jeudi 2 mars 2006

A propos de Darwin - suite et fin

Confrontation du réalisateur Hubert Sauper et de François Garçon, l'historien qui a centralisé les critiques que l'on pouvait faire sur le Le Cauchemar de Darwin.

Dialogue de sourds évidemment. Etant du côté critique puisque ce docu m'a semblé d'entrée malhonnête je trouve les réponses du réalisateur de très mauvaise foi, voire carrément nauséeuses quand il a recours, pour argumenter par analogie, à une anecdote sur un cliché des camps de concentration, ou en faisant un parallèle vérité documentaire/pornographie.

Bref j'ose espérer que ceux qui ont apprécié (?) le film auront les yeux ouverts dans cette interview sur les défauts rédhibitoires du documentaire :
- montage pour suggérer que le trafic d'arme est indiscociable du commerce de la perche et qui n'est étayé par aucun fait, aucune enquête (le dernier recours du réal : la poésie pure de l'image, les avions qui attérissent, les avions qui redécollent).
- misérabilisme à outrance (attrape-bobo, ce que veulent voir les spectateurs occidentaux), sans nuance et sous couvert d'objectivité absolue : la caméra tourne, les gens parlent, les images parlent d'elles-mêmes.
- point non-évoqué dans l'interview : la prétendue catastrophe écologique de l'introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria, sujet central du film avec le trafic d'armes suggéré jusqu'à plus soif. Hubert Sauper se contente de caler un sujet sur la question sans faire, une fois de plus, de recherches personnelles. Or tout n'est pas aussi simple que le gros poisson, introduit par des méchants blancs, qui vient manger les petits poissons.

La question de la responsabilité (ou plutôt irresponsabilité) du réalisateur ne m'intéresse pas vraiment dans la mesure où le succès d'un film échappe forcément à ses auteurs, en revanche niveau malhonnêteté intellectuelle on a attrapé un sacré mastard qui joue les prudes derrière son objectif.
Pour reprendre un échange célèbre je dirais à ce monsieur Sauper, bien calé maintenant dans les louanges et les récompenses qu'il a collectionnées, qu'il est à la fois un documentariste de la misère et la misère des documentaristes.

>> lire aussi la contre-enquête du Monde reproduit sur ce blog. Toujours aussi mou du gland le Monde se contente d'une enquête sur les faits alors que ce qui compte c'est la malhonnêteté cinématographique de la démarche. Dans l'échantillon d'interview Sauper suggère cette fois pour se défendre qu'il est victime d'un complot des marchands d'armes alors qu'il est à peine un mauvais réalisateur de documentaire...

mercredi 1 mars 2006

Our Brand is Crisis

Documentaire qui s'annonce très intéressant (surtout pour ceux qui ont encore des illusions à perdre sur la politique) qui traite en détail de la victoire inattendue de Gonzalo Sanchez de Lozada lors des présidentielles boliviennes de 2002, grace à ses super-consultants américains en marketing stratégico-politique :
At first, the goal seems unattainable, especially considering he wasn't all that popular the first time around, not to mention that Bolivia was on the brink of a violent political uprising. Undaunted, the GCS consultants work their magic as if it were a game, shrewdly devising ways to sell a new and improved Mr. Sánchez de Lozada to the public. Endorsements and smear campaigns are conceived for television, general brainstorming sessions and focus groups are held, and the impact each has is thoroughly analyzed. The unrestricted access we are given to these discussions that would normally take place behind closed doors is astounding, even if the "victory" ultimately gained for Mr. Sánchez de Lozada is truly unsettling. Perhaps the only thing left to be desired from this momentous documentary is a reference to the size of the consultants' paycheck — or their consciences.

Laura Kern NYT 1-mar-2006

lundi 27 février 2006

Box-office Pp WE 09


1. L'IVRESSE DU POUVOIR ......... 97 250 = 35 x 556
2. SYRIANA ...................... 83 010 = 39 x 426
3. REUSSIR OU MOURIR ............ 82 047 = 35 x 469
4. FAUTEUILS D'ORCHESTRE ........ 81 027 = 44 x 368
5. BRAQUEURS AMATEURS ........... 63 277 = 33 x 383
6. LES BRONZES 3 ................ 62 910 = 50 x 252
7. PETITES CONFIDENCES (A MA PSY) 48 096 = 32 x 301
8. LE NOUVEAU MONDE ............. 36 806 = 40 x 184

(source : ciné-chiffres)

mercredi 22 février 2006

A propos de Darwin #2

Je n'ai pas particulièrement de raisons d'être fier d'avoir trouvé le Cauchemar de Darwin très manipulateur, très pseudo-objectif et totalement creux. Mais ça fait plaisir que certains fouillent pour démonter ce qui serait une supercherie s'il remportait le César mais qui n'est jusqu'ici qu'un docu bobodémago réussi, c'est à dire un documentaire médiocre.
la perche du Nil a été introduite dans les années 50 dans le cadre d'un programme de développement de l'OCDE, et que les seuls à s'opposer à ce type de politique à l'époque se comptaient dans les rangs de l'extrême droite. Le film laisse à penser que l'intégralité du poisson file vers les pays riches. Or, selon Garçon, «74 % de ce qui est pêché dans le lac Victoria n'est pas exporté, et 40 % de ce total sera consommé sur place».
J'aime bien la dernière phrase de cet article du Libé de samedi 18 :
Le réalisateur répond par une lettre furieuse mais peu argumentée.

lundi 13 février 2006

La porte ouverte à toutes les fenêtres

On n'en parle bizarrement assez peu en France mais le coup de Trafalgar de Soderbergh (et de son fourvoyeur de fonds Todd Wagner) est sorti selon une approche qui se veut "révolutionnaire", à savoir quasi-simulatnément dans (quelques) salles, en pay-per-view (donc télé + internet) et en DVD. Libé revient sur le contexte :
Voilà plusieurs mois déjà que Variety, bulletin suprême de la paroisse Hollywood, avait dramatiquement annoncé le geste de Soderbergh sous le titre «War of the windows !». Il pointait par là la vraie nature d'un problème dont la traduction est aisée puisque nous appelons nous aussi «fenêtres» ces temporalités successives qui organisent le calendrier des supports par lesquels un film est accessible au public : sortie en salles, DVD, diffusion pay-per-view sur câble et satellite, diffusion aux abonnés TPS et CanalSat, puis diffusion sur chaînes hertziennes (à quoi il faut parfois enchâsser des niches : vidéoclubs, hôtels, avions, etc.).

C'est dans ce bel édifice que Soderbergh et complices ont mis un coup de tatane hardi : «L'industrie et, plus important encore, les consommateurs sont prêts à entendre quelqu'un leur dire qu'aujourd'hui tout ceci n'a plus aucun sens, avance Todd Wagner. Le vieux modèle n'est plus en phase avec la façon dont le public veut désormais consommer l'entertainment.»

Entre Soderbergh qui s'est toujours pris pour un artiste d'avant-garde et ce marchand de tapis on a une belle vision du genre de raisonnement absurde qui peut germer dans des cerveaux où l'ego est régulièrement flatté, par des mots, par des chiffres, au point d'en arriver à croire pouvoir créer sa propre réalité.
Ceux qui ont un tant soit peu les pieds sur terre savent que si on place la naissance du cinéma avec la première projection publique des frères Lumière et pas avec les boites à images d'Edison c'est bien parce que le cinéma n'existe que comme un loisir de masse où les gens sortent de chez eux pour aller au spectacle. Que les plus petites salles ne soient plus rentables et qu'il faille faire des kilomètres pour en trouver une dans certaines régions moins urbanisées c'est une autre question et c'est même prendre le problème à l'envers que de vouloir faire des films pour le spectateur qui, a priori, n'aurait pas su qu'ils existaient.
C'est une maladie américaine de faire du populisme sous couvert d'optimisme et de bon sens national, cependant je dois dire qu'on n'est pas à l'abri en France où ce n'est pas les réflexions constructives qui font avancer le débat mais plutôt un équilibre plus ou moins heureux entre des centres d'inertie.

Box-office Pp WE 07


1. LES BRONZES 3 ............. 231 252 = 52 x 889
2. L'HONNEUR DU DRAGON ........ 65 110 = 29 x 449
3. TOUTE LA BEAUTE DU MONDE ... 59 451 = 38 x 313
4. BAMBI 2 .................... 52 366 = 36 x 291
5. INCONTROLABLE .............. 47 635 = 39 x 244
6. MUNICH ..................... 47 089 = 50 x 188
7. NANNY MCPHEE ............... 40 825 = 23 x 355
8. BROKEBACK MOUNTAIN ......... 40 547 = 34 x 239

(source : ciné-chiffres)

mardi 7 février 2006

Qu'est-ce qu'on en a à secouer des Oscars #2006-2

Manohla Dargis, critique en chef du NYT, répond aux questions des lecteurs sur les Oscars. Première question, évidemment : qu'est-ce qu'on en a à secouer  ?
Q. Why do you care about the Oscars?
— G. D. Avazrahani, New York City

A. Well, for starters I love Old Hollywood, so anything even remotely connected to the golden age of studio filmmaking interests me. New Hollywood pales by comparison, of course – though the specialty divisions are helping to ease the pain – but even its simulacrum of old-school glamour and sex is hard to resist. Then there’s the fact that while the Oscars are reliably irritating and often just plain stupid – and boring and silly and wrong – sometimes they draw attention to worthy films and give a boost to equally worthy filmmakers, like the 1997 multiple-nominee Curtis Hanson. (I also like the dresses.)

lundi 6 février 2006

Box-office Pp WE 06


1. LES BRONZES 3 .............. 422 362 = 52 x 1624
2. MUNICH ...................... 67 318 = 53 x 254
3. BAMBI 2 ..................... 50 728 = 35 x 290
4. BROKEBACK MOUNTAIN .......... 49 976 = 36 x 278
5. SHEITAN ..................... 48 953 = 33 x 297
6. LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE
  .............................. 36 541 = 31 x 236
7. JE VOUS TROUVE TRES BEAU .... 27 940 = 31 x 180
8. ORGUEIL & PREJUGES .......... 24 394 = 20 x 244
9. LORD OF WAR ................. 21 767 = 22 x 198
10 ZATHURA UNE AVENTURE SPATIALE 21 197 = 26 x 163

(source : ciné-chiffres)

mercredi 1 février 2006

Comique sous anti-dépresseurs

Une analyse parmi d'autres ce matin sur des personnages que le public préfèrera peut-être dans leur enveloppe éternellement jeune. Jeune con c'est marrant, vieux con c'est ridicule mais jeune con devenu vieux con c'est navrant.
Accuser les ex-membres du Splendid de ne vouloir «que du fric» relève évidemment du pur fantasme. Au fond, les raisons d'un tel retour paraissent même beaucoup moins avouables. Hypothèse: arrivés à la cinquantaine, les anciens camarades du Lycée Pasteur de Neuilly ont pris un solide coup à l'ego face à la montée en flèche d'une nouvelle génération de comiques.

Si certains, comme Gérard Jugnot ou Michel Blanc, ont su négocier le tournant de la cinquantaine - le premier en se transformant en Père La France sauce Batignole, le second en laissant libre cours à un humour désespéré devenu sa marque de fabrique -, la carrière des autres patine. Clavier-Astérix fait du sous-Funès, dans des films de moins en moins prestigieux.

