeudi 2 mars 2006

Ciné-o-logismes : spitballing

Voilà un mot qui ne parlera pas beaucoup aux scénaristes francophones et allergiques aux termes anglais. Pourtant il s'agit d'un élément de base du travail de scénariste, la partie la moins difficile, la plus enrichissante parce que la plus socialisante. Contrairement au brainstorming (traduisez par 'remue-méninges' si vous êtes adepte de la secte Toubon ou 'beau provincial') il ne s'agit pas d'une foire où n'importe qui (et notamment les plus bornés) balancent leurs idées (ou ce qu'ils croient être des idées) à la figure des autres pour les leur imposer.
Le spitballing part d'une démarche constructive où l'on va creuser un idée de film, un aspect du scénario etc. pour déboucher sur d'autres idées qui vont ouvrir de nouvelles perspectives ou apporter une solution précise à un problème narratif. Comme son nom l'indique il faut que la salive coule et fasse boule de neige plutôt qu'elle ne se perde en postillons dans le décor.
Le principe de base du spitballing : aucune idée n'est mauvaise en soi, les idées les plus farfelues sont les plus fertiles à condition de pousser leur logique (ou leur manque de logique), dans ses derniers retranchements. Lancer une idée de spitballing c'est simple, il suffit de commencer sa phrase par "Et si..."

On se marrait bien avec Leloup il y a quelques mois en apprenant le sujet du dernier film d'Ang Lee. Brokeback Mountain. Le concept même à faire rêver tout ciné-marketeur avide de super différenciation et de provocation mesurée des codes traditionnels. "Et si on faisait un film de cow-boys homos ?"

L'idée devait être bonne vu ce que le film a fait couler comme salive et comme encre avec un investissement minimal au point qu'aujourd'hui on se retrouve avec bandes annonces pour des films tels que Brokeback to the Future ou The Empire Breaks Back.

A propos de Darwin - suite et fin

Confrontation du réalisateur Hubert Sauper et de François Garçon, l'historien qui a centralisé les critiques que l'on pouvait faire sur le Le Cauchemar de Darwin.

Dialogue de sourds évidemment. Etant du côté critique puisque ce docu m'a semblé d'entrée malhonnête je trouve les réponses du réalisateur de très mauvaise foi, voire carrément nauséeuses quand il a recours, pour argumenter par analogie, à une anecdote sur un cliché des camps de concentration, ou en faisant un parallèle vérité documentaire/pornographie.

Bref j'ose espérer que ceux qui ont apprécié (?) le film auront les yeux ouverts dans cette interview sur les défauts rédhibitoires du documentaire :
- montage pour suggérer que le trafic d'arme est indiscociable du commerce de la perche et qui n'est étayé par aucun fait, aucune enquête (le dernier recours du réal : la poésie pure de l'image, les avions qui attérissent, les avions qui redécollent).
- misérabilisme à outrance (attrape-bobo, ce que veulent voir les spectateurs occidentaux), sans nuance et sous couvert d'objectivité absolue : la caméra tourne, les gens parlent, les images parlent d'elles-mêmes.
- point non-évoqué dans l'interview : la prétendue catastrophe écologique de l'introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria, sujet central du film avec le trafic d'armes suggéré jusqu'à plus soif. Hubert Sauper se contente de caler un sujet sur la question sans faire, une fois de plus, de recherches personnelles. Or tout n'est pas aussi simple que le gros poisson, introduit par des méchants blancs, qui vient manger les petits poissons.

La question de la responsabilité (ou plutôt irresponsabilité) du réalisateur ne m'intéresse pas vraiment dans la mesure où le succès d'un film échappe forcément à ses auteurs, en revanche niveau malhonnêteté intellectuelle on a attrapé un sacré mastard qui joue les prudes derrière son objectif.
Pour reprendre un échange célèbre je dirais à ce monsieur Sauper, bien calé maintenant dans les louanges et les récompenses qu'il a collectionnées, qu'il est à la fois un documentariste de la misère et la misère des documentaristes.

>> lire aussi la contre-enquête du Monde reproduit sur ce blog. Toujours aussi mou du gland le Monde se contente d'une enquête sur les faits alors que ce qui compte c'est la malhonnêteté cinématographique de la démarche. Dans l'échantillon d'interview Sauper suggère cette fois pour se défendre qu'il est victime d'un complot des marchands d'armes alors qu'il est à peine un mauvais réalisateur de documentaire...

mercredi 1 mars 2006

Our Brand is Crisis

Documentaire qui s'annonce très intéressant (surtout pour ceux qui ont encore des illusions à perdre sur la politique) qui traite en détail de la victoire inattendue de Gonzalo Sanchez de Lozada lors des présidentielles boliviennes de 2002, grace à ses super-consultants américains en marketing stratégico-politique :
At first, the goal seems unattainable, especially considering he wasn't all that popular the first time around, not to mention that Bolivia was on the brink of a violent political uprising. Undaunted, the GCS consultants work their magic as if it were a game, shrewdly devising ways to sell a new and improved Mr. Sánchez de Lozada to the public. Endorsements and smear campaigns are conceived for television, general brainstorming sessions and focus groups are held, and the impact each has is thoroughly analyzed. The unrestricted access we are given to these discussions that would normally take place behind closed doors is astounding, even if the "victory" ultimately gained for Mr. Sánchez de Lozada is truly unsettling. Perhaps the only thing left to be desired from this momentous documentary is a reference to the size of the consultants' paycheck — or their consciences.

Laura Kern NYT 1-mar-2006

lundi 27 février 2006

Box-office Pp WE 09


1. L'IVRESSE DU POUVOIR ......... 97 250 = 35 x 556
2. SYRIANA ...................... 83 010 = 39 x 426
3. REUSSIR OU MOURIR ............ 82 047 = 35 x 469
4. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ........ 81 027 = 44 x 368
5. BRAQUEURS AMATEURS ........... 63 277 = 33 x 383
6. LES BRONZES 3 ................ 62 910 = 50 x 252
7. PETITES CONFIDENCES (A MA PSY) 48 096 = 32 x 301
8. LE NOUVEAU MONDE ............. 36 806 = 40 x 184

