Mon sous-titrage du cinema, qu'il s'agisse de films, de pépètes ou simplement de personnes.
Ce blog a obtenu son visa Tout Public, il s'adresse à tous ceux qui vont au cinéma et/ou qui aiment les films.
lundi 10 avril 2006
Box-office Pp WE 15
1. L'AGE DE GLACE 2 ...... 325 422 = 50 x 1302
2. JEAN-PHILIPPE .......... 99 428 = 49 x 406
3. LA DOUBLURE ............ 91 237 = 52 x 351
4. ENFERMES DEHORS ........ 57 925 = 35 x 331
5. 16 BLOCS ............... 39 228 = 32 x 245
6. FIREWALL ............... 27 535 = 31 x 178
7. BASIC INSTINCT 2 ....... 24 047 = 45 x 107
8. DESTINATION FINALE 3 ... 19 769 = 27 x 146
9. BIG MAMMA 2 ............ 17 990 = 24 x 150
10 ROMANZO CRIMINALE ...... 17 491 = 27 x 130
(source : ciné-chiffres)
dimanche 9 avril 2006
Cine-o-logismes : Huey, Dewey and Louie
L'anecdote racontée par William Goldman ne vaut pas tant pour sa définition du dialogue saupoudré sur plusieurs personnages que pour celle du drame humain qui se joue derrière. Soit dit en passant le bouquin où j'ai trouvé cette anecdote n'est que très marginalement intéressant, l'auteur ayant surtout besoin de se parler à lui-même l'année de son divorce après 27 ans de marriage et accessoirement (c'est le pitch de Hype and Glory) année où il s'est retrouvé à la fois juré à Cannes puis à Atlantic City pour Miss America...
One of the unhappiest men I ever met Out There was a very nice fellow who, for his sins, was directing segments of Charlie's Angels. There was, as all of us who like to dish are well aware, a remarkable amount of tension on the set. One of the trio of yummies was always called, by the crew and when she was out of earshot, Hate Jackson.
I'm having dinner with the director and some friends of his, and he had once wanted to do theater. Had done theater. Off-Broadway, etc. But mouths to feed are not without import, so Here he was, Suffering. His friends would ask him zapping questions, just to get him started. Like, "Well, was it Chekhovian today?" "I'm writing a paper on Symbolism in Female Detective Agencies, can I interview you?" And he would say, "You're not funny. That is not a funny question. Not to me. Not anymore."
Anyway let's say this was a line of dialogue for a Charlie's Angels episode:ANGELWell, no go. It would end up like this:
I think it's about time for us to split up, go downtown, see what we can see.FARRAH
I think it's about time for us to split up--
KATE
--go downtown--
JACLYN
--see what we can see.
vendredi 7 avril 2006
Bring the cattle in and ship them out
Nora Ephron offre un petit aperçu saisissant de ce que la logique de multiplexe, poussée à bout (logique de rentabilité financière) peut donner. Aller au cinéma devrait être une expérience valorisée, malheureusement il ne s'agit pour beaucoup que de remplir le plus de fauteuils en faisant payer le plus cher et en dépensant le moins possible.
Avec ça comment ne pas comprendre que les gens préfèrent attendre que les films arrivent chez eux ? Pour beaucoup aller au ciné est une sortie qui coûte cher : suffit de penser quel prix un spectateur occasionnel doit payer s'il lui prend l'envie, en passant devant une salle, de se faire une toile.
Avec ça comment ne pas comprendre que les gens préfèrent attendre que les films arrivent chez eux ? Pour beaucoup aller au ciné est une sortie qui coûte cher : suffit de penser quel prix un spectateur occasionnel doit payer s'il lui prend l'envie, en passant devant une salle, de se faire une toile.
We passed the shuttered refreshment counter, went into the theater and sat down. The ads were already playing. There were quite a few of them, including a diet cola ad involving trucks and motorcycles that was so in love with itself that it actually recommended going to a special Web site that explained how the ad had been made.
Then, suddenly, the sound turned off and the screen went completely dark. Several minutes passed. The theater was three-quarters full, but no one moved. In some strange and inexplicable way, I felt responsible. I stood up and went two flights upstairs. A ticket taker had materialized and was now taking tickets. I told her that the system in Theater 7 had shut down. She looked at me blankly. I asked her if she would tell someone about it. She said she would and went on taking tickets. I stood there waiting. After a couple of minutes, when the customers had all passed through, she yelled out, "Projection, is there something wrong in Theater 7?" I went back downstairs.
The Last Picture Show - NYT Apr. 7th
lundi 3 avril 2006
Box-office Pp WE 14
1. LA DOUBLURE .............. 206 804 = 795 x 52
2. BASIC INSTINCT 2 .......... 64 111 = 262 x 49
3. DESTINATION FINALE 3 ...... 41 658 = 260 x 32
4. BIG MAMMA 2 ............... 38 775 = 298 x 26
5. ROMANZO CRIMINALE ......... 31 391 = 170 x 37
6. LA PLANETE BLANCHE ........ 24 744 = 121 x 41
7. TRUMAN CAPOTE ............. 17 749 = 169 x 21
8. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ..... 15 431 = 154 x 20
9. RENAISSANCE ............... 13 730 = 137 x 20
10 ESSAYE-MOI ................ 11 652 = 80 x 29
11 SEPARATE LIES ............. 11 549 = 462 x 5
12 DU JOUR AU LENDEMAIN ...... 10 382 = 74 x 28
(source : ciné-chiffres)
mercredi 29 mars 2006
Richard Fleischer (1916-2006)
Libé trouve moyen de revenir sur sa carrière sans citer The New Centurions (1972) ou Soylent Green (1973)... Ah ils sont forts ces journaleux qui veulent se la péter avec des anecdotes culture-confiture et des conceptions arrêtées (thème pipo du jour le confinement dans l'oeuvre de Richard F.).
L'Enigme du Chicago Express (The Narrow Margin - 1952) est un policier B bien ficelé mais rien de d'extraordinaire non plus, ça reste une grosse série B qui a l'avantage de filer droit et au plus court en 1h10.
Le titre de ses mémoires, où il s'attache surtout à raconter des anecdotes sur les "greats, near-greats and ingrates of Hollywood" puisqu'il (et son éditeur surement) n'imaginait pas que sa vie à lui intéresse grand monde, "Just Tell Me When to Cry" est une allusion au fait qu'il pensait que sa formation en psychologie lui était très utile pour diriger les acteurs. Faut dire qu'il avait bifurqué vers la mise en scène en plein boom de l'Actor's Studio, époque où la psychologie était le sujet à la mode dans les milieux intellectuels américains. "Just Tell Me When to Cry" reflète toute la modestie de ce réalisateur qui n'a jamais cherché à se prendre pour autre chose qu'un technicien consciencieux et qui a vécu en bon père de famille à l'écart des excès hollywoodiens : "Just Tell Me When to Cry" c'est la réponse que, jeune réalisateur, il a reçu de Sylvia Sydney alors qu'il lui expliquait en détail l'état psychologique de son personnage.
L'Enigme du Chicago Express (The Narrow Margin - 1952) est un policier B bien ficelé mais rien de d'extraordinaire non plus, ça reste une grosse série B qui a l'avantage de filer droit et au plus court en 1h10.
Le titre de ses mémoires, où il s'attache surtout à raconter des anecdotes sur les "greats, near-greats and ingrates of Hollywood" puisqu'il (et son éditeur surement) n'imaginait pas que sa vie à lui intéresse grand monde, "Just Tell Me When to Cry" est une allusion au fait qu'il pensait que sa formation en psychologie lui était très utile pour diriger les acteurs. Faut dire qu'il avait bifurqué vers la mise en scène en plein boom de l'Actor's Studio, époque où la psychologie était le sujet à la mode dans les milieux intellectuels américains. "Just Tell Me When to Cry" reflète toute la modestie de ce réalisateur qui n'a jamais cherché à se prendre pour autre chose qu'un technicien consciencieux et qui a vécu en bon père de famille à l'écart des excès hollywoodiens : "Just Tell Me When to Cry" c'est la réponse que, jeune réalisateur, il a reçu de Sylvia Sydney alors qu'il lui expliquait en détail l'état psychologique de son personnage.
mardi 28 mars 2006
Retour de baton - The Big Stick Strikes Back
Mais après tout les américains l'ont bien cherché si aujourd'hui ils apparaissent comme les méchants par excellence dans les pays arabes.
"No Problem, We're Getting Screwed," a black comedy, told the tale of an Egyptian who sends his son to Iraq to deliver mangoes and then must travel there to get him out of an American jail. Along the way, the father tumbles into the hole where Saddam Hussein was hiding, gets caught in insurgent crossfire, is arrested by the Americans and is taken to President Bush. Bush forces him to wear a beard and confess to bombing the American Embassy. Somehow, the Egyptian escapes, outwits his captors, sells his mangoes and gets his son back home.Et puis dans les années d'après guerre, malgré son statut de libérateur du monde libre, le gangster bien sapé et violent (prototype : George Raft) a été la caricature de l'américain dans pas mal de films français jusqu'à ce que la propagande des films US vienne majoritairement nous nettoyer nos cerveaux pas politiquement corrects.
> lire l'article de Daniel Williams dans le Washington Post (19 mars)
Oui, finalement c'est un juste retour de baton puisqu'avec la puissance de feu écrasante de leur distribution les films américains sont les seuls à pouvoir imposer la caricature del'autre et mettre en scène des beaux 'role models', des héros emblématiques des idéaux américains : honnêteté et ambition (le tout couvrant les limites de son propre territoire... qui peut s'étendre partout où il y a du billet vert à prendre), mais malheureusement rarement ambigü.
Si on peut se défouler sur les américains, en les caricaturant comme des obèses envahissants et caractériels, c'est salutaire et c'est largement mieux que l'adaptation télé, honteusement, mortellement sérieuse, des Protocoles de Sages de Sion (Le Cavalier sans monture).
"Speak softly and carry a big stick." Theodore Roosevelt
lundi 27 mars 2006
Box-office Pp WE 13
1. DESTINATION FINALE 3 ........... 91 343 33 554
2. BIG MAMMA 2 .................... 73 229 26 563
3. ROMANZO CRIMINALE .............. 54 109 37 292
4. LA PLANETE BLANCHE ............. 49 311 41 241
5. ESSAYE-MOI ..................... 30 594 37 165
6. TRUMAN CAPOTE .................. 28 786 23 250
7. DU JOUR AU LENDEMAIN ........... 28 618 36 159
8. FAUTEUILS D'ORCHESTRE .......... 25 097 23 218
9. RENAISSANCE .................... 23 338 20 233
10. DERAPAGE ...................... 17 652 21 168
(source : ciné-chiffres)
dimanche 26 mars 2006
Also Sprach Fritz -- Individualité
Les thèmes profonds d'une histoire sont internationaux, mais la manière dont vous traitez ces thèmes est dépendante du style du pays. Je crois que le thème central de mon oeuvre est la lutte que mène un individu contre ce que les Grecs et les Romains appelaient le Destin, et qui prend ici la forme d'une puissance réelle : dictature, loi ou syndicat du crime. Il s'agit de la volonté de sauvegarder l'individualité et il est important de lutter pour y parvenir.
jeudi 23 mars 2006
Don Siegel et les "profanateurs de sépulture"
Parmi les mythes qui ont la vie dure Invasion of the Body Snatchers (1956) (titre brillament traduit : L'invasion des profanateurs de sépultures par le brillant distributeur français et con) s'est aussi avéré, au fil des ans, très utile à cette race venue du tréfonds de l'espace à laquelle appartient le cinéphile bavasseur. Sous prétexte que le film date de l'époque entre McCarthyisme et Spoutnik certains aiment bien y voir, au choix, une critique du communisme (ça c'est nouveau pour moi, je le découvre dans l'article du jour) ou une critique du McCarthyisme (ça m'a toujours fait marrer : un gars trouvait révélateur le fait que l'acteur principal s'appelle McCarthy). Passe encore pour les paléo-cinéphiles qui se prennent au sérieux en délirant sur des analyses thématiques tordues mais n'importe quel journaliste professionnel est censé avoir trouvé dans la bio de Don Siegel cette explication qui coupe court aux fumisteries :
Danny [Mainwaring, le scénariste] and I knew that many of our associates, acquaintances and family were already pods [les clones privés d'émotions, et donc de soucis, qui remplacent peu à peu les hommes dans le film]. How many of them wake up in the morning, ate breakfast (but never read the newspaper), went to work, returned home to eat again and went to sleep?
Don Siegel A Siegel Film (p. 178)
mardi 21 mars 2006
Sidney Lumet, 81 and going
Article très sympa sur Sydney Lumet, le genre de bon article bien équilibré, qui touche à la personnalité du sujet juste ce qu'il faut pour dépeindre son travail, et surtout sans la prétention d'avoir fait le tour du personnage, psychanalysé son existence sociale. En France je ne vois guère ça que dans les pages Portrait de Libé.
Not all of his features are set in New York but, by far, the most successful are.
"I've never analyzed it. I would guess if you grow up poor in this city you get a sense of drama on every block. When I was a kid -- I grew up on two Jewish blocks of the East Side -- you were in trouble if you left those two blocks because in one direction you were in an Irish neighborhood and two blocks in the other and you were in an Italian one. You had a sense that conflict exists everywhere. You're into a world that's physical, that's violent," says Lumet. [...]
But of course, not all of his films have been set in New York, sometimes with lesser results. "I won't knowingly make a bad picture," Lumet says, "but you can talk yourself into anything. One picture I did because there was a house I just wanted to buy so badly and the fee exactly covered the down payment. I won't tell you which one, but it's my 'mortgage picture.' "
Hmmm, was it the 1970s films "Equus" and "Last of the Mobile Hot Shots" or 1966's "The Group"? Or possibly -- this is so un-Sidney Lumet -- 1974's "Murder on the Orient Express"?
"I had [botched] up two pictures because I did not have a sense of comedy. I won't name them. I didn't get the souffle of comedy. I couldn't ever get it light enough." (Not a strange admission from the maker of "The Pawnbroker," one of the heaviest movies ever made, and one of the first to deal with the Holocaust.) "When 'Murder' came along, I thought, I'm going to learn it now or go down in flames. I can promise you 'Network' would not have been so good if I had not done 'Murder.' That spirit of levity is something I had to teach myself, painfully."