Balasko et Lhermitte sont branchés sur courant alternatif. Lavanant a disparu, d'abord à la télévision, puis du petit écran. Comme Marie-Anne Chazel. Le bilan demeure donc globalement négatif, malgré les succès enregistrés par chacun depuis l'explosion du Splendid, dans les années 80. En retournant à leur belle jeunesse, on peut légitimement penser qu'une partie - au moins - du Splendid espérait renouer avec le public un lien affectif devenu lâche, sinon absent.

En 1998, Josiane Balasko avait réalisé un film intitulé Un grand cri d'amour. Et si c'était cela, après tout, le seul véritable enjeu de cet ultime Bronzés? Crier un bon coup son amour du spectateur, vouloir lui montrer, une fois de plus, à quel point on a besoin de lui. Pour un acteur, le public est et restera une drogue. Le 7e art en a souvent rendu compte, de Sunset Boulevard au Secret de Veronika Voss. Les Bronzés 3: amis pour la vie? Peut-être une grande tragédie sur le cinéma...

Emmanuel Cuénot pour La Tribune de Genève

lundi 30 janvier 2006

Box-office Pp WE 05


1. MUNICH .................... 117 878 = 53 x 445
2. BROKEBACK MOUNTAIN ......... 62 905 = 37 x 340
3. LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE
  ............................. 55 284 = 31 x 357
4. JE VOUS TROUVE TRES BEAU ... 43 110 = 35 x 246
5. ORGUEIL & PREJUGES ......... 37 631 = 36 x 209
6. LORD OF WAR ................ 35 572 = 29 x 245
7. BANDIDAS ................... 29 078 = 32 x 182
8. UN TICKET POUR L'ESPACE .... 24 780 = 38 x 130
9. LE MONDE DE NARNIA - CH. 1 . 23 058 = 29 x 159
10 CHAOS ...................... 20 202 = 23 x 176

(source : ciné-chiffres)

mercredi 25 janvier 2006

Grande braderie du cinéma

Les ricains, avec leur surenchère dans le marketing thermonucléaire en sont arrivés à un point où on se fout tellement du spectateur qu'on lui montre toute l'intrigue. En espérant que le client potentiel appréciera ce court-métrage clipesque ? Non mais les produits de base sont tellement peu originaux que la seule solution c'est de les vendre à la criée.
The story seems to have an up-to-the-minute technological twist: Mr. [Harrison] Ford's character, Jack Stanfield, designed the security software for a bank, and now criminals threaten to harm his family unless he helps them bypass the system and carry out the perfect robbery. But the idea of high-tech security is about all that doesn't seem creaky in this trailer, which reveals the entire trajectory of the plot and invites viewers to make jokes at the movie's expense.
"Firewall" opens soon (Feb. 10th), and it seems the trailer is appearing in television commercials every five minutes (sometimes in a shorter version), an advertising blitz meant to lure viewers to a big opening weekend. But all you can think watching the trailer is that Mr. Ford should probably give up the ghost of his Tom Clancy roles, and that Ms. Madsen has capitalized on all those critics awards she won last year for "Sideways" and climbed a rung on the Hollywood ladder. If only they'd chosen a script that didn't make the audience feel it could recite the familiar lines along with them. All together now as Mr. Ford tells the bad guy: "I'm done talking!"
Caryn James pour le NYT (1/25/06)

mardi 24 janvier 2006

Qui aime bien...

Ça fait plaisir quand certains journalistes dans des feuilles renommées se lâchent sur nos petits travers autistico-auteuristiques.
The camera is fixed on a nondescript house on a narrow Paris street which is still nicer than anything you could possibly afford. For six hours, there is absolutely no movement on the screen. As you watch in steadily mounting horror, absolutely nothing happens. Then it continues to not happen. Hours go by. Finally, with several audience members in comas and a sizeable group in the lobby beating the theater manager to death, a small leaf on a lush tree near the house trembles as a worm begins eating it. This is perceived by only the most astute viewers, for it takes place off screen.

PULL BACK TO REVEAL

The inhabitants of the house - DANIEL HAUGHTÉ, the intellectual, emotionally guarded host of the literary television show "Your French Will Never Be Good Enough To Understand Me" and his intellectual, sophisticated wife JULIETTE BINOSHING, who has grown curvaceous in ripe middle age - are watching a videotape on their television set that shows the very same boring scene that we have been watching. Mysteriously, however, they are not bored!
                    JULIETTE
You say you found this tape of our house in a package left on our doorstep along with a hideous drawing showing the cutting of a man's throat?
                    DANIEL
Never mind that, ma cherié. Observe the ambiguous fluidity of the mise-en-scène! What a marvelously subtle yet disturbing filmic experience. It suggests to me that whoever has been secretly filming the outside of our house is a master of cinematic technique. Obviously a disciple of Bresson but with the implied muscularity of the young Stallone.

Cliché (Guilty White Bourgeoisie in Denial)
Un Film de JOYCE WADLER
NYT 1/24/06

lundi 23 janvier 2006

Box-office Pp WE 04

1. BROKEBACK MOUNTAIN ............ 93 833 = 33 x 569
2. ORGUEIL & PREJUGES .............. 53 004 = 36 x 294
3. LORD OF WAR ....................... 51 794 = 36 x 288
4. JE VOUS TROUVE TRES BEAU ....... 51 447 = 34 x 303
5. UN TICKET POUR L'ESPACE ......... 49 329 = 39 x 253
6. BANDIDAS ............................. 48 830 = 35 x 279
7. FESTIVAL TELERAMA 2006 ............ 40 123 = 15 x 535
8. LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 .. 36 875 = 37 x 199
9. CHAOS .................................... 34 569 = 25 x 277
10. GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK. ...... 26 925 = 25 x 215
11. POMPOKO ................................ 24 391 = 33 x 148
12. JARHEAD LA FIN DE L'INNOCENCE ...... 21 074 = 33 x 128
13. MADAME HENDERSON PRESENTE ....... 20 675 = 20 x 207
14. LA RUMEUR COURT... ................... 18 093 = 27 x 134
15. THE CONSTANT GARDENER .............15 431 = 15 x 206


(source : ciné-chiffres)

mercredi 18 janvier 2006

Box-office Pp semaine 03

1 LORD OF WAR ............................ 87 772 = 39 x 322
2 JE VOUS TROUVE TRES BEAU ............ 77 829 = 30 x 371
3 LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 .... 58 928 = 40 x 210
4 GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK. ......... 48 774 = 31 x 225
5 JARHEAD LA FIN DE L'INNOCENCE ........ 48 130 = 42 x 164
6 LA RUMEUR COURT... ...................... 43 853 = 36 x 174
7 MADAME HENDERSON PRESENTE .......... 38 561 = 21 x 262
8 THE CONSTANT GARDENER ................. 34 684 = 28 x 177
9 LA CRYPTE .......................... 29 161 = 20 x 208
10 SAW II ............................. 25 771 = 25 x 147
11 KING KONG (2005) .............. 24 685 = 30 x 118
12 UNE VIE INACHEVEE ........... 23 534 = 33 x 102


(source : ciné-chiffres)

dimanche 15 janvier 2006

Shelley Winters (1920-2006)

The actress sustained her long career by repeatedly reinventing herself. Starting as a nightclub chorus girl, advanced to supporting roles in New York plays, then became famous as a Hollywood sexpot.

A devotee of the Actors Studio, she switched to serious roles as she matured. Her Oscars were for her portrayal of mothers. Still working well into her 70s, she had a recurring role as Roseanne's grandmother on the 1990s TV show "Roseanne."

Although she was in demand as a character actress, Winters continued to study her craft. She attended Charles Laughton's Shakespeare classes and worked at the Actors Studio, both as student and teacher. She appeared on Broadway as the distraught wife of a drug addict in "A Hatful of Rain" and as the Marx Brothers' mother in "Minnie's Boys."

Among her other notable films: "Night of the Hunter," "Executive Suite," "I Am a Camera," "The Big Knife," "Odds Against Tomorrow," "The Young Savages," "Lolita," "The Chapman Report," "The Greatest Story Ever Told," "A House Is Not a Home," "Alfie," "Harper," "Pete's Dragon," "Stepping Out" and "Over the Brooklyn Bridge."

During her 50 years as a widely known personality, Winters was rarely out of the news. Her stormy marriages, her romances with famous stars, her forays into politics and feminist causes kept her name before the public. She delighted in giving provocative interviews and seemed to have an opinion on everything.

Robert Mitchum once told her: "Shelley, arguing with you is like trying to hold a conversation with a swarm of bumblebees."

The revelations in her autobiographies provided endless material for interviewers and gossip writers. She wrote of an enchanted evening when she and Burt Lancaster attended "South Pacific" in New York, dined elegantly, then retired to his hotel room.

"This chance meeting proved to be the beginning of a long but painful romance," she wrote. "Despite the immediate and powerful chemistry between us, the love and the friendship, some wise part of me knew that he would never abandon his children while they were young and needed him."

She also told of a dalliance with William Holden after a studio Christmas party. In a glamorous, real-life version of the play "Same Time, Next Year," they continued their annual Yuletide rendezvous for seven years.

She wrote that despite their intimacy, they continued to refer to each other as "Mr. Holden" and "Miss Winters," and when they met on the set of the 1981 film "S.O.B." she said, "Hello, Mr. Holden." He smiled and replied, "Shelley, after your book, I think you should call me Bill."

vendredi 13 janvier 2006

Films flasques

Avec le DVD et tous les avatars numériques qui lui ont bouffé la vedette peut-être est-ce que le cinéma se cherche. En tout cas c'est ce que je me plais à imaginer. Terence Malick sort son dernier film (wahou, à peine cinq ans après The Thin Red Line, c'est presque du travail à la chaîne) The New World : la version présentée et sélectionnée pour les Oscars faisait 2h30, celle du super DVD pour les amateurs de jolis paysages fera 3h, mais au bout il s'est dit que se serait quand même vachement mieux pour le spectateur s'il réduisait le film à 2h15.
N'empêche, comme pour le film super concept cow-boys gays on est toujours dans la longueur limite nombrilo-contemplative.
These films achieve their bloated status for different reasons: the old "New World" and "Brokeback Mountain" (running 2 hours and 14 minutes) take too much time getting started. If the audience knows that the English settlers will land and the cowboys will turn out to be gay, the movies shouldn't waste 15 minutes getting there.

Avec le DVD on dit à l'artiste que ses délires ne seront pas perdus pour tout le monde s'il veut bien accepter de livrer un truc mieux calibré pour tenir dans les salles. Problème : pour tenir les salles le marketing innonde les médias d'information, donc le spectateur lambda sait très vite de quoi parle le film et tout ce qui est exposition, installation du décor n'en parait que plus mou, long et ennuyeux.
Those preliminary scenes, which slowed things down, have been trimmed, and the voice-overs - interior monologues in which Pocahontas and Smith meditate on their lives - are less likely to accompany picturesque views of nature. Instead, Ms. Green said, the voice-over "pulls you into the next scene." The editing was the kind of snipping that, like a good face-lift, should be inconspicuous if it works. Besides, Mr. Malick can put it all back (and more) in the DVD. "He always had it in mind that he would make a longer version that would allow people to take bathroom breaks," Ms. Green said.

Films aren't all about plot, of course, and artistically a work may need time to establish its characters and its pace. But viewers now walk into theaters already so crammed with information about the film that those establishing scenes almost take care of themselves.