(source : ciné-chiffres)

mercredi 22 février 2006

A propos de Darwin #2

Je n'ai pas particulièrement de raisons d'être fier d'avoir trouvé le Cauchemar de Darwin très manipulateur, très pseudo-objectif et totalement creux. Mais ça fait plaisir que certains fouillent pour démonter ce qui serait une supercherie s'il remportait le César mais qui n'est jusqu'ici qu'un docu bobodémago réussi, c'est à dire un documentaire médiocre.
la perche du Nil a été introduite dans les années 50 dans le cadre d'un programme de développement de l'OCDE, et que les seuls à s'opposer à ce type de politique à l'époque se comptaient dans les rangs de l'extrême droite. Le film laisse à penser que l'intégralité du poisson file vers les pays riches. Or, selon Garçon, «74 % de ce qui est pêché dans le lac Victoria n'est pas exporté, et 40 % de ce total sera consommé sur place».
J'aime bien la dernière phrase de cet article du Libé de samedi 18 :
Le réalisateur répond par une lettre furieuse mais peu argumentée.

lundi 13 février 2006

La porte ouverte à toutes les fenêtres

On n'en parle bizarrement assez peu en France mais le coup de Trafalgar de Soderbergh (et de son fourvoyeur de fonds Todd Wagner) est sorti selon une approche qui se veut "révolutionnaire", à savoir quasi-simulatnément dans (quelques) salles, en pay-per-view (donc télé + internet) et en DVD. Libé revient sur le contexte :
Voilà plusieurs mois déjà que Variety, bulletin suprême de la paroisse Hollywood, avait dramatiquement annoncé le geste de Soderbergh sous le titre «War of the windows !». Il pointait par là la vraie nature d'un problème dont la traduction est aisée puisque nous appelons nous aussi «fenêtres» ces temporalités successives qui organisent le calendrier des supports par lesquels un film est accessible au public : sortie en salles, DVD, diffusion pay-per-view sur câble et satellite, diffusion aux abonnés TPS et CanalSat, puis diffusion sur chaînes hertziennes (à quoi il faut parfois enchâsser des niches : vidéoclubs, hôtels, avions, etc.).

C'est dans ce bel édifice que Soderbergh et complices ont mis un coup de tatane hardi : «L'industrie et, plus important encore, les consommateurs sont prêts à entendre quelqu'un leur dire qu'aujourd'hui tout ceci n'a plus aucun sens, avance Todd Wagner. Le vieux modèle n'est plus en phase avec la façon dont le public veut désormais consommer l'entertainment.»

Entre Soderbergh qui s'est toujours pris pour un artiste d'avant-garde et ce marchand de tapis on a une belle vision du genre de raisonnement absurde qui peut germer dans des cerveaux où l'ego est régulièrement flatté, par des mots, par des chiffres, au point d'en arriver à croire pouvoir créer sa propre réalité.
Ceux qui ont un tant soit peu les pieds sur terre savent que si on place la naissance du cinéma avec la première projection publique des frères Lumière et pas avec les boites à images d'Edison c'est bien parce que le cinéma n'existe que comme un loisir de masse où les gens sortent de chez eux pour aller au spectacle. Que les plus petites salles ne soient plus rentables et qu'il faille faire des kilomètres pour en trouver une dans certaines régions moins urbanisées c'est une autre question et c'est même prendre le problème à l'envers que de vouloir faire des films pour le spectateur qui, a priori, n'aurait pas su qu'ils existaient.
C'est une maladie américaine de faire du populisme sous couvert d'optimisme et de bon sens national, cependant je dois dire qu'on n'est pas à l'abri en France où ce n'est pas les réflexions constructives qui font avancer le débat mais plutôt un équilibre plus ou moins heureux entre des centres d'inertie.

Box-office Pp WE 07


1. LES BRONZES 3 ............. 231 252 = 52 x 889
2. L'HONNEUR DU DRAGON ........ 65 110 = 29 x 449
3. TOUTE LA BEAUTE DU MONDE ... 59 451 = 38 x 313
4. BAMBI 2 .................... 52 366 = 36 x 291
5. INCONTROLABLE .............. 47 635 = 39 x 244
6. MUNICH ..................... 47 089 = 50 x 188
7. NANNY MCPHEE ............... 40 825 = 23 x 355
8. BROKEBACK MOUNTAIN ......... 40 547 = 34 x 239

(source : ciné-chiffres)

mardi 7 février 2006

Qu'est-ce qu'on en a à secouer des Oscars #2006-2

Manohla Dargis, critique en chef du NYT, répond aux questions des lecteurs sur les Oscars. Première question, évidemment : qu'est-ce qu'on en a à secouer  ?
Q. Why do you care about the Oscars?
— G. D. Avazrahani, New York City

A. Well, for starters I love Old Hollywood, so anything even remotely connected to the golden age of studio filmmaking interests me. New Hollywood pales by comparison, of course – though the specialty divisions are helping to ease the pain – but even its simulacrum of old-school glamour and sex is hard to resist. Then there’s the fact that while the Oscars are reliably irritating and often just plain stupid – and boring and silly and wrong – sometimes they draw attention to worthy films and give a boost to equally worthy filmmakers, like the 1997 multiple-nominee Curtis Hanson. (I also like the dresses.)

lundi 6 février 2006

Box-office Pp WE 06


1. LES BRONZES 3 .............. 422 362 = 52 x 1624
2. MUNICH ...................... 67 318 = 53 x 254
3. BAMBI 2 ..................... 50 728 = 35 x 290
4. BROKEBACK MOUNTAIN .......... 49 976 = 36 x 278
5. SHEITAN ..................... 48 953 = 33 x 297
6. LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE
  .............................. 36 541 = 31 x 236
7. JE VOUS TROUVE TRES BEAU .... 27 940 = 31 x 180
8. ORGUEIL & PREJUGES .......... 24 394 = 20 x 244
9. LORD OF WAR ................. 21 767 = 22 x 198
10 ZATHURA UNE AVENTURE SPATIALE 21 197 = 26 x 163

(source : ciné-chiffres)

mercredi 1 février 2006

Comique sous anti-dépresseurs

Une analyse parmi d'autres ce matin sur des personnages que le public préfèrera peut-être dans leur enveloppe éternellement jeune. Jeune con c'est marrant, vieux con c'est ridicule mais jeune con devenu vieux con c'est navrant.
Accuser les ex-membres du Splendid de ne vouloir «que du fric» relève évidemment du pur fantasme. Au fond, les raisons d'un tel retour paraissent même beaucoup moins avouables. Hypothèse: arrivés à la cinquantaine, les anciens camarades du Lycée Pasteur de Neuilly ont pris un solide coup à l'ego face à la montée en flèche d'une nouvelle génération de comiques.

Si certains, comme Gérard Jugnot ou Michel Blanc, ont su négocier le tournant de la cinquantaine - le premier en se transformant en Père La France sauce Batignole, le second en laissant libre cours à un humour désespéré devenu sa marque de fabrique -, la carrière des autres patine. Clavier-Astérix fait du sous-Funès, dans des films de moins en moins prestigieux.