Stephen Hunter - Washington Post Mar. 16th
lundi 20 mars 2006
Box-office Pp WE 12
1. DU JOUR AU LENDEMAIN ........ 55 248 = 37 x 299
2. ESSAYE-MOI .................. 50 618 = 37 x 274
3. TRUMAN CAPOTE ............... 39 794 = 23 x 346
4. RENAISSANCE ................. 39 135 = 19 x 412
5. LA PANTHERE ROSE ............ 35 686 = 32 x 223
6. UNDERWORLD 2 EVOLUTION ...... 33 935 = 28 x 242
7. MEMOIRES D'UNE GEISHA ....... 32 680 = 33 x 198
8. WU JI ....................... 32 597 = 33 x 198
9. DERAPAGE .................... 31 723 = 27 x 235
10. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ...... 31 091 = 28 x 222
(source : ciné-chiffres)
lundi 13 mars 2006
Box-office Pp WE 11
1. UNDERWORLD 2 ............ 57 491 = 29 x 396
2. TRUMAN CAPOTE ........... 53 272 = 21 x 507
3. LA PANTHERE ROSE ........ 49 567 = 32 x 310
4. MEMOIRES D'UNE GEISHA ... 45 312 = 41 x 221
5. DERAPAGE ................ 43 213 = 32 x 270
6. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ... 39 532 = 37 x 214
7. L'IVRESSE DU POUVOIR .... 29 583 = 34 x 174
8. LE TEMPS DES PORTE-PLUMES 29 535 = 34 x 174
9. SYRIANA ................. 28 231 = 30 x 188
10. TOI & MOI .............. 22 930 = 24 x 191
(source : ciné-chiffres)
dimanche 12 mars 2006
Also Sprach Fritz -- Piédestal
Il faut à l'homme, pris en tant que concept, une grandeur surhumaine dans la mesure de ses sensations et de ses actions, même s'il devient tout petit et minable. Il lui faut le piédestal de la stylisation, autant qu'il le fallait aux siècles passés. On ne pose pas les monuments sur la chaussée au niveau du sol. Pour les rendre imposants, on les élève au-dessus des têtes des passants.
mercredi 8 mars 2006
Gordon Parks (1912 - 2006)
He developed a large following as a photographer for Life for more than 20 years, and by the time he was 50 he ranked among the most influential image makers of the postwar years. In the 1960's he began to write memoirs, novels, poems and screenplays, which led him to directing films. In addition to "The Learning Tree," he directed the popular action films "Shaft" and "Shaft's Big Score!" In 1970 he helped found Essence magazine and was its editorial director from 1970 to 1973.
An iconoclast, Mr. Parks fashioned a career that resisted categorization. No matter what medium he chose for his self-expression, he sought to challenge stereotypes while still communicating to a large audience. In finding early acclaim as a photographer despite a lack of professional training, he became convinced that he could accomplish whatever he set his mind to. To an astonishing extent, he proved himself right.
Gordon Parks developed his ability to overcome barriers in childhood, facing poverty, prejudice and the death of his mother when he was a teen-ager. Living by his wits during what would have been his high-school years, he came close to being claimed by urban poverty and crime. But his nascent talent, both musical and visual, was his exit visa.
Nécro de Andy Grundberg pour le NYT .:. Slideshow
lundi 6 mars 2006
Box-office Pp WE 10
1. MEMOIRES D'UNE GEISHA ........ 70 700 = 41 x 345
2. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ........ 58 934 = 43 x 274
3. L'IVRESSE DU POUVOIR ......... 58 626 = 35 x 335
4. SYRIANA ...................... 52 342 = 40 x 262
5. REUSSIR OU MOURIR ............ 43 435 = 31 x 280
6. HOSTEL ....................... 41 076 = 25 x 329
7. BRAQUEURS AMATEURS ........... 39 565 = 31 x 255
8. LES BRONZES 3 ................ 34 611 = 38 x 182
9. PETITES CONFIDENCES (A MA PSY) 34 194 = 31 x 221
10. HELL ........................ 32 220 = 23 x 280
(source : ciné-chiffres)
samedi 4 mars 2006
Qu'est-ce qu'on en a à secouer des Oscars #2006-3
Derniers pronostics (toujours aussi vains) avant le grand soir où les stars se croient obligées de venir s'emmerder pendant plus de 3 heures avant d'attérir dans une bonne soirée privée.
"Crash," despite critical indifference, remains a resonant contender many months after its release. The Bagger senses that what seemed to be a runaway year for "Brokeback" may end up to be more complicated when the Oscar credits — finally — roll.
Some categories are fairly straightforward. "Brokeback" is a lock for adapted screenplay, while "Crash" will just as surely get original screenplay. Major movies that missed out in the major categories will come up large in technical competition, with "Memoirs of a Geisha" probably winning costume and art direction, and "King Kong" winning sound editing and visual effects. "The Chronicles of Narnia" will win a token Oscar in makeup. "Wallace and Gromit" is a safe but not sure bet for animated feature, cinematography will go either to "Brokeback" or "Geisha," with "Brokeback" favored by a nose.
NYT - The Red Carpet
jeudi 2 mars 2006
Ciné-o-logismes : spitballing
Voilà un mot qui ne parlera pas beaucoup aux scénaristes francophones et allergiques aux termes anglais. Pourtant il s'agit d'un élément de base du travail de scénariste, la partie la moins difficile, la plus enrichissante parce que la plus socialisante. Contrairement au brainstorming (traduisez par 'remue-méninges' si vous êtes adepte de la secte Toubon ou 'beau provincial') il ne s'agit pas d'une foire où n'importe qui (et notamment les plus bornés) balancent leurs idées (ou ce qu'ils croient être des idées) à la figure des autres pour les leur imposer.
Le spitballing part d'une démarche constructive où l'on va creuser un idée de film, un aspect du scénario etc. pour déboucher sur d'autres idées qui vont ouvrir de nouvelles perspectives ou apporter une solution précise à un problème narratif. Comme son nom l'indique il faut que la salive coule et fasse boule de neige plutôt qu'elle ne se perde en postillons dans le décor.
Le principe de base du spitballing : aucune idée n'est mauvaise en soi, les idées les plus farfelues sont les plus fertiles à condition de pousser leur logique (ou leur manque de logique), dans ses derniers retranchements. Lancer une idée de spitballing c'est simple, il suffit de commencer sa phrase par "Et si..."
On se marrait bien avec Leloup il y a quelques mois en apprenant le sujet du dernier film d'Ang Lee. Brokeback Mountain. Le concept même à faire rêver tout ciné-marketeur avide de super différenciation et de provocation mesurée des codes traditionnels. "Et si on faisait un film de cow-boys homos ?"
L'idée devait être bonne vu ce que le film a fait couler comme salive et comme encre avec un investissement minimal au point qu'aujourd'hui on se retrouve avec bandes annonces pour des films tels que Brokeback to the Future ou The Empire Breaks Back.
Le spitballing part d'une démarche constructive où l'on va creuser un idée de film, un aspect du scénario etc. pour déboucher sur d'autres idées qui vont ouvrir de nouvelles perspectives ou apporter une solution précise à un problème narratif. Comme son nom l'indique il faut que la salive coule et fasse boule de neige plutôt qu'elle ne se perde en postillons dans le décor.
Le principe de base du spitballing : aucune idée n'est mauvaise en soi, les idées les plus farfelues sont les plus fertiles à condition de pousser leur logique (ou leur manque de logique), dans ses derniers retranchements. Lancer une idée de spitballing c'est simple, il suffit de commencer sa phrase par "Et si..."
On se marrait bien avec Leloup il y a quelques mois en apprenant le sujet du dernier film d'Ang Lee. Brokeback Mountain. Le concept même à faire rêver tout ciné-marketeur avide de super différenciation et de provocation mesurée des codes traditionnels. "Et si on faisait un film de cow-boys homos ?"
L'idée devait être bonne vu ce que le film a fait couler comme salive et comme encre avec un investissement minimal au point qu'aujourd'hui on se retrouve avec bandes annonces pour des films tels que Brokeback to the Future ou The Empire Breaks Back.
A propos de Darwin - suite et fin
Confrontation du réalisateur Hubert Sauper et de François Garçon, l'historien qui a centralisé les critiques que l'on pouvait faire sur le Le Cauchemar de Darwin.
Dialogue de sourds évidemment. Etant du côté critique puisque ce docu m'a semblé d'entrée malhonnête je trouve les réponses du réalisateur de très mauvaise foi, voire carrément nauséeuses quand il a recours, pour argumenter par analogie, à une anecdote sur un cliché des camps de concentration, ou en faisant un parallèle vérité documentaire/pornographie.
Bref j'ose espérer que ceux qui ont apprécié (?) le film auront les yeux ouverts dans cette interview sur les défauts rédhibitoires du documentaire :
- montage pour suggérer que le trafic d'arme est indiscociable du commerce de la perche et qui n'est étayé par aucun fait, aucune enquête (le dernier recours du réal : la poésie pure de l'image, les avions qui attérissent, les avions qui redécollent).
- misérabilisme à outrance (attrape-bobo, ce que veulent voir les spectateurs occidentaux), sans nuance et sous couvert d'objectivité absolue : la caméra tourne, les gens parlent, les images parlent d'elles-mêmes.
- point non-évoqué dans l'interview : la prétendue catastrophe écologique de l'introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria, sujet central du film avec le trafic d'armes suggéré jusqu'à plus soif. Hubert Sauper se contente de caler un sujet sur la question sans faire, une fois de plus, de recherches personnelles. Or tout n'est pas aussi simple que le gros poisson, introduit par des méchants blancs, qui vient manger les petits poissons.
La question de la responsabilité (ou plutôt irresponsabilité) du réalisateur ne m'intéresse pas vraiment dans la mesure où le succès d'un film échappe forcément à ses auteurs, en revanche niveau malhonnêteté intellectuelle on a attrapé un sacré mastard qui joue les prudes derrière son objectif.
Pour reprendre un échange célèbre je dirais à ce monsieur Sauper, bien calé maintenant dans les louanges et les récompenses qu'il a collectionnées, qu'il est à la fois un documentariste de la misère et la misère des documentaristes.
>> lire aussi la contre-enquête du Monde reproduit sur ce blog. Toujours aussi mou du gland le Monde se contente d'une enquête sur les faits alors que ce qui compte c'est la malhonnêteté cinématographique de la démarche. Dans l'échantillon d'interview Sauper suggère cette fois pour se défendre qu'il est victime d'un complot des marchands d'armes alors qu'il est à peine un mauvais réalisateur de documentaire...
Dialogue de sourds évidemment. Etant du côté critique puisque ce docu m'a semblé d'entrée malhonnête je trouve les réponses du réalisateur de très mauvaise foi, voire carrément nauséeuses quand il a recours, pour argumenter par analogie, à une anecdote sur un cliché des camps de concentration, ou en faisant un parallèle vérité documentaire/pornographie.
Bref j'ose espérer que ceux qui ont apprécié (?) le film auront les yeux ouverts dans cette interview sur les défauts rédhibitoires du documentaire :
- montage pour suggérer que le trafic d'arme est indiscociable du commerce de la perche et qui n'est étayé par aucun fait, aucune enquête (le dernier recours du réal : la poésie pure de l'image, les avions qui attérissent, les avions qui redécollent).
- misérabilisme à outrance (attrape-bobo, ce que veulent voir les spectateurs occidentaux), sans nuance et sous couvert d'objectivité absolue : la caméra tourne, les gens parlent, les images parlent d'elles-mêmes.
- point non-évoqué dans l'interview : la prétendue catastrophe écologique de l'introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria, sujet central du film avec le trafic d'armes suggéré jusqu'à plus soif. Hubert Sauper se contente de caler un sujet sur la question sans faire, une fois de plus, de recherches personnelles. Or tout n'est pas aussi simple que le gros poisson, introduit par des méchants blancs, qui vient manger les petits poissons.
La question de la responsabilité (ou plutôt irresponsabilité) du réalisateur ne m'intéresse pas vraiment dans la mesure où le succès d'un film échappe forcément à ses auteurs, en revanche niveau malhonnêteté intellectuelle on a attrapé un sacré mastard qui joue les prudes derrière son objectif.
Pour reprendre un échange célèbre je dirais à ce monsieur Sauper, bien calé maintenant dans les louanges et les récompenses qu'il a collectionnées, qu'il est à la fois un documentariste de la misère et la misère des documentaristes.
>> lire aussi la contre-enquête du Monde reproduit sur ce blog. Toujours aussi mou du gland le Monde se contente d'une enquête sur les faits alors que ce qui compte c'est la malhonnêteté cinématographique de la démarche. Dans l'échantillon d'interview Sauper suggère cette fois pour se défendre qu'il est victime d'un complot des marchands d'armes alors qu'il est à peine un mauvais réalisateur de documentaire...
mercredi 1 mars 2006
Our Brand is Crisis
Documentaire qui s'annonce très intéressant (surtout pour ceux qui ont encore des illusions à perdre sur la politique) qui traite en détail de la victoire inattendue de Gonzalo Sanchez de Lozada lors des présidentielles boliviennes de 2002, grace à ses super-consultants américains en marketing stratégico-politique :
At first, the goal seems unattainable, especially considering he wasn't all that popular the first time around, not to mention that Bolivia was on the brink of a violent political uprising. Undaunted, the GCS consultants work their magic as if it were a game, shrewdly devising ways to sell a new and improved Mr. Sánchez de Lozada to the public. Endorsements and smear campaigns are conceived for television, general brainstorming sessions and focus groups are held, and the impact each has is thoroughly analyzed. The unrestricted access we are given to these discussions that would normally take place behind closed doors is astounding, even if the "victory" ultimately gained for Mr. Sánchez de Lozada is truly unsettling. Perhaps the only thing left to be desired from this momentous documentary is a reference to the size of the consultants' paycheck — or their consciences.
Laura Kern NYT 1-mar-2006
lundi 27 février 2006
Box-office Pp WE 09
1. L'IVRESSE DU POUVOIR ......... 97 250 = 35 x 556
2. SYRIANA ...................... 83 010 = 39 x 426
3. REUSSIR OU MOURIR ............ 82 047 = 35 x 469
4. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ........ 81 027 = 44 x 368
5. BRAQUEURS AMATEURS ........... 63 277 = 33 x 383
6. LES BRONZES 3 ................ 62 910 = 50 x 252
7. PETITES CONFIDENCES (A MA PSY) 48 096 = 32 x 301
8. LE NOUVEAU MONDE ............. 36 806 = 40 x 184
(source : ciné-chiffres)
mercredi 22 février 2006
A propos de Darwin #2
Je n'ai pas particulièrement de raisons d'être fier d'avoir trouvé le Cauchemar de Darwin très manipulateur, très pseudo-objectif et totalement creux. Mais ça fait plaisir que certains fouillent pour démonter ce qui serait une supercherie s'il remportait le César mais qui n'est jusqu'ici qu'un docu bobodémago réussi, c'est à dire un documentaire médiocre.
la perche du Nil a été introduite dans les années 50 dans le cadre d'un programme de développement de l'OCDE, et que les seuls à s'opposer à ce type de politique à l'époque se comptaient dans les rangs de l'extrême droite. Le film laisse à penser que l'intégralité du poisson file vers les pays riches. Or, selon Garçon, «74 % de ce qui est pêché dans le lac Victoria n'est pas exporté, et 40 % de ce total sera consommé sur place».J'aime bien la dernière phrase de cet article du Libé de samedi 18 :
Le réalisateur répond par une lettre furieuse mais peu argumentée.
lundi 13 février 2006
La porte ouverte à toutes les fenêtres
On n'en parle bizarrement assez peu en France mais le coup de Trafalgar de Soderbergh (et de son fourvoyeur de fonds Todd Wagner) est sorti selon une approche qui se veut "révolutionnaire", à savoir quasi-simulatnément dans (quelques) salles, en pay-per-view (donc télé + internet) et en DVD. Libé revient sur le contexte :
Entre Soderbergh qui s'est toujours pris pour un artiste d'avant-garde et ce marchand de tapis on a une belle vision du genre de raisonnement absurde qui peut germer dans des cerveaux où l'ego est régulièrement flatté, par des mots, par des chiffres, au point d'en arriver à croire pouvoir créer sa propre réalité.