La fin de l'article de Caryn James (NYT 13 Jan. 2006) nous apprend comment Spielberg a bâclé son Munich afin qu'il soit prêt pour la course aux Oscars.

mercredi 11 janvier 2006

Le cinéma est toujours là

Grâce à ceux qui ont vraiment envie de raconter des histoires.
In his bleak envisioning of a day in Los Angeles that begins like any other, bombs go off downtown, in Beverly Hills and at the airport; countless people are killed as toxic ash carrying a deadly virus falls like snowflakes; the air becomes unbreathable; thousands are driven from their homes; confusion and misinformation reign; and ordinary citizens are victimized not just by the unseen terrorists but also by their own overwhelmed and unprepared government.

At the center of the story are Brad (Rory Cochrane) and Lexi (Mary McCormack), a couple contending with strains in their marriage. The morning after a fight, Brad has just kissed Lexi off to work when the bombs go off, and the film stays with Brad as he first tries in vain to go find his wife, then barricades himself in their home with plastic and duct tape, and ultimately wrestles with the grim choice of whether to save her or himself.

New-York Times 11 Jan. 06
Fiche Imdb du film Right at your Door

Le DVD, et après ?

C'est le titre d'un article dans le Libé du jour.
En 2005, pour la première fois, le cinéma a vu sa part du marché DVD baisser cruellement au profit des séries télé et des enregistrements de spectacles.

Autant dire que les gros Nicodinosaur Seydoux qui nous ont bassiné avec leur com' "le téléchargement tue le cinéma" ne vont plus avoir beaucoup de temps pour comprendre dans quel sens faire évoluer leur métier. Peut-être qu'au final ils comprendront cette règle essentielle que c'est le client qui a toujours raison donc que c'est lui qui donne le ton du changement des habitudes de consommation.
Malheureusement j'ai bien peur que nos oncles Picsous du cinéma comprennent surtout ce qu'ils veulent, c'est à dire que le consommateur veut plus de contenu plus vite et plus facilement. Sans réfléchir à l'inéluctable banalisation du contenu une fois totalement dématérialisé.
Je n'ai pas l'impression de mener un combat d'arrière garde en disant que l'avenir du cinéma se joue dans les salles et pas ailleurs, j'ai juste l'impression d'être platement dans le vrai.
Simplement je dirais que le cinéma va à la rencontre de ses spectateurs, en créant des événements, des opportunités de sortie, des sujets de discussion et matière à débat. Avec la dématérialisation vécue comme la voie à sens unique du Futur toutes une industrie veut voir de nouveaux débouchés mais personne ne se pose la question de ce qui fait qu'on va avoir envie de voir un film ou non.

A pa bô la guerre

...mais vendre des armes c’est rigolo

Le début du film, comme souvent, donnait le ton. Too much. Traveling sur un tapis de douilles et arrivée sur Nicolas Cage qui nous fait sa confession face caméra.
« Bonjour, c’est moi, je vais vous raconter ma vie, vous allez avoir des images chiadées d’armes en tous genres plein les mirettes pendant deux heures. »

Et ça part dans un générique m’as-tu-vu où on suit la vie d’une balle. Autant dire que les gars aux manettes sont tout fiers de leurs idées et vont nous le faire savoir. Soit dit en passant on pourrait être indulgent avec ces indigences de clippers, malheureusement le générique résume le propos du film : « On n’empêchera pas la terre de tourner, les marchands d’armes d’en vendre, les négociants de se faire de couilles en or au passage et les enfants africains de se prendre une balle en pleine poire à l’occasion. »
Avec ce résumé vous pouvez d’ores et déjà gagner du temps, arrêter de lire cette bafouille et éviter le film.


L’esthétique de la balle en pleine poire


Je ne vais pas m’étaler sur le sujet comme un beau coulis de sang frais échappé d’un cerveau joliment perforé. La violence gratuite c’est un concept cool pour Tarantino & co et c’est vachement ringard de critiquer d’abord. Dans Lord of War la violence est gratuite mais c’est juste un détail au milieu de l’étal du marchand d’armes filmé dans toute sa profondeur de gamme et toute sa dimension phallique.

Notez, c’est pas que je hasarde ici une analyse psycho-pipo des trous de balles en chef mais filmer autant d’armes, se rengorger en offrant une telle débauche de grosses mécaniques surpuissantes, bien huilées et malgré tout simples joujoux, vraiment faut être un peu atteint, un peu bloqué au stade full metal quéquette.

Je me permets une petite idée constructive derrière ça : est-ce que ça n’aurait pas été plus malin de montrer un négociant d’armes sans jamais montrer d’armes, en parallèle avec ces fonctionnaires parfaits qui affrêtaient consciencieusement des trains vers des camps de travail ? Ou pour suivre le traitement documentaire de Traffic pour la drogue, prendre le point de vue de la femme ou d'un proche du trafiquant, un point du vue qui ne peut pas rester innocent trop longtemps sans se mentir.
Dans le genre personnage pas clair Nicolas Cage est juste un gars qui a eu la mauvaise vocation (c’est trop bête) mais la femme de ses rêves (super cool), oh mais les armes c’est toujours pas bien alors il faut lui pourrir la vie à la fin tout en expliquant que les vrais pourris c’est pas les petits dealers c’est les Etats marchands d’armes. Ouais ! Vive la conclusion de bon ton, à l’arrache, et tant pis pour la polémique. Heureusement quelque part, sinon le film aurait eu de la pub gratuite.

Et niveau gratuit on a ce qu’il faut avec la violence d’un long métrage qui se complait, désinvolte, dans sa débauche d’accessoires de guerre. Au final, parce qu’il est documenté sur le sujet le film se croit intelligent. Tout ça donnne l’œuvre d’un polard potache : il a potassé son sujet comme une mule, comme une mule il n’a rien digéré alors il recrache tout en faisant du bruit pour faire rire la classe et oublier qu’il a l’air con et qu’en plus il est vraiment très con.


S’empresser de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer


Cette citation de Beaumarchais ne sera pas mise entre toutes les oreilles. Et a fortiori pas dans toutes les cervelles.
Ce qui m’a mis mal à l’aise dans ce film c’est ce mélange bancal d’un ton enlevé (où serait la différence avec Will Smith ou Chris Rock en dictateur sanguinaire du Libéria ?) et d’un fond froidement documentaire (vas-y balance des chiffres en voix-off, personne retiendra que dalle). Est-ce que vous imaginez Pierre Richard ou Bébel en trafiquant d’armes vous ? Nicolas Cage a beau avoir des cheveux maintenant, il traverse le film en clown auguste avec, tsoin-tsoin, son frère en débile léger cocaïnomane pour mettre son nez rouge dans la poudre : ouarf. Soit dit en passant on appelle ça un personnage de « comic relief » dans les scénarios écrits sur des formulaires, et comme vous êtes toujours là je vous donne un tuyau : pour une belle mécanique émotionnelle il suffit, pif-paf, de tuer le personnage du comic relief auquel le spectateur s’est attaché. Ça marche à tous les coups. Sur le papier (d’ailleurs en général c’est un personnage fin comme une feuille de papier).

Comment faire d’un négociant d’armes le personnage principal d’une histoire à ce point ancrée dans la réalité la plus dure ? Pour moi c’est évident que ça voudrait dire faire un film noir, ambigü, pas mettre en scène un mec normal qui en chie à faire du porte-à-porte pour gagner sa croute.
Franchement je suis pas chochotte, j’ai vu Eraserhead sans arrêter la cassette et Irréversible sans presque détourner la tête, mais là les spectateurs qui rient aux grosses blagues placées entre deux deals de kalashs folklos et un ou deux morts parce qu’ils le valent bien, ça suffit à me refroidir complètement.

Je veux bien qu’il y ait des films nuls, des gens qui aiment les films nuls (tous les goûts de chiotte sont dans la nature, on appelle ça la pollution) mais des gens qui s’amusent devant des films nuls et irresponsables, merde.
Devant un film d’horreur on se racroche aux accoudoirs, à son voisin, on se crispe sur quelque chose de tangible pour sentir qu’on n’est pas vraiment dans le film, que tout ça n’est pas réel. C’est tout à fait normal dit mon docteur. Malheureusement il y a aussi le spectateur lâche (ou con, et pourquoi pas les deux) qui se tourne vers son voisin pour faire une blague avant d’avoir trop peur. Ou plus précisément pour rire de la peur de l’autre afin de ne pas montrer la sienne.
Autant je trouve ça juste pénible devant un film d’horreur, autant quand le film a au contraire la prétention d’être réaliste, intelligent je trouve ce genre de réaction déprimant.
Au secours.

lundi 9 janvier 2006

Box-office Pp WE 02

1. LORD OF WAR............................... 127 223 = 39 x 599
2. LE MONDE DE NARNIA - CHAPITRE 1 ... 93 362 = 45 x 363
3. GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK......... 73 242 = 31 x 430
4. KING KONG (2005)................ 47 384 = 47 x 181
5. SAW II ............................ 45 521 = 30 x 278
6. THE CONSTANT GARDENER ..... 44 987 = 36 x 230
7. UNE VIE INACHEVEE .............. 40 950 = 34 x 226
8. ESPRIT DE FAMILLE .............. 33 544 = 31 x 199
9. ANGEL-A ............................ 30 343 = 43 x 130
10. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU .. 29 423 = 35 x 149

(source : ciné-chiffres)

vendredi 6 janvier 2006

Qu'est-ce qu'on en a à secouer des Oscars #2006-1

Profitons-en, c'est l'heure tranquille où les bavards baveux vont boire. Oui, profitons-en mes bien chers frères car n'ont pas commencé les traditionnels gaspillages de salive et de papier sur les 'nominations' (en bon français c'est quand même simple de dire sélection comme pour un festival lambda, non ?) ni leur épidémie de pronostics (très très) finaux sur les heureux vainqueurs qui vont pouvoir (enfin surtout celui de l'Oscar du meilleur film) profiter d'une exploitation prolongée grâce aux quelques copies ajoutées en prévision. C'est bien là le seul véritable enjeu des Oscars et un vrai luxe à notre époque où certains méchants garçons veulent ouvrir les vannes de l'offre numérique domestique (grosse galette DVD quand tu nous sussures des gros chiffres à l'oreille...) en même temps que les sorties salles.

Traditionnellement le buz commence avec la désignation du présentateur de la soirée et cette année, après le fiasco diplomatique de Chris Rock, et l'indisponibilité des valeurs sûres (et consensuelles) comme Billy Crystal et Steve Martin on peut rêver d'avoir quelque chose de moins ronronnant avec Jon Stewart.
Mr. Stewart is expected to bring a hipness to the affair, something the Oscars have been striving to achieve in an environment of declining ratings for awards shows.

As a constant critic of the Bush administration and its decision to go to war in Iraq, Mr. Stewart is also likely to bring a political edge to the telecast. His show, "The Daily Show With Jon Stewart," has become a central stop on the political media circuit for both right- and left-wingers, and has won Emmy and Peabody Awards for its politically barbed, too-close-for-comfort satire.

NY Times - 5 Jan. 06
MàJ: read more on the topic here.

jeudi 5 janvier 2006

A propos de Darwin

Je discutais récemment avec Leloup du Cauchemar de Darwin. Oui, effectivement les images sont choquantes, difficile de regarder ça sans se sentir mal à l'aise dans son petit confort européen. Mais est-ce que, comme pour un film d'horreur, ce ne serait pas ça le but, de se faire un peu peur, de se laisser culpabiliser pour se dire que, quelque part, quand on se goinfre on se goinfre mais avec la conscience de la misère du monde ? Respect !

