La réaction de Guy Bono n'a pas tardé à nous parvenir :" C'est une nouvelle claque pour Sarkozy et le gouvernement français. Le Parlement a dit non à Sarkozy autant sur le fond que sur la forme. Les eurodéputés ont dit non à la riposte graduée et non aux pressions inadmissibles exercée par la France sur le premier organe démocratique du continent européen. "J'ai toujours pensé que Sarkozy serait, au bout du compte, victime de son gros défaut de vouloir imposer sa volonté coûte que coûte.
Mon sous-titrage du cinema, qu'il s'agisse de films, de pépètes ou simplement de personnes.
Ce blog a obtenu son visa Tout Public, il s'adresse à tous ceux qui vont au cinéma et/ou qui aiment les films.
mercredi 6 mai 2009
138
Voilà de quoi mettre du baume au coeur : alors qu'après toutes les manigances en coulisses pour saboter le côté contraignant (pour Hadopi) de l'amendement 138, plus personne ne croyait aux chances de revoir le Bono/Cohn-Bendit, hé bien pourtant c'est fait !
mardi 28 avril 2009
William Morris + Endeavor = Will MorE?
Article pas très intéressant en soit (simple juxtaposition de déclarations à chaud sans travail de mise en perspective) mais qui illustre les changements que vont subir les professions intermédiaires des médias.
Ou alors, les agences rationalisées vont se concentrer sur les gros coups, laissant la place à un nouveau marché pour des "offres" alternatives. Ce serait pas mal aussi.
Mr. Emanuel, whose brother Rahm is the White House chief of staff, told agents who flocked to his office that the weak economy was a major impetus to consolidation.Entre deux répétitions de détails sans importance sur la nouvelle organisation des 2 "majors" de la représentation de talents William Morris + Endeavor, il est vaguement évoqué l'opportunité de "rationaliser" en période de crise. Par la bouche du charismatique frère de celui qui joue le rôle du "méchant" à la Maison blanche, ça passe mieux.
For years, virtually every significant Hollywood agency has explored possible mergers with competitors as companies looked for growth and new horizons at a time when core movie and television businesses have been constrained by digital inroads and cost cutbacks.A l'heure où les banquiers recommencent à se sucrer, grâce à l'argent des contribuables, la "crise" pousse un peu les agents artistiques à prendre en compte les mutations plus profondes de l'économie numérique, et notamment le fait que les intermédiaires vont devoir travailler beaucoup plus pour justifier leurs 10% de commission sur tout ce qui bouge.
Ou alors, les agences rationalisées vont se concentrer sur les gros coups, laissant la place à un nouveau marché pour des "offres" alternatives. Ce serait pas mal aussi.
lundi 27 avril 2009
Epuration ou réconciliation numérique ?
Aujourd'hui, très belle réponse du berger aux mégères malaprises qui s'énervaient la semaine dernière contre le vote du PS pour repousser Hadopi (voir post du 22/4).
La réponse est complète, argumentée sans passion contrairement à ces pauvres cinéastes déconnectés qui prennent encore leur position dans la société au sérieux.
Forcer le dialogue, rentrer dans le détail de la ventilation des bénéfices créés par les produits culturels, voilà ce que les puissants intermédiaires de la Culture veulent éviter à tout prix. L'apport des labels d'une Major, d'un conglomérat de production/distribution/exploitation dans le cinéma, d'une société d'auteurs... serait ridiculisé une fois mis à nu au beau milieu de l'économie numérique. Du moins dans l'état actuel de la volonté de ces brontosaures de la Culture de s'adapter.
Qu'ils meurent avec leur trésor de guerre et les souvenirs de leur rente de situation. Personne ne viendra les pleurer, ni les artistes, ni même leurs anciens actionnaires qui comprendront vite aussi où se nichent les gisements de croissance de l'économie.
La réponse est complète, argumentée sans passion contrairement à ces pauvres cinéastes déconnectés qui prennent encore leur position dans la société au sérieux.
La loi censée défendre l’exception culturelle devient une « loi d’exception » en Europe. Dès lors, en refusant le fait du prince, comme nombre de députés de la majorité, nous ne comprenons pas en quoi nous devrions demander pardon aux artistes qui nous ont toujours trouvés à leurs côtés dans l’action gouvernementale comme dans nos politiques locales. Nous voudrions juste que ceux qui nous interpellent prennent conscience que voter une loi est un acte plus grave que de signer une pétition. C’est un engagement au service de l’intérêt général dont on doit répondre la tête haute, sans raser les murs.
Lorsque la loi est mal foutue et qu’elle ne règle rien, il vaut mieux que la main du législateur tremble et qu’elle refuse de céder à la politique de « l’Hadopire ». On nous rétorque qu’il n’y a pas d’alternative. On refuse même de débattre de notre proposition de « contribution créative » au prétexte qu’elle ne serait pas à la hauteur des enjeux financiers du téléchargement. De qui se moque-t-on ? La redevance de deux ou trois euros mensuels que nous proposons couplée à la réorientation de la taxe sur les FAI générera près d’un milliard d’euros pour rémunérer chaque année les droits d’auteurs, quand Hadopi ne leur rapportera pas un centime. Elle est aussi l’occasion de forcer un dialogue, sans haine, sans anathème, auquel se refusent aujourd’hui l’Etat et les majors, sur les coûts de fabrication et de diffusion des produits culturels.
Forcer le dialogue, rentrer dans le détail de la ventilation des bénéfices créés par les produits culturels, voilà ce que les puissants intermédiaires de la Culture veulent éviter à tout prix. L'apport des labels d'une Major, d'un conglomérat de production/distribution/exploitation dans le cinéma, d'une société d'auteurs... serait ridiculisé une fois mis à nu au beau milieu de l'économie numérique. Du moins dans l'état actuel de la volonté de ces brontosaures de la Culture de s'adapter.
Qu'ils meurent avec leur trésor de guerre et les souvenirs de leur rente de situation. Personne ne viendra les pleurer, ni les artistes, ni même leurs anciens actionnaires qui comprendront vite aussi où se nichent les gisements de croissance de l'économie.
mercredi 22 avril 2009
Les vieux de la veille
15j après la bataille, JJ Annaud, Philippe Lioret, Bertrand Tavernier, Danièle Thompson... publient une tribune dans Libé, pour dire quoi ? Qu'ils ne sont vraiment pas contents du vote des socialistes contre Hadopi. Ils se sentent même un peu incompris, les pauvres, eux qui croyaient que leur oeuvre avaient une dimension sociale.
C'est à dire qu'ils débarquent un peu. Le PS est à la rue depuis un sacré bout de temps, mais globalement ce n'est pas notre problème si on doit encore parler d'Hadopi. La compagnie des vieux cinéastes arrivés reproche aux députés de l'opposition de ne rien faire de constructif ? Mais alors eux aussi ils feraient mieux de proposer qqch au lieu de piquer une colère contre ce vote de détail contre Hadopi.
Et après ils s'étonnent qu'on les traite de bétail, de veaux qui suivent le lobbying de ces intermédiaires de la production qui vont mourir demain, sans qu'Hadopi n'y change rien ? Et c'est les mêmes qui mettront sans discuter leur nom sur une pétition qui parle un peu de droits de l'homme ?
Comme les hommes politiques qui soutiennent cette loi ils sont déconnectés du monde réel, ça fait trop longtemps qu'ils n'ont pas eu de fin de mois difficile. En revanche la création, l'économie de la création, la nouvelle économie/révolution numérique (cette expression date de 10 ans les gars, faut se réveiller, ça ne vient pas de commencer), les nouveaux modes de consommation, un nouveau pricing pour la nouvelle chaîne de distribution/diffusion... tout ça ils connaissent super bien, c'est des spécialistes. De sacrées têtes pour tout dire, il faudrait vraiment réfléchir à leur attribuer un Prix Nobel de l'économie, de la Paix et en créer un aussi pour le Cinéma qui porterait leur nom.
C'est à dire qu'ils débarquent un peu. Le PS est à la rue depuis un sacré bout de temps, mais globalement ce n'est pas notre problème si on doit encore parler d'Hadopi. La compagnie des vieux cinéastes arrivés reproche aux députés de l'opposition de ne rien faire de constructif ? Mais alors eux aussi ils feraient mieux de proposer qqch au lieu de piquer une colère contre ce vote de détail contre Hadopi.
Et après ils s'étonnent qu'on les traite de bétail, de veaux qui suivent le lobbying de ces intermédiaires de la production qui vont mourir demain, sans qu'Hadopi n'y change rien ? Et c'est les mêmes qui mettront sans discuter leur nom sur une pétition qui parle un peu de droits de l'homme ?
