Maintenant qu'on en a finit avec les avortements en série sur la Croisette on va peut-être avoir le droit de rêver un peu à de beaux films sous un ciel étoilé. Pour la 17e fois la Villette accueillera son écran gonflable géant et avec un programme nettement plus réjouissant que l'an dernier :
Volver d'Almodovar le 20/7
L'enfance nue de Pialat le 22/7
Affreux, sales et méchants d'Ettore Scola le 23/7
All About Eve de Mankiewicz le 1er août
...et encore Noblesse oblige, Le Roi et l'Oiseau, The Philadelphia Story.
Un bon équilibre de films à découvrir ou à faire découvrir après un pique-nique entre amis.
Mon sous-titrage du cinema, qu'il s'agisse de films, de pépètes ou simplement de personnes.
Ce blog a obtenu son visa Tout Public, il s'adresse à tous ceux qui vont au cinéma et/ou qui aiment les films.
mardi 29 mai 2007
jeudi 26 avril 2007
Pif-pang-foune : des films pour nous, les hommes
Cracked.com propose une liste de 11 films (pourquoi 11 et pas 10 ou 12 ?) des films de mecs emblématiques et qui ont mal vieilli. Ou qui ont toujours été tarte.
Voilà qui tombe bien parce que je songeais à aborder ici les films à propos desquels mon opinion diverge (et dix verges c'est beaucoup pour un seul homme disait Desproges) d'avec l'opinion générale qui devient un lieu commun à force d'être générale.
En 11e position on trouve Top Gun : un film qui a toujours été kitsch, même en 1986. Pas besoin de rentrer dans le contexte "homoérotique" décrit par Tarantino il y a bien longtemps pour trouver le film risible.
En 9 The Terminator. Ok les ados abreuvés et lobotomisés à force par les images de synthèse plein la face vont trouver ça un peu léger et la mode des 80s est une catastrophe pour beaucoup de films, mais il faut que reconnaître que le film reste culte pour quelques scènes perdues il est vrai dans des scènes de dialogues endormantes où on attend impatiemment le Terminator.
En 8 Platoon. Pas revu depuis sa sortie, je me souviens uniquement d'une scène excellente où la sentinelle du Platoon endormi voit surgir des viets au milieu de la nuit dans la jungle, comme dans un rêve qui devient cauchemar.
En 7 La prisonnière du Désert. Faudra m'expliquer ce qui est intéressant ou subtil dans ce film parce que je vois pas comment des mecs comme Spielberg peuvent le regarder des dizaines de fois.
En 6 Billy Madison. Quoi ? On parle de cinéma ou j'ai mal compris là ? Heureusement qu'on échappe à ce genre de sortie en France, c'est déjà ça.
5 : The Shining. Ah voilà un film qu'il est de bon ton de trouver faible. En plus ça permet de rabaisser Kubrick, pas vrai ? Ok c'est loin d'être son meilleur film, mais parce que le matériau de base (un roman de l'autre SK, Stephen King) est limité. Il n'empêche que le film est très réussi. Personnellement je ne vois pas comment on peut évacuer d'un revers de main un film qui comporte une bonne demi-douzaine de scènes magistrales dont un générique et une fin de très grande classe.
4 : The Exorcist. C'est le film bouc-émissaire des djeunz pour vomir sur les vieux films (même en couleurs et en Dolby tiens), grandement pour la même raison principale que pour Shining : les gens disent qu'aujourd'hui ça ne fait peur à personne, au contraire ça faire rire. Ce qu'il s'est passé c'est que la vidéo est passé par là et a dessacralisé l'acte de regarder un film. On n'est pas aussi attentif devant son écran télé et donc pas aussi respectueux, finalement on prend l'habitude de regarder un film machinalement, concentré entre 50 et 80% sur lui la plupart du temps. Au final quand un film comme l'Exorciste met mal à l'aise on peut se retourner vers ses potes et rire parce qu'on a peur d'avouer avoir peur. Surtout si les autres se vantent de trouver ça drôle. Même pas peur. L'Exorciste est un chef d'oeuvre du film fantastique (la version 2000 Director's Cut n'apporte rien de plus d'ailleurs) et le début du film en Irak est magistral et suffit à couper le sifflet à tous ceux qui veulent encore se la ramener en disant que l'histoire n'est pas crédible (ou alors ils n'avaient qu'à pas arriver en retard).
3 : Scarface. J'ai déjà abordé le sujet : film irresponsable d'un réalisateur scotché à l'adolescence (De Palma) sur le scénar d'un futur cinéaste qui 1 fois sur 2 a du mal à canaliser ses excès (Stone). Un des rares films que je refuse de revoir tellement je le trouve scandaleux dans son apologie de la violence ET du crime comme une solution pour les exclus de goûter à la fortune et au pouvoir... On ne déplorera jamais assez que ce film soit devenu culte auprès des jeunes de banlieue et des détenus (je ne cherche pas à faire d'amalgame, je constate juste là où l'engouement est le plus communautaire).
1 : The Usual Suspects. Hé oui, voilà un film qui m'a bien bluffé la première fois comme tout le monde. Et puis en y réfléchissant, comme tout le monde, je me suis dit qu'il était foncièrement malhonnête. A l'opposé de 6e Sens il ment pour nous prendre par surprise. Shyamalan ne nous ment pas mais son film n'a aucun autre intêret que sa chute. Si, il filme beaucoup mieux que Singer dont l'histoire est en revanche très bien bâtie.
Tiens bizarre pas de Heat dans cette liste ? C'est pourtant un sacré mauvais film caricatural d'un film de mecs fait par des mecs pas finauds pour des mecs bourrins (dire que Michael Mann passe pour un artiste en France...). Ceci dit je ne vois pas en quoi Shining ou l'Exorciste sont des films de mecs ; ça voudrait dire que pour les filles y a que des chick flicks, ces comédies romantiques à la noix ? Bravo la mentalité machiste. Perso je pense que tous les film de super-héros sont des des films de mecs qui sont imposés aux filles, mais il se fait tard.
Voilà qui tombe bien parce que je songeais à aborder ici les films à propos desquels mon opinion diverge (et dix verges c'est beaucoup pour un seul homme disait Desproges) d'avec l'opinion générale qui devient un lieu commun à force d'être générale.
En 11e position on trouve Top Gun : un film qui a toujours été kitsch, même en 1986. Pas besoin de rentrer dans le contexte "homoérotique" décrit par Tarantino il y a bien longtemps pour trouver le film risible.
En 9 The Terminator. Ok les ados abreuvés et lobotomisés à force par les images de synthèse plein la face vont trouver ça un peu léger et la mode des 80s est une catastrophe pour beaucoup de films, mais il faut que reconnaître que le film reste culte pour quelques scènes perdues il est vrai dans des scènes de dialogues endormantes où on attend impatiemment le Terminator.
En 8 Platoon. Pas revu depuis sa sortie, je me souviens uniquement d'une scène excellente où la sentinelle du Platoon endormi voit surgir des viets au milieu de la nuit dans la jungle, comme dans un rêve qui devient cauchemar.
En 7 La prisonnière du Désert. Faudra m'expliquer ce qui est intéressant ou subtil dans ce film parce que je vois pas comment des mecs comme Spielberg peuvent le regarder des dizaines de fois.