Ceux qui ont un tant soit peu les pieds sur terre savent que si on place la naissance du cinéma avec la première projection publique des frères Lumière et pas avec les boites à images d'Edison c'est bien parce que le cinéma n'existe que comme un loisir de masse où les gens sortent de chez eux pour aller au spectacle. Que les plus petites salles ne soient plus rentables et qu'il faille faire des kilomètres pour en trouver une dans certaines régions moins urbanisées c'est une autre question et c'est même prendre le problème à l'envers que de vouloir faire des films pour le spectateur qui, a priori, n'aurait pas su qu'ils existaient.
C'est une maladie américaine de faire du populisme sous couvert d'optimisme et de bon sens national, cependant je dois dire qu'on n'est pas à l'abri en France où ce n'est pas les réflexions constructives qui font avancer le débat mais plutôt un équilibre plus ou moins heureux entre des centres d'inertie.
Voilà plusieurs mois déjà que Variety, bulletin suprême de la paroisse Hollywood, avait dramatiquement annoncé le geste de Soderbergh sous le titre «War of the windows !». Il pointait par là la vraie nature d'un problème dont la traduction est aisée puisque nous appelons nous aussi «fenêtres» ces temporalités successives qui organisent le calendrier des supports par lesquels un film est accessible au public : sortie en salles, DVD, diffusion pay-per-view sur câble et satellite, diffusion aux abonnés TPS et CanalSat, puis diffusion sur chaînes hertziennes (à quoi il faut parfois enchâsser des niches : vidéoclubs, hôtels, avions, etc.).
C'est dans ce bel édifice que Soderbergh et complices ont mis un coup de tatane hardi : «L'industrie et, plus important encore, les consommateurs sont prêts à entendre quelqu'un leur dire qu'aujourd'hui tout ceci n'a plus aucun sens, avance Todd Wagner. Le vieux modèle n'est plus en phase avec la façon dont le public veut désormais consommer l'entertainment.»
Entre Soderbergh qui s'est toujours pris pour un artiste d'avant-garde et ce marchand de tapis on a une belle vision du genre de raisonnement absurde qui peut germer dans des cerveaux où l'ego est régulièrement flatté, par des mots, par des chiffres, au point d'en arriver à croire pouvoir créer sa propre réalité.
Ceux qui ont un tant soit peu les pieds sur terre savent que si on place la naissance du cinéma avec la première projection publique des frères Lumière et pas avec les boites à images d'Edison c'est bien parce que le cinéma n'existe que comme un loisir de masse où les gens sortent de chez eux pour aller au spectacle. Que les plus petites salles ne soient plus rentables et qu'il faille faire des kilomètres pour en trouver une dans certaines régions moins urbanisées c'est une autre question et c'est même prendre le problème à l'envers que de vouloir faire des films pour le spectateur qui, a priori, n'aurait pas su qu'ils existaient.
C'est une maladie américaine de faire du populisme sous couvert d'optimisme et de bon sens national, cependant je dois dire qu'on n'est pas à l'abri en France où ce n'est pas les réflexions constructives qui font avancer le débat mais plutôt un équilibre plus ou moins heureux entre des centres d'inertie.
Box-office Pp WE 07
1. LES BRONZES 3 ............. 231 252 = 52 x 889
2. L'HONNEUR DU DRAGON ........ 65 110 = 29 x 449
3. TOUTE LA BEAUTE DU MONDE ... 59 451 = 38 x 313
4. BAMBI 2 .................... 52 366 = 36 x 291
5. INCONTROLABLE .............. 47 635 = 39 x 244
6. MUNICH ..................... 47 089 = 50 x 188
7. NANNY MCPHEE ............... 40 825 = 23 x 355
8. BROKEBACK MOUNTAIN ......... 40 547 = 34 x 239
(source : ciné-chiffres)
mardi 7 février 2006
Qu'est-ce qu'on en a à secouer des Oscars #2006-2
Manohla Dargis, critique en chef du NYT, répond aux questions des lecteurs sur les Oscars. Première question, évidemment : qu'est-ce qu'on en a à secouer ?
Q. Why do you care about the Oscars?
— G. D. Avazrahani, New York City
A. Well, for starters I love Old Hollywood, so anything even remotely connected to the golden age of studio filmmaking interests me. New Hollywood pales by comparison, of course – though the specialty divisions are helping to ease the pain – but even its simulacrum of old-school glamour and sex is hard to resist. Then there’s the fact that while the Oscars are reliably irritating and often just plain stupid – and boring and silly and wrong – sometimes they draw attention to worthy films and give a boost to equally worthy filmmakers, like the 1997 multiple-nominee Curtis Hanson. (I also like the dresses.)
lundi 6 février 2006
Box-office Pp WE 06
1. LES BRONZES 3 .............. 422 362 = 52 x 1624
2. MUNICH ...................... 67 318 = 53 x 254
3. BAMBI 2 ..................... 50 728 = 35 x 290
4. BROKEBACK MOUNTAIN .......... 49 976 = 36 x 278
5. SHEITAN ..................... 48 953 = 33 x 297
6. LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE
.............................. 36 541 = 31 x 236
7. JE VOUS TROUVE TRES BEAU .... 27 940 = 31 x 180
8. ORGUEIL & PREJUGES .......... 24 394 = 20 x 244
9. LORD OF WAR ................. 21 767 = 22 x 198
10 ZATHURA UNE AVENTURE SPATIALE 21 197 = 26 x 163
(source : ciné-chiffres)
mercredi 1 février 2006
Comique sous anti-dépresseurs
Une analyse parmi d'autres ce matin sur des personnages que le public préfèrera peut-être dans leur enveloppe éternellement jeune. Jeune con c'est marrant, vieux con c'est ridicule mais jeune con devenu vieux con c'est navrant.
Accuser les ex-membres du Splendid de ne vouloir «que du fric» relève évidemment du pur fantasme. Au fond, les raisons d'un tel retour paraissent même beaucoup moins avouables. Hypothèse: arrivés à la cinquantaine, les anciens camarades du Lycée Pasteur de Neuilly ont pris un solide coup à l'ego face à la montée en flèche d'une nouvelle génération de comiques.
Si certains, comme Gérard Jugnot ou Michel Blanc, ont su négocier le tournant de la cinquantaine - le premier en se transformant en Père La France sauce Batignole, le second en laissant libre cours à un humour désespéré devenu sa marque de fabrique -, la carrière des autres patine. Clavier-Astérix fait du sous-Funès, dans des films de moins en moins prestigieux.
Balasko et Lhermitte sont branchés sur courant alternatif. Lavanant a disparu, d'abord à la télévision, puis du petit écran. Comme Marie-Anne Chazel. Le bilan demeure donc globalement négatif, malgré les succès enregistrés par chacun depuis l'explosion du Splendid, dans les années 80. En retournant à leur belle jeunesse, on peut légitimement penser qu'une partie - au moins - du Splendid espérait renouer avec le public un lien affectif devenu lâche, sinon absent.
En 1998, Josiane Balasko avait réalisé un film intitulé Un grand cri d'amour. Et si c'était cela, après tout, le seul véritable enjeu de cet ultime Bronzés? Crier un bon coup son amour du spectateur, vouloir lui montrer, une fois de plus, à quel point on a besoin de lui. Pour un acteur, le public est et restera une drogue. Le 7e art en a souvent rendu compte, de Sunset Boulevard au Secret de Veronika Voss. Les Bronzés 3: amis pour la vie? Peut-être une grande tragédie sur le cinéma...
Emmanuel Cuénot pour La Tribune de Genève
lundi 30 janvier 2006
Box-office Pp WE 05
1. MUNICH .................... 117 878 = 53 x 445
2. BROKEBACK MOUNTAIN ......... 62 905 = 37 x 340
3. LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE
............................. 55 284 = 31 x 357
4. JE VOUS TROUVE TRES BEAU ... 43 110 = 35 x 246
5. ORGUEIL & PREJUGES ......... 37 631 = 36 x 209
6. LORD OF WAR ................ 35 572 = 29 x 245
7. BANDIDAS ................... 29 078 = 32 x 182
8. UN TICKET POUR L'ESPACE .... 24 780 = 38 x 130
9. LE MONDE DE NARNIA - CH. 1 . 23 058 = 29 x 159
10 CHAOS ...................... 20 202 = 23 x 176
(source : ciné-chiffres)
mercredi 25 janvier 2006
Grande braderie du cinéma
The story seems to have an up-to-the-minute technological twist: Mr. [Harrison] Ford's character, Jack Stanfield, designed the security software for a bank, and now criminals threaten to harm his family unless he helps them bypass the system and carry out the perfect robbery. But the idea of high-tech security is about all that doesn't seem creaky in this trailer, which reveals the entire trajectory of the plot and invites viewers to make jokes at the movie's expense.
"Firewall" opens soon (Feb. 10th), and it seems the trailer is appearing in television commercials every five minutes (sometimes in a shorter version), an advertising blitz meant to lure viewers to a big opening weekend. But all you can think watching the trailer is that Mr. Ford should probably give up the ghost of his Tom Clancy roles, and that Ms. Madsen has capitalized on all those critics awards she won last year for "Sideways" and climbed a rung on the Hollywood ladder. If only they'd chosen a script that didn't make the audience feel it could recite the familiar lines along with them. All together now as Mr. Ford tells the bad guy: "I'm done talking!"
Caryn James pour le NYT (1/25/06)
mardi 24 janvier 2006
Qui aime bien...
Ça fait plaisir quand certains journalistes dans des feuilles renommées se lâchent sur nos petits travers autistico-auteuristiques.
The camera is fixed on a nondescript house on a narrow Paris street which is still nicer than anything you could possibly afford. For six hours, there is absolutely no movement on the screen. As you watch in steadily mounting horror, absolutely nothing happens. Then it continues to not happen. Hours go by. Finally, with several audience members in comas and a sizeable group in the lobby beating the theater manager to death, a small leaf on a lush tree near the house trembles as a worm begins eating it. This is perceived by only the most astute viewers, for it takes place off screen.
PULL BACK TO REVEAL
The inhabitants of the house - DANIEL HAUGHTÉ, the intellectual, emotionally guarded host of the literary television show "Your French Will Never Be Good Enough To Understand Me" and his intellectual, sophisticated wife JULIETTE BINOSHING, who has grown curvaceous in ripe middle age - are watching a videotape on their television set that shows the very same boring scene that we have been watching. Mysteriously, however, they are not bored!JULIETTE
You say you found this tape of our house in a package left on our doorstep along with a hideous drawing showing the cutting of a man's throat?DANIEL
Never mind that, ma cherié. Observe the ambiguous fluidity of the mise-en-scène! What a marvelously subtle yet disturbing filmic experience. It suggests to me that whoever has been secretly filming the outside of our house is a master of cinematic technique. Obviously a disciple of Bresson but with the implied muscularity of the young Stallone.
Cliché (Guilty White Bourgeoisie in Denial)
Un Film de JOYCE WADLER
NYT 1/24/06
lundi 23 janvier 2006
Box-office Pp WE 04
1. BROKEBACK MOUNTAIN ............ 93 833 = 33 x 569
2. ORGUEIL & PREJUGES .............. 53 004 = 36 x 294
3. LORD OF WAR ....................... 51 794 = 36 x 288
4. JE VOUS TROUVE TRES BEAU ....... 51 447 = 34 x 303
5. UN TICKET POUR L'ESPACE ......... 49 329 = 39 x 253
6. BANDIDAS ............................. 48 830 = 35 x 279
7. FESTIVAL TELERAMA 2006 ............ 40 123 = 15 x 535
8. LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 .. 36 875 = 37 x 199
9. CHAOS .................................... 34 569 = 25 x 277
10. GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK. ...... 26 925 = 25 x 215
11. POMPOKO ................................ 24 391 = 33 x 148
12. JARHEAD LA FIN DE L'INNOCENCE ...... 21 074 = 33 x 128
13. MADAME HENDERSON PRESENTE ....... 20 675 = 20 x 207
14. LA RUMEUR COURT... ................... 18 093 = 27 x 134
15. THE CONSTANT GARDENER .............15 431 = 15 x 206
(source : ciné-chiffres)
2. ORGUEIL & PREJUGES .............. 53 004 = 36 x 294
3. LORD OF WAR ....................... 51 794 = 36 x 288
4. JE VOUS TROUVE TRES BEAU ....... 51 447 = 34 x 303
5. UN TICKET POUR L'ESPACE ......... 49 329 = 39 x 253
6. BANDIDAS ............................. 48 830 = 35 x 279
7. FESTIVAL TELERAMA 2006 ............ 40 123 = 15 x 535
8. LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 .. 36 875 = 37 x 199
9. CHAOS .................................... 34 569 = 25 x 277
10. GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK. ...... 26 925 = 25 x 215
11. POMPOKO ................................ 24 391 = 33 x 148
12. JARHEAD LA FIN DE L'INNOCENCE ...... 21 074 = 33 x 128
13. MADAME HENDERSON PRESENTE ....... 20 675 = 20 x 207
14. LA RUMEUR COURT... ................... 18 093 = 27 x 134
15. THE CONSTANT GARDENER .............15 431 = 15 x 206
(source : ciné-chiffres)
mercredi 18 janvier 2006
Box-office Pp semaine 03
1 LORD OF WAR ............................ 87 772 = 39 x 322
2 JE VOUS TROUVE TRES BEAU ............ 77 829 = 30 x 371
3 LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 .... 58 928 = 40 x 210
4 GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK. ......... 48 774 = 31 x 225
5 JARHEAD LA FIN DE L'INNOCENCE ........ 48 130 = 42 x 164
6 LA RUMEUR COURT... ...................... 43 853 = 36 x 174
7 MADAME HENDERSON PRESENTE .......... 38 561 = 21 x 262
8 THE CONSTANT GARDENER ................. 34 684 = 28 x 177
9 LA CRYPTE .......................... 29 161 = 20 x 208
10 SAW II ............................. 25 771 = 25 x 147
11 KING KONG (2005) .............. 24 685 = 30 x 118
12 UNE VIE INACHEVEE ........... 23 534 = 33 x 102
(source : ciné-chiffres)
2 JE VOUS TROUVE TRES BEAU ............ 77 829 = 30 x 371
3 LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 .... 58 928 = 40 x 210
4 GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK. ......... 48 774 = 31 x 225
5 JARHEAD LA FIN DE L'INNOCENCE ........ 48 130 = 42 x 164
6 LA RUMEUR COURT... ...................... 43 853 = 36 x 174
7 MADAME HENDERSON PRESENTE .......... 38 561 = 21 x 262
8 THE CONSTANT GARDENER ................. 34 684 = 28 x 177
9 LA CRYPTE .......................... 29 161 = 20 x 208
10 SAW II ............................. 25 771 = 25 x 147
11 KING KONG (2005) .............. 24 685 = 30 x 118
12 UNE VIE INACHEVEE ........... 23 534 = 33 x 102
(source : ciné-chiffres)
dimanche 15 janvier 2006
Shelley Winters (1920-2006)
The actress sustained her long career by repeatedly reinventing herself. Starting as a nightclub chorus girl, advanced to supporting roles in New York plays, then became famous as a Hollywood sexpot.