Comme les hommes politiques qui soutiennent cette loi ils sont déconnectés du monde réel, ça fait trop longtemps qu'ils n'ont pas eu de fin de mois difficile. En revanche la création, l'économie de la création, la nouvelle économie/révolution numérique (cette expression date de 10 ans les gars, faut se réveiller, ça ne vient pas de commencer), les nouveaux modes de consommation, un nouveau pricing pour la nouvelle chaîne de distribution/diffusion... tout ça ils connaissent super bien, c'est des spécialistes. De sacrées têtes pour tout dire, il faudrait vraiment réfléchir à leur attribuer un Prix Nobel de l'économie, de la Paix et en créer un aussi pour le Cinéma qui porterait leur nom.
lundi 20 avril 2009
La gratuité en question
Chris Anderson, le rédacteur en chef de Wired, auteur il y a 4 ans de The Long Tail (La Longue Traîne
), est donc quelqu'un qui connait un peu mieux internet que la majorité des élus qui travaillent, parfois, à le réguler (le discours du vieux sénateur républicain corrompu de l'Alaska - belle carte de visite - Internet is a series of Tubes fait encore rire 3 ans après).
Chris Anderson travaille depuis 2 ans (au moins) à son prochain livre, qui sortira en juillet, sur le phénomène de la gratuité et internet : Free: The Future of a Radical Price
.
Il publiait déjà un avant goût de son travail l'an dernier, et j'ai l'impression que ceux qui étaient capables de l'entendre et de réagir à son approche n'ont pas été très enthousiasmés par la perspective d'un débat (synthèse en français ici). Il faut dire que même parmi les plus virulents détracteurs d'épiphénomènes coûteux comme Hadopi, le plus difficile à argumenter est la solution au problème du téléchargement gratuit. Parce qu'intuitivement, avec nos schémas de pensée hérités de la vieille économie, tous ces fichiers téléchargés gratuitement doivent bien correspondre quelque part à un problème, un déficit de ventes. Hé bien non justement. D'un côté il y a des adolescents qui téléchargent massivement, par ennui, par émulation..., mais leur pouvoir d'achat est de toute façon limité alors autant qu'ils participent au buzz gratuitement. De l'autre il y a les adultes qui téléchargent, mais ont, eux, plus souvent l'occasion d'acheter. Ils ne sont pas dans la situation frustrante de l'ado qui découvre tout en vrac et se noie dans la profusion incontrôlée. Les adultes ont une carte de crédit et ne sont qu'à un clic de faire un achat impulsif de tel disque ou de tel film. Sans compter que les produits dérivés non-numériques (livres, gadgets, déco...) n'ont aucune raison de marcher moins bien, au contraire.
Chris Anderson travaille depuis 2 ans (au moins) à son prochain livre, qui sortira en juillet, sur le phénomène de la gratuité et internet : Free: The Future of a Radical Price
Il publiait déjà un avant goût de son travail l'an dernier, et j'ai l'impression que ceux qui étaient capables de l'entendre et de réagir à son approche n'ont pas été très enthousiasmés par la perspective d'un débat (synthèse en français ici). Il faut dire que même parmi les plus virulents détracteurs d'épiphénomènes coûteux comme Hadopi, le plus difficile à argumenter est la solution au problème du téléchargement gratuit. Parce qu'intuitivement, avec nos schémas de pensée hérités de la vieille économie, tous ces fichiers téléchargés gratuitement doivent bien correspondre quelque part à un problème, un déficit de ventes. Hé bien non justement. D'un côté il y a des adolescents qui téléchargent massivement, par ennui, par émulation..., mais leur pouvoir d'achat est de toute façon limité alors autant qu'ils participent au buzz gratuitement. De l'autre il y a les adultes qui téléchargent, mais ont, eux, plus souvent l'occasion d'acheter. Ils ne sont pas dans la situation frustrante de l'ado qui découvre tout en vrac et se noie dans la profusion incontrôlée. Les adultes ont une carte de crédit et ne sont qu'à un clic de faire un achat impulsif de tel disque ou de tel film. Sans compter que les produits dérivés non-numériques (livres, gadgets, déco...) n'ont aucune raison de marcher moins bien, au contraire.
Scenario 1: Low-cost digital distribution will make the summer blockbuster free. Theaters will make their money from concessions — and by selling the premium moviegoing experience at a high price.Ce que nous dit Chris Anderson, en bref, c'est qu'il faut inclure la gratuité dans la manière de penser son marketing. Il a l'air en avance si j'en crois la manière dont le débat est soigneusement évité sur la place publique. Tant mieux, ça veut dire qu'on peut encore être en avance là-dessus (avis aux entrepreneurs qui voient loin) mais aussi que certains vont louper la dernière chance qui leur est offerte de prendre en marche le train de l'économie numérique (adieu veaux, vaches à lait, Sacem et compagnies craignos).
mardi 7 avril 2009
La parole est à la défonce
Dernier mot cette fois promis, et je laisse la loi Hadopi avorter dans son coin.
Bon je vous laisse, j'ai des téléchargements en retard. Tout ce débat face à des industriels de mauvaise foi et des politiques commis d'office m'a donné une de ces soif de culture gratuite... Comme une envie de commettre un crime gratuit.
- 1. Le Wifi va pourrir les premières tentatives d'appliquer la loi
- 2. Refusez systématiquement les Recommandés adressés à l'adresse précise qu'utilise votre FAI (conseillé précédemment par Maitre Eolas). Vous conviendrez que les recommandés sont très rarement des chèques de généreux donateurs. Si vous attendez quand même des RAR importants, ajoutez une ligne dans l'adresse de votre compte Internet (un truc anodin genre "boite n°512a") qui vous permettra d'identifier à coup sûr le farceur qui vous envoie une missive avec force formalités. Deux raisons à ça :
- le facteur ne sera pas forcément coopératif pour vous indiquer l'expéditeur (surtout s'il vient de se taper 4 étages à pied pour avoir votre signature)
- si vous n'êtes pas là (ou que le facteur n'a pas voulu risquer de se taper 4 étages pour rien) l'avis de passage ne mentionnera pas l'expéditeur et j'imagine que vous ne voudrez pas faire la queue 1/2h un samedi matin à votre bureau de poste juste pour avoir confirmation que vous êtes dans la base de publipostage des nouveaux emplois vieux créés par Crétine Albanel.
Pas de bras, pas de chocolat ; pas de preuve légale d'un avertissement, pas de risque de sanction. Et qui c'est qui aura gaspillé l'argent des contribuables en touchant des sous de la Sacem et compagnie ?
Bon je vous laisse, j'ai des téléchargements en retard. Tout ce débat face à des industriels de mauvaise foi et des politiques commis d'office m'a donné une de ces soif de culture gratuite... Comme une envie de commettre un crime gratuit.
"16 gus dans un hémicycle"
Un dernier petit coup sur Hadopi qui a été voté à l'Assemblée Nationale la semaine dernière par 16 députés.
Visualiser le résultat du vote.
Bravo aux 10 députés moutonniers (ou abrutis) de la Majorité Présidentielle qui se sont déplacés pour voter pour.
Bravo aux 2 députés du nous-veaux centre qui se sont déplacés pour s'abstenir.
Bravo aux 4 députés de l'opposition qui ont pris le temps de venir voter contre.
Quand on pense qu'il aurait suffit d'une petite dizaine de députés PS ou PC en plus pour foutre le souk une semaine de plus...
Vive le courage politique.
Qu'on ne vienne pas me reprocher après ça d'appeler à l'abstention totale et au téléchargement intensif jusqu'en 2012.
Visualiser le résultat du vote.
Bravo aux 10 députés moutonniers (ou abrutis) de la Majorité Présidentielle qui se sont déplacés pour voter pour.
Bravo aux 2 députés du nous-veaux centre qui se sont déplacés pour s'abstenir.
Bravo aux 4 députés de l'opposition qui ont pris le temps de venir voter contre.
Quand on pense qu'il aurait suffit d'une petite dizaine de députés PS ou PC en plus pour foutre le souk une semaine de plus...
Vive le courage politique.
Qu'on ne vienne pas me reprocher après ça d'appeler à l'abstention totale et au téléchargement intensif jusqu'en 2012.
samedi 28 mars 2009
Hadopi is dead baby
A la veille de la reprise des discussions, on peut déjà annoncer qu'Hadopi est mort. En signe de deuil et de compassion avec tous les éditeurs audiovisuels qui ont cherché à se blackbouler eux-mêmes, ce blog reprend ses couleurs d'origine.
Autopsie d'un fantasme sécuritaire de plus du califat Sarkozy, commandeur des croyants en lui.
Qu'est-ce que tout cela peut bien vouloir dire ?
Autopsie d'un fantasme sécuritaire de plus du califat Sarkozy, commandeur des croyants en lui.