En 6 Billy Madison. Quoi ? On parle de cinéma ou j'ai mal compris là ? Heureusement qu'on échappe à ce genre de sortie en France, c'est déjà ça.
5 : The Shining. Ah voilà un film qu'il est de bon ton de trouver faible. En plus ça permet de rabaisser Kubrick, pas vrai ? Ok c'est loin d'être son meilleur film, mais parce que le matériau de base (un roman de l'autre SK, Stephen King) est limité. Il n'empêche que le film est très réussi. Personnellement je ne vois pas comment on peut évacuer d'un revers de main un film qui comporte une bonne demi-douzaine de scènes magistrales dont un générique et une fin de très grande classe.
4 : The Exorcist. C'est le film bouc-émissaire des djeunz pour vomir sur les vieux films (même en couleurs et en Dolby tiens), grandement pour la même raison principale que pour Shining : les gens disent qu'aujourd'hui ça ne fait peur à personne, au contraire ça faire rire. Ce qu'il s'est passé c'est que la vidéo est passé par là et a dessacralisé l'acte de regarder un film. On n'est pas aussi attentif devant son écran télé et donc pas aussi respectueux, finalement on prend l'habitude de regarder un film machinalement, concentré entre 50 et 80% sur lui la plupart du temps. Au final quand un film comme l'Exorciste met mal à l'aise on peut se retourner vers ses potes et rire parce qu'on a peur d'avouer avoir peur. Surtout si les autres se vantent de trouver ça drôle. Même pas peur. L'Exorciste est un chef d'oeuvre du film fantastique (la version 2000 Director's Cut n'apporte rien de plus d'ailleurs) et le début du film en Irak est magistral et suffit à couper le sifflet à tous ceux qui veulent encore se la ramener en disant que l'histoire n'est pas crédible (ou alors ils n'avaient qu'à pas arriver en retard).
3 : Scarface. J'ai déjà abordé le sujet : film irresponsable d'un réalisateur scotché à l'adolescence (De Palma) sur le scénar d'un futur cinéaste qui 1 fois sur 2 a du mal à canaliser ses excès (Stone). Un des rares films que je refuse de revoir tellement je le trouve scandaleux dans son apologie de la violence ET du crime comme une solution pour les exclus de goûter à la fortune et au pouvoir... On ne déplorera jamais assez que ce film soit devenu culte auprès des jeunes de banlieue et des détenus (je ne cherche pas à faire d'amalgame, je constate juste là où l'engouement est le plus communautaire).
1 : The Usual Suspects. Hé oui, voilà un film qui m'a bien bluffé la première fois comme tout le monde. Et puis en y réfléchissant, comme tout le monde, je me suis dit qu'il était foncièrement malhonnête. A l'opposé de 6e Sens il ment pour nous prendre par surprise. Shyamalan ne nous ment pas mais son film n'a aucun autre intêret que sa chute. Si, il filme beaucoup mieux que Singer dont l'histoire est en revanche très bien bâtie.
Tiens bizarre pas de Heat dans cette liste ? C'est pourtant un sacré mauvais film caricatural d'un film de mecs fait par des mecs pas finauds pour des mecs bourrins (dire que Michael Mann passe pour un artiste en France...). Ceci dit je ne vois pas en quoi Shining ou l'Exorciste sont des films de mecs ; ça voudrait dire que pour les filles y a que des chick flicks, ces comédies romantiques à la noix ? Bravo la mentalité machiste. Perso je pense que tous les film de super-héros sont des des films de mecs qui sont imposés aux filles, mais il se fait tard.
samedi 21 avril 2007
Soylent Green
Soirée Projections/Débat sur les OGM hier au Cinéma du Monde dans le cadre du Festival Jules Vernes. La soirée s'ouvrait sur un documentaire de Catherine Bertillet, un reportage effectué sur 8 mois en 2004 et qui nécessitait quelques actualisations/mises en perspective qui n'ont pas aidé la fluidité du débat. Il faut dire que sans démarrer par une démarche pédagogique, difficile de discuter des OGM sans tomber dans les tourbillons des sensations hybrides. Le panel était constitué de la réalisatrice, d'une juriste et d'un chercheur à l'Inra. Ce dernier a largement illustré le déficit pédagogique des chercheurs à vouloir présenter une question de leur point de vue sans se mettre à la place de son public. Monopolisant la parole (il faut dire qu'il a été pas mal chahuté par la salle, quoique certainement plus à cause de sa rigidité que sur le fond) il a pas mal contribué à transposer dans ce débat le dialogue de sourds entre des chercheurs calmement posés, le nez dans le microscope et l'opinion publique difficile à maitriser du fait du déficit d'information.
En résumé le reportage (diffusé en version courte -26min- la veille dans Envoyé Spécial : "OGM, à la conquête de nos assiettes") se suffisait à lui-même et une simple discussion sur l'actualité des faits exposés et sur ces zones d'ombre aurait certainement été plus constructive. Un peu frustrant de passer une heure à tourner en rond, surtout que le sujet suscite beaucoup de questions, et les questions sans réponse qui s'enchaînent c'est le malaise qui s'installe et complique le problème. Une info parcellaire est toujours plus néfaste que pas d'info du tout, malheureusement. De cette soirée il reste que Monsanto a pu être critiqué comme un grand méchant capitaliste, prêt à toutes les procédures pourassurer son emprise sur le marché de l'alimentation des 6 milliards d'habitants de notre planète. Depuis la date du reportage (2004) il faut remarquer que Monsanto s'est plutôt fait oublier, ou alors c'est parce que José Bové a changé de tracteur.
Après ce débat frustrant la soirée s'est terminée sur la projection de Soleil Vert (seule motivation de ma venue au départ parce qu'à la base je ne m'intéresse pas aux débats pour lesquels je ne me suis pas documenté sérieusement) et même si je me souvenais totalement du film 20 ans après l'avoir découvert le parallèle entre les craintes sur une future position dominante de Monsanto et l'entreprise Soylent dans le film situé en 2022 était vraiment troublant.
Au final cette fiction d'anticipation pousse le spectateur à réfléchir par lui-même depuis presque 35 ans, mais il reste toujours à poser les bonnes questions avant les citoyens ne se sentent poussés à l'action, une action cohérente.
En résumé le reportage (diffusé en version courte -26min- la veille dans Envoyé Spécial : "OGM, à la conquête de nos assiettes") se suffisait à lui-même et une simple discussion sur l'actualité des faits exposés et sur ces zones d'ombre aurait certainement été plus constructive. Un peu frustrant de passer une heure à tourner en rond, surtout que le sujet suscite beaucoup de questions, et les questions sans réponse qui s'enchaînent c'est le malaise qui s'installe et complique le problème. Une info parcellaire est toujours plus néfaste que pas d'info du tout, malheureusement. De cette soirée il reste que Monsanto a pu être critiqué comme un grand méchant capitaliste, prêt à toutes les procédures pourassurer son emprise sur le marché de l'alimentation des 6 milliards d'habitants de notre planète. Depuis la date du reportage (2004) il faut remarquer que Monsanto s'est plutôt fait oublier, ou alors c'est parce que José Bové a changé de tracteur.