A l'époque j'avais été pas mal déçu par ce docu après toutes les louanges que j'avais entendues après sa sortie. Le docu est lent ok, c'est pas du clipping façon Michael Moore, mais surtout il n'y a aucune progression, juste une juxtaposition... cette même juxtaposition qui remplace le discours élaboré dans les moins bons Michael Moore (genre Farenheit 9/11). Au lieu de faire une vraie enquête sur les conserveries de poisson et éventuellement sur le trafic d'armes Hubert Sauper se contente de tourner en rond.
Forcément il finit par trouver des images fortes (un docu en DV on peut se permettre d'avoir de laisser tourner pour avoir des milliers d'heures de rushes) mais est-ce qu'il ne se complait pas là-dedans ?

J'ai vu une critique du film il y a qq mois (à l'occasion d'une réponse (*) où des pêcheurs du lac s'expriment sur le docu, directement, sans qu'on leur vole des moments de vie pour faire un collage sentimentaliste) et en substance ça disait "c'est bien joli de filmer la misère en Afrique mais ça ne fait rien avancer. Au contraire qd les bobos boycottent la perche du Nil c'est toute l'économie locale qui en souffre, et en premier les plus démunis." Le mec ajoutait que la manière dont l'introduction de la perche du Nil est traitée (titre du docu : un gros arrive et bouffe les petits) est super malhonnête : au lieu de faire un vraie enquête le gars se contente du cliché vendeur avec l'étiquette attrape-bobos sur Darwin. En fait tout n'est pas aussi simple et au bout ce docu pseudo minimaliste est encore plus racoleur qu'un Michael Moore petit Millésime puisqu'il prétend à la simplicité objective.

Finalement c'est le même argument que la télé-réalité : on ne fait rien de mal on filme la réalité telle que les gens la vivent (et veulent la voir...).


(*) Réponse de la Communauté de Katosi au film le Cauchemar de Darwin, DivX téléchargeable ici (réseau ed2k - eDonkey2000).

lundi 2 janvier 2006

Box-office Pp WE 01

1. LE MONDE DE NARNIA .................. 180 460 = 45 x 802
2. KING KONG (2005) ........................ 97 929 = 51 x 384
3. SAW II ...................................... 77 875 = 31 x 502
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU .. 69 592 = 49 x 284
5. THE CONSTANT GARDENER ........ 63 049 = 35 x 360
6. ESPRIT DE FAMILLE .............. 58 181 = 31x 375
7. ANGEL-A ......................... 51 538 = 43 x 240
8. CHICKEN LITTLE .............. 44 730 = 36 x 249
9. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES .. 36 739 = 40 x 184
10 PALAIS ROYAL ! ................... 30 366 = 30 x 202

(source : ciné-chiffres)

dimanche 1 janvier 2006

Bonne année mon cul

Et qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise...
Dieu merci, cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de « Bonjour à tous », j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

En écoute audio ici sur Desproges.fr.

samedi 31 décembre 2005

Bonne année 2006 à tous !

Et tout ce que je vous souhaite c'est de meilleurs films que cette cuvée 2005 qui n'aura pas de peine à être oubliée.

Petite idée de DVD à s'offrir pour bien démarrer l'année : le coffret Charley Chase édité par Lobster films : une douzaine de "two-reelers" (courts de 20 min) hilarants mis en scène par Leo McCarey. Mighty like a Moose sur le DVD2 est un chef d'oeuvre du genre.

Et puis comme il ne faut surtout pas laisser la médiocrité s'installer à l'heure où la dématérialisation numérique promet de tout chambouler (pour le meilleur et malheureusement surtout pour le pire parce que le DVD a aiguisé l'appétit des plus voraces) le point de vue de Budd Schulberg, toujours aussi vert à 90 ans passés :
In the old days, if you loved your picture, you fought for it. But now the mogul is Mr Bottom Line. The corporate wisdom is cut your losses. So Ali disappears. The second week you literally can’t find it. Same thing happened to Cinderella Man. And The Legend of Zorro, with Catherine Zeta-Jones and Antonio Banderas. Big names. Cost a bundle. Bomb.

Here’s how the great minds of Corporate Hollywood think: the Ben Affleck-Jennifer Lopez romance is hot hot hot. Let’s cash in on all the gossip. So they make Gigli, a movie so bad and empty it’s literally unwatchable. And these two young people aren’t bad actors. But they need a real story to tell, real characters to play. They need good writing. Which Gigli don’t got. Another bomb.

Or Shanghai Sunrise. How could they miss in a movie starring the just-married Madonna and Sean Penn with all that free and lubricious publicity about their steamy relationship? Again, another floppola because all the energy was put into the selling and not into the storytelling.

Almost without fail, the only serious films come from Europe, where they are still making them the old way, or from dedicated, truly independent film-makers such as Jim Jarmusch or Gus Van Sant. And I see the Weinstein brothers, Harvey and Bob, as a welcome throwback to the days of the moguls who cared about the movies and every so often were willing to take chances.

The Times Online - 15 Déc. 2005 (via Leloup)

mardi 27 décembre 2005

Professeur Cumulonimbus

Dans la série des clichés les plus lourdement répandus sur le grand écran figurent en bonne place :
  • la voiture qui explose au moindre accrochage (cliché qui peut s'avérer dangereux dans la réalité puisqu'il est déjà arrivé que des gens se pressent de sortir de leur voiture pour se retrouver sur/sous le capot d'une autre voiture)
  • le savant fou, limite psychopathe et en tout cas seul car pas franchement sociable
  • les rayons lasers visibles et bruyants

Dans la catégorie intransigeant jusqu'au bout de la calculette malgré la louable intention de défendre la science et ses ouvriers dévoués mais aussi d'informer et divertir les masses le site INSULTINGLY STUPID MOVIE PHYSICS nous propose un regard affuté sur ces libertés que prend le cinéma, un peu trop systématiquement, pour nous amuser/nous abrutir (c'est pas l'intention qui compte à ce niveau mais bien le résultat final).

via Celtx.com

lundi 26 décembre 2005

Box-office Pp WE 52

1. LE MONDE DE NARNIA ............. 194 552 = 44 x 884
2. KING KONG (2005) ................. 104 065 = 55 x 378
3. ANGEL-A ............................. 74 259 = 43 x 345
4. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ... 72 548 = 51 x 285
5. CHICKEN LITTLE ...................... 45 650 = 38 x 240
6. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES .. 35 603 = 41 x 174
7. PALAIS ROYAL ! ................... 23 928 = 33 x 145
8. LA VERITE NUE .................... 22 785 = 23 x 198
9. LE TIGRE ET LA NEIGE ............ 20 134 = 31 x 130
10 L'EXORCISME D'EMILY ROSE ...... 12 261 = 19 x 129
11 LE CACTUS ......................... 11 731 = 28 x 84
12 OLE ! ................................. 9 526 = 25 x 76

(source : ciné-chiffres)

mardi 13 décembre 2005

Besson est-il un con ?

Vous répondrez à cette question en gardant la tête froide comme si vous aussi vous aviez la force de frappe, en termes de communication, d'un Groluc ou d'un NaboNicoSarko. Exemple de réponse : "De deux choses l'une, ou Besson est un con et il est alors difficile de comprendre l'ampleur de ses succès, ou Besson n'est pas un con mais alors ce n'est pas la moitié d'un connard cynique."
Vous pourrez notamment vous poser les questions suivantes, sans pour autant vous y limiter :
Luc Besson a-t-il
1- Beaucoup d'humour ?
2- Un conscience de citoyen de qualité supérieure ?
3- Du bo du bon cynisme avec un joli plan média ?
"Racaille", "pedigree", je n'ai rien entendu d'aussi violent depuis Le Pen et sa haine de la différence [...]
A la fin de Banlieue 13, on voit un ministre de l'Intérieur qui déclare "Y en a marre de cette racaille qui coûte une fortune à l'Etat". A tel point que je me demande si "Karcher 1er" n'a pas piqué les dialogues à Banlieue 13 [...]
Et puisque l'on parle de la drogue, la vraie, la dure, ce n'est pas dans le 93 qu'on la consomme le plus mais à Neuilly. Ce n'est donc pas le Karcher que (le ministre de l'Intérieur Nicolas) Sarkozy devrait passer chez lui mais l'aspirateur !
(Besson dans une interview promo pour Angel A à paraitre demain dans le cahier de publi-rédactionnels répondant au nom de Première)
Dans la série la communication lave les cerveaux plus blancs on ne peut guère faire mieux que cette finale des poids lourds option mégalo. Besson a acheté je ne sais combien de pages dans Première depuis quelques années et notamment ces derniers temps pour monter en épingle "Angel A" qui a déjà l'air de ne ressembler à rien. A défaut de faire des entrées au-delà de la première semaine bourrage de crane marketing son film peut racoler sans vergogne les fans de Jamel, pour rester dans la logique de ces gros-gras films Europacrap qui font du racolage démago auprès des jeunes.

Mon électorat
      = (moutons qui bèlent pour moi) + (moutons indécis)
      = (moutons qui bèlent pour moi) x (1 + communication)²

D'un autre côté j'avoue que Sarko mérite bien qu'on lui en remette une couche sur le terme de "racaille" parce qu'il se donne les moyens (toujours en termes de communication, faut arrêter de se laisser bluffer) de nous mettre de son côté, de nous faire oublier qu'il est avant tout un petit excité opportuniste. Et ça c'est quand même plus dangereux à court terme que les sorties de Groluc.

Message personnel : le propriétaire du véhicule "Taxi contre Sarkozilla" est prié, s'il veut arrêter de prendre les gens pour des cons et qu'il pense avoir des trucs intelligents à dire, de les faire publier dans les pages Horizon-débats du Monde, le journal de ceux qui confondent infos et suppos.

lundi 12 décembre 2005

Box-office Pp WE 50

1. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ..... 227 994 = 54 x 844
2. CHICKEN LITTLE ............................... 97 492 = 39 x 500
3. OLE ! ............................................ 59 501 = 44 x 270
4. PALAIS ROYAL ! ................................ 52 993 = 46 x 230
5. KIRIKOU ET LES BETES SAUVAGES ........... 52 128 = 39 x 267
6. L'EXORCISME D'EMILY ROSE .................. 49 354 = 29 x 340
7. TROIS ENTERREMENTS ....................... 31 197 = 37 x 169
8. LE TEMPS QUI RESTE ......................... 19 551 = 24 x 163
9. ET SI C'ETAIT VRAI... ........................ 18 010 = 25 x 144
10 MATCH POINT ................................ 11 330 = 15 x 151
(source : ciné-chiffres)

lundi 5 décembre 2005

Box-office Pp WE 49

1. HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU ...... 449 675 = 54 x 1 665
2. PALAIS ROYAL ! ................................. 98 586 = 46 x 429
3. TROIS ENTERREMENTS ......................... 44 637 = 41 x 218
4. ET SI C'ETAIT VRAI... ........................... 38 426 = 38 x 202
5. LE TEMPS QUI RESTE ........................... 34 519 = 26 x 266
(source : ciné-chiffres)

dimanche 4 décembre 2005

Ciné-o-logismes : Financements

Attention : ce topo n’est pas un topo exhaustif et veut juste survoler quelques points sur le financement pour des projets qui dépassent le petit court tourné entre amis sur un W-E.