Balasko et Lhermitte sont branchés sur courant alternatif. Lavanant a disparu, d'abord à la télévision, puis du petit écran. Comme Marie-Anne Chazel. Le bilan demeure donc globalement négatif, malgré les succès enregistrés par chacun depuis l'explosion du Splendid, dans les années 80. En retournant à leur belle jeunesse, on peut légitimement penser qu'une partie - au moins - du Splendid espérait renouer avec le public un lien affectif devenu lâche, sinon absent.

En 1998, Josiane Balasko avait réalisé un film intitulé Un grand cri d'amour. Et si c'était cela, après tout, le seul véritable enjeu de cet ultime Bronzés? Crier un bon coup son amour du spectateur, vouloir lui montrer, une fois de plus, à quel point on a besoin de lui. Pour un acteur, le public est et restera une drogue. Le 7e art en a souvent rendu compte, de Sunset Boulevard au Secret de Veronika Voss. Les Bronzés 3: amis pour la vie? Peut-être une grande tragédie sur le cinéma...

Emmanuel Cuénot pour La Tribune de Genève

lundi 30 janvier 2006

Box-office Pp WE 05


1. MUNICH .................... 117 878 = 53 x 445
2. BROKEBACK MOUNTAIN ......... 62 905 = 37 x 340
3. LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE
  ............................. 55 284 = 31 x 357
4. JE VOUS TROUVE TRES BEAU ... 43 110 = 35 x 246
5. ORGUEIL & PREJUGES ......... 37 631 = 36 x 209
6. LORD OF WAR ................ 35 572 = 29 x 245
7. BANDIDAS ................... 29 078 = 32 x 182
8. UN TICKET POUR L'ESPACE .... 24 780 = 38 x 130
9. LE MONDE DE NARNIA - CH. 1 . 23 058 = 29 x 159
10 CHAOS ...................... 20 202 = 23 x 176

(source : ciné-chiffres)

mercredi 25 janvier 2006

Grande braderie du cinéma

Les ricains, avec leur surenchère dans le marketing thermonucléaire en sont arrivés à un point où on se fout tellement du spectateur qu'on lui montre toute l'intrigue. En espérant que le client potentiel appréciera ce court-métrage clipesque ? Non mais les produits de base sont tellement peu originaux que la seule solution c'est de les vendre à la criée.
The story seems to have an up-to-the-minute technological twist: Mr. [Harrison] Ford's character, Jack Stanfield, designed the security software for a bank, and now criminals threaten to harm his family unless he helps them bypass the system and carry out the perfect robbery. But the idea of high-tech security is about all that doesn't seem creaky in this trailer, which reveals the entire trajectory of the plot and invites viewers to make jokes at the movie's expense.
"Firewall" opens soon (Feb. 10th), and it seems the trailer is appearing in television commercials every five minutes (sometimes in a shorter version), an advertising blitz meant to lure viewers to a big opening weekend. But all you can think watching the trailer is that Mr. Ford should probably give up the ghost of his Tom Clancy roles, and that Ms. Madsen has capitalized on all those critics awards she won last year for "Sideways" and climbed a rung on the Hollywood ladder. If only they'd chosen a script that didn't make the audience feel it could recite the familiar lines along with them. All together now as Mr. Ford tells the bad guy: "I'm done talking!"
Caryn James pour le NYT (1/25/06)

mardi 24 janvier 2006

Qui aime bien...

Ça fait plaisir quand certains journalistes dans des feuilles renommées se lâchent sur nos petits travers autistico-auteuristiques.
The camera is fixed on a nondescript house on a narrow Paris street which is still nicer than anything you could possibly afford. For six hours, there is absolutely no movement on the screen. As you watch in steadily mounting horror, absolutely nothing happens. Then it continues to not happen. Hours go by. Finally, with several audience members in comas and a sizeable group in the lobby beating the theater manager to death, a small leaf on a lush tree near the house trembles as a worm begins eating it. This is perceived by only the most astute viewers, for it takes place off screen.

PULL BACK TO REVEAL

The inhabitants of the house - DANIEL HAUGHTÉ, the intellectual, emotionally guarded host of the literary television show "Your French Will Never Be Good Enough To Understand Me" and his intellectual, sophisticated wife JULIETTE BINOSHING, who has grown curvaceous in ripe middle age - are watching a videotape on their television set that shows the very same boring scene that we have been watching. Mysteriously, however, they are not bored!
                    JULIETTE
You say you found this tape of our house in a package left on our doorstep along with a hideous drawing showing the cutting of a man's throat?
                    DANIEL
Never mind that, ma cherié. Observe the ambiguous fluidity of the mise-en-scène! What a marvelously subtle yet disturbing filmic experience. It suggests to me that whoever has been secretly filming the outside of our house is a master of cinematic technique. Obviously a disciple of Bresson but with the implied muscularity of the young Stallone.

Cliché (Guilty White Bourgeoisie in Denial)
Un Film de JOYCE WADLER
NYT 1/24/06

lundi 23 janvier 2006

Box-office Pp WE 04

1. BROKEBACK MOUNTAIN ............ 93 833 = 33 x 569
2. ORGUEIL & PREJUGES .............. 53 004 = 36 x 294
3. LORD OF WAR ....................... 51 794 = 36 x 288
4. JE VOUS TROUVE TRES BEAU ....... 51 447 = 34 x 303
5. UN TICKET POUR L'ESPACE ......... 49 329 = 39 x 253
6. BANDIDAS ............................. 48 830 = 35 x 279
7. FESTIVAL TELERAMA 2006 ............ 40 123 = 15 x 535
8. LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 .. 36 875 = 37 x 199
9. CHAOS .................................... 34 569 = 25 x 277
10. GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK. ...... 26 925 = 25 x 215
11. POMPOKO ................................ 24 391 = 33 x 148
12. JARHEAD LA FIN DE L'INNOCENCE ...... 21 074 = 33 x 128
13. MADAME HENDERSON PRESENTE ....... 20 675 = 20 x 207
14. LA RUMEUR COURT... ................... 18 093 = 27 x 134
15. THE CONSTANT GARDENER .............15 431 = 15 x 206


(source : ciné-chiffres)

mercredi 18 janvier 2006

Box-office Pp semaine 03

1 LORD OF WAR ............................ 87 772 = 39 x 322
2 JE VOUS TROUVE TRES BEAU ............ 77 829 = 30 x 371
3 LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 .... 58 928 = 40 x 210
4 GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK. ......... 48 774 = 31 x 225
5 JARHEAD LA FIN DE L'INNOCENCE ........ 48 130 = 42 x 164
6 LA RUMEUR COURT... ...................... 43 853 = 36 x 174
7 MADAME HENDERSON PRESENTE .......... 38 561 = 21 x 262
8 THE CONSTANT GARDENER ................. 34 684 = 28 x 177
9 LA CRYPTE .......................... 29 161 = 20 x 208
10 SAW II ............................. 25 771 = 25 x 147
11 KING KONG (2005) .............. 24 685 = 30 x 118
12 UNE VIE INACHEVEE ........... 23 534 = 33 x 102


(source : ciné-chiffres)

dimanche 15 janvier 2006

Shelley Winters (1920-2006)

The actress sustained her long career by repeatedly reinventing herself. Starting as a nightclub chorus girl, advanced to supporting roles in New York plays, then became famous as a Hollywood sexpot.