Au final cette fiction d'anticipation pousse le spectateur à réfléchir par lui-même depuis presque 35 ans, mais il reste toujours à poser les bonnes questions avant les citoyens ne se sentent poussés à l'action, une action cohérente.
jeudi 12 avril 2007
Un après-midi de chien
One of the most difficult acting scenes I had to do was on Dog Day Afternoon. About two-thirds of the way through the movie, Pacino makes 2 phone calls (...) I knew Al would build up the fullest head of steam if we could do it in one take. The scene took place at night. The character had been in the bank for twelve hours. He had to seem spent, exhausted. When we're that tired amotions flow more easily. And that's what I wanted.
There was an immediate problem. The camera holds only a thousand feet of film. That's a bit over eleven minutes. The two phone calls ran almost fifteen minutes. I solved it by putting two cameras next to each other (...).
One more thing occured to me. One of the best way of accumulating emotion is to go as rapidly as possible from one take to the next. (...) I knew a second take would mean a serious interruption for Al. We'd have to reload one of the cameras. Reloading a magazine of film can be quite disruptive. (...) The whole process, done at top speed, takes two or three minutes, enough time for Al to cool off. So I put a black tent to block off both cameras and the men who operate them. We cut two holes for the lenses. And I had the second assistant cameraman hold an extra film magazine in his lap in case we needed it.
We rolled. As camera one reached 850 feet we rolled camera 2. The take ended. It was wonderful. But something told me to go again. Camera 2 had used only about 200 feet of film. I called out gently, "Al, back to the top. I want to go again." He looked at me as if he had gone mad. He had gone full out and was exhausted. He said, "What?! You're kidding." I said, "Al, we have to. Roll camera."
(...)By the end of the second take, Al didn't know where he was anymore. He finished his lines, and in sheer exhaustion, looked about helplessly. Then, by accident, he looked directly at me. Tears were rolling down my face because he'd moved me so. His eyes locked into mine and he burst into tears, then slumpped over the desk he had been sitting at. I called, "Cut! Print!" and leapt into the air. That scene is one of the best scene acting I have ever seen.
Sydney Lumet Making Movies
samedi 17 février 2007
Déjà-vu : Les 7 Samouraïs/Les 7 Mercenaires
Parmi la vingtaine de chefs d'oeuvre indiscutables du cinéma il y a justement les Sept Samouraïs (Shichinin no samurai - 1954). Il y a bien sûr une foule de classiques, de films essentiels, des jalons dans l'histoire du cinéma, dans l'évolution de la société, ou encore de films pionniers au niveau technique, montage, direction d'acteur, d'autres sont enfin des films rares parce qu'éminement originaux ou parce qu'ils sont l'écrin d'une scène magique, d'un tour de force etc. Tous ces films participent à la magie du cinéma mais rares sont ceux dont la puissance balaie toute tentative d'en isoler les qualités et les faiblesses. Les Sept Samouraïs en fait partie. Alors évidemment les cinéphiles, ou tout simplement les gens curieux donc cultivés, ont vu ce chef d'oeuvre de Kurosawa et peuvent facilement le mettre au-dessus du remake de John Sturges (1960) et on se retrouve alors dans une situation où une petite "élite" détient la "vérité" malgré une majorité qui ne connait que le remake et le tient pour un très bon film sans pousser plus loin l'esprit de critique.
Du simple fait d'être un western américain en couleur, donc un "produit" plus facilement "marketable" dès le départ (on peut ajouter au package la ribambelle d'acteurs et la musique d'Elmer Bernstein) les Sept Mercenaires a monopolisé ce "temps de cerveau cinématographique disponible" qui n'est pas le même chez l'habitué des salles obscures et chez le télespectateur scotché à TF1. Notez bien que je ne cherche pas à dérailler sur une discussion anti-capitalisme US mais juste à décortiquer ce qui pourrait expliquer la perception totalement complaisante des qualités du remake. Ceux qui ont vu le remake lors de sa sortie en ont forcément gardé un bon souvenir, magnifié depuis par la nostalgie. Ceux qui comme moi l'ont découvert à la télé (au hasard un dimanche soir sur TF1) ne peuvent pas l'avoir oublié si facilement. Voire... Les Sept Mercenaires, hormis sa musique, est un film éminement oubliable, de même que pour oublier Windows il suffit de passer à un autre OS. Mais qui des 95% de la population équipée d'un ordinateur est prêt à envisager ou même juste imaginer une interface informatique autre que Windows ?
Toute l'harmonie et le naturel, mais surtout l'authenticité de Kurosawa passent à la trappe. Les Sept Mercenaires se constitue d'une suite de scènes mettant tour à tour en valeur les 6 recrues de Yul Brynner, du pain béni pour des jeunes premiers comme Steve McQueen, James Coburn, Charles Bronson... qui cherchaient à faire leur trou au cinéma.
Les bonus du DVD sont révélateurs de ces curiosités amusantes mais contre-productives par rapport à la qualité générale du film.
- La scène où l'équipe arrive au village en traversant une petite rivière est décortiquée et on voit clairement chaque acteur profiter de son passage dans le champ pour tirer la couverture à lui, qui en se rajustant le foulard, qui en s'amusant avec son chapeau (le coup favori de Steve McQueen qui fonctionne d'ailleurs à merveille pour lui attirer toute l'attention lorsqu'il conduit un chariot avec Brynner).
- Autre détail souligné dans le documentaire présent sur le DVD : le compromis de la production avec les autorités locales mexicaines qui exigeaient des paysans propres (habillés plus blanc que blanc durant tout le film !) et irréprochables en réaction avec la présentation caricaturale subie à l'époque de la production de Vera Cruz(1954). Mais que dire alors du rôle du bandit Calvera incarné sans aucune nuance et à la limite du ridicule par Eli Wallach ! Certains iront jusqu'à penser que c'est ce rôle qui lui a valu d'obtenir le rôle de Tuco 6 ans plus tard alors que c'est une petite scène toute en subtilité dans la Conquête de l'Ouest (1962) qui l'a fait remarquer de Sergio Leone.
Bref on ne peut pas dire que Les Sept Mercenaires soit un très grand film même s'il bénéficie d'une indulgence collective largement inconsciente à ranger dans la prime aux remakes américains qui se donnent les moyens d'être vus par le plus grand nombre contrairement à leurs modèles quasiment confinés aux cinémathèques.
Deux petits bémols cependant :
- avec le DVD et le peer-to-peer la culture cinématographique n'est plus limité à ceux qui ont accès à une cinémathèque ou un ciné-club dynamique (et même dans ces cas là combien d'années faut-il attendre pour que certains films soient disponibles ou simplement programmés ?)