Prenons quelqu’un qui veut faire un film, qu’il soit vraiment passionné ou simplement attiré par le côté paillettes (c’est essentiel de distinguer les deux parce qu’il y en a un qui veut simplement travailler avec des professionnels alors que l’autre veut surtout faire travailler des gens pour lui).
La première idée qui va nous venir c’est de chercher de l’argent dans sa propre poche. C’est une mauvaise idée pour plusieurs raisons : d’abord il faut savoir tracer un ligne entre son investissement purement « créatif » et son investissement financier. D’un côté on veut et on peut aller au bout de ses idées, de l’autre on a des chiffres avec lesquels on n’a pas le droit de jouer. La vérité première restant qu’on ne fera jamais tout tout seul il ne faut donc pas engager ses propres économies au-delà d’un investissement clairement limité dès le départ, en tout état de cause moins de 50% du budget total quoi qu’il arrive.
Bilan : en pratique et en moyenne les apports des producteurs plafonnent à 33%.

Concept fondammental donc c’est l’argent des autres, other people’s money. C’est une dure épreuve, un métier même dans lequel certains se sont spécialisés, mais c’est surtout une épreuve qui fait qu’on ne peut pas avancer sans avoir monté un dossier béton. Evidemment il y aura toujours une grand-mère qui vous prêtera de l’argent pour vos beaux yeux mais a priori votre métier c’est cinéaste ou producteur, pas gigolo.
Le banquier : trop cher, ne pas oublier que son métier n’est pas de prêter de l’argent mais d’en gagner. Le risque c’est pour vous à 100%. Si on prend des projets de long on a ce qu’on appelle des SOFICA qui permettent de boucler un plan de financement. Pour le client de la banque il s’agit d’un produit défiscalisé, pour la société de production il s’agit d’un partenaire gourmand (qui se paie en premier sur toutes les recettes et avec toutes les garanties possibles) mais souvent d’un mal nécessaire. On rejoint par là le cas du cinéaste qui voudrait s’autofinancer en faisant chauffer sa carte de crédit (genre rebelle de la société de consommation) : ya toujours des caractériels mais c’est jamais avec eux que les plus professionnels veulent bosser.
Bilan : 5 à 10% des financements en moyenne.

PARLONS UN PEU DU CNC…

Voyons un peu les sources de financement spécifiques au cinéma et encore plus spécifique à notre belle exception culturelle/ A moitié drôle ce gros raccourci américain sur le système d’aide au cinéma en France :
In France the film industry is subsidized by a hefty box-office tax on American films, the proceeds of which are distributed by Canal+ to French filmmakers.

En fait la fameuse taxe TSA d’environ 11% prélevée sur chaque entrée alimente un compte de soutien automatique pour lequel les boites de prod françaises bénéficient de droits de tirage en fonction de leur propre contribution (les entrées réalisées sur les dernières années). C’est la partie aide automatique qui est là pour soutenir les nobles maisons bien installées qui font tourner le cinéma français. Ceci est complété par une aide sélective,en théorie plus ouverte aux autres boites de prod mais en fait une porte aussi étroite puisque c’est au sein de petits comités réunis au CNC que se décide ce qui mérite un soutient au nom de l’art plein axe ou de l’essai en coin. Pour ne pas m’étaler j’évoquerais juste au passage les effets pervers du soutien mécanisé pour les premiers films (premier collège) qui fait du système d’aide un joujou pour initiés au lieu de simplifier les démarches pour tout le monde.
Bilan : 15% (moyenne qui ne veut rien dire mais le CNC mériterait un gros dossier en 3 exemplaires à lui tout seul).

Pour ce qui est de Canal+ la chaîne du cinéma (et du sport et du chwal et du premier samedi du mois : tous en selle) contribue beaucoup mais a tendance cesdernières années à préférer quelques gros projets porteurs à un gros portefeuille de films d’envergure différente. Sur ce chapitre on touche en fait directement à la question des préachats TV : une chaîne va avancer de l’argent, pas par vocation mais pour avoir du contenu à diffuser voire à revendre (cf. contrats de distribution DVD). Sur quelques gros projets la chaîne peut aussi être co-productrice.
Bilan : 30%

Pour le reste il faut espérer un petit à-valoir distributeur ou se démener pour trouver des apports étrangers sans faire sourciller le CNC…


RECREATION

Jusqu’à il y a peu les américains se gavaient avec le système de soutien allemand en utilisant l’artifice légal du Sale and Leaseback, un genre de créativité diabolique des avocats d’affaire US qui a certainement beaucoup joué dans l’affaire de l’agrément CNC pour le dernier film de Jeunet.
Pour résumer le mécanisme : un studio US vend son projet de grosse production (Sale) à un partenaire allemand (qui peut donc bénéficier des mesures de défiscalisation locales) avec une clause de rachat après restitution du copyright (en crédit-bail = leasing d’où le Leaseback) et surtout à échéance des avantages fiscaux. Au final faire un film en passant par la Lorraine… enfin un peu plus loin, constituait un placement sûr pour les studios US qui s’assuraient un taux de 8 à 10% (décôte au rachat à la coquille vide allemande) sans avoir à se préoccuper des recettes générées par le film.

Lire les chroniques d'Ed Epstein, Hollywood Economist sur le sujet ici et là.

Comme je dis souvent : si la créativité en matière de montages financiers trouvait son équivalent sur les projets de films proprement dits on pourrait peut-être tous en profiter...

lundi 28 novembre 2005

Le nez dans le tracas

Cet article communiqué de presse se pame devant l'adaptation l'adaptation en cours du roman Le Parfum de Patrick Süskind. Je ne vois pas comment ça peut marcher :

1/ il y a le problème évident de la représentation visuelle des sensations olfactives qui caractérisent et guident le héros. Je veux bien imaginer une trouvaille technique (filmer le vent ? le point de vue de la particule de pollen à la Michael Bay ?) mais même en supposant que les gars aient trouvé la solution miracle, comment la décliner 10~20 fois dans le film sans jamais lasser ? Quelque part faire sentir des odeurs au cinéma c'est le comble de l'intellectualisation.

2/ le héros n'a rien de positif, c'est un inadapté social, donc pour le cinéma il faudrait trouver un point de vue extérieur qui raconte son histoire. Or précisemment l'intérêt du roman c'est d'être dans la tête du sieur Grenouille. Personnellement le roman m'a lassé, notamment dans la partie hermite en Auvergne (qu'on peut facilement zapper lors de l'adaptation) : on est entrainés dans une fascination morbide pour le héros qui ne peut pas fonctionner à l'image. Encore une fois le but du héros est totalement intellectuel, la quête de la perfection d'un seul sens en marge et contre la société nauséabonde. C'est à la fois élitiste et profondemment cynique : qui peut se prendre ça dans la tête pendant 1h30 à 2h ?

3/ Formule, flacon et volatilité. Est-ce que Le Silence des Agneaux marcherait du point de vue d'Hannibal Lecter ? Non, ça ferait un roman peut-être très prenant mais impossible à transcrire au ciné. Si on regarde la suite, Hannibal, qui est censée être plus centrée sur notre esthète cannibale Clarice Starling perd tout intérêt, toute profondeur parce qu'elle n'est plus en relation directe avec lui. Au contraire c'est le flic italien (superbe Giancarlo Giannini) qui permet au film de prendre forme, à Hannibal d'incarner le Mal dans l'ombre donc à la tension de se créer sans dégoûter le spectateur en le forçant à vivre 24h/24 avec un psychopathe.
Howard Howaks a reconnu avoir commis ce que j'appelle une "erreur de flacon" sur Bringing up Baby : tous les personnages tombent dans le burlesque et trop de burlesque ubuesque (à l'image d'Howard Hugues cherchant de gros nuages pour filmer la sensation de vitesse, sans référentiel de normalité le délire perd toute saveur).

MARCHER AU FLAIR, A L'ORGUEIL ET SENTIR LE SAPIN

Soit dit en passant l'article montre vraiment comment les journaleux de ciné ne font pas leur boulot et recrachent le discours au cordeau des attachés de presse : si Kubrick, Ridley Scott ou Scorsese n'ont pas fait ce film ce n'est pas un hasard, c'est qu'ils ont tous vite abandonné l'idée de cette adaptation impossible. Oui c'est un beau défi pour un jeune réalisateur mais je crois qu'il faut savoir être réaliste avant de laisser le champ libre à son orgueil de créateur : le film pourra être très très joli mais personne ne voudra le voir. En tout cas personne ne pourra le sentir.

Big Broothel

Google has been aggressive about collecting information about its users' activities online. It stores their search data, possibly forever, and puts "cookies" on their computers that make it possible to track those searches in a personally identifiable way - cookies that do not expire until 2038. Its e-mail system, Gmail, scans the content of e-mail messages so relevant ads can be posted. Google's written privacy policy reserves the right to pool what it learns about users from their searches with what it learns from their e-mail messages, though Google says it won't do so. It also warns that users' personal information may be processed on computers located in other countries.

The government can gain access to Google's data storehouse simply by presenting a valid warrant or subpoena. Under the Patriot Act, Google may not be able to tell users when it hands over their searches or e-mail messages. If the federal government announced plans to directly collect the sort of data Google does, there would be an uproar - in fact there was in 2003, when the Pentagon announced its Total Information Awareness program, which was quickly shut down.

Adam Cohen NYT 28-Nov


S'il n'en faut pas plus pour vous rendre parano (ou simplement vous énerver contre ce qui se passe à l'insu de votre plein gré) vous pouvez toujours utiliser la version expurgée de Google : SCROOGLE (le site renvoie les résultats du moteur Google en virant tous les trackers, soit no cookies, no search-term records, access log deleted after 7 days)

Box-office Pp WE 48

1. PALAIS ROYAL ! ................... 185 006 = 45 x 822
2. ET SI C'ETAIT VRAI... .............. 69 411 = 38 x 365
3. TROIS ENTERREMENTS ............. 63 792 = 41 x 311
4. LE PETIT LIEUTENANT .............. 36 657 = 37 x 198
5. DOMINO .............................. 34 750 = 34 x 204
6. LES CHEVALIERS DU CIEL ........... 29 694 = 34 x 175
7. MATCH POINT ........................ 29 460 = 30 x 196
8. JOYEUX NOEL ......................... 27 915 = 38 x 147
9. FLIGHT PLAN ......................... 26 990 = 29 x 186
10 A HISTORY OF VIOLENCE ........... 24 336 = 30 x 162
(source : ciné-chiffres)

mardi 22 novembre 2005

Quand la musique est bonne

Grand fan de James Bond devant l'éternel (pour parler de 007 on a le droit d'user et d'abuser de lieux-communs sans que ça fasse désordre) Ron nous propose une rétrospective de la franchise au travers de ses chansons-titres (title songs). L'incontournable Goldfinger de Shirley Bassey est devenue la dernière pierre apportée à une affaire qui roule sur l'or depuis plus de 40 ans, mais si beaucoup de soupe pop a coulé sur (et parfois même sous) les génériques on a aussi eu droit à de grands morceaux comme We Have All the Time in the World par Louis Armstrong (sur OHMSS, un 007 avec lequel on a tendance à être indulgent parce que James est amoureux) et You Only Live Twice, ma préférée, par Nancy Sinatra.
Pour anticiper sur les prochains posts de Ron je dirais que Live and Let Die est certainement la plus connue, pas seulement par les nostalgiques de l'Heure de Vérité, mais parce que la partie instrumentale du morceau de Paul McCartney (and the Wings) est certainement ce qui se rapproche de la puissance du James Bond Theme [voir dernier §]. Le film lui est un des pires opus avec Goldeneye (Martin "Bourrin" Campbell will be back... aux abris !). En revanche j'ai un faible pour Mr Kiss Kiss Bang Bang et son support visuel, et puis surtout pour l'emblématique Nobody Does it Better sur The Spy who Loved Me (le premier JB que j'ai vu, à 8 ans, featuring la délicieuse Barbara Bach, future Mme Ringo Starr, très tarte avec Richard Kiel dans les parages mais délicieuse quand même).
Pour les 80s je mentionnerai juste Duran Duran pour A View to a Kill parce que je le veux bien.