- D'abord tout le battage autour d'Hadopi a fait beaucoup de pub au téléchargement illégal. Les gens qui avaient un vieux LimeWire installé pour télécharger à l'occasion ont commencé à s'intéresser, par exemple, aux clients BitTorrent. µTorrent sur Mac ou PC, Transmission sur Mac ou Linux, Vuze (ex-Azureus)... L'effet nouveauté/découverte aidant ils ont plus téléchargé. Sans compter qu'ils ont dû lire au passage qu'on pouvait exiger que les échanges soit cryptés. Ajoutons à ça les sites de streaming, ou alors les possibilités de services comme RapidShare cités dans la presse
- L'adoption à près de 95% par le Parlement Européen d'un rapport spécifiant que la connexion Internet "ne devrait pas être refusée comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées". Certes le Conseil des Ministres avait déjà bazardé l'amendement Bono/Cohn-Bendit l'an dernier, mais ils ne pourront pas éternellement remonter leur caillou. Comme ce qui les intéresse c'est le bien commun et pas leurs petits pouvoirs de législateurs, ils vont vite comprendre..
- La sanction de la coupure est aussi absurde que de fusiller une dizaine d'otages pour l'exemple. Ceux qui prennent ne sont pas plus coupables que les autres, et les survivants n'en éprouvent que plus de haine pour l'autorité imposée. Plus ils ont de haine, et moins ils vont être ouverts à cette tartufferie de message pédagogique : panpan cucul à l'heure où les parents n'ont plus le droit de mettre une fessée à leurs enfants sans passer pour des bourreaux..
- Le buzz Hadopi jouait à fond et tout ce petit microcosme de Haut Défenseurs de la Culture Française roulait des mécaniques, se sentant sûrs de leur droit, droits dans leurs bottes pour botter le cul de ces petits merdeux qui leur taillent leur marges de parasites. Petite croisade d'arriérés qui se congratulent et se serrent les pognes dans leur asile pour paranos-dépressifs réfractaires à l'économie numérique. Pendant ce temps, qui fait dans le "constructif" ? Qui sort des offres payantes attractives pour innover sur le plan marketing, imposer un standard de téléchargement commercial ? Personne, ou plutôt si, The Pirate Bay propose un abonnement à 5€ par mois pour anonymiser totalement ses connexions P2P. Si je dois payer je veux évidemment que ce soit pour des sociétés impliquées dans la production audiovisuelle, logicielle... (à défaut d'être directement pour les auteurs) mais d'autres n'ont pas mes scrupules. Hadopi aura bien mérité cette escalade "nucléaire" qui était entièrement prévisible..
Qu'est-ce que tout cela peut bien vouloir dire ?
mercredi 25 mars 2009
Ask not what Internet can do for you
La phrase clé du moment, qui m'aide à résumer beaucoup de choses à propos d'Internet, et que ferait bien de méditer tous les blaireaux défenseurs du projet de loi qui va accoucher de la souris albinos Hadopi.
Il s'agit d'une paraphrase de mon cru de ce célèbre passage du discours d'investiture de JFK, repris par Obama pour la sienne : "And so my fellow Americans, ask not what your country can do for you - ask what you can do for your country". Comme les financiers qui ont fait n'importe quoi ces dernières années, les vieux parasites de la Culture restent droits dans les bottes de leur conservatisme, tout en venant pleureur pour se faire assister par l'État...
"Pensez d'abord à ce que vous pouvez apporter à Internet, pas à ce qu'Internet peut vous apporter une fois que vous êtes déjà perclus de certitudes inébranlables."
Il s'agit d'une paraphrase de mon cru de ce célèbre passage du discours d'investiture de JFK, repris par Obama pour la sienne : "And so my fellow Americans, ask not what your country can do for you - ask what you can do for your country". Comme les financiers qui ont fait n'importe quoi ces dernières années, les vieux parasites de la Culture restent droits dans les bottes de leur conservatisme, tout en venant pleureur pour se faire assister par l'État...
vendredi 20 mars 2009
L'industrie US et la lutte contre le piratage
John August fait le point sur la pratique pour limiter le piratage des films et notamment éviter que des copies dégeus (CAMs) arrivent à être très demandées sur les réseaux de P2P.
Il s'agit principalement de techniques pour remonter jusqu'à l'origine du piratage (les fameuses watermarks sur les DVD promotionnels, et un système similaire pour les copies en salles).
Ensuite ils adaptent les dates de sortie des films en les retardant dans les pays très sensibles (Asie du Sud-Est) puis en y sortant très vite le DVD derrière (pour éviter les CAMs).
Tout ça pour dire que ce travail est constructif, contrairement au foin (qui va faire un feu de paille) d'Hadopi. Les grands groupes de media s'y prennent un peu tard pour circonscrire la partie de l'incendie qui noircit réellement la façade de leur business, alors c'est vraiment malhonnête de leur part de venir s'attaquer aux internautes par ce qu'ils viennent juste de se réveiller. Mais c'est cohérent avec le fait qu'ils ne comprennent rien à Internet.
Il s'agit principalement de techniques pour remonter jusqu'à l'origine du piratage (les fameuses watermarks sur les DVD promotionnels, et un système similaire pour les copies en salles).
Ensuite ils adaptent les dates de sortie des films en les retardant dans les pays très sensibles (Asie du Sud-Est) puis en y sortant très vite le DVD derrière (pour éviter les CAMs).
Tout ça pour dire que ce travail est constructif, contrairement au foin (qui va faire un feu de paille) d'Hadopi. Les grands groupes de media s'y prennent un peu tard pour circonscrire la partie de l'incendie qui noircit réellement la façade de leur business, alors c'est vraiment malhonnête de leur part de venir s'attaquer aux internautes par ce qu'ils viennent juste de se réveiller. Mais c'est cohérent avec le fait qu'ils ne comprennent rien à Internet.
mercredi 18 mars 2009
Slumdog Ballon d'air
Danny Boon se plaignait de ne pas avoir la reconnaissance des professionnels via l'académie des Césars. Mais quand on a la reconnaissance du public, de quoi d'autre a-t-on besoin ? Le plus marrant dans l'histoire était toutes les réactions obséquieuses "ah oui, effectivement, on va réfléchir à un César de la comédie." Molière ou Mozart n'ont pas eu de funérailles digne d'un gentilhomme, et alors ?
Les Oscars ne se posent pas la question de récompenser une comédie, ce qui ne facilite pas le boulot de définir le meilleur film de l'année. En 1995 Bravehart, en 1999 Shakespeare in Love, en 2004 Crash : que du gros film à gros sentiments calibrés pour faire pleurer dans les grosses chaumières de Beverly Hills.
L'idée de base du roman m'avait donné l'envie d'aller voir Slumdog Millionnaire à sa sortie, et j'ai fini par aller le voir. Je ne crois pas en avoir attendu trop puisque je n'en connaissais que les prémisses donc, et surtout je me suis soigneusement détourné des conversations qui abordaient le sujet.
Le moins que je puisse dire c'est que le film ne m'a pas subjugué. Je pense que l'histoire marche toute seule, mais je n'aime pas du tout ce réal qui envoie les images à la chaîne. Pour moi c'est autant un film jetable que Trainspotting : beaucoup d'effets visuels pour un contenu qui ne repose que sur des gros effets émotionnels pas chers (le gentil indien des rues, les camés folklo) comme toutes les scènes de torture physique qui te prennent en otage.
C'est pas que j'ai détesté, l'histoire est sympa, mais je ne suis jamais rentré dans le film comme c'est le cas pour les vrais bons films qui te scotchent du début à la fin.
Tout ça tient beaucoup à la manière de découper l'histoire : comme Danny Boyle adore balancer des images et mélanger tout ça façon puzzle, euh je veux dire façon clip, il n'y a pas de place pour le développement des émotions par le jeu des acteurs. D'où le recours régulier à un petit peu de violence sur de gentils indiens innocents, comme un ingrédient pour relever la sauce quand ça devient trop carte postale.
Pour moi tout ça est un peu facile, franchement je pense que le film aurait pu être beaucoup mieux réalisé, mais qu'il marche grace à une histoire simple et forte. L'histoire a quelque chose d'éminement universel. Le problème c'est que tout ça est extrêmement superficiel en l'état.
Finalement c'est peut-être toute simplement le jeu Qui Veut Gagner des Millions qui ramène tout au niveau de la médiocrité tv et empêche l'histoire d'avoir une dimension plus intéressante tout en assurant la brand recognition du produit... Mais je ne veux pas être indulgent avec Slumdog Millionnaire : c'est le montage qui met ce jeu à la con au centre du film, alors qu'il a beaucoup plus à offrir.
Les Oscars ne se posent pas la question de récompenser une comédie, ce qui ne facilite pas le boulot de définir le meilleur film de l'année. En 1995 Bravehart, en 1999 Shakespeare in Love, en 2004 Crash : que du gros film à gros sentiments calibrés pour faire pleurer dans les grosses chaumières de Beverly Hills.
L'idée de base du roman m'avait donné l'envie d'aller voir Slumdog Millionnaire à sa sortie, et j'ai fini par aller le voir. Je ne crois pas en avoir attendu trop puisque je n'en connaissais que les prémisses donc, et surtout je me suis soigneusement détourné des conversations qui abordaient le sujet.