A devotee of the Actors Studio, she switched to serious roles as she matured. Her Oscars were for her portrayal of mothers. Still working well into her 70s, she had a recurring role as Roseanne's grandmother on the 1990s TV show "Roseanne."
Although she was in demand as a character actress, Winters continued to study her craft. She attended Charles Laughton's Shakespeare classes and worked at the Actors Studio, both as student and teacher. She appeared on Broadway as the distraught wife of a drug addict in "A Hatful of Rain" and as the Marx Brothers' mother in "Minnie's Boys."
Among her other notable films: "Night of the Hunter," "Executive Suite," "I Am a Camera," "The Big Knife," "Odds Against Tomorrow," "The Young Savages," "Lolita," "The Chapman Report," "The Greatest Story Ever Told," "A House Is Not a Home," "Alfie," "Harper," "Pete's Dragon," "Stepping Out" and "Over the Brooklyn Bridge."
During her 50 years as a widely known personality, Winters was rarely out of the news. Her stormy marriages, her romances with famous stars, her forays into politics and feminist causes kept her name before the public. She delighted in giving provocative interviews and seemed to have an opinion on everything.
Robert Mitchum once told her: "Shelley, arguing with you is like trying to hold a conversation with a swarm of bumblebees."
The revelations in her autobiographies provided endless material for interviewers and gossip writers. She wrote of an enchanted evening when she and Burt Lancaster attended "South Pacific" in New York, dined elegantly, then retired to his hotel room.
"This chance meeting proved to be the beginning of a long but painful romance," she wrote. "Despite the immediate and powerful chemistry between us, the love and the friendship, some wise part of me knew that he would never abandon his children while they were young and needed him."
She also told of a dalliance with William Holden after a studio Christmas party. In a glamorous, real-life version of the play "Same Time, Next Year," they continued their annual Yuletide rendezvous for seven years.
She wrote that despite their intimacy, they continued to refer to each other as "Mr. Holden" and "Miss Winters," and when they met on the set of the 1981 film "S.O.B." she said, "Hello, Mr. Holden." He smiled and replied, "Shelley, after your book, I think you should call me Bill."
vendredi 13 janvier 2006
Films flasques
Avec le DVD et tous les avatars numériques qui lui ont bouffé la vedette peut-être est-ce que le cinéma se cherche. En tout cas c'est ce que je me plais à imaginer. Terence Malick sort son dernier film (wahou, à peine cinq ans après The Thin Red Line, c'est presque du travail à la chaîne) The New World : la version présentée et sélectionnée pour les Oscars faisait 2h30, celle du super DVD pour les amateurs de jolis paysages fera 3h, mais au bout il s'est dit que se serait quand même vachement mieux pour le spectateur s'il réduisait le film à 2h15.
N'empêche, comme pour le film super concept cow-boys gays on est toujours dans la longueur limite nombrilo-contemplative.
Avec le DVD on dit à l'artiste que ses délires ne seront pas perdus pour tout le monde s'il veut bien accepter de livrer un truc mieux calibré pour tenir dans les salles. Problème : pour tenir les salles le marketing innonde les médias d'information, donc le spectateur lambda sait très vite de quoi parle le film et tout ce qui est exposition, installation du décor n'en parait que plus mou, long et ennuyeux.
La fin de l'article de Caryn James (NYT 13 Jan. 2006) nous apprend comment Spielberg a bâclé son Munich afin qu'il soit prêt pour la course aux Oscars.
agoravox
N'empêche, comme pour le film super concept cow-boys gays on est toujours dans la longueur limite nombrilo-contemplative.
These films achieve their bloated status for different reasons: the old "New World" and "Brokeback Mountain" (running 2 hours and 14 minutes) take too much time getting started. If the audience knows that the English settlers will land and the cowboys will turn out to be gay, the movies shouldn't waste 15 minutes getting there.
Avec le DVD on dit à l'artiste que ses délires ne seront pas perdus pour tout le monde s'il veut bien accepter de livrer un truc mieux calibré pour tenir dans les salles. Problème : pour tenir les salles le marketing innonde les médias d'information, donc le spectateur lambda sait très vite de quoi parle le film et tout ce qui est exposition, installation du décor n'en parait que plus mou, long et ennuyeux.
Those preliminary scenes, which slowed things down, have been trimmed, and the voice-overs - interior monologues in which Pocahontas and Smith meditate on their lives - are less likely to accompany picturesque views of nature. Instead, Ms. Green said, the voice-over "pulls you into the next scene." The editing was the kind of snipping that, like a good face-lift, should be inconspicuous if it works. Besides, Mr. Malick can put it all back (and more) in the DVD. "He always had it in mind that he would make a longer version that would allow people to take bathroom breaks," Ms. Green said.
Films aren't all about plot, of course, and artistically a work may need time to establish its characters and its pace. But viewers now walk into theaters already so crammed with information about the film that those establishing scenes almost take care of themselves.
La fin de l'article de Caryn James (NYT 13 Jan. 2006) nous apprend comment Spielberg a bâclé son Munich afin qu'il soit prêt pour la course aux Oscars.
agoravox
mercredi 11 janvier 2006
Le cinéma est toujours là
Grâce à ceux qui ont vraiment envie de raconter des histoires.
In his bleak envisioning of a day in Los Angeles that begins like any other, bombs go off downtown, in Beverly Hills and at the airport; countless people are killed as toxic ash carrying a deadly virus falls like snowflakes; the air becomes unbreathable; thousands are driven from their homes; confusion and misinformation reign; and ordinary citizens are victimized not just by the unseen terrorists but also by their own overwhelmed and unprepared government.
At the center of the story are Brad (Rory Cochrane) and Lexi (Mary McCormack), a couple contending with strains in their marriage. The morning after a fight, Brad has just kissed Lexi off to work when the bombs go off, and the film stays with Brad as he first tries in vain to go find his wife, then barricades himself in their home with plastic and duct tape, and ultimately wrestles with the grim choice of whether to save her or himself.
New-York Times 11 Jan. 06
Fiche Imdb du film Right at your Door
Le DVD, et après ?
C'est le titre d'un article dans le Libé du jour.
Autant dire que les gros Nicodinosaur Seydoux qui nous ont bassiné avec leur com' "le téléchargement tue le cinéma" ne vont plus avoir beaucoup de temps pour comprendre dans quel sens faire évoluer leur métier. Peut-être qu'au final ils comprendront cette règle essentielle que c'est le client qui a toujours raison donc que c'est lui qui donne le ton du changement des habitudes de consommation.
Malheureusement j'ai bien peur que nos oncles Picsous du cinéma comprennent surtout ce qu'ils veulent, c'est à dire que le consommateur veut plus de contenu plus vite et plus facilement. Sans réfléchir à l'inéluctable banalisation du contenu une fois totalement dématérialisé.
Je n'ai pas l'impression de mener un combat d'arrière garde en disant que l'avenir du cinéma se joue dans les salles et pas ailleurs, j'ai juste l'impression d'être platement dans le vrai.
Simplement je dirais que le cinéma va à la rencontre de ses spectateurs, en créant des événements, des opportunités de sortie, des sujets de discussion et matière à débat. Avec la dématérialisation vécue comme la voie à sens unique du Futur toutes une industrie veut voir de nouveaux débouchés mais personne ne se pose la question de ce qui fait qu'on va avoir envie de voir un film ou non.
En 2005, pour la première fois, le cinéma a vu sa part du marché DVD baisser cruellement au profit des séries télé et des enregistrements de spectacles.
Autant dire que les gros Nicodinosaur Seydoux qui nous ont bassiné avec leur com' "le téléchargement tue le cinéma" ne vont plus avoir beaucoup de temps pour comprendre dans quel sens faire évoluer leur métier. Peut-être qu'au final ils comprendront cette règle essentielle que c'est le client qui a toujours raison donc que c'est lui qui donne le ton du changement des habitudes de consommation.
Malheureusement j'ai bien peur que nos oncles Picsous du cinéma comprennent surtout ce qu'ils veulent, c'est à dire que le consommateur veut plus de contenu plus vite et plus facilement. Sans réfléchir à l'inéluctable banalisation du contenu une fois totalement dématérialisé.
Je n'ai pas l'impression de mener un combat d'arrière garde en disant que l'avenir du cinéma se joue dans les salles et pas ailleurs, j'ai juste l'impression d'être platement dans le vrai.
Simplement je dirais que le cinéma va à la rencontre de ses spectateurs, en créant des événements, des opportunités de sortie, des sujets de discussion et matière à débat. Avec la dématérialisation vécue comme la voie à sens unique du Futur toutes une industrie veut voir de nouveaux débouchés mais personne ne se pose la question de ce qui fait qu'on va avoir envie de voir un film ou non.
A pa bô la guerre
...mais vendre des armes c’est rigolo
Le début du film, comme souvent, donnait le ton. Too much. Traveling sur un tapis de douilles et arrivée sur Nicolas Cage qui nous fait sa confession face caméra.
« Bonjour, c’est moi, je vais vous raconter ma vie, vous allez avoir des images chiadées d’armes en tous genres plein les mirettes pendant deux heures. »
Et ça part dans un générique m’as-tu-vu où on suit la vie d’une balle. Autant dire que les gars aux manettes sont tout fiers de leurs idées et vont nous le faire savoir. Soit dit en passant on pourrait être indulgent avec ces indigences de clippers, malheureusement le générique résume le propos du film : « On n’empêchera pas la terre de tourner, les marchands d’armes d’en vendre, les négociants de se faire de couilles en or au passage et les enfants africains de se prendre une balle en pleine poire à l’occasion. »
Avec ce résumé vous pouvez d’ores et déjà gagner du temps, arrêter de lire cette bafouille et éviter le film.
L’esthétique de la balle en pleine poire
Je ne vais pas m’étaler sur le sujet comme un beau coulis de sang frais échappé d’un cerveau joliment perforé. La violence gratuite c’est un concept cool pour Tarantino & co et c’est vachement ringard de critiquer d’abord. Dans Lord of War la violence est gratuite mais c’est juste un détail au milieu de l’étal du marchand d’armes filmé dans toute sa profondeur de gamme et toute sa dimension phallique.
Notez, c’est pas que je hasarde ici une analyse psycho-pipo des trous de balles en chef mais filmer autant d’armes, se rengorger en offrant une telle débauche de grosses mécaniques surpuissantes, bien huilées et malgré tout simples joujoux, vraiment faut être un peu atteint, un peu bloqué au stade full metal quéquette.
Je me permets une petite idée constructive derrière ça : est-ce que ça n’aurait pas été plus malin de montrer un négociant d’armes sans jamais montrer d’armes, en parallèle avec ces fonctionnaires parfaits qui affrêtaient consciencieusement des trains vers des camps de travail ? Ou pour suivre le traitement documentaire de Traffic pour la drogue, prendre le point de vue de la femme ou d'un proche du trafiquant, un point du vue qui ne peut pas rester innocent trop longtemps sans se mentir.
Dans le genre personnage pas clair Nicolas Cage est juste un gars qui a eu la mauvaise vocation (c’est trop bête) mais la femme de ses rêves (super cool), oh mais les armes c’est toujours pas bien alors il faut lui pourrir la vie à la fin tout en expliquant que les vrais pourris c’est pas les petits dealers c’est les Etats marchands d’armes. Ouais ! Vive la conclusion de bon ton, à l’arrache, et tant pis pour la polémique. Heureusement quelque part, sinon le film aurait eu de la pub gratuite.
Et niveau gratuit on a ce qu’il faut avec la violence d’un long métrage qui se complait, désinvolte, dans sa débauche d’accessoires de guerre. Au final, parce qu’il est documenté sur le sujet le film se croit intelligent. Tout ça donnne l’œuvre d’un polard potache : il a potassé son sujet comme une mule, comme une mule il n’a rien digéré alors il recrache tout en faisant du bruit pour faire rire la classe et oublier qu’il a l’air con et qu’en plus il est vraiment très con.
S’empresser de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer
Cette citation de Beaumarchais ne sera pas mise entre toutes les oreilles. Et a fortiori pas dans toutes les cervelles.
Ce qui m’a mis mal à l’aise dans ce film c’est ce mélange bancal d’un ton enlevé (où serait la différence avec Will Smith ou Chris Rock en dictateur sanguinaire du Libéria ?) et d’un fond froidement documentaire (vas-y balance des chiffres en voix-off, personne retiendra que dalle). Est-ce que vous imaginez Pierre Richard ou Bébel en trafiquant d’armes vous ? Nicolas Cage a beau avoir des cheveux maintenant, il traverse le film en clown auguste avec, tsoin-tsoin, son frère en débile léger cocaïnomane pour mettre son nez rouge dans la poudre : ouarf. Soit dit en passant on appelle ça un personnage de « comic relief » dans les scénarios écrits sur des formulaires, et comme vous êtes toujours là je vous donne un tuyau : pour une belle mécanique émotionnelle il suffit, pif-paf, de tuer le personnage du comic relief auquel le spectateur s’est attaché. Ça marche à tous les coups. Sur le papier (d’ailleurs en général c’est un personnage fin comme une feuille de papier).
Comment faire d’un négociant d’armes le personnage principal d’une histoire à ce point ancrée dans la réalité la plus dure ? Pour moi c’est évident que ça voudrait dire faire un film noir, ambigü, pas mettre en scène un mec normal qui en chie à faire du porte-à-porte pour gagner sa croute.
Franchement je suis pas chochotte, j’ai vu Eraserhead sans arrêter la cassette et Irréversible sans presque détourner la tête, mais là les spectateurs qui rient aux grosses blagues placées entre deux deals de kalashs folklos et un ou deux morts parce qu’ils le valent bien, ça suffit à me refroidir complètement.