A devotee of the Actors Studio, she switched to serious roles as she matured. Her Oscars were for her portrayal of mothers. Still working well into her 70s, she had a recurring role as Roseanne's grandmother on the 1990s TV show "Roseanne."

Although she was in demand as a character actress, Winters continued to study her craft. She attended Charles Laughton's Shakespeare classes and worked at the Actors Studio, both as student and teacher. She appeared on Broadway as the distraught wife of a drug addict in "A Hatful of Rain" and as the Marx Brothers' mother in "Minnie's Boys."

Among her other notable films: "Night of the Hunter," "Executive Suite," "I Am a Camera," "The Big Knife," "Odds Against Tomorrow," "The Young Savages," "Lolita," "The Chapman Report," "The Greatest Story Ever Told," "A House Is Not a Home," "Alfie," "Harper," "Pete's Dragon," "Stepping Out" and "Over the Brooklyn Bridge."

During her 50 years as a widely known personality, Winters was rarely out of the news. Her stormy marriages, her romances with famous stars, her forays into politics and feminist causes kept her name before the public. She delighted in giving provocative interviews and seemed to have an opinion on everything.

Robert Mitchum once told her: "Shelley, arguing with you is like trying to hold a conversation with a swarm of bumblebees."

The revelations in her autobiographies provided endless material for interviewers and gossip writers. She wrote of an enchanted evening when she and Burt Lancaster attended "South Pacific" in New York, dined elegantly, then retired to his hotel room.

"This chance meeting proved to be the beginning of a long but painful romance," she wrote. "Despite the immediate and powerful chemistry between us, the love and the friendship, some wise part of me knew that he would never abandon his children while they were young and needed him."

She also told of a dalliance with William Holden after a studio Christmas party. In a glamorous, real-life version of the play "Same Time, Next Year," they continued their annual Yuletide rendezvous for seven years.

She wrote that despite their intimacy, they continued to refer to each other as "Mr. Holden" and "Miss Winters," and when they met on the set of the 1981 film "S.O.B." she said, "Hello, Mr. Holden." He smiled and replied, "Shelley, after your book, I think you should call me Bill."

vendredi 13 janvier 2006

Films flasques

Avec le DVD et tous les avatars numériques qui lui ont bouffé la vedette peut-être est-ce que le cinéma se cherche. En tout cas c'est ce que je me plais à imaginer. Terence Malick sort son dernier film (wahou, à peine cinq ans après The Thin Red Line, c'est presque du travail à la chaîne) The New World : la version présentée et sélectionnée pour les Oscars faisait 2h30, celle du super DVD pour les amateurs de jolis paysages fera 3h, mais au bout il s'est dit que se serait quand même vachement mieux pour le spectateur s'il réduisait le film à 2h15.
N'empêche, comme pour le film super concept cow-boys gays on est toujours dans la longueur limite nombrilo-contemplative.
These films achieve their bloated status for different reasons: the old "New World" and "Brokeback Mountain" (running 2 hours and 14 minutes) take too much time getting started. If the audience knows that the English settlers will land and the cowboys will turn out to be gay, the movies shouldn't waste 15 minutes getting there.

Avec le DVD on dit à l'artiste que ses délires ne seront pas perdus pour tout le monde s'il veut bien accepter de livrer un truc mieux calibré pour tenir dans les salles. Problème : pour tenir les salles le marketing innonde les médias d'information, donc le spectateur lambda sait très vite de quoi parle le film et tout ce qui est exposition, installation du décor n'en parait que plus mou, long et ennuyeux.
Those preliminary scenes, which slowed things down, have been trimmed, and the voice-overs - interior monologues in which Pocahontas and Smith meditate on their lives - are less likely to accompany picturesque views of nature. Instead, Ms. Green said, the voice-over "pulls you into the next scene." The editing was the kind of snipping that, like a good face-lift, should be inconspicuous if it works. Besides, Mr. Malick can put it all back (and more) in the DVD. "He always had it in mind that he would make a longer version that would allow people to take bathroom breaks," Ms. Green said.

Films aren't all about plot, of course, and artistically a work may need time to establish its characters and its pace. But viewers now walk into theaters already so crammed with information about the film that those establishing scenes almost take care of themselves.

La fin de l'article de Caryn James (NYT 13 Jan. 2006) nous apprend comment Spielberg a bâclé son Munich afin qu'il soit prêt pour la course aux Oscars.

mercredi 11 janvier 2006

Le cinéma est toujours là

Grâce à ceux qui ont vraiment envie de raconter des histoires.
In his bleak envisioning of a day in Los Angeles that begins like any other, bombs go off downtown, in Beverly Hills and at the airport; countless people are killed as toxic ash carrying a deadly virus falls like snowflakes; the air becomes unbreathable; thousands are driven from their homes; confusion and misinformation reign; and ordinary citizens are victimized not just by the unseen terrorists but also by their own overwhelmed and unprepared government.

At the center of the story are Brad (Rory Cochrane) and Lexi (Mary McCormack), a couple contending with strains in their marriage. The morning after a fight, Brad has just kissed Lexi off to work when the bombs go off, and the film stays with Brad as he first tries in vain to go find his wife, then barricades himself in their home with plastic and duct tape, and ultimately wrestles with the grim choice of whether to save her or himself.

New-York Times 11 Jan. 06
Fiche Imdb du film Right at your Door

Le DVD, et après ?

C'est le titre d'un article dans le Libé du jour.
En 2005, pour la première fois, le cinéma a vu sa part du marché DVD baisser cruellement au profit des séries télé et des enregistrements de spectacles.