- les 7 Mercenaires n'a pas écrasé le box-office d'entrée, c'est après quelques semaines qu'il a commencé à s'imposer alors qu'il semblait à bout de souffle. J'analyserais ça comme l'effet d'un bouche à oreille favorable dur à lancer pour un gros film US dont la fin n'est pas si optimiste que ça (le remake ne se termine pas plus que l'original sur un banquet des 7 mercenaires bien vivants avec les villageois reconnaissants). Ce n'est pas rien que de reconnaitre à John Sturges le mérite d'avoir imposé ceci au public américain, une démarche qui allait ouvrir la voie à des films plus ambigüs alors que l'ère des studios tout-puissants touchait à sa fin.
jeudi 15 février 2007
Dernière Beta : sortie de Celtx v. 0.9.9
La toute dernière mouture ajoute maintenant des fonctionnalités aussi importantes, pour les petites structures de production, que :
- gestion des story-boards
- ébauche de plans de travail
A noter aussi pour ceux qui connaissaient déjà que le logiciel prend enfin en charge le format A4. Par ailleurs cette sortie s'accompagne de l'annonce des services annexes sur lesquels Greyfirst Corp. (l'éditeur) va pouvoir se rémunérer (mini-sites dédiés pour les productions p. ex.).
Logiciel en version française disponible dans la journée sur www.celtx.com
jeudi 8 février 2007
Déjà vu : Infernal Affairs/The Departed
Pas de voix discordantes donc dans la réception de The Departed, du moins dans le consensus médiatique qui ne pouvait que se mettre en rang derrière la promo du dernier opus de Scorsese qui bénéficiait d'un casting solide que les interprétations de DiCaprio et Nicholson ne devaient finalement pas décevoir, bien au contraire. Mais il faut pourtant bien avouer que malgré les performances de ces deux acteurs (et le nom au générique de Scorsese pour ceux que ça impressionne) The Departed est un film très moyen, tantôt trop lent tantôt lourdingue dans son évolution jusqu'à une fin pitoyable qui, à elle seule, mérite de condamner l'ensemble du film sans épiloguer sur ce qui a été réussi.
Infernal Affairs est à côté sacrément bien foutu, toute l'action s'enchaîne sans perdre de temps sur des fils narratifs parallèles mais aussi sans prendre suffisament le temps de poser les personnages. C'est là que les ricains pouvaient apporter un petit plus qui est finalement devenu un petit surplus par rapport à la réappropriation de l'histoire originale qu'on aurait été en droit d'attendre de Scorsese.
SURPLUS AMERICAIN
Faisons une simple comparaison.
- Le Scorsese reprend toute l'architecture de l'original, scènes clés pour scènes clés, en délayant les personnages
total= 2h30
- Le film original est dense et ne perd pas temps
total = 1h40
(format standard qu'ils ont peut-être malheureusement un peu forcé parce qu'il permet de faire une séance toutes les 2h dans les multiplexes à bestiaux).
(format standard qu'ils ont peut-être malheureusement un peu forcé parce qu'il permet de faire une séance toutes les 2h dans les multiplexes à bestiaux).
Comme quoi les ricains ont vraiment abusé dans leur souci de montrer qu'ils pouvaient améliorer un petit polar chinois : 20 minutes auraient été suffisantes pour densifier le rôle de DiCaprio qui mériterait vraiment, dans les deux versions, d'être le personnage principal au détriment du flic ripoux dont la froideur de fontionnaire parfait se passe de détails et surtout de ces scènes pitoyables pour mettre sa vie en perspective (point en revanche bien repris dans le Scorsese : l'appartement showroom permet de bien matérialiser le personnage lisse et ambitieux).
De toute façon c'est lui, le flic ripoux, le vrai méchant du film donc il faut éviter de lui mettre des scènes attendrissantes : le film chinois gère très bien cette partie ce qui fait que le personnage du ripoux est mieux réussi que son homologue infiltré dans la maffia qui, même dans sa version DiCaprio, n'est jamais assez sombre. Dans le film chinois ce personnage est tout de même censé passer 10 ans dans la clandestinité à accumuler les larcins, jouer au malfrat 24h/24 pour arriver enfin à se faire recruter et bosser pour un parrain (les deux personnages à l'académie de police sont incarnés par des gamins ce qui gêne d'ailleurs la transition pour repérer qui est qui), mais ce background essentiel est résumé en un clip au début qui lamine toute la profondeur du personnage (pas mal de montages flashbacks et de musique intrusive très lourdingues aussi pour un film aussi réussi dans l'ensemble). Dans le film américain DiCaprio est tellement fort qu'il lui faut à peine 2-3 ans pour être dans la place et que ces sacrifices commencent à produire des résultats.
Au final le Scorsese ne vaut que pour les interprétations de DiCaprio et Nicholson qui améliorent nettement mais juste ponctuellement le matériau de base, au détriment du rythme original : le personnage de DiCaprio n'est pas assez mis en valeur, celui de Nicholson trop. J'irais même jusqu'à dire qu'il y a là une erreur dès l'écriture de ce personnage qui cannibalise l'intrigue et le rythme car finalement ce n'est pas lui le lien, les infiltrés sont dans un combat à distance mais sans intermédiaires : ils sont fondammentalement et irrémédiablement seuls au monde. Ceci dit tout le reste du remix par DJ Scorsese est sans intérêt, jusqu'à cette fin pitoyable, si bien que tout ça aurait très bien pu être filmé par n'importe quel tâcheron d'Hollywood. Le problème c'est que l'histoire originale est tellement bien ficellée qu'il n'est pas possible d'en faire un navet. Un film médiocre, bancal oui, mais pas un navet complet. C'est pour cela que les américains sont si friands de remakes : ils achètent un scénario quasi clé en main et derrière même les plus demeurés des executives ont donc sous les yeux une version d'un scénario testée et approuvée qu'ils n'ont plus qu'à suivre sans avoir trop la tentation d'essayer de la sacager avec des stéréotypes. Dans ce schéma Scorsese se retrouve pour la troisième fois consécutive à faire le tâcheron d'une super-production, se contentant de filmer ce qu'on lui donne pour s'assurer des vieux jours paisibles.
Question subsidiaire : peut-on juger un remake sans tenir compte du film original ? Oui, d'ailleurs moitié par hasard moitié par trop d'espoir placé dans Scorsese, j'ai vu The Departed en premier sans pour autant avoir un jugement positif sur le film (cf. mon commentaire sur IMDb à l'époque). En ayant vu l'original, que je ne trouve pas parfait non plus mais qui a l'avantage d'être original justement et déjà très réussi, le Scorsese m'apparait encore plus mauvais puisqu'il n'apporte pas grand chose et au contraire alourdit la trame photocopiée pour imposer sa marque "à l'économie de talent". Un peu comme si je trouvais une anecdote marrante sur internet et que je me contente de la traduire, la délayer, d'en assurer la paternité tout en ajoutant des noms connus dedans pour la rendre un peu plus sexy.
lundi 18 décembre 2006
La magie du cinéma
On trouve déjà tout et n'importe quoi à l'affiche des salles mais devinez ce qu'on trouve entre les fauteuils à la fin d'une journée de projection :? Exactement à l'image des films qu'on trouvera dans le programme on va du plus évident, du sans originalité aucune (pop corn et portefeuilles : le couple star et bine cliché du grand écran) jusqu'au plus loufoque, voire incroyable :
“The hot spot is generally the middle of the row,” says Mark Chudley, 23, from Plymouth. “It’s the busiest part of the cinema, the place everyone wants to sit in. So, naturally, you find the most stuff there.”Lire l'article du Times et oublier tout le reste.