Le moins que je puisse dire c'est que le film ne m'a pas subjugué. Je pense que l'histoire marche toute seule, mais je n'aime pas du tout ce réal qui envoie les images à la chaîne. Pour moi c'est autant un film jetable que Trainspotting : beaucoup d'effets visuels pour un contenu qui ne repose que sur des gros effets émotionnels pas chers (le gentil indien des rues, les camés folklo) comme toutes les scènes de torture physique qui te prennent en otage.
C'est pas que j'ai détesté, l'histoire est sympa, mais je ne suis jamais rentré dans le film comme c'est le cas pour les vrais bons films qui te scotchent du début à la fin.
Tout ça tient beaucoup à la manière de découper l'histoire : comme Danny Boyle adore balancer des images et mélanger tout ça façon puzzle, euh je veux dire façon clip, il n'y a pas de place pour le développement des émotions par le jeu des acteurs. D'où le recours régulier à un petit peu de violence sur de gentils indiens innocents, comme un ingrédient pour relever la sauce quand ça devient trop carte postale.
Pour moi tout ça est un peu facile, franchement je pense que le film aurait pu être beaucoup mieux réalisé, mais qu'il marche grace à une histoire simple et forte. L'histoire a quelque chose d'éminement universel. Le problème c'est que tout ça est extrêmement superficiel en l'état.
Finalement c'est peut-être toute simplement le jeu Qui Veut Gagner des Millions qui ramène tout au niveau de la médiocrité tv et empêche l'histoire d'avoir une dimension plus intéressante tout en assurant la brand recognition du produit... Mais je ne veux pas être indulgent avec Slumdog Millionnaire : c'est le montage qui met ce jeu à la con au centre du film, alors qu'il a beaucoup plus à offrir.
mardi 10 mars 2009
Complètement déconnectés !
Maitre Eolas explique qu'en l'état actuel du projet de loi, pour rendre tout ce tremblement inutile, il suffirait de refuser le courrier recommandé de la CPD, la Commission de Protection des Droits. Hé oui, heureusement qu'il y a des spécialistes pour lire les textes, j'ai ainsi appris à cette occasion que la commission Hadopi ne serait qu'un n-ième bureau pour caser des potes aux frais du contribuable (voire à ses dépends si on doute de la compétence des membres) et surtout sans pouvoir autre que consultatif.
La Commission de Protection des Droits, indépendante de l'Hadopi si ce n'est que sa création en dépend, serait la véritable autorité de panpan-cucul méchant pirate de l'espace numérique.
Pendant ce temps Nicodinosaure Seydoux fait toujours plus parler de lui comme président de l'Alpa que comme président de Gaumont :ah, s'il suffisait de produire de bons films au lieu d'essayer d'en fourguer en vrac à n'importe quel prix et surtout le plus cher possible et sans se creuser le citron !
(1) Il est assez simple de voir comment fonctionne le cerveau de Picsou : psycho-rigide, droit dans ses bottes (même si elles sont pleines de caca), il ne peut pas tolérer que le téléchargement gratuit soit pour lui un avertissement (gratuit aussi) qu'il doit évoluer. Il ne va quand même pas se laisser dicter son business model par des petites évolutions (technologique, des habitudes des consommateurs) de rien du tout !
(2) Oh oui l'offre existe ! Tiens, pas plus tard qu'hier j'ai vu un film loué sur la plateforme neufBox-SFR. 5 ou 6 euros. Mais à ce prix là je peux avoir 2 DVDs ! Dans le catalogue j'ai aperçu l'affiche des Tontons Flingeurs : il m'a fallu plus de 10 minutes pour trouver la sous catégorie où je pouvais sélectionner le film ! Tout ce temps pour voir que le film en location (72h) coûte 3 euros, un film produit il y a plus de 45 ans par Gaumont à ce prix, c'est trop cher. D'ailleurs je l'ai téléchargé gratuitement illico alors que je me serais peut-être laissé allé à le louer à 0,99 euros. Ok le rip trouvé en ligne n'était pas terrible, mais ce n'est pas le genre de film qui va bénéficier d'une sortie Bluray avec son digital et colorisation... beurk (soit dit en passant, le son d'origine est très mauvais, ça c'est la faute à Gaumont).
Sur qui Nicodinosaure pourrait-il se défausser pour m'expliquer que l'offre est aussi nulle et qu'il est plus simple (sans parler du pricing pas adapté) de télécharger via un réseau P2P ?
(3) Encore une analogie foireuse. M. Seydoux a sûrement les moyens d'aller acheter régulièrement des bijoux Place Vendôme (serait-ce un lapsus révélateur du fantasme d'acheter le ministère de la Justice ?), mais il faudrait se dégonfler la tête : cinéma ou musique, il ne se produit que peu de bijoux (surtout chez Gaumont). Tristan Nitot faisait la même remarque quand Luc Besson comparait le téléchargement gratuit au vol de la Joconde. Les bijoux c'est du luxe, la culture, le divertissement sont des besoins. Un bijoutier peut se payer le luxe d'être plus cher que son concurrent (question marketing ça peut rendre ses créations plus attirantes), un éditeur audiovisuel, lui, doit tout faire pour que le client potentiel ait envie d'acheter. Essayer de dissiper la "fumée du téléchargement illicite" (bravo pour avoir évité le terme de pirate, c'est déjà un pas dans le bon sens) ne fera rien de plus que d'attiser le feu qui se consume en-dessous. Tout le battage sur le téléchargement profite aux sites illégaux : sujets multipliés dans les forums, citations dans la presse généraliste, blogs...
Aujourd'hui télécharger une copie illicite est très facile, mais en fait seuls une petite proportion des internautes (<20%) sait le faire. Très facile : tout est relatif car une écrasante majorité de gens n'ont une pratique fonctionnelle de l'Internet (et une maitrise de leur ordinateur au sens large) que très limitée. Le danger, pour Nicodinosaure et sa clique d'arriérés, c'est que demain ma mère puis ma grand-mère deviennent capables de télécharger gratuitement en 1 clic. Là, il sera trop tard pour lancer une offre légale de téléchargement avec des mp3 à 0,09€ et des films à 0,99€.
La culture, quant à elle, française ou pas, elle n'aura toujours pas besoin des contributions de la part de Nico Seydoux ou de la Place Vendôme.
La Commission de Protection des Droits, indépendante de l'Hadopi si ce n'est que sa création en dépend, serait la véritable autorité de panpan-cucul méchant pirate de l'espace numérique.
Pendant ce temps Nicodinosaure Seydoux fait toujours plus parler de lui comme président de l'Alpa que comme président de Gaumont :ah, s'il suffisait de produire de bons films au lieu d'essayer d'en fourguer en vrac à n'importe quel prix et surtout le plus cher possible et sans se creuser le citron !
"le nouveau modèle économique est très simple: à partir du moment où le téléchargement illicite et gratuit sera ramené à peu de choses, vous aurez une offre légale formidable qui existera"(1). "Elle existe d'ailleurs déjà; simplement, elle est complètement cachée par cette espèce de fumée du téléchargement illicite".
"Vous avez aujourd'hui 4.000 films disponibles (...) C'est environ 20 ans de ce qui se passe en France sur les écrans. En ce qui concerne la musique, on parle déjà de millions de titres disponibles. Mais comment voulez vous que les gens aillent sur les sites légaux légèrement payants quand vous avez une offre massive illicite?"(2), s'est-il interrogé.
Mais "est-ce que parce que les bijoux sont chers place Vendôme qu'on a le droit de les voler?", a lancé Nicolas Seydoux. "Qu'on arrête de dire que nous sommes ringards: la France est le seul pays au monde où les oeuvres musicales françaises font jeu égal avec les oeuvres américaines, et c'est pareil pour le cinéma. Ne pas lutter contre le piratage, c'est le plus fragile qui meurt le premier: la musique française et le cinéma français".(3)
AP via nouvelobs.com
(1) Il est assez simple de voir comment fonctionne le cerveau de Picsou : psycho-rigide, droit dans ses bottes (même si elles sont pleines de caca), il ne peut pas tolérer que le téléchargement gratuit soit pour lui un avertissement (gratuit aussi) qu'il doit évoluer. Il ne va quand même pas se laisser dicter son business model par des petites évolutions (technologique, des habitudes des consommateurs) de rien du tout !