Autant dire que les gros Nicodinosaur Seydoux qui nous ont bassiné avec leur com' "le téléchargement tue le cinéma" ne vont plus avoir beaucoup de temps pour comprendre dans quel sens faire évoluer leur métier. Peut-être qu'au final ils comprendront cette règle essentielle que c'est le client qui a toujours raison donc que c'est lui qui donne le ton du changement des habitudes de consommation.
Malheureusement j'ai bien peur que nos oncles Picsous du cinéma comprennent surtout ce qu'ils veulent, c'est à dire que le consommateur veut plus de contenu plus vite et plus facilement. Sans réfléchir à l'inéluctable banalisation du contenu une fois totalement dématérialisé.
Je n'ai pas l'impression de mener un combat d'arrière garde en disant que l'avenir du cinéma se joue dans les salles et pas ailleurs, j'ai juste l'impression d'être platement dans le vrai.
Simplement je dirais que le cinéma va à la rencontre de ses spectateurs, en créant des événements, des opportunités de sortie, des sujets de discussion et matière à débat. Avec la dématérialisation vécue comme la voie à sens unique du Futur toutes une industrie veut voir de nouveaux débouchés mais personne ne se pose la question de ce qui fait qu'on va avoir envie de voir un film ou non.

A pa bô la guerre

...mais vendre des armes c’est rigolo

Le début du film, comme souvent, donnait le ton. Too much. Traveling sur un tapis de douilles et arrivée sur Nicolas Cage qui nous fait sa confession face caméra.
« Bonjour, c’est moi, je vais vous raconter ma vie, vous allez avoir des images chiadées d’armes en tous genres plein les mirettes pendant deux heures. »

Et ça part dans un générique m’as-tu-vu où on suit la vie d’une balle. Autant dire que les gars aux manettes sont tout fiers de leurs idées et vont nous le faire savoir. Soit dit en passant on pourrait être indulgent avec ces indigences de clippers, malheureusement le générique résume le propos du film : « On n’empêchera pas la terre de tourner, les marchands d’armes d’en vendre, les négociants de se faire de couilles en or au passage et les enfants africains de se prendre une balle en pleine poire à l’occasion. »
Avec ce résumé vous pouvez d’ores et déjà gagner du temps, arrêter de lire cette bafouille et éviter le film.


L’esthétique de la balle en pleine poire


Je ne vais pas m’étaler sur le sujet comme un beau coulis de sang frais échappé d’un cerveau joliment perforé. La violence gratuite c’est un concept cool pour Tarantino & co et c’est vachement ringard de critiquer d’abord. Dans Lord of War la violence est gratuite mais c’est juste un détail au milieu de l’étal du marchand d’armes filmé dans toute sa profondeur de gamme et toute sa dimension phallique.

Notez, c’est pas que je hasarde ici une analyse psycho-pipo des trous de balles en chef mais filmer autant d’armes, se rengorger en offrant une telle débauche de grosses mécaniques surpuissantes, bien huilées et malgré tout simples joujoux, vraiment faut être un peu atteint, un peu bloqué au stade full metal quéquette.

Je me permets une petite idée constructive derrière ça : est-ce que ça n’aurait pas été plus malin de montrer un négociant d’armes sans jamais montrer d’armes, en parallèle avec ces fonctionnaires parfaits qui affrêtaient consciencieusement des trains vers des camps de travail ? Ou pour suivre le traitement documentaire de Traffic pour la drogue, prendre le point de vue de la femme ou d'un proche du trafiquant, un point du vue qui ne peut pas rester innocent trop longtemps sans se mentir.
Dans le genre personnage pas clair Nicolas Cage est juste un gars qui a eu la mauvaise vocation (c’est trop bête) mais la femme de ses rêves (super cool), oh mais les armes c’est toujours pas bien alors il faut lui pourrir la vie à la fin tout en expliquant que les vrais pourris c’est pas les petits dealers c’est les Etats marchands d’armes. Ouais ! Vive la conclusion de bon ton, à l’arrache, et tant pis pour la polémique. Heureusement quelque part, sinon le film aurait eu de la pub gratuite.

Et niveau gratuit on a ce qu’il faut avec la violence d’un long métrage qui se complait, désinvolte, dans sa débauche d’accessoires de guerre. Au final, parce qu’il est documenté sur le sujet le film se croit intelligent. Tout ça donnne l’œuvre d’un polard potache : il a potassé son sujet comme une mule, comme une mule il n’a rien digéré alors il recrache tout en faisant du bruit pour faire rire la classe et oublier qu’il a l’air con et qu’en plus il est vraiment très con.


S’empresser de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer


Cette citation de Beaumarchais ne sera pas mise entre toutes les oreilles. Et a fortiori pas dans toutes les cervelles.
Ce qui m’a mis mal à l’aise dans ce film c’est ce mélange bancal d’un ton enlevé (où serait la différence avec Will Smith ou Chris Rock en dictateur sanguinaire du Libéria ?) et d’un fond froidement documentaire (vas-y balance des chiffres en voix-off, personne retiendra que dalle). Est-ce que vous imaginez Pierre Richard ou Bébel en trafiquant d’armes vous ? Nicolas Cage a beau avoir des cheveux maintenant, il traverse le film en clown auguste avec, tsoin-tsoin, son frère en débile léger cocaïnomane pour mettre son nez rouge dans la poudre : ouarf. Soit dit en passant on appelle ça un personnage de « comic relief » dans les scénarios écrits sur des formulaires, et comme vous êtes toujours là je vous donne un tuyau : pour une belle mécanique émotionnelle il suffit, pif-paf, de tuer le personnage du comic relief auquel le spectateur s’est attaché. Ça marche à tous les coups. Sur le papier (d’ailleurs en général c’est un personnage fin comme une feuille de papier).

Comment faire d’un négociant d’armes le personnage principal d’une histoire à ce point ancrée dans la réalité la plus dure ? Pour moi c’est évident que ça voudrait dire faire un film noir, ambigü, pas mettre en scène un mec normal qui en chie à faire du porte-à-porte pour gagner sa croute.
Franchement je suis pas chochotte, j’ai vu Eraserhead sans arrêter la cassette et Irréversible sans presque détourner la tête, mais là les spectateurs qui rient aux grosses blagues placées entre deux deals de kalashs folklos et un ou deux morts parce qu’ils le valent bien, ça suffit à me refroidir complètement.