Bref tout ça ne nous dit pas qui est l'auteur de l'éternel James Bond Theme. Officiellement c'est Monty Norman (un gars qui n'a pas fait grand chose d'autre) alors que John Barry (un des plus grands compositeurs du cinéma, 5 oscars etc.) n'aurait assuré que les arrangements et l'orchestration.
En fait John Barry a été embauché en urgence pour fournir un thème marquant, chose que Monty Norman c'était avéré incapable de faire. Barry a bossé pour £250 durant 15j intensifs (juin 62) et l'alléchante perspective de travailler sur les adaptations des romans suivants de Ian Fleming (Norman, lui, avait un contrat béton pour être le seul compositeur crédité sur Dr No). Il ne fait aucun doute, à la lecture de ce compte-rendu de procès, que Barry a fait l'essentiel du travail créatif même s'il a travaillé sur une ou deux bases musicales isolées, extraites des compositions de l'autre. Si le jury n'a pas été convaincu c'est pour une question de subtilités juridico-techniques : Norman est simplement l'inspiration originale du fameux solo (riff) de guitare que Barry développe, transforme pour en faire un truc génial.
Alors si officiellement il n'est même pas co-auteur (il touche quand même des royalties pour sa "contribution technique"), comme on dit chez lui : talent speaks volumes.

lundi 21 novembre 2005

Box-office Pp WE 47

1. LE PETIT LIEUTENANT .......... 71 801 = 37 x 388
2. LES CHEVALIERS DU CIEL ....... 54 402 = 42 x 259
3. FLIGHT PLAN ...................... 52 806 = 39 x 271
4. MATCH POINT ...................... 47 054 = 41 x 230
5. JOYEUX NOEL ....................... 46 475 = 43 x 216
6. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 42 076 = 40 x 210
7. IN HER SHOES ....................... 36 168 = 31 x 233
8. DOOM ................................. 24 518 = 17 x 288
9. LA LEGENDE DE ZORRO .............. 23 996 = 32 x 150
10 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU ......... 23 298 = 27 x 173
(source : ciné-chiffres)

dimanche 20 novembre 2005

Film catastrophe

Ne réglez pas votre téléviseur c'est vous qui êtes dans une histoire vraie camouflée avec des éléments de fiction intériorisés.
Si vous cherchez une analyse un peu plus fine que le tout-venant médiatique des émeutes du mois écoulé vous feriez bien de lire Baudrillard dans Libé de vendredi dernier.

Pas rassurant ? Si les frères Wachowski citent Baudrillard dans Matrix nous on n'aura pas d'élu pour venir reprogrammer la machine mais ça peut être utile de bien comprendre qu'on voit toujours mieux le malaise dans l'oeil de son voisin que le malaise de la charpente sous laquelle on vit.

Voir aussi l'interview dans le NYT magazine d'aujourd'hui :
At 76, you are still pushing your famous theory about "simulation" and the "simulacrum," which maintains that media images have become more convincing and real than reality.

All of our values are simulated. What is freedom? We have a choice between buying one car or buying another car? It's a simulation of freedom.

So you don't think that the U.S. invaded Iraq to spread freedom?

What we want is to put the rest of the world on the same level of masquerade and parody that we are on, to put the rest of the world into simulation, so all the world becomes total artifice and then we are all-powerful. It's a game.

ACFpoker

lundi 14 novembre 2005

Protocolique

Où le Da Vinci Code n'a pas fini de faire vendre du papier-cul...

Le Monde 2 de la semaine dernière (samedi 5/11, signalé par Leloup) reflète assez bien les limites des news magazines français : obligés de faire du sensationnel sans aucune pondération là où le supplément week-end du NYT par exemple fait la part belle au journalisme. Il faut dire que le format papier glacé est avant tout un support publicitaire. Autant la télé s'allume (presque) toute seule autant il faut trouver un moyen de faire acheter un magazine.
Quand l'Express ou le Point ferait une énième couv sur les francs-maçons le Monde² se la joue contre-pied et veut mettre en perspective les théories du complot dans notre monde moderne à nous. Appelé pour l'occasion Pierre-André Taguieff, auteur d'une somme compilation/exégèse des tristement pas si célèbres que ça Protocoles des Sages de Sion, et à ce titre autoproclamé spécialiste ès complots. (Pour ceux que le sujet intéresse je conseille plutôt la mise en perspective historique de l'antisémitisme et l'histoire des protocoles racontée de manière limpide, concentrée donc d'autant plus percutante -quoique le livre date de 40 ans-, par Norman Cohn. Réédité chez Folio : Histoire d'un Mythe).
Taguieff donc nous la joue : Attention les théories du complot prennent de plus en plus de place dans l'imaginaire collectif comme en témoigne différents succès de la culture populaire des X-files au Da Vinci Code ce qui contribue à affaiblir la démocratie (ce n'est pas une citation, je résume et mes risques horripilent). Soit. Le problème c'est qu'en jouant le monsieur Complots, tel Michel Chevalet s'enflammant tout seul pour scientificiser le drame de Challenger au JT de tf1, Taguieff se prend très au sérieux. A force de travailler sur les complots il voit de la théorie des complots partout et donc il s'en sert pour y réduire des opinions qui lui déplaisent. L'altermondialisme et la peur du libéralisme économique ? Un vague mais terrifiant mouvement d'anxiété générale qui s'apparente à une théorie d'un "méga-complot" de la mondialisation.
Une connerie pareille participe du même mécanisme que Taguieff veut dénoncer : simplification, amalgame puis théorisation outrancière. Les théories du complot marchent comme ça, il suffit d'isoler quelques images, de forcer le trait puis de raconter une histoire qui lie le tout. L'histoire de Taguieff c'est qu'il est spécialiste de la question, donc on ne lui la fait pas. Si tu n'es pas d'accord avec le monsieur c'est soit que tu es trop con soit que tu es en train de te faire une petite théorie du complot espèce de débutant !

La manipulation existe à tous les niveaux, qui pourrait le nier ? C'est un outil de la vie sociale, politique et économique. La manipulation systématisée par la publicité et au sens large par le marketing c'est un fait avec lequel on peut apprendre à vivre, mais pour ça il faudrait déjà qu'on fasse l'effort de s'informer par soi-même. C'est d'autant plus dûr que l'information, l'analyse approfondie et distincte de l'opinion, la mise en perspective coupée de l'actualité à chaud se font rares. Sans parler de la sincérité des hommes politiques qui nous veulent toujours du bien sans jamais vraiment oser le faire.
Si la religion du progrès ne nourrit plus les âmes, si les promesses du communisme ne font plus chanter les masses, si l'on attend rien du libéralisme ou de la mondialisation heureuse, il ne reste que la vision du pire.
Beurk. Dire que si l'on se croit manipulés c'est qu'on est des faibles d'esprit, qu'on devrait se contenter d'une bonne vieille méthode Coué (en application anale et au dodo), j'ai rarement vu plus malhonnête et nauséabond. Et vicieux en plus puisque le gars est censé dénoncer par le menu les illuminés de la conspiration de gros.
C'est moi où ya qu'en France qu'on a des intellectuels officiels qui peuvent débiter sérieusement des conneries plus grosses qu'eux sans connaitre de contradiction ?

Box-office Pp WE 46

1. LES CHEVALIERS DU CIEL ..... 116 294 = 42 x 554
2. FLIGHT PLAN .................... 102 037 = 38 x 537
3. JOYEUX NOEL ..................... 79 731 = 42 x 380
4. MATCH POINT ...................... 78 851 = 48 x 329
5. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 65 837 = 40 x 329
6. LA LEGENDE DE ZORRO ............. 54 859 = 37 x 297
7. 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU ......... 41 180 = 28 x 294
8. WALLACE ET GROMIT .................. 32 640 = 32 x 204
9. LA BOITE NOIRE ........................... 31 809 = 36 x 177
10 LES NOCES FUNEBRES ..................... 31 621 = 37 x 171
(source : ciné-chiffres)

dimanche 13 novembre 2005

Guerre et pellicule

Le supplément week-end du New-York Times se décline sur le thème de Hollywood et la guerre.
Behind Foreign Lines - L'essai du critique en chef Manhola Dargis s'attache à quelques comparaisons pour décrire l'approche largement majoritaire du film de guerre américain : du divertissement qui passe par le spectaculaire et le manichéen. Cette démagogie de la guerre à l'écran est d'autant plus sensible dans Saving Private Ryan que Spielberg sépare nettement les deux : d'abord spectaculaire hyper-réaliste puis film de guerre plan-plan avec de gentils soldats US proprement consciencieux aux prises avec des méchants nazis dressés pour tuer.
There is a scene in Steven Spielberg's "Saving Private Ryan" in which a Nazi slowly slides a knife into the heart of an American soldier. Much like that film's famous opening, the nearly half-hour D-Day landing during which thousands of Americans are cut down on the beach, the knifing is unsettling viewing. Spielberg makes the sacrifice of the soldiers horrifyingly, flinchingly vivid. But what he and most American filmmakers never show is war's other reality: that the soldiers left standing will have to sacrifice the enemy in turn. In "Saving Private Ryan," we watch American soldiers meet their grisly end, but we never see the grisly work required of them to win the war.
Film annonce ici

Sommaire complet du NYT magazine par là. Beaucoup d'articles a priori passionnants : more on that later.

lundi 7 novembre 2005

Box-office Pp WE 45

1. MATCH POINT ...................... 96 611 = 48 x 403
2. A HISTORY OF VIOLENCE .......... 96 138 = 39 x 493
3. LA LEGENDE DE ZORRO ............. 69 336 = 44 x 315
4. LA BOITE NOIRE ....................... 48 827 = 36 x 271
5. LES NOCES FUNEBRES ................. 43 821 = 45 x 195
6. IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUED ...... 39 840 = 27 x 295
7. RENCONTRES A ELIZABETHTOWN ...... 39 375 = 33 x 239
8. WALLACE ET GROMIT ..................... 35 263 = 44 x 160
9. OLIVER TWIST ............................... 33 483 = 46 x 146
10 COMBIEN TU M'AIMES ? ...................... 27 012 = 36 x 150
(source : ciné-chiffres)

mercredi 2 novembre 2005

BO Paris-RP semaine 44

1. MATCH POINT ................ 204 134 = 48 x 608
2. LA LEGENDE DE ZORRO ...... 210 744 = 44 x 684
3. LES NOCES FUNEBRES ......... 117 690 = 46 x 365
4. WALLACE ET GROMIT .......... 103 854 = 48 x 309
5. OLIVER TWIST .................... 84 976 = 49 x 248
6. COMBIEN TU M'AIMES ? ........... 80 862 = 36 x 321
7. IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUED . 80 329 = 31 x 370
8. RED EYE ............................ 53 187 = 21 x 362
9. LES FRERES GRIMM .............. 39 617 = 25 x 226
10 LES PARRAINS ................... 38 244 = 31 x 176
(source : ciné-chiffres)

lundi 24 octobre 2005

Ciné-o-logismes : Final Twist & Happy-end

Le premier final twist, ou "retournement final", date selon moi de l'invention du cinéma par les frères Lumière. Autant au théatre les spectateurs pouvaient applaudir les acteurs "désincarnés" de leur rôle à la fin de la pièce, autant au cinéma ils avaient besoin de se rassurer, de se remettre de leurs émotions en se disant que "c'est du cinéma." Problème de cette méthode Coué : la catharsis n'est pas complète si le film n'inclut pas un côté rassurant après avoir torturé lui-même son public. Il ne s'agit donc pas de jeter un regard méprisant sur les happy-ends (happy-ending en vo) : le cinéma s'est avéré dès ses débuts un médium tellement puissant, tellement impressionant, qu'il fallait trouver un moyen de bien doser la réalité et la fiction, le vraissemblable et le fantastique. "Veuillez laisser ce spectateur dans l'état où vous l'avez trouvé avant la séance" en quelque sorte. Comme quoi tout est question de formulation.