Je veux bien qu’il y ait des films nuls, des gens qui aiment les films nuls (tous les goûts de chiotte sont dans la nature, on appelle ça la pollution) mais des gens qui s’amusent devant des films nuls et irresponsables, merde.
Devant un film d’horreur on se racroche aux accoudoirs, à son voisin, on se crispe sur quelque chose de tangible pour sentir qu’on n’est pas vraiment dans le film, que tout ça n’est pas réel. C’est tout à fait normal dit mon docteur. Malheureusement il y a aussi le spectateur lâche (ou con, et pourquoi pas les deux) qui se tourne vers son voisin pour faire une blague avant d’avoir trop peur. Ou plus précisément pour rire de la peur de l’autre afin de ne pas montrer la sienne.
Autant je trouve ça juste pénible devant un film d’horreur, autant quand le film a au contraire la prétention d’être réaliste, intelligent je trouve ce genre de réaction déprimant.
Au secours.
Le début du film, comme souvent, donnait le ton. Too much. Traveling sur un tapis de douilles et arrivée sur Nicolas Cage qui nous fait sa confession face caméra.
« Bonjour, c’est moi, je vais vous raconter ma vie, vous allez avoir des images chiadées d’armes en tous genres plein les mirettes pendant deux heures. »
Et ça part dans un générique m’as-tu-vu où on suit la vie d’une balle. Autant dire que les gars aux manettes sont tout fiers de leurs idées et vont nous le faire savoir. Soit dit en passant on pourrait être indulgent avec ces indigences de clippers, malheureusement le générique résume le propos du film : « On n’empêchera pas la terre de tourner, les marchands d’armes d’en vendre, les négociants de se faire de couilles en or au passage et les enfants africains de se prendre une balle en pleine poire à l’occasion. »
Avec ce résumé vous pouvez d’ores et déjà gagner du temps, arrêter de lire cette bafouille et éviter le film.
L’esthétique de la balle en pleine poire
Je ne vais pas m’étaler sur le sujet comme un beau coulis de sang frais échappé d’un cerveau joliment perforé. La violence gratuite c’est un concept cool pour Tarantino & co et c’est vachement ringard de critiquer d’abord. Dans Lord of War la violence est gratuite mais c’est juste un détail au milieu de l’étal du marchand d’armes filmé dans toute sa profondeur de gamme et toute sa dimension phallique.
Notez, c’est pas que je hasarde ici une analyse psycho-pipo des trous de balles en chef mais filmer autant d’armes, se rengorger en offrant une telle débauche de grosses mécaniques surpuissantes, bien huilées et malgré tout simples joujoux, vraiment faut être un peu atteint, un peu bloqué au stade full metal quéquette.
Je me permets une petite idée constructive derrière ça : est-ce que ça n’aurait pas été plus malin de montrer un négociant d’armes sans jamais montrer d’armes, en parallèle avec ces fonctionnaires parfaits qui affrêtaient consciencieusement des trains vers des camps de travail ? Ou pour suivre le traitement documentaire de Traffic pour la drogue, prendre le point de vue de la femme ou d'un proche du trafiquant, un point du vue qui ne peut pas rester innocent trop longtemps sans se mentir.
Dans le genre personnage pas clair Nicolas Cage est juste un gars qui a eu la mauvaise vocation (c’est trop bête) mais la femme de ses rêves (super cool), oh mais les armes c’est toujours pas bien alors il faut lui pourrir la vie à la fin tout en expliquant que les vrais pourris c’est pas les petits dealers c’est les Etats marchands d’armes. Ouais ! Vive la conclusion de bon ton, à l’arrache, et tant pis pour la polémique. Heureusement quelque part, sinon le film aurait eu de la pub gratuite.
Et niveau gratuit on a ce qu’il faut avec la violence d’un long métrage qui se complait, désinvolte, dans sa débauche d’accessoires de guerre. Au final, parce qu’il est documenté sur le sujet le film se croit intelligent. Tout ça donnne l’œuvre d’un polard potache : il a potassé son sujet comme une mule, comme une mule il n’a rien digéré alors il recrache tout en faisant du bruit pour faire rire la classe et oublier qu’il a l’air con et qu’en plus il est vraiment très con.
S’empresser de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer
Cette citation de Beaumarchais ne sera pas mise entre toutes les oreilles. Et a fortiori pas dans toutes les cervelles.
Ce qui m’a mis mal à l’aise dans ce film c’est ce mélange bancal d’un ton enlevé (où serait la différence avec Will Smith ou Chris Rock en dictateur sanguinaire du Libéria ?) et d’un fond froidement documentaire (vas-y balance des chiffres en voix-off, personne retiendra que dalle). Est-ce que vous imaginez Pierre Richard ou Bébel en trafiquant d’armes vous ? Nicolas Cage a beau avoir des cheveux maintenant, il traverse le film en clown auguste avec, tsoin-tsoin, son frère en débile léger cocaïnomane pour mettre son nez rouge dans la poudre : ouarf. Soit dit en passant on appelle ça un personnage de « comic relief » dans les scénarios écrits sur des formulaires, et comme vous êtes toujours là je vous donne un tuyau : pour une belle mécanique émotionnelle il suffit, pif-paf, de tuer le personnage du comic relief auquel le spectateur s’est attaché. Ça marche à tous les coups. Sur le papier (d’ailleurs en général c’est un personnage fin comme une feuille de papier).
Comment faire d’un négociant d’armes le personnage principal d’une histoire à ce point ancrée dans la réalité la plus dure ? Pour moi c’est évident que ça voudrait dire faire un film noir, ambigü, pas mettre en scène un mec normal qui en chie à faire du porte-à-porte pour gagner sa croute.
Franchement je suis pas chochotte, j’ai vu Eraserhead sans arrêter la cassette et Irréversible sans presque détourner la tête, mais là les spectateurs qui rient aux grosses blagues placées entre deux deals de kalashs folklos et un ou deux morts parce qu’ils le valent bien, ça suffit à me refroidir complètement.
Je veux bien qu’il y ait des films nuls, des gens qui aiment les films nuls (tous les goûts de chiotte sont dans la nature, on appelle ça la pollution) mais des gens qui s’amusent devant des films nuls et irresponsables, merde.
Devant un film d’horreur on se racroche aux accoudoirs, à son voisin, on se crispe sur quelque chose de tangible pour sentir qu’on n’est pas vraiment dans le film, que tout ça n’est pas réel. C’est tout à fait normal dit mon docteur. Malheureusement il y a aussi le spectateur lâche (ou con, et pourquoi pas les deux) qui se tourne vers son voisin pour faire une blague avant d’avoir trop peur. Ou plus précisément pour rire de la peur de l’autre afin de ne pas montrer la sienne.
Autant je trouve ça juste pénible devant un film d’horreur, autant quand le film a au contraire la prétention d’être réaliste, intelligent je trouve ce genre de réaction déprimant.
Au secours.
lundi 9 janvier 2006
Box-office Pp WE 02
1. LORD OF WAR............................... 127 223 = 39 x 599
2. LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 ... 93 362 = 45 x 363
3. GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK......... 73 242 = 31 x 430
4. KING KONG (2005)................ 47 384 = 47 x 181
5. SAW II ............................ 45 521 = 30 x 278
6. THE CONSTANT GARDENER ..... 44 987 = 36 x 230
7. UNE VIE INACHEVEE .............. 40 950 = 34 x 226
8. ESPRIT DE FAMILLE .............. 33 544 = 31 x 199
9. ANGEL-A ............................ 30 343 = 43 x 130
10. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU .. 29 423 = 35 x 149
(source : ciné-chiffres)
2. LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 ... 93 362 = 45 x 363
3. GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK......... 73 242 = 31 x 430
4. KING KONG (2005)................ 47 384 = 47 x 181
5. SAW II ............................ 45 521 = 30 x 278
6. THE CONSTANT GARDENER ..... 44 987 = 36 x 230
7. UNE VIE INACHEVEE .............. 40 950 = 34 x 226
8. ESPRIT DE FAMILLE .............. 33 544 = 31 x 199
9. ANGEL-A ............................ 30 343 = 43 x 130
10. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU .. 29 423 = 35 x 149
(source : ciné-chiffres)
vendredi 6 janvier 2006
Qu'est-ce qu'on en a à secouer des Oscars #2006-1
Traditionnellement le buz commence avec la désignation du présentateur de la soirée et cette année, après le fiasco diplomatique de Chris Rock, et l'indisponibilité des valeurs sûres (et consensuelles) comme Billy Crystal et Steve Martin on peut rêver d'avoir quelque chose de moins ronronnant avec Jon Stewart.
Mr. Stewart is expected to bring a hipness to the affair, something the Oscars have been striving to achieve in an environment of declining ratings for awards shows.MàJ: read more on the topic here.
As a constant critic of the Bush administration and its decision to go to war in Iraq, Mr. Stewart is also likely to bring a political edge to the telecast. His show, "The Daily Show With Jon Stewart," has become a central stop on the political media circuit for both right- and left-wingers, and has won Emmy and Peabody Awards for its politically barbed, too-close-for-comfort satire.
NY Times - 5 Jan. 06
jeudi 5 janvier 2006
A propos de Darwin
A l'époque j'avais été pas mal déçu par ce docu après toutes les louanges que j'avais entendues après sa sortie. Le docu est lent ok, c'est pas du clipping façon Michael Moore, mais surtout il n'y a aucune progression, juste une juxtaposition... cette même juxtaposition qui remplace le discours élaboré dans les moins bons Michael Moore (genre Farenheit 9/11). Au lieu de faire une vraie enquête sur les conserveries de poisson et éventuellement sur le trafic d'armes Hubert Sauper se contente de tourner en rond.
Forcément il finit par trouver des images fortes (un docu en DV on peut se permettre d'avoir de laisser tourner pour avoir des milliers d'heures de rushes) mais est-ce qu'il ne se complait pas là-dedans ?
J'ai vu une critique du film il y a qq mois (à l'occasion d'une réponse (*) où des pêcheurs du lac s'expriment sur le docu, directement, sans qu'on leur vole des moments de vie pour faire un collage sentimentaliste) et en substance ça disait "c'est bien joli de filmer la misère en Afrique mais ça ne fait rien avancer. Au contraire qd les bobos boycottent la perche du Nil c'est toute l'économie locale qui en souffre, et en premier les plus démunis." Le mec ajoutait que la manière dont l'introduction de la perche du Nil est traitée (titre du docu : un gros arrive et bouffe les petits) est super malhonnête : au lieu de faire un vraie enquête le gars se contente du cliché vendeur avec l'étiquette attrape-bobos sur Darwin. En fait tout n'est pas aussi simple et au bout ce docu pseudo minimaliste est encore plus racoleur qu'un Michael Moore petit Millésime puisqu'il prétend à la simplicité objective.
Finalement c'est le même argument que la télé-réalité : on ne fait rien de mal on filme la réalité telle que les gens la vivent (et veulent la voir...).
(*) Réponse de la Communauté de Katosi au film le Cauchemar de Darwin, DivX téléchargeable ici (réseau ed2k - eDonkey2000).
lundi 2 janvier 2006
Box-office Pp WE 01
1. LE MONDE DE NARNIA .................. 180 460 = 45 x 802
2. KING KONG (2005) ........................ 97 929 = 51 x 384
3. SAW II ...................................... 77 875 = 31 x 502
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU .. 69 592 = 49 x 284
5. THE CONSTANT GARDENER ........ 63 049 = 35 x 360
6. ESPRIT DE FAMILLE .............. 58 181 = 31x 375
7. ANGEL-A ......................... 51 538 = 43 x 240
8. CHICKEN LITTLE .............. 44 730 = 36 x 249
9. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES .. 36 739 = 40 x 184
10 PALAIS ROYAL ! ................... 30 366 = 30 x 202
(source : ciné-chiffres)
2. KING KONG (2005) ........................ 97 929 = 51 x 384
3. SAW II ...................................... 77 875 = 31 x 502
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU .. 69 592 = 49 x 284
5. THE CONSTANT GARDENER ........ 63 049 = 35 x 360
6. ESPRIT DE FAMILLE .............. 58 181 = 31x 375
7. ANGEL-A ......................... 51 538 = 43 x 240
8. CHICKEN LITTLE .............. 44 730 = 36 x 249
9. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES .. 36 739 = 40 x 184
10 PALAIS ROYAL ! ................... 30 366 = 30 x 202
(source : ciné-chiffres)
dimanche 1 janvier 2006
Bonne année mon cul
Et qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise...
Dieu merci, cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de « Bonjour à tous », j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.
En écoute audio ici sur Desproges.fr.
samedi 31 décembre 2005
Bonne année 2006 à tous !
Et tout ce que je vous souhaite c'est de meilleurs films que cette cuvée 2005 qui n'aura pas de peine à être oubliée.
Petite idée de DVD à s'offrir pour bien démarrer l'année : le coffret Charley Chase édité par Lobster films : une douzaine de "two-reelers" (courts de 20 min) hilarants mis en scène par Leo McCarey. Mighty like a Moose sur le DVD2 est un chef d'oeuvre du genre.
Et puis comme il ne faut surtout pas laisser la médiocrité s'installer à l'heure où la dématérialisation numérique promet de tout chambouler (pour le meilleur et malheureusement surtout pour le pire parce que le DVD a aiguisé l'appétit des plus voraces) le point de vue de Budd Schulberg, toujours aussi vert à 90 ans passés :
Petite idée de DVD à s'offrir pour bien démarrer l'année : le coffret Charley Chase édité par Lobster films : une douzaine de "two-reelers" (courts de 20 min) hilarants mis en scène par Leo McCarey. Mighty like a Moose sur le DVD2 est un chef d'oeuvre du genre.
Et puis comme il ne faut surtout pas laisser la médiocrité s'installer à l'heure où la dématérialisation numérique promet de tout chambouler (pour le meilleur et malheureusement surtout pour le pire parce que le DVD a aiguisé l'appétit des plus voraces) le point de vue de Budd Schulberg, toujours aussi vert à 90 ans passés :
In the old days, if you loved your picture, you fought for it. But now the mogul is Mr Bottom Line. The corporate wisdom is cut your losses. So Ali disappears. The second week you literally can’t find it. Same thing happened to Cinderella Man. And The Legend of Zorro, with Catherine Zeta-Jones and Antonio Banderas. Big names. Cost a bundle. Bomb.
Here’s how the great minds of Corporate Hollywood think: the Ben Affleck-Jennifer Lopez romance is hot hot hot. Let’s cash in on all the gossip. So they make Gigli, a movie so bad and empty it’s literally unwatchable. And these two young people aren’t bad actors. But they need a real story to tell, real characters to play. They need good writing. Which Gigli don’t got. Another bomb.