Je veux bien qu’il y ait des films nuls, des gens qui aiment les films nuls (tous les goûts de chiotte sont dans la nature, on appelle ça la pollution) mais des gens qui s’amusent devant des films nuls et irresponsables, merde.
Devant un film d’horreur on se racroche aux accoudoirs, à son voisin, on se crispe sur quelque chose de tangible pour sentir qu’on n’est pas vraiment dans le film, que tout ça n’est pas réel. C’est tout à fait normal dit mon docteur. Malheureusement il y a aussi le spectateur lâche (ou con, et pourquoi pas les deux) qui se tourne vers son voisin pour faire une blague avant d’avoir trop peur. Ou plus précisément pour rire de la peur de l’autre afin de ne pas montrer la sienne.
Autant je trouve ça juste pénible devant un film d’horreur, autant quand le film a au contraire la prétention d’être réaliste, intelligent je trouve ce genre de réaction déprimant.
Au secours.

lundi 9 janvier 2006

Box-office Pp WE 02

1. LORD OF WAR............................... 127 223 = 39 x 599
2. LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 ... 93 362 = 45 x 363
3. GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK......... 73 242 = 31 x 430
4. KING KONG (2005)................ 47 384 = 47 x 181
5. SAW II ............................ 45 521 = 30 x 278
6. THE CONSTANT GARDENER ..... 44 987 = 36 x 230
7. UNE VIE INACHEVEE .............. 40 950 = 34 x 226
8. ESPRIT DE FAMILLE .............. 33 544 = 31 x 199
9. ANGEL-A ............................ 30 343 = 43 x 130
10. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU .. 29 423 = 35 x 149

(source : ciné-chiffres)

vendredi 6 janvier 2006

Qu'est-ce qu'on en a à secouer des Oscars #2006-1

Profitons-en, c'est l'heure tranquille où les bavards baveux vont boire. Oui, profitons-en mes bien chers frères car n'ont pas commencé les traditionnels gaspillages de salive et de papier sur les 'nominations' (en bon français c'est quand même simple de dire sélection comme pour un festival lambda, non ?) ni leur épidémie de pronostics (très très) finaux sur les heureux vainqueurs qui vont pouvoir (enfin surtout celui de l'Oscar du meilleur film) profiter d'une exploitation prolongée grâce aux quelques copies ajoutées en prévision. C'est bien là le seul véritable enjeu des Oscars et un vrai luxe à notre époque où certains méchants garçons veulent ouvrir les vannes de l'offre numérique domestique (grosse galette DVD quand tu nous sussures des gros chiffres à l'oreille...) en même temps que les sorties salles.

Traditionnellement le buz commence avec la désignation du présentateur de la soirée et cette année, après le fiasco diplomatique de Chris Rock, et l'indisponibilité des valeurs sûres (et consensuelles) comme Billy Crystal et Steve Martin on peut rêver d'avoir quelque chose de moins ronronnant avec Jon Stewart.
Mr. Stewart is expected to bring a hipness to the affair, something the Oscars have been striving to achieve in an environment of declining ratings for awards shows.

As a constant critic of the Bush administration and its decision to go to war in Iraq, Mr. Stewart is also likely to bring a political edge to the telecast. His show, "The Daily Show With Jon Stewart," has become a central stop on the political media circuit for both right- and left-wingers, and has won Emmy and Peabody Awards for its politically barbed, too-close-for-comfort satire.

NY Times - 5 Jan. 06
MàJ: read more on the topic here.

jeudi 5 janvier 2006

A propos de Darwin

Je discutais récemment avec Leloup du Cauchemar de Darwin. Oui, effectivement les images sont choquantes, difficile de regarder ça sans se sentir mal à l'aise dans son petit confort européen. Mais est-ce que, comme pour un film d'horreur, ce ne serait pas ça le but, de se faire un peu peur, de se laisser culpabiliser pour se dire que, quelque part, quand on se goinfre on se goinfre mais avec la conscience de la misère du monde ? Respect !

A l'époque j'avais été pas mal déçu par ce docu après toutes les louanges que j'avais entendues après sa sortie. Le docu est lent ok, c'est pas du clipping façon Michael Moore, mais surtout il n'y a aucune progression, juste une juxtaposition... cette même juxtaposition qui remplace le discours élaboré dans les moins bons Michael Moore (genre Farenheit 9/11). Au lieu de faire une vraie enquête sur les conserveries de poisson et éventuellement sur le trafic d'armes Hubert Sauper se contente de tourner en rond.
Forcément il finit par trouver des images fortes (un docu en DV on peut se permettre d'avoir de laisser tourner pour avoir des milliers d'heures de rushes) mais est-ce qu'il ne se complait pas là-dedans ?

J'ai vu une critique du film il y a qq mois (à l'occasion d'une réponse (*) où des pêcheurs du lac s'expriment sur le docu, directement, sans qu'on leur vole des moments de vie pour faire un collage sentimentaliste) et en substance ça disait "c'est bien joli de filmer la misère en Afrique mais ça ne fait rien avancer. Au contraire qd les bobos boycottent la perche du Nil c'est toute l'économie locale qui en souffre, et en premier les plus démunis." Le mec ajoutait que la manière dont l'introduction de la perche du Nil est traitée (titre du docu : un gros arrive et bouffe les petits) est super malhonnête : au lieu de faire un vraie enquête le gars se contente du cliché vendeur avec l'étiquette attrape-bobos sur Darwin. En fait tout n'est pas aussi simple et au bout ce docu pseudo minimaliste est encore plus racoleur qu'un Michael Moore petit Millésime puisqu'il prétend à la simplicité objective.

Finalement c'est le même argument que la télé-réalité : on ne fait rien de mal on filme la réalité telle que les gens la vivent (et veulent la voir...).


(*) Réponse de la Communauté de Katosi au film le Cauchemar de Darwin, DivX téléchargeable ici (réseau ed2k - eDonkey2000).

lundi 2 janvier 2006

Box-office Pp WE 01

1. LE MONDE DE NARNIA .................. 180 460 = 45 x 802
2. KING KONG (2005) ........................ 97 929 = 51 x 384
3. SAW II ...................................... 77 875 = 31 x 502
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU .. 69 592 = 49 x 284
5. THE CONSTANT GARDENER ........ 63 049 = 35 x 360
6. ESPRIT DE FAMILLE .............. 58 181 = 31x 375
7. ANGEL-A ......................... 51 538 = 43 x 240
8. CHICKEN LITTLE .............. 44 730 = 36 x 249
9. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES .. 36 739 = 40 x 184
10 PALAIS ROYAL ! ................... 30 366 = 30 x 202

(source : ciné-chiffres)

dimanche 1 janvier 2006

Bonne année mon cul

Et qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise...
Dieu merci, cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de « Bonjour à tous », j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

En écoute audio ici sur Desproges.fr.

samedi 31 décembre 2005

Bonne année 2006 à tous !

Et tout ce que je vous souhaite c'est de meilleurs films que cette cuvée 2005 qui n'aura pas de peine à être oubliée.

Petite idée de DVD à s'offrir pour bien démarrer l'année : le coffret Charley Chase édité par Lobster films : une douzaine de "two-reelers" (courts de 20 min) hilarants mis en scène par Leo McCarey. Mighty like a Moose sur le DVD2 est un chef d'oeuvre du genre.