(2) Oh oui l'offre existe ! Tiens, pas plus tard qu'hier j'ai vu un film loué sur la plateforme neufBox-SFR. 5 ou 6 euros. Mais à ce prix là je peux avoir 2 DVDs ! Dans le catalogue j'ai aperçu l'affiche des Tontons Flingeurs : il m'a fallu plus de 10 minutes pour trouver la sous catégorie où je pouvais sélectionner le film ! Tout ce temps pour voir que le film en location (72h) coûte 3 euros, un film produit il y a plus de 45 ans par Gaumont à ce prix, c'est trop cher. D'ailleurs je l'ai téléchargé gratuitement illico alors que je me serais peut-être laissé allé à le louer à 0,99 euros. Ok le rip trouvé en ligne n'était pas terrible, mais ce n'est pas le genre de film qui va bénéficier d'une sortie Bluray avec son digital et colorisation... beurk (soit dit en passant, le son d'origine est très mauvais, ça c'est la faute à Gaumont).
Sur qui Nicodinosaure pourrait-il se défausser pour m'expliquer que l'offre est aussi nulle et qu'il est plus simple (sans parler du pricing pas adapté) de télécharger via un réseau P2P ?
(3) Encore une analogie foireuse. M. Seydoux a sûrement les moyens d'aller acheter régulièrement des bijoux Place Vendôme (serait-ce un lapsus révélateur du fantasme d'acheter le ministère de la Justice ?), mais il faudrait se dégonfler la tête : cinéma ou musique, il ne se produit que peu de bijoux (surtout chez Gaumont). Tristan Nitot faisait la même remarque quand Luc Besson comparait le téléchargement gratuit au vol de la Joconde. Les bijoux c'est du luxe, la culture, le divertissement sont des besoins. Un bijoutier peut se payer le luxe d'être plus cher que son concurrent (question marketing ça peut rendre ses créations plus attirantes), un éditeur audiovisuel, lui, doit tout faire pour que le client potentiel ait envie d'acheter. Essayer de dissiper la "fumée du téléchargement illicite" (bravo pour avoir évité le terme de pirate, c'est déjà un pas dans le bon sens) ne fera rien de plus que d'attiser le feu qui se consume en-dessous. Tout le battage sur le téléchargement profite aux sites illégaux : sujets multipliés dans les forums, citations dans la presse généraliste, blogs...
Aujourd'hui télécharger une copie illicite est très facile, mais en fait seuls une petite proportion des internautes (<20%) sait le faire. Très facile : tout est relatif car une écrasante majorité de gens n'ont une pratique fonctionnelle de l'Internet (et une maitrise de leur ordinateur au sens large) que très limitée. Le danger, pour Nicodinosaure et sa clique d'arriérés, c'est que demain ma mère puis ma grand-mère deviennent capables de télécharger gratuitement en 1 clic. Là, il sera trop tard pour lancer une offre légale de téléchargement avec des mp3 à 0,09€ et des films à 0,99€.
La culture, quant à elle, française ou pas, elle n'aura toujours pas besoin des contributions de la part de Nico Seydoux ou de la Place Vendôme.
jeudi 5 mars 2009
"Le Monde de demain...
... quoi qu'il advienne nous appartient..."
Une réponse simple au projet de loi Crétinisme & Internement :
Une réponse simple au projet de loi Crétinisme & Internement :
"Je n'ai jamais autant gagné ma vie qu'aujourd'hui grâce aux droits dérivés alors que mes musiques sont pillées par les DJ pour des samples et que mes albums sont piratables."
Cerrone, via AFP - cité sur Generation NT
mercredi 25 février 2009
Imposture graduée
La bataille de Nouvelle Zélande fait très peu parler d'elle, et pourtant les ténors toniques qui nous tannent avec leur riposte graduée sont toujours à la recherche d'arguments de propagande très sérieux du style "regardez, eux ils le font déjà." Après le Royaume-Uni, la Nouvelle Zélande, l'utopie (la dystopie plutôt) de la riposte graduée se retrouve vite en porte à faux avec la réalité dès qu'il s'agit de réfléchir sérieusement à sa mise en oeuvre.C'est donc bien plutôt nos hommes politiques qui sont complètement déconnectés, une fois de plus (ah, s'ils devaient retourner gagner leur vie et jouer aux petits chefs dans le privé après 3 déconnexions...). Pire que ça, ils font le jeu du lobby des éditeurs audiovisuels (et un peu de l'informatique il parait) qui exigent une législation d'exception pour pallier leur incapacité à faire évoluer leur métier. La malhonnêteté intégrale (on peut parler de corruption, au moins de corruption de la capacité à se consacrer au bien public) a poussé Numérama à lancer une pétition contre Christine Albanel sur Facebook.
Sans rentrer dans le détail, cette riposte graduée est un terme tout aussi violent que celui de pirates, métaphore d'un criminel sanguinaire employée à tout va pour désigner quelqu'un qui téléchargerait gratuitement, et participe à la propagande générale. Propagande : le mot n'est pas trop fort puisqu'il s'agit de faire de la désinformation pour imposer par la force (les puissants contre le peuple) une législation ultra-répressive. Riposte graduée, c'est un terme fort qui nous vient des heures les plus sombres de la Guerre Froide. La riposte graduée consistait à ne pas déclencher l'apocalypse nucléaire tout de suite (destruction mutuelle assurée) bien que, concrètement, l'escalade devienne d'autant plus simple qu'il y a une procédure échelonnée. Heureusement on ne fait pas encore la chasse aux sorcières, on est loin d'un état de psychose généralisée. Mais la propagande est là. Devant la falsification en profondeur des arguments avancés, devant la répétition effrénée des mêmes mensonges, la mise en scène de la mort de la culture à cause d'un danger venu de l'intérieur, j'ose même parler de Protocoles des Sages du Son et de l'Image. Si ces sages-là sont, eux, bien réels, leur volonté de se recroqueviller sur le passé, leur peur pathologie de "l'autre" qui les conduit tout naturellement à trouver des boucs émissaires parmi leurs propres clients, nous conduisent tout droit vers ce Comité de Salut Public de la Culture par une loi d'exception : une loi raciale.
vendredi 20 février 2009
Le calme après la tempête
Avec toute la lourdeur de sa démarche, Besson aura au moins eu le mérite de susciter des réponses (notamment celle de Maitre Eolas donc) qui permettent de bien recentrer le débat sur le téléchargement d'oeuvres audio ou vidéo sur Internet.
Le vent a soufflé dans tous les sens, il s'agit maintenant de trouver une approche constructive. Mon point de vue ici a toujours consisté à dire que, pour commencer, le cinéma coûte trop cher : combien de couples ai-je entendu se plaindre que pour emmener leurs enfants un dimanche c'est tout de suite 50 euros déboursés, donc de plus en plus exceptionnel comme dépense. Or le cinéma ne peut pas fonctionner sur quelques films familiaux dans l'année, quelques blockbusters américains, un Grand Bleu (8 millions d'entrées en 88) les années bissextiles et un Ch'ti tous les 40 ans.
L'arbre qui cache la forêt a été la sortie de la carte UGC et la généralisation des formules d'abonnement à l'année. Pour une vingtaine d'euros par mois on peut donc aller voir autant de films que l'on veut dans un certain circuit de salles. A côté certains peuvent aussi avoir des places à moins de 5 euros par leur comité d'entreprise, mais s'ils perdent leur job, comme beaucoup de gens en ce moment, ils doivent alors payer plein pot (8 à 10 euros !). Ce que les chiffres de la fréquentation ne disent pas c'est que de moins en moins de français vont au cinéma. Ceux qui ont une carte, eux, y vont au moins 3-4 fois par mois, mais ils sont une population limitée avec une carte illimité.
Le mot d'ordre dans les années 90 était à la modernisation du parc de salles. Concrètement il s'agissait de bâtir puis d'amortir des grandes surfaces du cinéma. Aujourd'hui que la plupart des multiplexes sont amortis, il ne faut évidemment pas compter sur UGC ou Pathé/Gaumont pour baisser leur marge d'exploitation. J'ai souvent mentionné l'anecdote des tarifs agressifs lancés à Lyon à l'été 1994 (et dans d'autres villes aussi à l'époque) avec la place à 10 francs, à peine plus d'1,50 euros ! Les salles étaient prises d'assaut, comme pendant la Fête du Cinéma d'ailleurs, qui ne profite qu'à une poignée de films qui se pressent de sortir fin juin). Il n'y a pas eu besoin de tribune dans Le Monde : tout c'est passé en coulisses et les (trop) audacieux exploitants ont été remis dans le droit chemin, pour le bien commun du 7e Art...
Ce qui se passe aujourd'hui avec Internet suit le même monologue pontifiant sur la défense des artistes, mis en scène par ceux qui font travailler les artistes (et qui leur soumettent une pétition de temps en temps). A Besson qui compare d'un bloc pirates/hébergeurs/régies pub/annonceurs à des dealers, je propose une bien meilleure analogie éditeur/proxénète (Desproges l'utilise dans son réquisitoire contre l'éditeur André Balland - 4/11/82). L'hypocrisie est moins directe pour Besson qui met son nom sur la majorité des scénarios Europacrap (à noter qu'il n'y a que 1% de charges patronales sur les contrats d'auteur), il n'empêche que c'est le même raisonnement. Luc Besson, comme Universal, Pathé et tous les éditeurs audio/video se sont gavés pendant des années. Le DVD a été une manne incroyable. Coût de production/distribution/promotion 2-3 euros (5 euros pour des éditions spéciales) et marge nette de 70%. Seuls les parfums font toujours mieux avec 90-95% !