Or Shanghai Sunrise. How could they miss in a movie starring the just-married Madonna and Sean Penn with all that free and lubricious publicity about their steamy relationship? Again, another floppola because all the energy was put into the selling and not into the storytelling.
Almost without fail, the only serious films come from Europe, where they are still making them the old way, or from dedicated, truly independent film-makers such as Jim Jarmusch or Gus Van Sant. And I see the Weinstein brothers, Harvey and Bob, as a welcome throwback to the days of the moguls who cared about the movies and every so often were willing to take chances.
The Times Online - 15 Déc. 2005 (via Leloup)
mardi 27 décembre 2005
Professeur Cumulonimbus
Dans la série des clichés les plus lourdement répandus sur le grand écran figurent en bonne place :
Dans la catégorie intransigeant jusqu'au bout de la calculette malgré la louable intention de défendre la science et ses ouvriers dévoués mais aussi d'informer et divertir les masses le site INSULTINGLY STUPID MOVIE PHYSICS nous propose un regard affuté sur ces libertés que prend le cinéma, un peu trop systématiquement, pour nous amuser/nous abrutir (c'est pas l'intention qui compte à ce niveau mais bien le résultat final).
via Celtx.com
- la voiture qui explose au moindre accrochage (cliché qui peut s'avérer dangereux dans la réalité puisqu'il est déjà arrivé que des gens se pressent de sortir de leur voiture pour se retrouver sur/sous le capot d'une autre voiture)
- le savant fou, limite psychopathe et en tout cas seul car pas franchement sociable
- les rayons lasers visibles et bruyants
Dans la catégorie intransigeant jusqu'au bout de la calculette malgré la louable intention de défendre la science et ses ouvriers dévoués mais aussi d'informer et divertir les masses le site INSULTINGLY STUPID MOVIE PHYSICS nous propose un regard affuté sur ces libertés que prend le cinéma, un peu trop systématiquement, pour nous amuser/nous abrutir (c'est pas l'intention qui compte à ce niveau mais bien le résultat final).
via Celtx.com
lundi 26 décembre 2005
Box-office Pp WE 52
1. LE MONDE DE NARNIA ............. 194 552 = 44 x 884
2. KING KONG (2005) ................. 104 065 = 55 x 378
3. ANGEL-A ............................. 74 259 = 43 x 345
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ... 72 548 = 51 x 285
5. CHICKEN LITTLE ...................... 45 650 = 38 x 240
6. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES .. 35 603 = 41 x 174
7. PALAIS ROYAL ! ................... 23 928 = 33 x 145
8. LA VERITE NUE .................... 22 785 = 23 x 198
9. LE TIGRE ET LA NEIGE ............ 20 134 = 31 x 130
10 L'EXORCISME D'EMILY ROSE ...... 12 261 = 19 x 129
11 LE CACTUS ......................... 11 731 = 28 x 84
12 OLE ! ................................. 9 526 = 25 x 76
(source : ciné-chiffres)
2. KING KONG (2005) ................. 104 065 = 55 x 378
3. ANGEL-A ............................. 74 259 = 43 x 345
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ... 72 548 = 51 x 285
5. CHICKEN LITTLE ...................... 45 650 = 38 x 240
6. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES .. 35 603 = 41 x 174
7. PALAIS ROYAL ! ................... 23 928 = 33 x 145
8. LA VERITE NUE .................... 22 785 = 23 x 198
9. LE TIGRE ET LA NEIGE ............ 20 134 = 31 x 130
10 L'EXORCISME D'EMILY ROSE ...... 12 261 = 19 x 129
11 LE CACTUS ......................... 11 731 = 28 x 84
12 OLE ! ................................. 9 526 = 25 x 76
(source : ciné-chiffres)
mardi 13 décembre 2005
Besson est-il un con ?
Vous répondrez à cette question en gardant la tête froide comme si vous aussi vous aviez la force de frappe, en termes de communication, d'un Groluc ou d'un NaboNicoSarko. Exemple de réponse : "De deux choses l'une, ou Besson est un con et il est alors difficile de comprendre l'ampleur de ses succès, ou Besson n'est pas un con mais alors ce n'est pas la moitié d'un connard cynique."
Vous pourrez notamment vous poser les questions suivantes, sans pour autant vous y limiter :
Luc Besson a-t-il
1- Beaucoup d'humour ?
2- Un conscience de citoyen de qualité supérieure ?
3- Du bo du bon cynisme avec un joli plan média ?
Dans la série la communication lave les cerveaux plus blancs on ne peut guère faire mieux que cette finale des poids lourds option mégalo. Besson a acheté je ne sais combien de pages dans Première depuis quelques années et notamment ces derniers temps pour monter en épingle "Angel A" qui a déjà l'air de ne ressembler à rien. A défaut de faire des entrées au-delà de la première semaine bourrage de crane marketing son film peut racoler sans vergogne les fans de Jamel, pour rester dans la logique de ces gros-gras films Europacrap qui font du racolage démago auprès des jeunes.
Mon électorat
= (moutons qui bèlent pour moi) + (moutons indécis)
= (moutons qui bèlent pour moi) x (1 + communication)²
D'un autre côté j'avoue que Sarko mérite bien qu'on lui en remette une couche sur le terme de "racaille" parce qu'il se donne les moyens (toujours en termes de communication, faut arrêter de se laisser bluffer) de nous mettre de son côté, de nous faire oublier qu'il est avant tout un petit excité opportuniste. Et ça c'est quand même plus dangereux à court terme que les sorties de Groluc.
Message personnel : le propriétaire du véhicule "Taxi contre Sarkozilla" est prié, s'il veut arrêter de prendre les gens pour des cons et qu'il pense avoir des trucs intelligents à dire, de les faire publier dans les pages Horizon-débats du Monde, le journal de ceux qui confondent infos et suppos.
Vous pourrez notamment vous poser les questions suivantes, sans pour autant vous y limiter :
Luc Besson a-t-il
1- Beaucoup d'humour ?
2- Un conscience de citoyen de qualité supérieure ?
3- Du bo du bon cynisme avec un joli plan média ?
"Racaille", "pedigree", je n'ai rien entendu d'aussi violent depuis Le Pen et sa haine de la différence [...]
A la fin de Banlieue 13, on voit un ministre de l'Intérieur qui déclare "Y en a marre de cette racaille qui coûte une fortune à l'Etat". A tel point que je me demande si "Karcher 1er" n'a pas piqué les dialogues à Banlieue 13 [...]
Et puisque l'on parle de la drogue, la vraie, la dure, ce n'est pas dans le 93 qu'on la consomme le plus mais à Neuilly. Ce n'est donc pas le Karcher que (le ministre de l'Intérieur Nicolas) Sarkozy devrait passer chez lui mais l'aspirateur !
(Besson dans une interview promo pour Angel A à paraitre demain dans le cahier de publi-rédactionnels répondant au nom de Première)
Mon électorat
= (moutons qui bèlent pour moi) + (moutons indécis)
= (moutons qui bèlent pour moi) x (1 + communication)²
D'un autre côté j'avoue que Sarko mérite bien qu'on lui en remette une couche sur le terme de "racaille" parce qu'il se donne les moyens (toujours en termes de communication, faut arrêter de se laisser bluffer) de nous mettre de son côté, de nous faire oublier qu'il est avant tout un petit excité opportuniste. Et ça c'est quand même plus dangereux à court terme que les sorties de Groluc.
Message personnel : le propriétaire du véhicule "Taxi contre Sarkozilla" est prié, s'il veut arrêter de prendre les gens pour des cons et qu'il pense avoir des trucs intelligents à dire, de les faire publier dans les pages Horizon-débats du Monde, le journal de ceux qui confondent infos et suppos.
lundi 12 décembre 2005
Box-office Pp WE 50
1. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ..... 227 994 = 54 x 844
2. CHICKEN LITTLE ............................... 97 492 = 39 x 500
3. OLE ! ............................................ 59 501 = 44 x 270
4. PALAIS ROYAL ! ................................ 52 993 = 46 x 230
5. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES ........... 52 128 = 39 x 267
6. L'EXORCISME D'EMILY ROSE .................. 49 354 = 29 x 340
7. TROIS ENTERREMENTS ....................... 31 197 = 37 x 169
8. LE TEMPS QUI RESTE ......................... 19 551 = 24 x 163
9. ET SI C'ETAIT VRAI... ........................ 18 010 = 25 x 144
10 MATCH POINT ................................ 11 330 = 15 x 151
(source : ciné-chiffres)
2. CHICKEN LITTLE ............................... 97 492 = 39 x 500
3. OLE ! ............................................ 59 501 = 44 x 270
4. PALAIS ROYAL ! ................................ 52 993 = 46 x 230
5. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES ........... 52 128 = 39 x 267
6. L'EXORCISME D'EMILY ROSE .................. 49 354 = 29 x 340
7. TROIS ENTERREMENTS ....................... 31 197 = 37 x 169
8. LE TEMPS QUI RESTE ......................... 19 551 = 24 x 163
9. ET SI C'ETAIT VRAI... ........................ 18 010 = 25 x 144
10 MATCH POINT ................................ 11 330 = 15 x 151
(source : ciné-chiffres)
lundi 5 décembre 2005
Box-office Pp WE 49
1. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ...... 449 675 = 54 x 1 665
2. PALAIS ROYAL ! ................................. 98 586 = 46 x 429
3. TROIS ENTERREMENTS ......................... 44 637 = 41 x 218
4. ET SI C'ETAIT VRAI... ........................... 38 426 = 38 x 202
5. LE TEMPS QUI RESTE ........................... 34 519 = 26 x 266
(source : ciné-chiffres)
2. PALAIS ROYAL ! ................................. 98 586 = 46 x 429
3. TROIS ENTERREMENTS ......................... 44 637 = 41 x 218
4. ET SI C'ETAIT VRAI... ........................... 38 426 = 38 x 202
5. LE TEMPS QUI RESTE ........................... 34 519 = 26 x 266
(source : ciné-chiffres)
dimanche 4 décembre 2005
Ciné-o-logismes : Financements
Attention : ce topo n’est pas un topo exhaustif et veut juste survoler quelques points sur le financement pour des projets qui dépassent le petit court tourné entre amis sur un W-E.
Prenons quelqu’un qui veut faire un film, qu’il soit vraiment passionné ou simplement attiré par le côté paillettes (c’est essentiel de distinguer les deux parce qu’il y en a un qui veut simplement travailler avec des professionnels alors que l’autre veut surtout faire travailler des gens pour lui).
La première idée qui va nous venir c’est de chercher de l’argent dans sa propre poche. C’est une mauvaise idée pour plusieurs raisons : d’abord il faut savoir tracer un ligne entre son investissement purement « créatif » et son investissement financier. D’un côté on veut et on peut aller au bout de ses idées, de l’autre on a des chiffres avec lesquels on n’a pas le droit de jouer. La vérité première restant qu’on ne fera jamais tout tout seul il ne faut donc pas engager ses propres économies au-delà d’un investissement clairement limité dès le départ, en tout état de cause moins de 50% du budget total quoi qu’il arrive.
Bilan : en pratique et en moyenne les apports des producteurs plafonnent à 33%.
Concept fondammental donc c’est l’argent des autres, other people’s money. C’est une dure épreuve, un métier même dans lequel certains se sont spécialisés, mais c’est surtout une épreuve qui fait qu’on ne peut pas avancer sans avoir monté un dossier béton. Evidemment il y aura toujours une grand-mère qui vous prêtera de l’argent pour vos beaux yeux mais a priori votre métier c’est cinéaste ou producteur, pas gigolo.
Le banquier : trop cher, ne pas oublier que son métier n’est pas de prêter de l’argent mais d’en gagner. Le risque c’est pour vous à 100%. Si on prend des projets de long on a ce qu’on appelle des SOFICA qui permettent de boucler un plan de financement. Pour le client de la banque il s’agit d’un produit défiscalisé, pour la société de production il s’agit d’un partenaire gourmand (qui se paie en premier sur toutes les recettes et avec toutes les garanties possibles) mais souvent d’un mal nécessaire. On rejoint par là le cas du cinéaste qui voudrait s’autofinancer en faisant chauffer sa carte de crédit (genre rebelle de la société de consommation) : ya toujours des caractériels mais c’est jamais avec eux que les plus professionnels veulent bosser.
Bilan : 5 à 10% des financements en moyenne.
PARLONS UN PEU DU CNC…
Voyons un peu les sources de financement spécifiques au cinéma et encore plus spécifique à notre belle exception culturelle/ A moitié drôle ce gros raccourci américain sur le système d’aide au cinéma en France :
En fait la fameuse taxe TSA d’environ 11% prélevée sur chaque entrée alimente un compte de soutien automatique pour lequel les boites de prod françaises bénéficient de droits de tirage en fonction de leur propre contribution (les entrées réalisées sur les dernières années). C’est la partie aide automatique qui est là pour soutenir les nobles maisons bien installées qui font tourner le cinéma français. Ceci est complété par une aide sélective,en théorie plus ouverte aux autres boites de prod mais en fait une porte aussi étroite puisque c’est au sein de petits comités réunis au CNC que se décide ce qui mérite un soutient au nom de l’art plein axe ou de l’essai en coin. Pour ne pas m’étaler j’évoquerais juste au passage les effets pervers du soutien mécanisé pour les premiers films (premier collège) qui fait du système d’aide un joujou pour initiés au lieu de simplifier les démarches pour tout le monde.
Bilan : 15% (moyenne qui ne veut rien dire mais le CNC mériterait un gros dossier en 3 exemplaires à lui tout seul).
Pour ce qui est de Canal+ la chaîne du cinéma (et du sport et du chwal et du premier samedi du mois : tous en selle) contribue beaucoup mais a tendance cesdernières années à préférer quelques gros projets porteurs à un gros portefeuille de films d’envergure différente. Sur ce chapitre on touche en fait directement à la question des préachats TV : une chaîne va avancer de l’argent, pas par vocation mais pour avoir du contenu à diffuser voire à revendre (cf. contrats de distribution DVD). Sur quelques gros projets la chaîne peut aussi être co-productrice.
Bilan : 30%
Pour le reste il faut espérer un petit à-valoir distributeur ou se démener pour trouver des apports étrangers sans faire sourciller le CNC…
RECREATION
Jusqu’à il y a peu les américains se gavaient avec le système de soutien allemand en utilisant l’artifice légal du Sale and Leaseback, un genre de créativité diabolique des avocats d’affaire US qui a certainement beaucoup joué dans l’affaire de l’agrément CNC pour le dernier film de Jeunet.