QUELQUES EXEMPLES D'ADAPTATION AU SPECTATEUR

Dans le premier Fantômas (A l'ombre de l'échafaud - 1913) Louis Feuillade a eu l'intelligence de comprendre qu'il ne pouvait pas garder la fin du roman, trop sombre. Juve sauve donc un innocent de la guillotine promise à l'Empereur du crime.
Un peu plus tard la question se posa sur la manière de présenter Le Cabinet du docteur Caligari (1920) au public. Un prologue et un épilogue permettent d'atténuer le choc des audaces visuelles et du récit fantastique.
Bien plus tard William Goldman a eu beaucoup de mal à accepter d'adoucir cette scène clé de Misery (1993) où le romancier se fait trancher les pieds. A l'écran il n'a plus que les chevilles brisées et pourtant visuellement toute la puissance et la violence de la description de Stephen King sont là.

LE RETOURNEMENT FINAL : ECRIS AVEC TES PIEDS AVEC AGATHA CHRISTIE

Aujourd'hui donc le spectateur serait, en théorie, plus difficilement impressionnable. C'est pour ça que la recette éculée d'Agatha Christie, qui consiste à partir d'une révélation finale pour berner le lecteur dans le reste du récit, a fait une entrée en force dans les salles ces dernières années. Usual Suspects, Le 6e Sens, Memento... tous ont bati leur réputation sur une esbrouffe où le spectateur croit sentir son intelligence aiguillonnée parce qu'il a été mené en bateau durant 90 minutes.
Faire diversion avec les mains pour pouvoir écrire une histoire avec les pieds. Night Shyamalan en a même fait son fonds de commerce. Les gens ont été impressionnés une fois et la fois d'après ils sont indulgents (mais de moins en moins). Quand Carnival of Souls (1961, dont on a beaucoup parlé à la sortie du 6e sens) amène sa conclusion il s'agit d'une conclusion logique, pas d'un grand coup de cymbale "regardez comme je suis intelligent, comme je vous ai bien eu. Toi aussi montre que tu es intelligent et montre à tes amis que tu as compris le film." Idem pour Fritz Lang avec La Femme au Portrait (1944) : le final twist/happy-end intervient dans un plan magistral de transition et la fin est chargée d'ironie et d'humour, des notions qui ne font certainement pas partie du langage cinématographique de Shyamalan, Singer ou Nolan.
"On va rentrer et on va s'inventer une petite charade. Et là il sera bien feinté !"

IN CAUDA VENENUM : A PROPOS DE ROALD DAHL

Je lisais récemment des nouvelles de Roald Dahl, plus connu ces jours-ci comme le papa de Charlie et la Chocolaterie que comme l'auteur de pages où l'ironie le dispute au macabre. Bon c'est pas Edgar Poe non plus mais les descriptions des personnages, de leurs actes et motivations valent largement le détour.
Le truc le plus gênant, selon moi, c'est le côté systématique du retournement final. D'une part quand on connait l'auteur on s'y attend un peu et le fait d'appréhender la fin change complètement la lecture et l'on se met à cogiter au lieu de boire les phrases de l'écrivain. Et même s'il l'on découvre Roald Dahl dans une de ses nouvelles qui se terminent non pas en queue de poisson mais en hameçon, la fin arrive comme un coup de cymbales qui nous éjecte de la narration au lieu de nous laisser tout légers, quoiqu'un peu groggy sous cette succession d'images légères convergeant vers l'émotion forte du tableau.
Bien sûr Roald Dahl écrit cent fois mieux que la douairière Agatha Christie mais il y a ce petit côté paresseux "je tourne mon récit de manière à avoir le dernier mot" qu'on ne retrouve jamais chez des écrivains de la classe de Joseph Conrad, par exemple. Ses écrits ne se terminent ni en eau de boudin ni en eau de rose mais laissent une impression forte, une impression achevée par un torrent de mots ambitieux guidés par la même volonté.
"My task which I am trying to achieve is, by the power of the written word, to make you hear, to make you feel - it is, above all, to make you see. That - and no more, and it is everything. If I succeed, you shall find there according to your deserts: encouragement, consolation, fear, charm - all you demand - and, perhaps, also that glimpse of truth for which you have forgotten to ask."

Box-office Pp WE 43

1. LES NOCES FUNEBRES .............. 124 492 = 47 x 530
2. OLIVER TWIST ........................... 84 466 = 49 x 345
3. WALLACE ET GROMIT .................. 77 007 = 50 x 308
4. IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUED ..... 71 737 = 30 x 478
5. LES PARRAINS ........................ 44 714 = 31 x 288
6. LES FRERES GRIMM ................ 40 232 = 42 x 192
7. L'ENFANT .............................. 30 510 = 28 x 218
8. THE DESCENT ......................... 27 518 = 24 x 229
9. CACHE ................................... 21 557 = 28 x 154
10. SAINT JACQUES... LA MECQUE ...... 21 505 = 34 x 127
(source : ciné-chiffres)

vendredi 21 octobre 2005

Infériorités numériques

Dossier dans le Libé du jour sur le cinéma numérique. Tiens, serait-ce le sujet de discussion à la mode dans les dîners en ville ? A défaut de vous rendre intelligents sur le sujet, les articles vous permettront d'y briller et en tout cas de ne pas trop passer pour un attardé. Le numérique c'est aussi le problème des journalistes qui font de l'info "compilation/compression de faits et gestes" pour faire court là où leur métier exigerait approfondissement, hiérarchisation et mise en perspective.
Un dossier à lire donc plus pour réfléchir à l'avenir du journalisme que pour se faire une image nette, non clipée, de l'avenir du cinéma.

Mutation (édito film-annonce des platitudes du dossier)
Les nouveaux business du cinéma (panoramique accéléré)
Le numérique face au cinéma de papa (brassage d'idées générales)
Interview de Michel Gomez ("courage, prenons nos envies pour des réalités")
Photo des investissements télé

mercredi 19 octobre 2005

Choix plétho-numérique (2)

Digital HorizonEn passant par le Satis (salon des technologies de l'image et du son) j'ai eu la confirmation de cette idée attrapée hier à la volée dans un post de John August : le numérique c'est l'invasion de l'informatique à tous les niveaux. Comprenez-moi bien, je ne suis pas contre le progrès mais il se trouve que l'informatique progresse à une vitesse bien supérieure à celles des autres métiers qui dépendent de ses applications et a fortiori à une vitesse bien supérieure à celle que l'homme peut suivre avec ses petits bras musclés et son gros cerveau qui a besoin de sommeil pour faire de l'acquisition de données.

Il n'y a pas de match analogique/numérique puisque le numérique sera partout d'ici 15 ans (même sur la bande FM ?). Point de vue ciné il n'y a pas de match, mais pas parce que le numérique a gagné d'avance, juste parce qu'on est sur deux logiques totalement différentes. D'un côté la tradition argentique, éprouvée, carrée avec un support toujours plus performant mais justement contraignant ; de l'autre la technologie d'avant-garde qui promet chaque jour une meilleure qualité accessible à un nombre croissant de cinéastes en herbe ou déjà blanchis sous le harnais.

Ma conclusion ? Le cinéma sur pellicule permet de travailler dans un cadre très précis ou chacun est un spécialiste dans son domaine. Avec la généralisation du HD tout le monde se met aux ordres des choix effectués. Le directeur de la photo par exemple n'est plus dans cette optique qu'un conseiller technique pour la lumière du plateau. De plus on a vu hier que le monteur ne devenait plus qu'un exécutant des consignes de montage. Alors est-ce que l'avénement de la HD consacre la victoire de l'auteur-réalisateur comme détenteur de toutes les clés de la création cinématographique ? Ou du producteur-dictateur ? Tout ça fait partie des questions à se poser car suivre la technologie pour la technologie c'est de la fuite en avant, pas du progrès. Si demain les maisons de production ressemblent à de petites SSII avec un chef de projet technique, un chef de projet fonctionnel et une armée d'informaticiens indiens spécialistes de l'image, je ne crois pas que le cinéma y aura gagné.

mardi 18 octobre 2005

Choix plétho-numérique

Réflexions très intéressantes sur le blog du scénariste John August à propos du numérique.

En substance avec le numérique n'importe qui peut faire son film (ok) et se laisser émerveiller par la multitude d'options qui s'offrent à lui sur la table de montage.
August prend l'exemple de films tournés en motion-capture (acteurs couverts de capteurs devant des écrans bleus) par Zemeckis : la question n'est plus de choisir des angles de caméra, des prises etc. puisqu'absolument tout peut être imaginé sur la table de montage. Et pas besoin d'avoir le budget de Zemeckis pour se laisser bercer par les sirènes "du pouvoir absolu" du créateur sur ses images. Avec les capacités de stockage qui augmentent régulièrement un gars qui tourne en numérique va vouloir garder tout ses rushes et en particulier les garder comme options au montage, ce qui
1/enlève beaucoup à l'avantage de rapidité des stations numériques
et surtout 2/c'est "la porte ouverte à toutes les fenêtres" comme dirait Coluche puisque quasiment tout le monde peut donner son avis sur ce qui pourrait être changé et se gêne d'ailleurs de moins en moins.

Les monteurs craignent ainsi de se retrouver dans cette situation bien connue des scénaristes où on les prend pour de simples exécutants qui viennent prendre leurs instructions et doivent se démerder à faire ce qu'ils peuvent en les suivant.

Conclusion :
"Presenting a filmmaker with 100 options isn’t a help, but a hindrance. It means she has to consider 100 possibilities, or devise some system for winnowing them down into categories. That’s creative brainpower she could spend on some other, more important aspect of the film. Worse, the 99 unchosen possibilities will still weigh on her mind. In many ways, she was better off not knowing what she was missing.

Again, I’m a digital guy. But I think one of the best aspects of digital is its binary nature: yes or no, black or white, one or zero. To flourish, I think digital filmmaking needs to embrace some of this discipline.