The “stuff” is a vast and genuinely mind-boggling array of forgotten items. And not just missing wallets and bus passes either. Included in the Odeon lost-property logs, for example, are shoes, false teeth, a hammer, a birthday cake, several pairs of underpants, a male hairpiece, a prosthetic ear and, my favourite, a wheelchair (possibly found after The Passion of the Christ).
vendredi 24 novembre 2006
Ellen Burstyn is living!
"I wrote the whole thing in longhand," she said. "I am more comfortable with that than with a typewriter or a computer. This is not my century, if I had a choice I would ride around in a horse and buggy!"Pour le reste elle trouve que la facilité de cachetonner à la télé a fait baisser le niveau global des acteurs US.
"Acting? I think it needs some help," she told Reuters in a recent interview. "TV has lowered the bar. With quicker schedules everything is rushed, so the quality gets lowered."Elle en tout cas n'a plus rien à prouver (mais c'est toujours un plaisir de la retrouver à l'écran même si j'ai un peu peur d'une nouvelle surcharge rétinienne avec le dernier Aronofsky) et si elle retient une leçon de la vie c'est ce fameux "Connais-toi toi même/Deviens ce que tu es" :
Broadway, she said, is in terrible shape. "I am appalled. (I saw) a couple of things that were billed as good, but they were shockingly bad. I can't recommend anything on Broadway."
"If you want to know who you truly are, the answer won't be found in the outer world; you must go inside and see where your instincts lead you," Burstyn writes.Sa bio : Lessons in becoming myself
Philippe Noiret (1930 - 2006)
Philippe Noiret restera pour nous tous avec sa grosse voix qui le faisait d'emblée aimer autant que son air de grand garçon un peu pataud, un peu timide mais très sympathique ; une grosse voix qui coupait court à la contradiction si bien qu'Hergé le voyait comme l'incarnation parfaite du capitaine Haddock.
Et sans capitaine Haddock, Tintin...
mardi 21 novembre 2006
Robert Altman (1925 - 2006)
Quelle image garder de Robert Altman ? Sa mise sur orbite avec M*A*S*H ? Des films plus sérieux (voire qui se prennaient trop au sérieux) comme Mc Cabe & Mrs Miller, Short Cuts ou Gosford Park ? Trop facile de s'arrêter à Buffalo Bill et les indiens ou The Player ?
Recevoir son seul Oscar à titre honorifique, pour sa carrière, juste avant de mourrir, comme Hitchock, c'est peut-être le seul compliment dont il a besoin.
Nécro en images et en idées par A.O. Scott du NY Times
Recevoir son seul Oscar à titre honorifique, pour sa carrière, juste avant de mourrir, comme Hitchock, c'est peut-être le seul compliment dont il a besoin.
Nécro en images et en idées par A.O. Scott du NY Times
dimanche 12 novembre 2006
Steven-le-petit et les Golden Forties
Je ne suis pas fan de Soderbergh. Pour moi c'est un enfant gâté qui n'a jamais rien démontré d'extraordinaire mais a toujours eu le soutient d'une frange influente des médias. Je considère Traffic comme son meilleur film mais c'est loin d'être un chef d'oeuvre : le meilleur y cotoie le plus lourdingue hollywoodien. Au final tout se tient parce que les parties lourdingues (Zeta-Jones et Douglas) sont quelques part justifiées par le poids de ce trafic qui n'existe avant tout que part des mots, des chiffres entre Washigton et LA, avant d'être la réalité du crime organisé.
Quand Soderbergh fait son malin avec un film direct en HDV (quelqu'un se souvient du titre ?) pour le sortir en salles et en DVD simultanément j'y vois encore l'enfant gâté qui s'agite pour trouver de nouvelles manière de s'amuser en essayant de passer pour un pionnier.
Maintenant c'est l'inverse : à l'image des intellos blasés de l'Oulipo il s'est créé comme contrainte de faire un film à l'ancienne, dans les conditions qui étaient celles de Michael Curtiz (un excellent ouvrier de l'âge d'or hollywoodien mais dont le succès des films dépendait du matériau qu'on lui donnait à filmer, ainsi personne n'a-t-il jamais compris comment Casablanca a pu voir le jour entre les contraintes des studios et les difficultés de Curtiz à se faire comprendre sur un plateau avec son accent hongrois) :
Bref avec The Good German Soderbergh travaille sous la contrainte et ça a le mérite de faire parler de la technique à défaut de n'avoir plus qu'à s'extasier du résultat final.
Juste à la suite de ce passage Tobe Maguire raconte qu'il était surtout fasciné par la capacité du réalisateur à avoir son montage en tête et donc à ne filmer que les plans nécessaires à son découpage personnel. C'est toujours impressionnant, c'est vrai, mais surtout pour ceux qui n'ont pas bossé en amont sur la prod. Les producteurs aiment ça parce que c'est très économique et en plus le tournage prend vite un rythme de croisière avec toute l'équipe rassurée par l'assurance du capitaine. Maintenant je trouve Kurosawa plus honnête dans cette démarche où il filmait son approche mais laissait carte blanche à un assistant opérateur pour cadrer ses propres angles, ses propres cover shots, montrant ainsi autant son assurance que son humilité face au travail de mise en scène.
Soderbergh il enchaîne les films (et beaucoup aimerait pouvoir enchaîner autant de films) mais personne ne le challenge. D'une part il a été reconnu très tôt comme un auteur et les producteurs toujours à court de talent, et encore plus de talent bankable, ne peuvent pas le remettre en question ; d'autre part il coupe court à la critique en essayant toujours de faire des films différents. En fait il ne se lance pas lui-même des défis, il se fait plaisir en touchant à tout, comme un gosse dans un magasin de jouet. A quel âge en aura-t-il marre de s'amuser tout seul ? Peut-être qu'il sera trop imbu de lui-même pour se rendre compte qu'il n'a pondu aucun grand film et s'enfermera chez lui, seul avec son cinéma, ou peut-être il disparaitra de la circulation en voyant que tout ça ne l'a mené nulle part.
En tout cas, malheureusement, dans cette fuite en avant il n'est pas parti pour faire des films plus personnels. Tant pis pour nous, tant mieux pour lui :
Quand Soderbergh fait son malin avec un film direct en HDV (quelqu'un se souvient du titre ?) pour le sortir en salles et en DVD simultanément j'y vois encore l'enfant gâté qui s'agite pour trouver de nouvelles manière de s'amuser en essayant de passer pour un pionnier.
Maintenant c'est l'inverse : à l'image des intellos blasés de l'Oulipo il s'est créé comme contrainte de faire un film à l'ancienne, dans les conditions qui étaient celles de Michael Curtiz (un excellent ouvrier de l'âge d'or hollywoodien mais dont le succès des films dépendait du matériau qu'on lui donnait à filmer, ainsi personne n'a-t-il jamais compris comment Casablanca a pu voir le jour entre les contraintes des studios et les difficultés de Curtiz à se faire comprendre sur un plateau avec son accent hongrois) :
“I often think I would have been so happy to be Michael Curtiz,” Mr. Soderbergh said. Mr. Curtiz, the contract director, made more than 100 films for Warner Brothers, including “Casablanca” and “Yankee Doodle Dandy,” between his arrival in Hollywood from Hungary in 1926 and his death in 1962. “That would have been right up my alley,” Mr. Soderbergh said, “making a couple of movies a year of all different kinds, working with the best technicians. I would have been in heaven, just going in to work every day.”Bref Soderbergh avoue qu'il aimerait n'être qu'un ouvrier, qu'il est plus du côté des amoureux de la caméra qui ont besoin de tourner pour vivre que des metteurs en scène perfectionnistes qui mettent des années à penser leur film. En soit c'est mieux pour le cinéma : à part quelques pointures qui marchent dans les traces de Kubrick qui peut avoir la prétention d'être génial au point qu'un film doivent attendre une maturation individuelle ?