Pour résumer le mécanisme : un studio US vend son projet de grosse production (Sale) à un partenaire allemand (qui peut donc bénéficier des mesures de défiscalisation locales) avec une clause de rachat après restitution du copyright (en crédit-bail = leasing d’où le Leaseback) et surtout à échéance des avantages fiscaux. Au final faire un film en passant par la Lorraine… enfin un peu plus loin, constituait un placement sûr pour les studios US qui s’assuraient un taux de 8 à 10% (décôte au rachat à la coquille vide allemande) sans avoir à se préoccuper des recettes générées par le film.
Lire les chroniques d'Ed Epstein, Hollywood Economist sur le sujet ici et là.
Comme je dis souvent : si la créativité en matière de montages financiers trouvait son équivalent sur les projets de films proprement dits on pourrait peut-être tous en profiter...
La première idée qui va nous venir c’est de chercher de l’argent dans sa propre poche. C’est une mauvaise idée pour plusieurs raisons : d’abord il faut savoir tracer un ligne entre son investissement purement « créatif » et son investissement financier. D’un côté on veut et on peut aller au bout de ses idées, de l’autre on a des chiffres avec lesquels on n’a pas le droit de jouer. La vérité première restant qu’on ne fera jamais tout tout seul il ne faut donc pas engager ses propres économies au-delà d’un investissement clairement limité dès le départ, en tout état de cause moins de 50% du budget total quoi qu’il arrive.
Bilan : en pratique et en moyenne les apports des producteurs plafonnent à 33%.
Concept fondammental donc c’est l’argent des autres, other people’s money. C’est une dure épreuve, un métier même dans lequel certains se sont spécialisés, mais c’est surtout une épreuve qui fait qu’on ne peut pas avancer sans avoir monté un dossier béton. Evidemment il y aura toujours une grand-mère qui vous prêtera de l’argent pour vos beaux yeux mais a priori votre métier c’est cinéaste ou producteur, pas gigolo.
Le banquier : trop cher, ne pas oublier que son métier n’est pas de prêter de l’argent mais d’en gagner. Le risque c’est pour vous à 100%. Si on prend des projets de long on a ce qu’on appelle des SOFICA qui permettent de boucler un plan de financement. Pour le client de la banque il s’agit d’un produit défiscalisé, pour la société de production il s’agit d’un partenaire gourmand (qui se paie en premier sur toutes les recettes et avec toutes les garanties possibles) mais souvent d’un mal nécessaire. On rejoint par là le cas du cinéaste qui voudrait s’autofinancer en faisant chauffer sa carte de crédit (genre rebelle de la société de consommation) : ya toujours des caractériels mais c’est jamais avec eux que les plus professionnels veulent bosser.
Bilan : 5 à 10% des financements en moyenne.
PARLONS UN PEU DU CNC…
Voyons un peu les sources de financement spécifiques au cinéma et encore plus spécifique à notre belle exception culturelle/ A moitié drôle ce gros raccourci américain sur le système d’aide au cinéma en France :
In France the film industry is subsidized by a hefty box-office tax on American films, the proceeds of which are distributed by Canal+ to French filmmakers.
En fait la fameuse taxe TSA d’environ 11% prélevée sur chaque entrée alimente un compte de soutien automatique pour lequel les boites de prod françaises bénéficient de droits de tirage en fonction de leur propre contribution (les entrées réalisées sur les dernières années). C’est la partie aide automatique qui est là pour soutenir les nobles maisons bien installées qui font tourner le cinéma français. Ceci est complété par une aide sélective,en théorie plus ouverte aux autres boites de prod mais en fait une porte aussi étroite puisque c’est au sein de petits comités réunis au CNC que se décide ce qui mérite un soutient au nom de l’art plein axe ou de l’essai en coin. Pour ne pas m’étaler j’évoquerais juste au passage les effets pervers du soutien mécanisé pour les premiers films (premier collège) qui fait du système d’aide un joujou pour initiés au lieu de simplifier les démarches pour tout le monde.
Bilan : 15% (moyenne qui ne veut rien dire mais le CNC mériterait un gros dossier en 3 exemplaires à lui tout seul).
Pour ce qui est de Canal+ la chaîne du cinéma (et du sport et du chwal et du premier samedi du mois : tous en selle) contribue beaucoup mais a tendance cesdernières années à préférer quelques gros projets porteurs à un gros portefeuille de films d’envergure différente. Sur ce chapitre on touche en fait directement à la question des préachats TV : une chaîne va avancer de l’argent, pas par vocation mais pour avoir du contenu à diffuser voire à revendre (cf. contrats de distribution DVD). Sur quelques gros projets la chaîne peut aussi être co-productrice.
Bilan : 30%
Pour le reste il faut espérer un petit à-valoir distributeur ou se démener pour trouver des apports étrangers sans faire sourciller le CNC…
RECREATION
Jusqu’à il y a peu les américains se gavaient avec le système de soutien allemand en utilisant l’artifice légal du Sale and Leaseback, un genre de créativité diabolique des avocats d’affaire US qui a certainement beaucoup joué dans l’affaire de l’agrément CNC pour le dernier film de Jeunet.
Pour résumer le mécanisme : un studio US vend son projet de grosse production (Sale) à un partenaire allemand (qui peut donc bénéficier des mesures de défiscalisation locales) avec une clause de rachat après restitution du copyright (en crédit-bail = leasing d’où le Leaseback) et surtout à échéance des avantages fiscaux. Au final faire un film en passant par la Lorraine… enfin un peu plus loin, constituait un placement sûr pour les studios US qui s’assuraient un taux de 8 à 10% (décôte au rachat à la coquille vide allemande) sans avoir à se préoccuper des recettes générées par le film.
Lire les chroniques d'Ed Epstein, Hollywood Economist sur le sujet ici et là.
Comme je dis souvent : si la créativité en matière de montages financiers trouvait son équivalent sur les projets de films proprement dits on pourrait peut-être tous en profiter...
lundi 28 novembre 2005
Le nez dans le tracas
1/ il y a le problème évident de la représentation visuelle des sensations olfactives qui caractérisent et guident le héros. Je veux bien imaginer une trouvaille technique (filmer le vent ? le point de vue de la particule de pollen à la Michael Bay ?) mais même en supposant que les gars aient trouvé la solution miracle, comment la décliner 10~20 fois dans le film sans jamais lasser ? Quelque part faire sentir des odeurs au cinéma c'est le comble de l'intellectualisation.
2/ le héros n'a rien de positif, c'est un inadapté social, donc pour le cinéma il faudrait trouver un point de vue extérieur qui raconte son histoire. Or précisemment l'intérêt du roman c'est d'être dans la tête du sieur Grenouille. Personnellement le roman m'a lassé, notamment dans la partie hermite en Auvergne (qu'on peut facilement zapper lors de l'adaptation) : on est entrainés dans une fascination morbide pour le héros qui ne peut pas fonctionner à l'image. Encore une fois le but du héros est totalement intellectuel, la quête de la perfection d'un seul sens en marge et contre la société nauséabonde. C'est à la fois élitiste et profondemment cynique : qui peut se prendre ça dans la tête pendant 1h30 à 2h ?
3/ Formule, flacon et volatilité. Est-ce que Le Silence des Agneaux marcherait du point de vue d'Hannibal Lecter ? Non, ça ferait un roman peut-être très prenant mais impossible à transcrire au ciné. Si on regarde la suite, Hannibal, qui est censée être plus centrée sur notre esthète cannibale Clarice Starling perd tout intérêt, toute profondeur parce qu'elle n'est plus en relation directe avec lui. Au contraire c'est le flic italien (superbe Giancarlo Giannini) qui permet au film de prendre forme, à Hannibal d'incarner le Mal dans l'ombre donc à la tension de se créer sans dégoûter le spectateur en le forçant à vivre 24h/24 avec un psychopathe.
Howard Howaks a reconnu avoir commis ce que j'appelle une "erreur de flacon" sur Bringing up Baby : tous les personnages tombent dans le burlesque et trop de burlesque ubuesque (à l'image d'Howard Hugues cherchant de gros nuages pour filmer la sensation de vitesse, sans référentiel de normalité le délire perd toute saveur).
MARCHER AU FLAIR, A L'ORGUEIL ET SENTIR LE SAPIN
Soit dit en passant l'article montre vraiment comment les journaleux de ciné ne font pas leur boulot et recrachent le discours au cordeau des attachés de presse : si Kubrick, Ridley Scott ou Scorsese n'ont pas fait ce film ce n'est pas un hasard, c'est qu'ils ont tous vite abandonné l'idée de cette adaptation impossible. Oui c'est un beau défi pour un jeune réalisateur mais je crois qu'il faut savoir être réaliste avant de laisser le champ libre à son orgueil de créateur : le film pourra être très très joli mais personne ne voudra le voir. En tout cas personne ne pourra le sentir.
Big Broothel
Google has been aggressive about collecting information about its users' activities online. It stores their search data, possibly forever, and puts "cookies" on their computers that make it possible to track those searches in a personally identifiable way - cookies that do not expire until 2038. Its e-mail system, Gmail, scans the content of e-mail messages so relevant ads can be posted. Google's written privacy policy reserves the right to pool what it learns about users from their searches with what it learns from their e-mail messages, though Google says it won't do so. It also warns that users' personal information may be processed on computers located in other countries.
The government can gain access to Google's data storehouse simply by presenting a valid warrant or subpoena. Under the Patriot Act, Google may not be able to tell users when it hands over their searches or e-mail messages. If the federal government announced plans to directly collect the sort of data Google does, there would be an uproar - in fact there was in 2003, when the Pentagon announced its Total Information Awareness program, which was quickly shut down.
Adam Cohen NYT 28-Nov
Box-office Pp WE 48
1. PALAIS ROYAL ! ................... 185 006 = 45 x 822
2. ET SI C'ETAIT VRAI... .............. 69 411 = 38 x 365
3. TROIS ENTERREMENTS ............. 63 792 = 41 x 311
4. LE PETIT LIEUTENANT .............. 36 657 = 37 x 198
5. DOMINO .............................. 34 750 = 34 x 204
6. LES CHEVALIERS DU CIEL ........... 29 694 = 34 x 175
7. MATCH POINT ........................ 29 460 = 30 x 196
8. JOYEUX NOEL ......................... 27 915 = 38 x 147
9. FLIGHT PLAN ......................... 26 990 = 29 x 186
10 A HISTORY OF VIOLENCE ........... 24 336 = 30 x 162
(source : ciné-chiffres)
2. ET SI C'ETAIT VRAI... .............. 69 411 = 38 x 365
3. TROIS ENTERREMENTS ............. 63 792 = 41 x 311
4. LE PETIT LIEUTENANT .............. 36 657 = 37 x 198
5. DOMINO .............................. 34 750 = 34 x 204
6. LES CHEVALIERS DU CIEL ........... 29 694 = 34 x 175
7. MATCH POINT ........................ 29 460 = 30 x 196
8. JOYEUX NOEL ......................... 27 915 = 38 x 147
9. FLIGHT PLAN ......................... 26 990 = 29 x 186
10 A HISTORY OF VIOLENCE ........... 24 336 = 30 x 162
(source : ciné-chiffres)
mardi 22 novembre 2005
Quand la musique est bonne
Pour anticiper sur les prochains posts de Ron je dirais que Live and Let Die est certainement la plus connue, pas seulement par les nostalgiques de l'Heure de Vérité, mais parce que la partie instrumentale du morceau de Paul McCartney (and the Wings) est certainement ce qui se rapproche de la puissance du James Bond Theme [voir dernier §]. Le film lui est un des pires opus avec Goldeneye (Martin "Bourrin" Campbell will be back... aux abris !). En revanche j'ai un faible pour Mr Kiss Kiss Bang Bang et son support visuel, et puis surtout pour l'emblématique Nobody Does it Better sur The Spy who Loved Me (le premier JB que j'ai vu, à 8 ans, featuring la délicieuse Barbara Bach, future Mme Ringo Starr, très tarte avec Richard Kiel dans les parages mais délicieuse quand même).
Pour les 80s je mentionnerai juste Duran Duran pour A View to a Kill parce que je le veux bien.
Bref tout ça ne nous dit pas qui est l'auteur de l'éternel James Bond Theme. Officiellement c'est Monty Norman (un gars qui n'a pas fait grand chose d'autre) alors que John Barry (un des plus grands compositeurs du cinéma, 5 oscars etc.) n'aurait assuré que les arrangements et l'orchestration.
En fait John Barry a été embauché en urgence pour fournir un thème marquant, chose que Monty Norman c'était avéré incapable de faire. Barry a bossé pour £250 durant 15j intensifs (juin 62) et l'alléchante perspective de travailler sur les adaptations des romans suivants de Ian Fleming (Norman, lui, avait un contrat béton pour être le seul compositeur crédité sur Dr No). Il ne fait aucun doute, à la lecture de ce compte-rendu de procès, que Barry a fait l'essentiel du travail créatif même s'il a travaillé sur une ou deux bases musicales isolées, extraites des compositions de l'autre. Si le jury n'a pas été convaincu c'est pour une question de subtilités juridico-techniques : Norman est simplement l'inspiration originale du fameux solo (riff) de guitare que Barry développe, transforme pour en faire un truc génial.
Alors si officiellement il n'est même pas co-auteur (il touche quand même des royalties pour sa "contribution technique"), comme on dit chez lui : talent speaks volumes.
lundi 21 novembre 2005
Box-office Pp WE 47
1. LE PETIT LIEUTENANT .......... 71 801 = 37 x 388
2. LES CHEVALIERS DU CIEL ....... 54 402 = 42 x 259
3. FLIGHT PLAN ...................... 52 806 = 39 x 271
4. MATCH POINT ...................... 47 054 = 41 x 230
5. JOYEUX NOEL ....................... 46 475 = 43 x 216
6. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 42 076 = 40 x 210
7. IN HER SHOES ....................... 36 168 = 31 x 233
8. DOOM ................................. 24 518 = 17 x 288
9. LA LEGENDE DE ZORRO .............. 23 996 = 32 x 150
10 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU ......... 23 298 = 27 x 173
(source : ciné-chiffres)
2. LES CHEVALIERS DU CIEL ....... 54 402 = 42 x 259
3. FLIGHT PLAN ...................... 52 806 = 39 x 271
4. MATCH POINT ...................... 47 054 = 41 x 230
5. JOYEUX NOEL ....................... 46 475 = 43 x 216
6. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 42 076 = 40 x 210
7. IN HER SHOES ....................... 36 168 = 31 x 233
8. DOOM ................................. 24 518 = 17 x 288
9. LA LEGENDE DE ZORRO .............. 23 996 = 32 x 150
10 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU ......... 23 298 = 27 x 173
(source : ciné-chiffres)
dimanche 20 novembre 2005
Film catastrophe
Ne réglez pas votre téléviseur c'est vous qui êtes dans une histoire vraie camouflée avec des éléments de fiction intériorisés.
Si vous cherchez une analyse un peu plus fine que le tout-venant médiatique des émeutes du mois écoulé vous feriez bien de lire Baudrillard dans Libé de vendredi dernier.