Et puis comme il ne faut surtout pas laisser la médiocrité s'installer à l'heure où la dématérialisation numérique promet de tout chambouler (pour le meilleur et malheureusement surtout pour le pire parce que le DVD a aiguisé l'appétit des plus voraces) le point de vue de Budd Schulberg, toujours aussi vert à 90 ans passés :
In the old days, if you loved your picture, you fought for it. But now the mogul is Mr Bottom Line. The corporate wisdom is cut your losses. So Ali disappears. The second week you literally can’t find it. Same thing happened to Cinderella Man. And The Legend of Zorro, with Catherine Zeta-Jones and Antonio Banderas. Big names. Cost a bundle. Bomb.

Here’s how the great minds of Corporate Hollywood think: the Ben Affleck-Jennifer Lopez romance is hot hot hot. Let’s cash in on all the gossip. So they make Gigli, a movie so bad and empty it’s literally unwatchable. And these two young people aren’t bad actors. But they need a real story to tell, real characters to play. They need good writing. Which Gigli don’t got. Another bomb.

Or Shanghai Sunrise. How could they miss in a movie starring the just-married Madonna and Sean Penn with all that free and lubricious publicity about their steamy relationship? Again, another floppola because all the energy was put into the selling and not into the storytelling.

Almost without fail, the only serious films come from Europe, where they are still making them the old way, or from dedicated, truly independent film-makers such as Jim Jarmusch or Gus Van Sant. And I see the Weinstein brothers, Harvey and Bob, as a welcome throwback to the days of the moguls who cared about the movies and every so often were willing to take chances.

The Times Online - 15 Déc. 2005 (via Leloup)

mardi 27 décembre 2005

Professeur Cumulonimbus

Dans la série des clichés les plus lourdement répandus sur le grand écran figurent en bonne place :
  • la voiture qui explose au moindre accrochage (cliché qui peut s'avérer dangereux dans la réalité puisqu'il est déjà arrivé que des gens se pressent de sortir de leur voiture pour se retrouver sur/sous le capot d'une autre voiture)
  • le savant fou, limite psychopathe et en tout cas seul car pas franchement sociable
  • les rayons lasers visibles et bruyants

Dans la catégorie intransigeant jusqu'au bout de la calculette malgré la louable intention de défendre la science et ses ouvriers dévoués mais aussi d'informer et divertir les masses le site INSULTINGLY STUPID MOVIE PHYSICS nous propose un regard affuté sur ces libertés que prend le cinéma, un peu trop systématiquement, pour nous amuser/nous abrutir (c'est pas l'intention qui compte à ce niveau mais bien le résultat final).

via Celtx.com

lundi 26 décembre 2005

Box-office Pp WE 52

1. LE MONDE DE NARNIA ............. 194 552 = 44 x 884
2. KING KONG (2005) ................. 104 065 = 55 x 378
3. ANGEL-A ............................. 74 259 = 43 x 345
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ... 72 548 = 51 x 285
5. CHICKEN LITTLE ...................... 45 650 = 38 x 240
6. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES .. 35 603 = 41 x 174
7. PALAIS ROYAL ! ................... 23 928 = 33 x 145
8. LA VERITE NUE .................... 22 785 = 23 x 198
9. LE TIGRE ET LA NEIGE ............ 20 134 = 31 x 130
10 L'EXORCISME D'EMILY ROSE ...... 12 261 = 19 x 129
11 LE CACTUS ......................... 11 731 = 28 x 84
12 OLE ! ................................. 9 526 = 25 x 76

(source : ciné-chiffres)

mardi 13 décembre 2005

Besson est-il un con ?

Vous répondrez à cette question en gardant la tête froide comme si vous aussi vous aviez la force de frappe, en termes de communication, d'un Groluc ou d'un NaboNicoSarko. Exemple de réponse : "De deux choses l'une, ou Besson est un con et il est alors difficile de comprendre l'ampleur de ses succès, ou Besson n'est pas un con mais alors ce n'est pas la moitié d'un connard cynique."
Vous pourrez notamment vous poser les questions suivantes, sans pour autant vous y limiter :
Luc Besson a-t-il
1- Beaucoup d'humour ?
2- Un conscience de citoyen de qualité supérieure ?
3- Du bo du bon cynisme avec un joli plan média ?
"Racaille", "pedigree", je n'ai rien entendu d'aussi violent depuis Le Pen et sa haine de la différence [...]
A la fin de Banlieue 13, on voit un ministre de l'Intérieur qui déclare "Y en a marre de cette racaille qui coûte une fortune à l'Etat". A tel point que je me demande si "Karcher 1er" n'a pas piqué les dialogues à Banlieue 13 [...]
Et puisque l'on parle de la drogue, la vraie, la dure, ce n'est pas dans le 93 qu'on la consomme le plus mais à Neuilly. Ce n'est donc pas le Karcher que (le ministre de l'Intérieur Nicolas) Sarkozy devrait passer chez lui mais l'aspirateur !
(Besson dans une interview promo pour Angel A à paraitre demain dans le cahier de publi-rédactionnels répondant au nom de Première)
Dans la série la communication lave les cerveaux plus blancs on ne peut guère faire mieux que cette finale des poids lourds option mégalo. Besson a acheté je ne sais combien de pages dans Première depuis quelques années et notamment ces derniers temps pour monter en épingle "Angel A" qui a déjà l'air de ne ressembler à rien. A défaut de faire des entrées au-delà de la première semaine bourrage de crane marketing son film peut racoler sans vergogne les fans de Jamel, pour rester dans la logique de ces gros-gras films Europacrap qui font du racolage démago auprès des jeunes.

Mon électorat
      = (moutons qui bèlent pour moi) + (moutons indécis)
      = (moutons qui bèlent pour moi) x (1 + communication)²

D'un autre côté j'avoue que Sarko mérite bien qu'on lui en remette une couche sur le terme de "racaille" parce qu'il se donne les moyens (toujours en termes de communication, faut arrêter de se laisser bluffer) de nous mettre de son côté, de nous faire oublier qu'il est avant tout un petit excité opportuniste. Et ça c'est quand même plus dangereux à court terme que les sorties de Groluc.