Bref avec The Good German Soderbergh travaille sous la contrainte et ça a le mérite de faire parler de la technique à défaut de n'avoir plus qu'à s'extasier du résultat final.
“The rule was, if you can’t do it with a boom mike, then you can’t do it,” Mr. Soderbergh said. “Which was helpful to me because, in talking to the actors about this very externalized performance mode I was going to ask them to assume, it helped to be able to say, ‘You have to talk louder, you have to project more, because I’m not getting a good enough track.’ ”
Unlike the Method mumble currently in style in American movies, the dialogue in “The Good German” is spoken in crisp, clearly enunciated stage English, emphasizing presentation over interpretation.
Juste à la suite de ce passage Tobe Maguire raconte qu'il était surtout fasciné par la capacité du réalisateur à avoir son montage en tête et donc à ne filmer que les plans nécessaires à son découpage personnel. C'est toujours impressionnant, c'est vrai, mais surtout pour ceux qui n'ont pas bossé en amont sur la prod. Les producteurs aiment ça parce que c'est très économique et en plus le tournage prend vite un rythme de croisière avec toute l'équipe rassurée par l'assurance du capitaine. Maintenant je trouve Kurosawa plus honnête dans cette démarche où il filmait son approche mais laissait carte blanche à un assistant opérateur pour cadrer ses propres angles, ses propres cover shots, montrant ainsi autant son assurance que son humilité face au travail de mise en scène.
Soderbergh il enchaîne les films (et beaucoup aimerait pouvoir enchaîner autant de films) mais personne ne le challenge. D'une part il a été reconnu très tôt comme un auteur et les producteurs toujours à court de talent, et encore plus de talent bankable, ne peuvent pas le remettre en question ; d'autre part il coupe court à la critique en essayant toujours de faire des films différents. En fait il ne se lance pas lui-même des défis, il se fait plaisir en touchant à tout, comme un gosse dans un magasin de jouet. A quel âge en aura-t-il marre de s'amuser tout seul ? Peut-être qu'il sera trop imbu de lui-même pour se rendre compte qu'il n'a pondu aucun grand film et s'enfermera chez lui, seul avec son cinéma, ou peut-être il disparaitra de la circulation en voyant que tout ça ne l'a mené nulle part.
En tout cas, malheureusement, dans cette fuite en avant il n'est pas parti pour faire des films plus personnels. Tant pis pour nous, tant mieux pour lui :
"Beati pauperes spiritu..."
samedi 11 novembre 2006
Raging boeuf
Dernier draft du scénar qui tient la route pour expliquer comment Zizou a pris un dernier rouge pour la route : après avoir proposé son maillot à ce taquin de Matrix (Materazzi) celui-ci aurait répondu : "Si je veux ton maillot je le demanderai à Inzaghi", cette pique faisant allusion à une relation que Madame Zidane aurait eu avec Pippo Inzaghi. Le mari cocu a vu rouge et a foncé tête baissée dans le panneau.
La FIFA avait d'ailleurs déclaré que les versions de l'incident des 2 joueurs concordaient et que les propos n'avaient aucune connotation raciste, religieuse, politique, pas plus qu'ils ne visaient la mère ou la soeur du joueur. Ils furent toutefois sanctionnés comme étant porteurs d'offense à l'honneur et la confrontation entre les deux hommes fut soigneusement évitée.
Ceci dit Zidane ne se serait pas gêné pour faire de larges écarts avec son image officielle de gentil garçon, dieu du ballon rond et trop con pour être méchant. Mouais, enfin ceux qui ne regardaient pas le bonhomme avec un cerveau de supporter du PSG avaient pu remarquer que c'était un gars impulsif et pas vraiment concilliant. Pour faire court: très con et très buté.
Bref sur la feuille de match un profil de winner qui ne se pose pas de questions. Aussi, tant que Zidane était en activité, toujours prêt à toucher le ballon pour nous laisser bouche bée, monsieur pro à défaut d'être monsieur propre (mais tout le monde voulait se voir dedans) il y avait trop d'intérêts économiques en jeu pour balancer ses slips sales en Une des feuilles à scandale. Là, super timing, jeune retraité tombant dans les affres des contrats mirifiques de consultant/ambassadeur à rien foutre il tombe aussi dans (entre) les pattes d'une chanteuse de soupe r 'n b arriviste (on est à la limite du pléonasme multi-récidiviste à répétition). Elle tombe (décidément c'est une fatalité) enceinte et refuse dans les 2m d'euros pour avorter. La suite des dessous (des sous) de l'histoire n'est pas dite dans la chanson : "Zidane il a niqué, Zidane l'a encloquée..."
Moralité : à part l'abbé Pierre qui a fini par confesser tout seul ses chaudes expériences de touche-pipi (rien à voir avec la chaude Pie VII), plus pour ne pas trimballer ses inédits jusqu'à St Pierre que par peur des paparazzi, à part lui aucune personnalité française n'est à l'abri de notre esprit étriqué de village gaulois où on verra ce qu'on verra quand les effets de la potion magique vont se dissiper.
C'est con que Scorsese ait déjà fait Raging Bull sinon y aurait matière à un film (et encore Zidane n'a pas encore pris 40 kilos, mais Danone contribue à la croissance de vos enfants).
La FIFA avait d'ailleurs déclaré que les versions de l'incident des 2 joueurs concordaient et que les propos n'avaient aucune connotation raciste, religieuse, politique, pas plus qu'ils ne visaient la mère ou la soeur du joueur. Ils furent toutefois sanctionnés comme étant porteurs d'offense à l'honneur et la confrontation entre les deux hommes fut soigneusement évitée.
Ceci dit Zidane ne se serait pas gêné pour faire de larges écarts avec son image officielle de gentil garçon, dieu du ballon rond et trop con pour être méchant. Mouais, enfin ceux qui ne regardaient pas le bonhomme avec un cerveau de supporter du PSG avaient pu remarquer que c'était un gars impulsif et pas vraiment concilliant. Pour faire court: très con et très buté.
Bref sur la feuille de match un profil de winner qui ne se pose pas de questions. Aussi, tant que Zidane était en activité, toujours prêt à toucher le ballon pour nous laisser bouche bée, monsieur pro à défaut d'être monsieur propre (mais tout le monde voulait se voir dedans) il y avait trop d'intérêts économiques en jeu pour balancer ses slips sales en Une des feuilles à scandale. Là, super timing, jeune retraité tombant dans les affres des contrats mirifiques de consultant/ambassadeur à rien foutre il tombe aussi dans (entre) les pattes d'une chanteuse de soupe r 'n b arriviste (on est à la limite du pléonasme multi-récidiviste à répétition). Elle tombe (décidément c'est une fatalité) enceinte et refuse dans les 2m d'euros pour avorter. La suite des dessous (des sous) de l'histoire n'est pas dite dans la chanson : "Zidane il a niqué, Zidane l'a encloquée..."