Pas rassurant ? Si les frères Wachowski citent Baudrillard dans Matrix nous on n'aura pas d'élu pour venir reprogrammer la machine mais ça peut être utile de bien comprendre qu'on voit toujours mieux le malaise dans l'oeil de son voisin que le malaise de la charpente sous laquelle on vit.
Voir aussi l'interview dans le NYT magazine d'aujourd'hui :
ACFpoker
Si vous cherchez une analyse un peu plus fine que le tout-venant médiatique des émeutes du mois écoulé vous feriez bien de lire Baudrillard dans Libé de vendredi dernier.
Pas rassurant ? Si les frères Wachowski citent Baudrillard dans Matrix nous on n'aura pas d'élu pour venir reprogrammer la machine mais ça peut être utile de bien comprendre qu'on voit toujours mieux le malaise dans l'oeil de son voisin que le malaise de la charpente sous laquelle on vit.
Voir aussi l'interview dans le NYT magazine d'aujourd'hui :
At 76, you are still pushing your famous theory about "simulation" and the "simulacrum," which maintains that media images have become more convincing and real than reality.
All of our values are simulated. What is freedom? We have a choice between buying one car or buying another car? It's a simulation of freedom.
So you don't think that the U.S. invaded Iraq to spread freedom?
What we want is to put the rest of the world on the same level of masquerade and parody that we are on, to put the rest of the world into simulation, so all the world becomes total artifice and then we are all-powerful. It's a game.
ACFpoker
lundi 14 novembre 2005
Protocolique
Où le Da Vinci Code n'a pas fini de faire vendre du papier-cul...
Le Monde 2 de la semaine dernière (samedi 5/11, signalé par Leloup) reflète assez bien les limites des news magazines français : obligés de faire du sensationnel sans aucune pondération là où le supplément week-end du NYT par exemple fait la part belle au journalisme. Il faut dire que le format papier glacé est avant tout un support publicitaire. Autant la télé s'allume (presque) toute seule autant il faut trouver un moyen de faire acheter un magazine.
Quand l'Express ou le Point ferait une énième couv sur les francs-maçons le Monde² se la joue contre-pied et veut mettre en perspective les théories du complot dans notre monde moderne à nous. Appelé pour l'occasion Pierre-André Taguieff, auteur d'une somme compilation/exégèse des tristement pas si célèbres que ça Protocoles des Sages de Sion, et à ce titre autoproclamé spécialiste ès complots. (Pour ceux que le sujet intéresse je conseille plutôt la mise en perspective historique de l'antisémitisme et l'histoire des protocoles racontée de manière limpide, concentrée donc d'autant plus percutante -quoique le livre date de 40 ans-, par Norman Cohn. Réédité chez Folio : Histoire d'un Mythe).
Taguieff donc nous la joue : Attention les théories du complot prennent de plus en plus de place dans l'imaginaire collectif comme en témoigne différents succès de la culture populaire des X-files au Da Vinci Code ce qui contribue à affaiblir la démocratie (ce n'est pas une citation, je résume et mes risques horripilent). Soit. Le problème c'est qu'en jouant le monsieur Complots, tel Michel Chevalet s'enflammant tout seul pour scientificiser le drame de Challenger au JT de tf1, Taguieff se prend très au sérieux. A force de travailler sur les complots il voit de la théorie des complots partout et donc il s'en sert pour y réduire des opinions qui lui déplaisent. L'altermondialisme et la peur du libéralisme économique ? Un vague mais terrifiant mouvement d'anxiété générale qui s'apparente à une théorie d'un "méga-complot" de la mondialisation.
Une connerie pareille participe du même mécanisme que Taguieff veut dénoncer : simplification, amalgame puis théorisation outrancière. Les théories du complot marchent comme ça, il suffit d'isoler quelques images, de forcer le trait puis de raconter une histoire qui lie le tout. L'histoire de Taguieff c'est qu'il est spécialiste de la question, donc on ne lui la fait pas. Si tu n'es pas d'accord avec le monsieur c'est soit que tu es trop con soit que tu es en train de te faire une petite théorie du complot espèce de débutant !
La manipulation existe à tous les niveaux, qui pourrait le nier ? C'est un outil de la vie sociale, politique et économique. La manipulation systématisée par la publicité et au sens large par le marketing c'est un fait avec lequel on peut apprendre à vivre, mais pour ça il faudrait déjà qu'on fasse l'effort de s'informer par soi-même. C'est d'autant plus dûr que l'information, l'analyse approfondie et distincte de l'opinion, la mise en perspective coupée de l'actualité à chaud se font rares. Sans parler de la sincérité des hommes politiques qui nous veulent toujours du bien sans jamais vraiment oser le faire.
C'est moi où ya qu'en France qu'on a des intellectuels officiels qui peuvent débiter sérieusement des conneries plus grosses qu'eux sans connaitre de contradiction ?
Le Monde 2 de la semaine dernière (samedi 5/11, signalé par Leloup) reflète assez bien les limites des news magazines français : obligés de faire du sensationnel sans aucune pondération là où le supplément week-end du NYT par exemple fait la part belle au journalisme. Il faut dire que le format papier glacé est avant tout un support publicitaire. Autant la télé s'allume (presque) toute seule autant il faut trouver un moyen de faire acheter un magazine.
Quand l'Express ou le Point ferait une énième couv sur les francs-maçons le Monde² se la joue contre-pied et veut mettre en perspective les théories du complot dans notre monde moderne à nous. Appelé pour l'occasion Pierre-André Taguieff, auteur d'une somme compilation/exégèse des tristement pas si célèbres que ça Protocoles des Sages de Sion, et à ce titre autoproclamé spécialiste ès complots. (Pour ceux que le sujet intéresse je conseille plutôt la mise en perspective historique de l'antisémitisme et l'histoire des protocoles racontée de manière limpide, concentrée donc d'autant plus percutante -quoique le livre date de 40 ans-, par Norman Cohn. Réédité chez Folio : Histoire d'un Mythe).
Taguieff donc nous la joue : Attention les théories du complot prennent de plus en plus de place dans l'imaginaire collectif comme en témoigne différents succès de la culture populaire des X-files au Da Vinci Code ce qui contribue à affaiblir la démocratie (ce n'est pas une citation, je résume et mes risques horripilent). Soit. Le problème c'est qu'en jouant le monsieur Complots, tel Michel Chevalet s'enflammant tout seul pour scientificiser le drame de Challenger au JT de tf1, Taguieff se prend très au sérieux. A force de travailler sur les complots il voit de la théorie des complots partout et donc il s'en sert pour y réduire des opinions qui lui déplaisent. L'altermondialisme et la peur du libéralisme économique ? Un vague mais terrifiant mouvement d'anxiété générale qui s'apparente à une théorie d'un "méga-complot" de la mondialisation.
Une connerie pareille participe du même mécanisme que Taguieff veut dénoncer : simplification, amalgame puis théorisation outrancière. Les théories du complot marchent comme ça, il suffit d'isoler quelques images, de forcer le trait puis de raconter une histoire qui lie le tout. L'histoire de Taguieff c'est qu'il est spécialiste de la question, donc on ne lui la fait pas. Si tu n'es pas d'accord avec le monsieur c'est soit que tu es trop con soit que tu es en train de te faire une petite théorie du complot espèce de débutant !
La manipulation existe à tous les niveaux, qui pourrait le nier ? C'est un outil de la vie sociale, politique et économique. La manipulation systématisée par la publicité et au sens large par le marketing c'est un fait avec lequel on peut apprendre à vivre, mais pour ça il faudrait déjà qu'on fasse l'effort de s'informer par soi-même. C'est d'autant plus dûr que l'information, l'analyse approfondie et distincte de l'opinion, la mise en perspective coupée de l'actualité à chaud se font rares. Sans parler de la sincérité des hommes politiques qui nous veulent toujours du bien sans jamais vraiment oser le faire.
Si la religion du progrès ne nourrit plus les âmes, si les promesses du communisme ne font plus chanter les masses, si l'on attend rien du libéralisme ou de la mondialisation heureuse, il ne reste que la vision du pire.Beurk. Dire que si l'on se croit manipulés c'est qu'on est des faibles d'esprit, qu'on devrait se contenter d'une bonne vieille méthode Coué (en application anale et au dodo), j'ai rarement vu plus malhonnête et nauséabond. Et vicieux en plus puisque le gars est censé dénoncer par le menu les illuminés de la conspiration de gros.
C'est moi où ya qu'en France qu'on a des intellectuels officiels qui peuvent débiter sérieusement des conneries plus grosses qu'eux sans connaitre de contradiction ?
Box-office Pp WE 46
1. LES CHEVALIERS DU CIEL ..... 116 294 = 42 x 554
2. FLIGHT PLAN .................... 102 037 = 38 x 537
3. JOYEUX NOEL ..................... 79 731 = 42 x 380
4. MATCH POINT ...................... 78 851 = 48 x 329
5. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 65 837 = 40 x 329
6. LA LEGENDE DE ZORRO ............. 54 859 = 37 x 297
7. 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU ......... 41 180 = 28 x 294
8. WALLACE ET GROMIT .................. 32 640 = 32 x 204
9. LA BOITE NOIRE ........................... 31 809 = 36 x 177
10 LES NOCES FUNEBRES ..................... 31 621 = 37 x 171
(source : ciné-chiffres)
2. FLIGHT PLAN .................... 102 037 = 38 x 537
3. JOYEUX NOEL ..................... 79 731 = 42 x 380
4. MATCH POINT ...................... 78 851 = 48 x 329
5. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 65 837 = 40 x 329
6. LA LEGENDE DE ZORRO ............. 54 859 = 37 x 297
7. 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU ......... 41 180 = 28 x 294
8. WALLACE ET GROMIT .................. 32 640 = 32 x 204
9. LA BOITE NOIRE ........................... 31 809 = 36 x 177
10 LES NOCES FUNEBRES ..................... 31 621 = 37 x 171
(source : ciné-chiffres)
dimanche 13 novembre 2005
Guerre et pellicule
Le supplément week-end du New-York Times se décline sur le thème de Hollywood et la guerre.
Behind Foreign Lines - L'essai du critique en chef Manhola Dargis s'attache à quelques comparaisons pour décrire l'approche largement majoritaire du film de guerre américain : du divertissement qui passe par le spectaculaire et le manichéen. Cette démagogie de la guerre à l'écran est d'autant plus sensible dans Saving Private Ryan que Spielberg sépare nettement les deux : d'abord spectaculaire hyper-réaliste puis film de guerre plan-plan avec de gentils soldats US proprement consciencieux aux prises avec des méchants nazis dressés pour tuer.
Sommaire complet du NYT magazine par là. Beaucoup d'articles a priori passionnants : more on that later.
Behind Foreign Lines - L'essai du critique en chef Manhola Dargis s'attache à quelques comparaisons pour décrire l'approche largement majoritaire du film de guerre américain : du divertissement qui passe par le spectaculaire et le manichéen. Cette démagogie de la guerre à l'écran est d'autant plus sensible dans Saving Private Ryan que Spielberg sépare nettement les deux : d'abord spectaculaire hyper-réaliste puis film de guerre plan-plan avec de gentils soldats US proprement consciencieux aux prises avec des méchants nazis dressés pour tuer.
There is a scene in Steven Spielberg's "Saving Private Ryan" in which a Nazi slowly slides a knife into the heart of an American soldier. Much like that film's famous opening, the nearly half-hour D-Day landing during which thousands of Americans are cut down on the beach, the knifing is unsettling viewing. Spielberg makes the sacrifice of the soldiers horrifyingly, flinchingly vivid. But what he and most American filmmakers never show is war's other reality: that the soldiers left standing will have to sacrifice the enemy in turn. In "Saving Private Ryan," we watch American soldiers meet their grisly end, but we never see the grisly work required of them to win the war.Film annonce ici
Sommaire complet du NYT magazine par là. Beaucoup d'articles a priori passionnants : more on that later.
lundi 7 novembre 2005
Box-office Pp WE 45
1. MATCH POINT ...................... 96 611 = 48 x 403
2. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 96 138 = 39 x 493
3. LA LEGENDE DE ZORRO ............. 69 336 = 44 x 315
4. LA BOITE NOIRE ....................... 48 827 = 36 x 271
5. LES NOCES FUNEBRES ................. 43 821 = 45 x 195
6. IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUED ...... 39 840 = 27 x 295
7. RENCONTRES A ELIZABETHTOWN ...... 39 375 = 33 x 239
8. WALLACE ET GROMIT ..................... 35 263 = 44 x 160
9. OLIVER TWIST ............................... 33 483 = 46 x 146
10 COMBIEN TU M'AIMES ? ...................... 27 012 = 36 x 150
(source : ciné-chiffres)
2. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 96 138 = 39 x 493
3. LA LEGENDE DE ZORRO ............. 69 336 = 44 x 315
4. LA BOITE NOIRE ....................... 48 827 = 36 x 271
5. LES NOCES FUNEBRES ................. 43 821 = 45 x 195
6. IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUED ...... 39 840 = 27 x 295
7. RENCONTRES A ELIZABETHTOWN ...... 39 375 = 33 x 239
8. WALLACE ET GROMIT ..................... 35 263 = 44 x 160
9. OLIVER TWIST ............................... 33 483 = 46 x 146
10 COMBIEN TU M'AIMES ? ...................... 27 012 = 36 x 150
(source : ciné-chiffres)
mercredi 2 novembre 2005
BO Paris-RP semaine 44
1. MATCH POINT ................ 204 134 = 48 x 608
2. LA LEGENDE DE ZORRO ...... 210 744 = 44 x 684
3. LES NOCES FUNEBRES ......... 117 690 = 46 x 365
4. WALLACE ET GROMIT .......... 103 854 = 48 x 309
5. OLIVER TWIST .................... 84 976 = 49 x 248
6. COMBIEN TU M'AIMES ? ........... 80 862 = 36 x 321
7. IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUED . 80 329 = 31 x 370
8. RED EYE ............................ 53 187 = 21 x 362
9. LES FRERES GRIMM .............. 39 617 = 25 x 226
10 LES PARRAINS ................... 38 244 = 31 x 176
(source : ciné-chiffres)
2. LA LEGENDE DE ZORRO ...... 210 744 = 44 x 684
3. LES NOCES FUNEBRES ......... 117 690 = 46 x 365
4. WALLACE ET GROMIT .......... 103 854 = 48 x 309
5. OLIVER TWIST .................... 84 976 = 49 x 248
6. COMBIEN TU M'AIMES ? ........... 80 862 = 36 x 321
7. IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUED . 80 329 = 31 x 370
8. RED EYE ............................ 53 187 = 21 x 362
9. LES FRERES GRIMM .............. 39 617 = 25 x 226
10 LES PARRAINS ................... 38 244 = 31 x 176
(source : ciné-chiffres)
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