Aujourd'hui le DVD est clairement une technologie en fin de vie, Maitre Eolas rappelle qu'elle a 14 ans (la VHS a eu une existence mass market de vingt ans), mais les éditeurs ne peuvent pas supporter cet état de fait. Comme ils ne peuvent pas changer l'ordre de leurs idées ils veulent changer la loi. Exactement comme des sales gosses, mauvais perdants, qui s'énervent et commencent à tricher, à faire des coups bas. J'appelle ça le syndrome de l'oncle Picsou.
LE CINEMA SEUL FACE A INTERNET
Maintenant, inconsciemment ou pas, ils ne se sentent peut-être pas prêts à répondre à la pression technologique venue d'Internet. La seule réaction censée de leur part serait de revoir tout le pricing de la chaîne, depuis la sortie en salle jusqu'aux téléchargements. Un plein tarif au guichet couterait 5 euros. 2-3 mois plus tard le DVD collector serait à 10 euros ou 3-5 euros pour une édition basique. En même temps le téléchargement du film seul serait proposé à 3 euros (càd 2,99 euros).
Très compliqué de faire comprendre ça à ces têtes de lard. Ils campent sur leurs positions, leurs gros comptes en banque et leurs petits pouvoir de PDG à paillettes. Ils préfèrent retarder l'avènement d'une offre de téléchargement simple et ouverte qui serait une telle innovation commerciale qu'elle ébranlerait leurs beaux chateaux de cartes hérités du siècle passé.
Ce qui leur pend au nez : une offre va finir par émerger. Ils ne seront pas préparés et ils vont devoir courir derrière, dépensant beaucoup plus d'énergie et d'argent que s'ils se mettaient au travail sérieusement tout de suite et arrêtaient d'essayer d'allumer des contre-feux avec des pétards. Je remarquais le mois dernier que ça fera 10 ans en 2009 que le Projet Blair Witch est sorti sans qu'un autre film ne fasse autant de bruit sur Internet. Hé bien, je suis prêt à parier que le prochain fera tellement de bruit sur Internet qu'on n'entendra plus Besson grommeler que lui, il est un pauvre artisan du 7e Art, et que ce qu'il aime avant tout c'est donner beaucoup bonheur aux gens.
Le vent a soufflé dans tous les sens, il s'agit maintenant de trouver une approche constructive. Mon point de vue ici a toujours consisté à dire que, pour commencer, le cinéma coûte trop cher : combien de couples ai-je entendu se plaindre que pour emmener leurs enfants un dimanche c'est tout de suite 50 euros déboursés, donc de plus en plus exceptionnel comme dépense. Or le cinéma ne peut pas fonctionner sur quelques films familiaux dans l'année, quelques blockbusters américains, un Grand Bleu (8 millions d'entrées en 88) les années bissextiles et un Ch'ti tous les 40 ans.
L'arbre qui cache la forêt a été la sortie de la carte UGC et la généralisation des formules d'abonnement à l'année. Pour une vingtaine d'euros par mois on peut donc aller voir autant de films que l'on veut dans un certain circuit de salles. A côté certains peuvent aussi avoir des places à moins de 5 euros par leur comité d'entreprise, mais s'ils perdent leur job, comme beaucoup de gens en ce moment, ils doivent alors payer plein pot (8 à 10 euros !). Ce que les chiffres de la fréquentation ne disent pas c'est que de moins en moins de français vont au cinéma. Ceux qui ont une carte, eux, y vont au moins 3-4 fois par mois, mais ils sont une population limitée avec une carte illimité.
Le mot d'ordre dans les années 90 était à la modernisation du parc de salles. Concrètement il s'agissait de bâtir puis d'amortir des grandes surfaces du cinéma. Aujourd'hui que la plupart des multiplexes sont amortis, il ne faut évidemment pas compter sur UGC ou Pathé/Gaumont pour baisser leur marge d'exploitation. J'ai souvent mentionné l'anecdote des tarifs agressifs lancés à Lyon à l'été 1994 (et dans d'autres villes aussi à l'époque) avec la place à 10 francs, à peine plus d'1,50 euros ! Les salles étaient prises d'assaut, comme pendant la Fête du Cinéma d'ailleurs, qui ne profite qu'à une poignée de films qui se pressent de sortir fin juin). Il n'y a pas eu besoin de tribune dans Le Monde : tout c'est passé en coulisses et les (trop) audacieux exploitants ont été remis dans le droit chemin, pour le bien commun du 7e Art...
Ce qui se passe aujourd'hui avec Internet suit le même monologue pontifiant sur la défense des artistes, mis en scène par ceux qui font travailler les artistes (et qui leur soumettent une pétition de temps en temps). A Besson qui compare d'un bloc pirates/hébergeurs/régies pub/annonceurs à des dealers, je propose une bien meilleure analogie éditeur/proxénète (Desproges l'utilise dans son réquisitoire contre l'éditeur André Balland - 4/11/82). L'hypocrisie est moins directe pour Besson qui met son nom sur la majorité des scénarios Europacrap (à noter qu'il n'y a que 1% de charges patronales sur les contrats d'auteur), il n'empêche que c'est le même raisonnement. Luc Besson, comme Universal, Pathé et tous les éditeurs audio/video se sont gavés pendant des années. Le DVD a été une manne incroyable. Coût de production/distribution/promotion 2-3 euros (5 euros pour des éditions spéciales) et marge nette de 70%. Seuls les parfums font toujours mieux avec 90-95% !
Aujourd'hui le DVD est clairement une technologie en fin de vie, Maitre Eolas rappelle qu'elle a 14 ans (la VHS a eu une existence mass market de vingt ans), mais les éditeurs ne peuvent pas supporter cet état de fait. Comme ils ne peuvent pas changer l'ordre de leurs idées ils veulent changer la loi. Exactement comme des sales gosses, mauvais perdants, qui s'énervent et commencent à tricher, à faire des coups bas. J'appelle ça le syndrome de l'oncle Picsou.
LE CINEMA SEUL FACE A INTERNET
Maintenant, inconsciemment ou pas, ils ne se sentent peut-être pas prêts à répondre à la pression technologique venue d'Internet. La seule réaction censée de leur part serait de revoir tout le pricing de la chaîne, depuis la sortie en salle jusqu'aux téléchargements. Un plein tarif au guichet couterait 5 euros. 2-3 mois plus tard le DVD collector serait à 10 euros ou 3-5 euros pour une édition basique. En même temps le téléchargement du film seul serait proposé à 3 euros (càd 2,99 euros).
Très compliqué de faire comprendre ça à ces têtes de lard. Ils campent sur leurs positions, leurs gros comptes en banque et leurs petits pouvoir de PDG à paillettes. Ils préfèrent retarder l'avènement d'une offre de téléchargement simple et ouverte qui serait une telle innovation commerciale qu'elle ébranlerait leurs beaux chateaux de cartes hérités du siècle passé.
Ce qui leur pend au nez : une offre va finir par émerger. Ils ne seront pas préparés et ils vont devoir courir derrière, dépensant beaucoup plus d'énergie et d'argent que s'ils se mettaient au travail sérieusement tout de suite et arrêtaient d'essayer d'allumer des contre-feux avec des pétards. Je remarquais le mois dernier que ça fera 10 ans en 2009 que le Projet Blair Witch est sorti sans qu'un autre film ne fasse autant de bruit sur Internet. Hé bien, je suis prêt à parier que le prochain fera tellement de bruit sur Internet qu'on n'entendra plus Besson grommeler que lui, il est un pauvre artisan du 7e Art, et que ce qu'il aime avant tout c'est donner beaucoup bonheur aux gens.
jeudi 19 février 2009
Oscar du pire scénario à Besson pour "Les Pirates de l'Apocalypse"
Maitre Eolas répond point par point à Besson. On ne peut pas mieux faire !
Et puis un petit coup en passant sur Freddy Lefebvre, comme toujours bien mérité :Tout le monde n'a pas le talent de Luc Besson.
(merci à Tristan Nitot d'avoir signalé ça sur son blog)
"Il faut donc étendre la loi à ce cas et poursuivre les dealers."En bonus à la fin du post, une vidéo de Mozinor qui vise juste notre producteur phare qui réinvestit son pognon dans les films par pure passion pour son Art.
Mais la loi s'étend déjà sur eux. Et au fait, je croyais que c'était des voleurs ? C'est des dealers, maintenant ?
"Notons que ces derniers ne seront pas difficiles à identifier : ils sont connus de tous. Une loi qui sanctionnerait les voleurs sans punir les responsables de ce trafic illicite serait une loi injuste. Quelle nation accepterait de punir sévèrement les consommateurs de drogues tout en laissant leurs dealers prospérer tranquillement ?"