Moralité : à part l'abbé Pierre qui a fini par confesser tout seul ses chaudes expériences de touche-pipi (rien à voir avec la chaude Pie VII), plus pour ne pas trimballer ses inédits jusqu'à St Pierre que par peur des paparazzi, à part lui aucune personnalité française n'est à l'abri de notre esprit étriqué de village gaulois où on verra ce qu'on verra quand les effets de la potion magique vont se dissiper.
C'est con que Scorsese ait déjà fait Raging Bull sinon y aurait matière à un film (et encore Zidane n'a pas encore pris 40 kilos, mais Danone contribue à la croissance de vos enfants).
Jack Palance (1919 - 2006)
Few people know that veteran movie actor Jack Palance was a professional heavyweight boxer in the early 1940s. Fighting under the name Jack Brazzo, Palance a product of Lattimer Mines, Pennsylvania, won his first 15 fights, 12 by knockout before losing a 4th round decision to future heavyweight contender Joe Baksi on Dec. 17, 1940. With the outbreak of World War II, Jack Palance's boxing career ended and his military career began. Wounded in combat, he received the purple heart, good conduct medal, and the World War II Victory Medal.
After the war he began his long and famous motion picture career mainly thanks to Elia Kazan who casted him to replace Marlon Brando and Anthony Quinn in the broadway production of A Streetcar Named Desire. Kazan gave him his break into the movies three years later for Panic in the Streets (1950).
mardi 7 novembre 2006
Négo 979 : "les temps sont durs pour tout le monde..."
As studios are set to begin contract negotiations with talent in January, all sides are girding for battle.
Hollywood is in the midst of a strategic shift. The average cost to make and market a movie has skyrocketed — to $96.2 million last year, from $54.1 million in 1995 — while lucrative DVD sales have flattened. Major film studios are fending off illegal piracy, which industry executives say accounted for $1.3 billion in lost revenue in the United States last year.
mardi 31 octobre 2006
Suspension of disbelief
Effrayé par la crédulité des Américains pour les phénomènes paranormaux, le physicien Costas Efthimiou, de l'université de Floride centrale (UCF), a décidé d'utiliser les armes de la physique et des mathématiques pour démonter certaines croyances tenaces.Soit le robinet de la créativité d'un scénariste fuyant au rythme de 2 idées bouillantes à la seconde : 1/le producteur pourra-t-il se baigner dans un bain à bonne température (35-55°C) sachant que la baignoire a une capacité utile de 150 litres et 2/si oui combien de temps faut-il ?
Ainsi, il prouve que les fantômes n'existent pas. Comment, en effet, pourraient-ils à la fois marcher et traverser les murs?, demande le scientifique dans un article à paraître. C'est impossible, car cela viole la deuxième loi de Newton, celle d'action-réaction: s'ils marchent, c'est qu'ils exercent une force sur le sol, tandis que s'ils traversent les murs, c'est qu'ils n'en exercent aucune, et les deux ne sont pas compatibles.
Quant aux vampires, ils sont définitivement détruits par un simple exercice de maths. Si un vampire doit sucer le sang d'un humain chaque mois, faisant de celui-ci un vampire qui doit à son tour trouver une nouvelle victime par mois, combien de temps aurait-il fallu à un seul vampire pour "contaminer" les 537 millions d'hommes qui vivaient sur terre en 1600? Moins de trois ans, répond Efthimiou, alors, soit nous sommes tous des vampires, soit ils n'existent tout simplement pas.
Même question avec une baignoire qui fuit au rythme de 3 idées toutes les 12 minutes. Quelle surcharge pondérale faut-il alors appliquer au producteur pour que le bain soit prêt 1h plus tôt.
Finalement jeter le projet avec l'eau du bain et bien rincer derrière vous merci.
lundi 30 octobre 2006
dimanche 29 octobre 2006
Film bio : "Mystery White Boy"
Pour Hollywood mourrir à 30 ans en artiste maudit/incompris/mal dans sa peau... c'est déjà suffisant pour en tirer qqch et effectivement en rentrant dans les détails on trouve toujours une histoire à raconter ou à monter en épingle.
En attendant de voir cette improbable bio l'article du NYT souligne la difficulté d'adapter une histoire quand ceux qui en ont les droits sont trop attachés émotionnellement au sujet principal. C'est le cas des biopic comme des adaptations au sens large.
At first, Ms. Guibert said, she turned away the writers and producers who asked for the right to tell her son’s story. But Mr. Pitt tempted her by helping her set up an archive of Mr. Buckley’s music and writings, including diaries and audio journals that he had recorded on cassette.
Once Mr. Pitt had Ms. Guibert’s blessing to develop a film, he hired Emma Forrest, a British novelist and journalist, to write a screenplay in the vein of the 1979 Bette Midler film “The Rose.” After all, there had been speculation that Mr. Buckley’s death was not an accident, that drugs, alcohol, or perhaps some form of mental illness had played a role.
But Ms. Guibert rejected Ms. Forrest’s two drafts.
“Her immediate response to the first draft was, ‘No, my son didn’t take drugs, he never suffered from depression,’ ” Ms. Forrest said. It was a question of competing truths, she added. Ms. Guibert’s recollections of her son differed from those of Mr. Buckley’s friends, interviewed by Ms. Forrest. Ms. Forrest said she wanted to explore the nature of genius and mine the links between music and emotional disintegration, but Ms. Guibert wanted none of it.
vendredi 27 octobre 2006
Poor artsy little darlings
Deux articles du NYT sur Babel à mettre en regard, le plus intéressant (et le plus direct de toute façon) des deux n'étant pas la critique en bonne et dumb forme mais bien l'analyse d'un élément du contexte :
Now Playing: Auteur vs. Auteur la semaine dernière nous parlait de Guillermo Arriaga, scénariste d'Iñárritu sur Amores Perros et 21 Grams un couple en plein divorce après Babel (Arriaga était persona non grata à Cannes pour la première mondiale du film...).
Emotion Needs No Translation, la critique officielle qui n'ose pas être trop critique avec le duo d'auteurs chéris. Combien de fois ai-je lu des critiques de films avec cette réserve hypocrite où le journaleux sent de gros défauts mais se force à aimer (parce que c'est un film d'auteur, parce qu'il veut être indulgent ou parce que son rédacteur en chef lui a dit à l'avance combien d'étoiles mettre au film) "Certes on peut objecter que" (ou plus agressif : "Certes les esprits chagrins/les fans de Van Damme trouveront toujours que le film manque d'action"). "Mais blablabla..."
Bref Babel risque d'être le film de trop d'un réalisateur trop conscient de son talent et incapable de faire autre chose que donner à la "horde des sycophantes" ce pourquoi elle l'a acclamé.
Rien de pire pour un réalisateur que de se faire gonfler le melon avec le mot auteur : William Goldman le disait à propos d'Hitchcock, les films suivant ses entretiens avec Truffaut (à l'époque des Oiseaux) souffrent d'une intellectualisation de son travail (Marnie, Torn Curtain, Topaz) alors que la légèreté et le rythme insouciant étaient ses principaux atouts pour se montrer audacieux ensuite. Au contraire si la presse et les flatteurs en tous genres commencent à placer cette audace au-dessus de tout et qu'on les écoute, comment ne pas se prendre la tête et faire des films de plus en plus pré-contraints, de moins en moins naturels ?