Message personnel : le propriétaire du véhicule "Taxi contre Sarkozilla" est prié, s'il veut arrêter de prendre les gens pour des cons et qu'il pense avoir des trucs intelligents à dire, de les faire publier dans les pages Horizon-débats du Monde, le journal de ceux qui confondent infos et suppos.

lundi 12 décembre 2005

Box-office Pp WE 50

1. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ..... 227 994 = 54 x 844
2. CHICKEN LITTLE ............................... 97 492 = 39 x 500
3. OLE ! ............................................ 59 501 = 44 x 270
4. PALAIS ROYAL ! ................................ 52 993 = 46 x 230
5. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES ........... 52 128 = 39 x 267
6. L'EXORCISME D'EMILY ROSE .................. 49 354 = 29 x 340
7. TROIS ENTERREMENTS ....................... 31 197 = 37 x 169
8. LE TEMPS QUI RESTE ......................... 19 551 = 24 x 163
9. ET SI C'ETAIT VRAI... ........................ 18 010 = 25 x 144
10 MATCH POINT ................................ 11 330 = 15 x 151
(source : ciné-chiffres)

lundi 5 décembre 2005

Box-office Pp WE 49

1. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ...... 449 675 = 54 x 1 665
2. PALAIS ROYAL ! ................................. 98 586 = 46 x 429
3. TROIS ENTERREMENTS ......................... 44 637 = 41 x 218
4. ET SI C'ETAIT VRAI... ........................... 38 426 = 38 x 202
5. LE TEMPS QUI RESTE ........................... 34 519 = 26 x 266
(source : ciné-chiffres)

dimanche 4 décembre 2005

Ciné-o-logismes : Financements

Attention : ce topo n’est pas un topo exhaustif et veut juste survoler quelques points sur le financement pour des projets qui dépassent le petit court tourné entre amis sur un W-E.

Prenons quelqu’un qui veut faire un film, qu’il soit vraiment passionné ou simplement attiré par le côté paillettes (c’est essentiel de distinguer les deux parce qu’il y en a un qui veut simplement travailler avec des professionnels alors que l’autre veut surtout faire travailler des gens pour lui).
La première idée qui va nous venir c’est de chercher de l’argent dans sa propre poche. C’est une mauvaise idée pour plusieurs raisons : d’abord il faut savoir tracer un ligne entre son investissement purement « créatif » et son investissement financier. D’un côté on veut et on peut aller au bout de ses idées, de l’autre on a des chiffres avec lesquels on n’a pas le droit de jouer. La vérité première restant qu’on ne fera jamais tout tout seul il ne faut donc pas engager ses propres économies au-delà d’un investissement clairement limité dès le départ, en tout état de cause moins de 50% du budget total quoi qu’il arrive.
Bilan : en pratique et en moyenne les apports des producteurs plafonnent à 33%.

Concept fondammental donc c’est l’argent des autres, other people’s money. C’est une dure épreuve, un métier même dans lequel certains se sont spécialisés, mais c’est surtout une épreuve qui fait qu’on ne peut pas avancer sans avoir monté un dossier béton. Evidemment il y aura toujours une grand-mère qui vous prêtera de l’argent pour vos beaux yeux mais a priori votre métier c’est cinéaste ou producteur, pas gigolo.
Le banquier : trop cher, ne pas oublier que son métier n’est pas de prêter de l’argent mais d’en gagner. Le risque c’est pour vous à 100%. Si on prend des projets de long on a ce qu’on appelle des SOFICA qui permettent de boucler un plan de financement. Pour le client de la banque il s’agit d’un produit défiscalisé, pour la société de production il s’agit d’un partenaire gourmand (qui se paie en premier sur toutes les recettes et avec toutes les garanties possibles) mais souvent d’un mal nécessaire. On rejoint par là le cas du cinéaste qui voudrait s’autofinancer en faisant chauffer sa carte de crédit (genre rebelle de la société de consommation) : ya toujours des caractériels mais c’est jamais avec eux que les plus professionnels veulent bosser.
Bilan : 5 à 10% des financements en moyenne.

PARLONS UN PEU DU CNC…

Voyons un peu les sources de financement spécifiques au cinéma et encore plus spécifique à notre belle exception culturelle/ A moitié drôle ce gros raccourci américain sur le système d’aide au cinéma en France :
In France the film industry is subsidized by a hefty box-office tax on American films, the proceeds of which are distributed by Canal+ to French filmmakers.

En fait la fameuse taxe TSA d’environ 11% prélevée sur chaque entrée alimente un compte de soutien automatique pour lequel les boites de prod françaises bénéficient de droits de tirage en fonction de leur propre contribution (les entrées réalisées sur les dernières années). C’est la partie aide automatique qui est là pour soutenir les nobles maisons bien installées qui font tourner le cinéma français. Ceci est complété par une aide sélective,en théorie plus ouverte aux autres boites de prod mais en fait une porte aussi étroite puisque c’est au sein de petits comités réunis au CNC que se décide ce qui mérite un soutient au nom de l’art plein axe ou de l’essai en coin. Pour ne pas m’étaler j’évoquerais juste au passage les effets pervers du soutien mécanisé pour les premiers films (premier collège) qui fait du système d’aide un joujou pour initiés au lieu de simplifier les démarches pour tout le monde.
Bilan : 15% (moyenne qui ne veut rien dire mais le CNC mériterait un gros dossier en 3 exemplaires à lui tout seul).

Pour ce qui est de Canal+ la chaîne du cinéma (et du sport et du chwal et du premier samedi du mois : tous en selle) contribue beaucoup mais a tendance cesdernières années à préférer quelques gros projets porteurs à un gros portefeuille de films d’envergure différente. Sur ce chapitre on touche en fait directement à la question des préachats TV : une chaîne va avancer de l’argent, pas par vocation mais pour avoir du contenu à diffuser voire à revendre (cf. contrats de distribution DVD). Sur quelques gros projets la chaîne peut aussi être co-productrice.
Bilan : 30%

Pour le reste il faut espérer un petit à-valoir distributeur ou se démener pour trouver des apports étrangers sans faire sourciller le CNC…


RECREATION

Jusqu’à il y a peu les américains se gavaient avec le système de soutien allemand en utilisant l’artifice légal du Sale and Leaseback, un genre de créativité diabolique des avocats d’affaire US qui a certainement beaucoup joué dans l’affaire de l’agrément CNC pour le dernier film de Jeunet.
Pour résumer le mécanisme : un studio US vend son projet de grosse production (Sale) à un partenaire allemand (qui peut donc bénéficier des mesures de défiscalisation locales) avec une clause de rachat après restitution du copyright (en crédit-bail = leasing d’où le Leaseback) et surtout à échéance des avantages fiscaux. Au final faire un film en passant par la Lorraine… enfin un peu plus loin, constituait un placement sûr pour les studios US qui s’assuraient un taux de 8 à 10% (décôte au rachat à la coquille vide allemande) sans avoir à se préoccuper des recettes générées par le film.

Lire les chroniques d'Ed Epstein, Hollywood Economist sur le sujet ici et .

Comme je dis souvent : si la créativité en matière de montages financiers trouvait son équivalent sur les projets de films proprement dits on pourrait peut-être tous en profiter...