We shouldn’t use technology simply to push back the decision-making process. Rather than cheering, “Anything is possible!” we should celebrate that “New things are possible.” The groundbreaking movies of the next decade won’t be the ones that use the most technology, but rather the ones that use it most intelligently."
Lire le post original ici

lundi 17 octobre 2005

Box-office Pp WE 42

1. WALLACE ET GROMIT ........ 117 829 = 50 x 471
2. LES FRERES GRIMM ............... 68 973 = 47 x 294
3. THE DESCENT ........................ 41 205 = 24 x 343
4. SAINT JACQUES... LA MECQUE .. 36 039 = 35 x 206
5. CACHE ................................ 30 878 = 29 x 213
6. GOAL ............................... 29 956 = 29 x 207
7. DON'T COME KNOCKING .... 23 980 = 28 x 171
8. QUATRE FRERES .............. 23 879 27 x 177
9. LA MAISON DE NINA ......... 19 325 = 33 x 117
10.IL NE FAUT JURER DE RIEN ! .. 19 033 = 32 x 119
(source : ciné-chiffres)

mercredi 12 octobre 2005

Ciné indé, le peuple aura ta peau

Quelqu'un aurait pu m'avertir pour Broken Flowers. Je veux bien être gentil avec Jarmush mais son film est au même niveau que l'insipide Lost in Translation avec Bill Murray dans le même rôle de chien perdu/battu/blasé.
Si c'est ça du cinéma indépendant autant abdiquer tout de suite et accepter que de moins en moins de gens vont au ciné (oui, c'est pas parce que les accros font chauffer leur carte que la part de la population qui va au ciné cesse de chuter). Ces films sont des caricatures de films qui se veulent profonds : on pose Bill Murray devant la caméra, on lui impose 2-3 activités à subir et hop, on laisse dérouler. Génial. Oui c'est le mot, on encense des gars comme Jarmush ou la fifille Coppolla et eux après ils se croient bons au point qu'ils pourraient faire un plan fixe d'une heure sur une chasse d'eau qui fuit et que ça serait de l'art. Ils n'ont rien à prouver, ils ont été estampillés artistes : leurs défauts expriment la fragilité, leur auto-satisfaction regorge de simplicité, de pureté, leurs grosses ficelles fleurent bon le cinéma à l'état brut.

Bien sûr j'ai certainement tort puisque Broken Flowers comme Lost my Attention ont largement "trouvé leur public." Mais on ne m'empêchera pas de penser que ce public ne fait que suivre un mouvement dans lequel il se croit intelligent, 1/par différenciation et 2/par assimilation à une communauté qui est censé être vraiment cinéphile.
Cinéphile mon cul. Juste content de pouvoir se dire au-dessus de la masse abrutie devant Julie Lescaut ou Navarro. Eh ben pourtant, voyez-vous, ces derniers sont beaucoup plus honnêtes avec eux-mêmes et peut-être même moins victimes marketing. D'ailleurs ils ne demanderaient pas mieux que d'aller au cinéma un fois de temps en temps voir des films intéressants.

lundi 10 octobre 2005

Also Sprach Fritz -- Art & Vanité (3)

Lorsque je réalisais M j'étais contre la peine capitale (je le suis encore). Mais je n'ai jamais pensé que ce film puisse réellement aider à l'abolir. Un cinéaste peut seulement montrer certaines choses. Réalisant Fury je n'escomptais pas que le lynchage puisse disparaitre immédiatement. Je ne peux qu'indiquer quelque chose du doigt, je ne suis pas faiseur de miracle, ni politicien. Je pense : ceci est mal et je le montre pour que les gens le sachent. Lorsque je montre ce qu'il est possible de montrer dans des films policiers c'est un apport critique sur des choses existantes. Mais je ne propose aucune recette pour stopper ce que je critique car ce n'est pas mon affaire.
Je pense que les gens surestiment le pouvoir d'un metteur en scène. Le film est d'abord un travail d'équipe mais il est vrai que le réalisateur contrôle certaines choses. Laissez-moi vous raconter une histoire. Lorsque Fury fut terminé, le producteur, sortant d'une projection, me convoqua dans son bureau et, furieux, m'accusa d'avoir changé le script. Je lui répondis : "Comment pourrais-je avoir modifié le script lorsque je parle à peine l'anglais ?" Il relut le script et reconnut : "Sapristi, vous avez raison, mais il parait différent sur l'écran."

Box-office Pp WE 41

1. LES FRERES GRIMM ..... 122 367 = 48 x 510
2. CACHE ......................... 54 485 = 29 x 376
3. QUATRE FRERES .............. 40 736 = 32 x 255
4. IL NE FAUT JURER DE RIEN ! .. 31 038 = 38 x 163
5. COLLISION .................. 22 204 = 27 x 164
6. LES AMES GRISES ........... 20 140 = 40 x 101
7. MA SORCIERE BIEN-AIMEE 18 169 = 30 x 121
8. GABRIELLE ................... 16 902 = 21 x 161
9. ENTRE SES MAINS ......... 16 730 = 34 x 98
10 BROKEN FLOWERS ........ 16 441 = 24 x 137
(source : ciné-chiffres)

samedi 8 octobre 2005

Tellement propre que l'on peut se voir dedans

Pour imiter Europa Corp qui fait voter les abonnés à sa newsletter pour les affiches de ses films "difficiles" (un film difficile chez Europa Corp. c'est un film dont Besson ne revendique pas d'avoir écrit le scénar entre 5h du mat et midi) voici un petit sondage pour la plus belle image :

lundi 3 octobre 2005

Box-office Pp WE 40

1. IL NE FAUT JURER DE RIEN ! ..... 72 177 = 38 x 380
2. LES AMES GRISES ................... 44 742 = 40 x 224
3. REVOLVER .......................... 42 611 = 35 x 243
4. MA SORCIERE BIEN-AIMEE ...... 42 578 = 38 x 224
5. COLLISION ...................... 38 681 = 29 x 267
6. GABRIELLE .................... 36 552 = 22 x 332
7. NIGHT WATCH ............. 32 619 = 26 x 251
8. ENTRE SES MAINS ........ 32 209 = 39 x 165
9. BROKEN FLOWERS ..... 26 965 = 30 x 180
10 RIZE .................... 22 523 = 25 x 180

(source : ciné-chiffres)

vendredi 30 septembre 2005

Blu vs. Red, episode XLII

La guerre pour le nouveau standard DVD menace d'être longue. C'est parti comme en 1914 la fleur au fusil et on atteint maintenant la fin de la guerre de mouvement avec la course à la mer où chacun essaie de s'assurer le plus large soutient sans chercher à faire la différence. Sony ne veut surtout pas voir l'histoire du Betamax se répéter et compte dans ses rangs Apple HP et Dell (soit la moitié de la production mondiale d'ordinateurs personnels), Toshiba a annoncé un délai dans la sortie du DVD HD mais vient d'enregistrer le soutient non négligeable de Microsoft et Intel. Microsoft et sa Xbox cherchent surtout à pousser le standard concurrent de Sony et sa Playstation, mais pour Intel les motivations sont plus obscures. Voyant le front se dessiner Samsung a déjà décidé de lancer un lecteur compatible avec les deux formats Bluray et HD DVD.
Oui, autant dire qu'on se dirige vers une guerre de tranchées qui va coûter très cher à tout le monde et surtout au consommateur pressé à qui on va vendre des lecteurs compatibles avec les technologies divergentes des deux formats.
D'ici deux ans : Verdun et un pillonage des linéaires pour forcer la décision. A moins que, comme l'espère Sony, la Playstation fasse pencher la balance dans le camp Blu-ray. D'ici là pas la peine de jouer au consommateur zélé, le bon vieux format DVD a encore 5 ans devant lui et à mon avis dans 5 ans une technologie "sans galette" commencera à prendre la relève de tous les formats DVD (dernière étape avant la dématérialisation totale qui devrait prendre encore une bonne dizaine d'années).

Also Sprach Fritz -- Art & Vanité (2)

Il y a des films qui correspondent aux désirs et aux rêves du public. Avant de faire Western Union j'ai vécu un certain temps avec les Peaux-rouges parce que j'ignorais tout de l'Ouest. J'ai reçu ensuite des lettres d'anciens pionniers me disant : "Vous avez parfaitement montré ce qu'était l'Ouest." Avais-je vraiment montré la réalité ? N'avais-je pas plutôt nourri quelques images fantastiques, exprimant leur désir de l'Ouest tel qu'il aurait dû être ? Cela ne signifie pas que l'imagination soit supérieure à la réalité. Les deux choses ont, au cinéma, le droit d'exister.

jeudi 29 septembre 2005

Too Many Cooks?

Emmanuelle nous fait part de cette impression, trop souvent partagée, en sortant de la première du dernier film de Jodie Foster, Flight Plan :
Malheureusement, le film s'écrase avec fracas dans le dernier quart-d'heure. Le scénario valdingue d'un coup, comme un masque à oxygène.
On fait trop souvent la même constatation, incrédules: comment tous ces gens futés et doués individuellement et dotés de tels moyens parviennent à gâcher autant de projets collectivement?
Eléments de réponse : d'un côté Jodie Foster veut faire un film dont Jodie Foster est l'héroïne (sympathique, au sens anglais, sans aspérités, comme son personnage dans Panic Room qui avait déjà été calibré pour Nicole Kidman) et de l'autre les studio executives qui veulent faire un film qui accroche le plus large public (pas de prise de risque, du consensuel + du gros final twist en guise de condiment). Au sortir de cette production à la chaîne on est soit léger parce qu'on a eu la mémoire vidée par le spectacle (et le film s'oublie dès que les lumières se rallument), soit énervé d'avoir autant été pris pour un con, d'avoir perdu son temps et/ou son argent.

Oui, tout ça apporte certainement de l'eau au moulin de ceux qui ne jurent que par les auteurs à l'univers codifié, certes, mais plus stimulant intellectuellement. Disons pour mettre tout le monde d'accord que c'est une question d'ambition de départ partagée ou non par toute une équipe créative. Peut-être que le scénario à l'origine de Flight Plan était beaucoup plus futé, subtil (c'est pour ça que j'insiste toujours pour qu'on ne se laisse pas aller à critiquer le scénar -le travail du scénariste- au vu du résultat final) et qu'il a été raboté dans tous les sens au fil des réécritures.

On est dans une logique industrielle : un grand groupe va acheter un brevet, non pour les bienfaits que ses applications pourraient apporter à l'humanité mais 1/pour éviter qu'il ne tombe aux mains de la concurrence et éventuellement 2/en tirer le maximum de profit. De même quand Warner laisse le champ libre à Jeunet c'est pour un profit-prestige via une prise de risque mesurée, à chiffrer en nominations aux Oscars pas en dizaines de millions au box-office.
Au final il ne faut pas s'étonner si dans un cas comme dans l'autre de cette logique d'hyper-rationnalisation l'émotion a du mal à trouver sa place.

Màj: pour ceux que ça intéresse Flight Plan ne fait que reprendre l'idée de base de The Lady Vanishes d'Hitchcock (inspiré lui-même d'une histoire vraie arrivée à Paris) et apparemment le personnel naviguant n'a pas trop apprécié le rôle qu'on lui fait jouer.

lundi 26 septembre 2005

Box-office Pp WE 39

1. MA SORCIERE BIEN-AIMEE ....... 71 696 = 38 x 377
2. ENTRE SES MAINS ................. 58 592 = 39 x 300
3. COLLISION ........................ 45 875 = 28 x 328
4. BROKEN FLOWERS ............... 39 894 = 38 x 210
5. RIZE ............................... 33 529 = 26 x 258
6. KISS KISS BANG BANG ........... 32 104 = 35 x 183
7. L'ANNIVERSAIRE .................... 30 326 = 32 x 190
8. LE PARFUM DE LA DAME EN NOIR .. 24 989 = 45 x 111
9. LA MORT EN LIGNE ................... 20 051 = 26 x 154
10. MOI, TOI ET TOUS LES AUTRES .. 18 276 = 13 x 281

(source : ciné-chiffres)