Ah oui, ce sont des dealers. Des dealers qui donc voleraient de la drogue pour la distribuer gratuitement à leurs clients, en se finançant en mettant de la pub sur leur T-shirt et leurs pochons de drogue ?
Bon, admettons. Ça devient compliqué, cette histoire. Mais alors, dans ce scénario, le producteur de drogue, c'est qui ?
Mais… c'est toi, Luc, non ? Ah, que c'est délicat de filer des métaphores ! Mais note bien que je crois que tu as mis le doigt sur quelque chose. Car l'industrie du cinéma comme celle de la musique d'ailleurs, repose effectivement sur des comportements analogues à ceux des dealers : on crée un besoin pour hameçonner le client (bandes-annonce, matraquage publicitaire, clips alléchants sur toutes les chaînes visant le public cible) et quand il est accro, on l'oblige à payer pour l'assouvir (la place de cinéma à 10 euros, puis le DVD à 30 euros, le pay per view à 3 euros, sinon il y aura le passage à la télévision… financé par la pub ; la place de concert à 50 voire 100 euros, l'album à 25, la sonnerie à 2 euros, le single à 1 euro lisible sur un seul lecteur compatible). Sachant qu'une grande partie de la clientèle cible est mineure.
Et puis un petit coup en passant sur Freddy Lefebvre, comme toujours bien mérité :Tout le monde n'a pas le talent de Luc Besson.
(merci à Tristan Nitot d'avoir signalé ça sur son blog)
mercredi 18 février 2009
Désarmorcer une critique prout-prout pour les nuls
A défaut d'une meilleure appellation j'appelle critique prout-prout le papier qui se sent obligé de trouver des arguments pour aimer un film, la bouche en cul de poule. Prout prout. Aucune sincérité donc, aucune spontanéité, et cela se voit tout de suite dans les tournures raides qu'ils empilent laborieusement. Si c'est inconscient, tout ça est bien révélateur ; conscient ou pas, de toute façon cela rejoint ma thèse selon laquelle les critiques voient plus les films par obligation professionnelle que par envie.
L'exemple du jour (ils sont légions dans l'ensemble de la presse qui se veut de qualité et héberge donc ces intermittents de la paraphrase verbeuse) est attrapé de volée à l'étalage Télérama. La critique favorable commence par cette phrase :
Si cette première phrase pue le lieu commun, ce n'est pas juste par manque de style du plumitif de garde (Samuel Douhaire, puisqu'il faut l'appeler par son nom), non. Je ne vais pas m'amuser à citer l'Art Poétique de Boileau, puisqu'on est à des lieux de toute velléité de faire des phrases bien tournées, mais quand un film nous inspire on sait trouver les mots pour le défendre. On ne fait pas des phrases poussives, on ne commence pas par une constatation d'une banalité écrasante. Les mots ne mentent pas. S'il ne viennent pas c'est qu'on n'a rien à dire d'intéressant sur le sujet.
Je ne vais pas analyser phrase par phrase la médiocrité du truc, il y a déjà suffisamment de paraphrase dans les critiques de ciné, mais je vais quand même attraper un exemple plus loin dans le développement scolaire et servile du préposé aux alinéas :
En revanche la critique défavorable, comme c'est souvent le cas, ne s'encombre pas de tournures alambiquées avec enjoliveurs bling-bling. Tout est très direct, Juliette Bénabent ne commence pas sur une mise en perspective bateau-mouche de la carrière d'Ozon (elle ne part pas avec l'a priori d'être indulgente avec lui) mais le problème du mélange des genres dont se croit capable le cinéaste. Elle dit simplement pourquoi ça ne marche pas, selon elle, là où son collègue des chiens écrasés force ses mots entre deux accès de paraphrase empesée.
Verdict sur Ricky à la simple lecture de ces critiques : les seuls arguments objectifs sont dans le papier négatif. Il y a de très grandes chances que le film soit mauvais (tout en se prenant très au sérieux, comme souvent chez Ozon). Vous avez gagné le droit d'aller tenter votre chance avec d'autres films.
S'il y a bien un défaut qui ne peut être reproché à François Ozon, c'est le manque d'audace.Vous remarquerez sans doute qu'on démarre sur le ton de la justification : le parti-pris de défense du réalisateur est flagrant. Je ne la critique pas en tant que telle, mais s'il y a lieu, elle doit venir après l'exposé d'arguments étoffés. Au lieu de ça, admirez la tournure de lieu commun, on se croirait dans une dissert de lycéen (pas payé pour écrire des conneries, lui) timide et peu inspirée "De tous temps le François Ozon a été reconnu pour son dévouement indéfectible et protéiforme au Septième Art." D'accord, j'en rajoute dans le côté pompeux tendance aChiers du Cinéma alors que, pour rester honnête, Télérama donne rarement là-dedans (de mémoire, Pierre Murat se la pète grave "moi on me la fait pas avec tous les films que j'ai vus").
Si cette première phrase pue le lieu commun, ce n'est pas juste par manque de style du plumitif de garde (Samuel Douhaire, puisqu'il faut l'appeler par son nom), non. Je ne vais pas m'amuser à citer l'Art Poétique de Boileau, puisqu'on est à des lieux de toute velléité de faire des phrases bien tournées, mais quand un film nous inspire on sait trouver les mots pour le défendre. On ne fait pas des phrases poussives, on ne commence pas par une constatation d'une banalité écrasante. Les mots ne mentent pas. S'il ne viennent pas c'est qu'on n'a rien à dire d'intéressant sur le sujet.
Je ne vais pas analyser phrase par phrase la médiocrité du truc, il y a déjà suffisamment de paraphrase dans les critiques de ciné, mais je vais quand même attraper un exemple plus loin dans le développement scolaire et servile du préposé aux alinéas :
Le pari, gonflé, de ces ruptures de ton a de quoi dérouter. Il séduit le plus souvent, comme lors de la fugue, très drôle, du bébé dans un supermarché.Notez la double mise en exergue de qualificatifs suffisamment vagues pour être pipeau (gonflé, très drôle) comme cette structure parallèle qui sent trop l'échafaudage pour respirer la sensation saisie à vif. Et en paraphrase d'un exemple visuel : quelle médiocrité journalistique !
En revanche la critique défavorable, comme c'est souvent le cas, ne s'encombre pas de tournures alambiquées avec enjoliveurs bling-bling. Tout est très direct, Juliette Bénabent ne commence pas sur une mise en perspective bateau-mouche de la carrière d'Ozon (elle ne part pas avec l'a priori d'être indulgente avec lui) mais le problème du mélange des genres dont se croit capable le cinéaste. Elle dit simplement pourquoi ça ne marche pas, selon elle, là où son collègue des chiens écrasés force ses mots entre deux accès de paraphrase empesée.
Verdict sur Ricky à la simple lecture de ces critiques : les seuls arguments objectifs sont dans le papier négatif. Il y a de très grandes chances que le film soit mauvais (tout en se prenant très au sérieux, comme souvent chez Ozon). Vous avez gagné le droit d'aller tenter votre chance avec d'autres films.
mardi 17 février 2009
Le pet foireux du papillon
Après que Groluc est sorti de sa tanière pour tonner contre la France, pays où le vol par internet est le plus répandu, que toto Lefebvre lui ait sucé la roue, faisant de la pub au passage à un autre site, AlloStreaming, il apparaît que, malgré tout, la Culture l'a échappée belle.
Imaginez que le très haut débit soit répandu comme dans les pays nordiques de 50 à 70% de la population, au lieu des pitoyables 4,4%... Besson noircit le tableau, trouvant bien évidemment rapidement un politico bourré de convictions personnelles pour embrayer, mais il a bien de la chance. Jusqu'à présent le très haut-débit est mal vendu, souvent trop cher (40 euros mini chez Numéricable, quel avantage concret par rapport aux 30€ d'un abonnement ADSL) : tiens-tiens, ça me rappelle les places de ciné trop chères, les DVDs trop chers, le salaire de Groluc qui émarge sur tous les scénarios Europacrap.
Personne ne demande à des agents comptables de comprendre le fonctionnement d'Internet et de ne pas le réduire à un centre de coûts, un outil de promotion. Mais s'ils aiment les chiffres à ce point, ils n'auront jamais le temps d'être déçus. En revanche ils seront bien seuls.
Imaginez que le très haut débit soit répandu comme dans les pays nordiques de 50 à 70% de la population, au lieu des pitoyables 4,4%... Besson noircit le tableau, trouvant bien évidemment rapidement un politico bourré de convictions personnelles pour embrayer, mais il a bien de la chance. Jusqu'à présent le très haut-débit est mal vendu, souvent trop cher (40 euros mini chez Numéricable, quel avantage concret par rapport aux 30€ d'un abonnement ADSL) : tiens-tiens, ça me rappelle les places de ciné trop chères, les DVDs trop chers, le salaire de Groluc qui émarge sur tous les scénarios Europacrap.
Personne ne demande à des agents comptables de comprendre le fonctionnement d'Internet et de ne pas le réduire à un centre de coûts, un outil de promotion. Mais s'ils aiment les chiffres à ce point, ils n'auront jamais le temps d'être déçus. En revanche ils seront bien seuls.
lundi 16 février 2009
Besson la vieille Garde
Je me permets ce genre de titre parce qu'il me rappelle le terrorisme verbal des "jeunes turcs" des Cahiers du Cinéma pour couper des têtes à l'abri de leurs plumes, avant de montrer les crocs derrière la caméra avec plus ou moins de bonheur pour le cinéma français.
Besson au moins ne s'est jamais réclamé de la Nouvelle Vague. De plus il a toujours dit qu'une fois qu'il aurait fait sa petite dizaine de films il aurait tout dit. Honnête, non ? Ses films (disons jusqu'à Jeanne d'Arc) n'ont pas la prétention d'avoir un message super important à faire passer, ils sont juste très bien réalisés et touchent une grande majorité de spectateurs. Ce sont justement des films qui permettraient aujourd'hui de ramener pas mal de monde vers les salles obscures, n'en déplaise aux critiques qui préfèrent regarder de haut le manque de maturité au centre de tels films. Et alors? Spielberg tombe aussi dans le sentimentalisme d'un Capra laborieux, on ne va pas exiger de Besson de faire moins puéril alors qu'il ne tourne (presque) plus.
Et puis Besson est devenu un businessman, si je ne m'abuse, au moment où il s'est rendu compte qu'il ne devait plus rien aux incompétents de Gaumont, après Le 5e élément. Spielberg s'est pris quelques gamelles (Sugarland Express, 1941, Always...) qui lui ont évité d'avoir l'ego surchargé. Il côtoie en plus des talents à sa mesure dans différentes branches. Besson lui est seul et avant de monter EuropaCrap il n'avait jamais connu le moindre échec. Hier, Besson mettait un petit coup de pression aux hommes politiques en publiant, comme il le fait de temps en temps, son opinion dans un grand canard.
A lire le diatribe de Luc Besson, on se dit qu'à peu de choses près on a échappé à Eric Besson chargé de l'économie numérique, avec le zèle de fonctionaire de Vichy qu'il déploie aujourd'hui dans son ministère du nettoyage à sec des Valeurs Travail-Famille-Patrie. Luc Besson veut nous faire pleurer en parlant de pays des droits de l'homme qui bafouerait ses droits d'auteur. Hé oui ma petite dame, les temps sont dûrs pour tous le monde, même pour les multimilionnaires...
Alors certes ce n'est pas le propos de minimiser la question du téléchargement illégal (je me batrais jusqu'à la mort pour qu'on n'emploie pas le mot piratage à toutes les sauces), mais justement il ne s'agit pas de défendre une "culture gratuite". Il n'y a pas de culture gratuite tout simplement parce que la culture n'est pas quelque chose de passif où il suffit de se servir. Et ce n'est pas plus vrai si on veut fixer un prix d'entrée à la culture. Certes il y a des produits dérivés de la culture, mais cette culture, justement, devrait permettre aux gens de comprendre que le cinéma est au-dessus du DVD par exemple. Aujourd'hui les gens sont lassés des DVD, ils voient bien que le format est mort, ils ne sont pas pressés de passer au BluRay. L'offre est pléthorique, mais rien ne se dégage de la masse. Cette dictature de la conformité s'achève selon le principe de la longue traîne sur Internet et la possibilité de choisir, pour chacun, au plus près de ses affinités. Et là il se trouve qu'il y a un grand fossé entre les modèles vieillissants de la TV et le foisonnement anarchique sur Internet.
Aujourd'hui ce sont les ados et les jeunes adultes qui téléchargent, parce que c'est eux les plus à l'affût du toujours nouveau, du toujours plus. Une partie de leur consommation d'Internet échappe donc à la récupération commerciale et c'est ça qui fait enrager ceux qui croyaient détenir les clés du parc d'attraction. Ce n'est pas en se focalisant sur les resquilleurs que le problème va changer.
Internet aura toujours raison, quelle que soit l'agressivité de Groluc. S'il produit demain le film qui va venir titiller les Ch'tis au box-office, est-ce qu'il va venir pleurer sur les centaines de milliers de téléchargements induits ? Il en serait bien capable, et donc incapable de comprendre qu'un film passé inaperçu n'a rien à perdre à être téléchargé presque gratuitement.
Je dis presque parce qu'il faut du temps pour le télécharger puis pour le voir. Et il n'y a pas que le temps de monsieur Besson qui vaut de l'argent.
Besson au moins ne s'est jamais réclamé de la Nouvelle Vague. De plus il a toujours dit qu'une fois qu'il aurait fait sa petite dizaine de films il aurait tout dit. Honnête, non ? Ses films (disons jusqu'à Jeanne d'Arc) n'ont pas la prétention d'avoir un message super important à faire passer, ils sont juste très bien réalisés et touchent une grande majorité de spectateurs. Ce sont justement des films qui permettraient aujourd'hui de ramener pas mal de monde vers les salles obscures, n'en déplaise aux critiques qui préfèrent regarder de haut le manque de maturité au centre de tels films. Et alors? Spielberg tombe aussi dans le sentimentalisme d'un Capra laborieux, on ne va pas exiger de Besson de faire moins puéril alors qu'il ne tourne (presque) plus.
Et puis Besson est devenu un businessman, si je ne m'abuse, au moment où il s'est rendu compte qu'il ne devait plus rien aux incompétents de Gaumont, après Le 5e élément. Spielberg s'est pris quelques gamelles (Sugarland Express, 1941, Always...) qui lui ont évité d'avoir l'ego surchargé. Il côtoie en plus des talents à sa mesure dans différentes branches. Besson lui est seul et avant de monter EuropaCrap il n'avait jamais connu le moindre échec. Hier, Besson mettait un petit coup de pression aux hommes politiques en publiant, comme il le fait de temps en temps, son opinion dans un grand canard.
A lire le diatribe de Luc Besson, on se dit qu'à peu de choses près on a échappé à Eric Besson chargé de l'économie numérique, avec le zèle de fonctionaire de Vichy qu'il déploie aujourd'hui dans son ministère du nettoyage à sec des Valeurs Travail-Famille-Patrie. Luc Besson veut nous faire pleurer en parlant de pays des droits de l'homme qui bafouerait ses droits d'auteur. Hé oui ma petite dame, les temps sont dûrs pour tous le monde, même pour les multimilionnaires...
Alors certes ce n'est pas le propos de minimiser la question du téléchargement illégal (je me batrais jusqu'à la mort pour qu'on n'emploie pas le mot piratage à toutes les sauces), mais justement il ne s'agit pas de défendre une "culture gratuite". Il n'y a pas de culture gratuite tout simplement parce que la culture n'est pas quelque chose de passif où il suffit de se servir. Et ce n'est pas plus vrai si on veut fixer un prix d'entrée à la culture. Certes il y a des produits dérivés de la culture, mais cette culture, justement, devrait permettre aux gens de comprendre que le cinéma est au-dessus du DVD par exemple. Aujourd'hui les gens sont lassés des DVD, ils voient bien que le format est mort, ils ne sont pas pressés de passer au BluRay. L'offre est pléthorique, mais rien ne se dégage de la masse. Cette dictature de la conformité s'achève selon le principe de la longue traîne sur Internet et la possibilité de choisir, pour chacun, au plus près de ses affinités. Et là il se trouve qu'il y a un grand fossé entre les modèles vieillissants de la TV et le foisonnement anarchique sur Internet.
Aujourd'hui ce sont les ados et les jeunes adultes qui téléchargent, parce que c'est eux les plus à l'affût du toujours nouveau, du toujours plus. Une partie de leur consommation d'Internet échappe donc à la récupération commerciale et c'est ça qui fait enrager ceux qui croyaient détenir les clés du parc d'attraction. Ce n'est pas en se focalisant sur les resquilleurs que le problème va changer.
Internet aura toujours raison, quelle que soit l'agressivité de Groluc. S'il produit demain le film qui va venir titiller les Ch'tis au box-office, est-ce qu'il va venir pleurer sur les centaines de milliers de téléchargements induits ? Il en serait bien capable, et donc incapable de comprendre qu'un film passé inaperçu n'a rien à perdre à être téléchargé presque gratuitement.
Je dis presque parce qu'il faut du temps pour le télécharger puis pour le voir. Et il n'y a pas que le temps de monsieur Besson qui vaut de l'argent.
mardi 10 février 2009
Firefox in Motion
Pour donner un contrepoint au billet précédent :
Internet is about people before being about hi-technology.
(Plein écran/Fullscreen HD)
Internet is about people before being about hi-technology.
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