Pour ce prémunir contre ça je crois qu'un réalisateur et un scénariste doivent 1/éviter de lire les critiques et préférer qu'on leur fasse une revue de presse pour ne pas se faire accrocher par une quelconque flatterie et 2/aller dans les salles et attraper au vol les réactions du public. Le seul jugement qui compte c'est toujours celui des salles avec un public payant, il ne trompe pas parce qu'il est spontané, jamais intellectualisé, sans arrière-pensées.
Le public se trompe rarement et même quand il se trompe c'est le film qui a tord.
Now Playing: Auteur vs. Auteur la semaine dernière nous parlait de Guillermo Arriaga, scénariste d'Iñárritu sur Amores Perros et 21 Grams un couple en plein divorce après Babel (Arriaga était persona non grata à Cannes pour la première mondiale du film...).
So what’s the point of fretting about authorship? (Can’t we all just, you know, get along?) There are sequences in “Babel” where you can sense the tenuous symbiosis of writer and director starting to fall apart — when Mr. González Iñárritu overextends scenes for, apparently, no sounder reason than to demonstrate his virtuosity, prove he’s in charge. It’s as if these two extremely talented men had not understood their own movies, which are bracingly (and movingly) skeptical that an individual can ever be fully in charge of anything. The action is always set in motion by an awful, senseless, out-of-the-blue accident, and that’s a slap in the face to the whole idea of authorship: you can’t even count on being the author of your own fate.
The lesson, that is, of the auteurs films of Guillermo Arriaga and Alejandro González Iñárritu is shockingly simple: Get over yourself, and allow other people to make you better than you’d be on your own.
Emotion Needs No Translation, la critique officielle qui n'ose pas être trop critique avec le duo d'auteurs chéris. Combien de fois ai-je lu des critiques de films avec cette réserve hypocrite où le journaleux sent de gros défauts mais se force à aimer (parce que c'est un film d'auteur, parce qu'il veut être indulgent ou parce que son rédacteur en chef lui a dit à l'avance combien d'étoiles mettre au film) "Certes on peut objecter que" (ou plus agressif : "Certes les esprits chagrins/les fans de Van Damme trouveront toujours que le film manque d'action"). "Mais blablabla..."
Any discussion of “Babel,” therefore — whether grounded in skepticism or lost in admiration — has to begin by acknowledging just how much the film, the third collaboration between the director Alejandro González Iñárritu and the screenwriter Guillermo Arriaga, sets out to do.(...)“Babel” is certainly an experience. But is it a meaningful experience? That the film possesses unusual aesthetic force strikes me as undeniable, but its power does not seem to be tethered to any coherent idea or narrative logic. You can feel it without ever quite believing it.
But let’s give feeling its due. The sheer reckless ardor of Mr. González Iñárritu’s filmmaking — the voracious close-ups, the sweeping landscape shots, the swiveling, hurtling camera movements — suggests a virtually limitless confidence in the power of the medium to make connections out of apparent discontinuities. His faith in cinema as a universal language could hardly be more evident.
Bref Babel risque d'être le film de trop d'un réalisateur trop conscient de son talent et incapable de faire autre chose que donner à la "horde des sycophantes" ce pourquoi elle l'a acclamé.
Rien de pire pour un réalisateur que de se faire gonfler le melon avec le mot auteur : William Goldman le disait à propos d'Hitchcock, les films suivant ses entretiens avec Truffaut (à l'époque des Oiseaux) souffrent d'une intellectualisation de son travail (Marnie, Torn Curtain, Topaz) alors que la légèreté et le rythme insouciant étaient ses principaux atouts pour se montrer audacieux ensuite. Au contraire si la presse et les flatteurs en tous genres commencent à placer cette audace au-dessus de tout et qu'on les écoute, comment ne pas se prendre la tête et faire des films de plus en plus pré-contraints, de moins en moins naturels ?
Pour ce prémunir contre ça je crois qu'un réalisateur et un scénariste doivent 1/éviter de lire les critiques et préférer qu'on leur fasse une revue de presse pour ne pas se faire accrocher par une quelconque flatterie et 2/aller dans les salles et attraper au vol les réactions du public. Le seul jugement qui compte c'est toujours celui des salles avec un public payant, il ne trompe pas parce qu'il est spontané, jamais intellectualisé, sans arrière-pensées.
Le public se trompe rarement et même quand il se trompe c'est le film qui a tord.
mardi 17 octobre 2006
Publicdomaintorrents.com
Un des gros anvantages que j'ai trouvé au téléchargement de films sur internet (qu'on ne me dise pas que j'ai mis des artistes sur la paille où j'y mets le feu à c'te paille) c'est d'avoir accès à des vieux films très difficiles à trouver en DVD. Et comme je n'ai aucune influence sur la programmation de la cinémathèque française ni le temps et les moyen de d'attraper au vol une séance dans une autre cinémathèque le téléchargement est la meilleure solution. Il permet la solidarité entre cinéphiles et un plus large accès à la culture.
J'ai réussi à obtenir ainsi Der Müde Tod (Les Trois Lumières - 1921), film qui a consacré Fritz Lang comme un réalisateur de premier plan à une époque où le langage cinématographique restait encore à inventer. j'avais découvert le film par hasard sur Arte il y a au moins 10 ans et il était important pour moi d'en avoir une copie, même Divx (pour un film muet c'est largement suffisant) ne serait-ce que pour le faire déocouvrir à d'autres.
Enfin on entend parler (un peu) des bienfaits du téléchargement avec cette initiative de BitTorrent : publicdomaintorrents.com. Enfin on trouve à intégrer le téléchargement dans la logique qui l'a amené sur le devant de la scène : accès au plus grand nombre d'un large catalogue où on cherche ce que l'on veut sans être assailli d'offres parasites de tête de gondole (on ne soulignera jamais assez ce point mais à l'heure du tout marketing internet apporte la liberté à celui qui sait ce qu'il cherche et l'esclavage à celui qui veut se perdre et perdre son temps).
Bien sûr ce genre d'initiative ne va pas soulever les foules de journaleux, et encore moins de politiciens en mal d'affirmation autoritaire. C'est bien plus simple et plus payant en termes de retombées immédiates de dramatiser une situation (ça doit être le premier cours à l'ENA), de stigmatiser des pirates virtuels, de dépeindre la décrépitude de la culture avec des trémollos dans la voix plutôt que d'essayer d'avoir un discours mesuré faisant montre d'une réelle capacité à appréhender le futur.
J'en profite pour réaffirmer mon opinion que le téléchargement ne nuit :
1/ qu'à ceux qui sont en retard sur leur temps et s'accrochent à leur royalties comme l'oncle Picsou à son premier dollar
2/ qu'aux oeuvres médiocres dont la seule ambition se limite à un opportunisme mercantile (le téléchargement illégal amorti l'achat d'impulsion, typique du cas où le marketing maquille l'absence de vrai valeur du produit)
J'ai réussi à obtenir ainsi Der Müde Tod (Les Trois Lumières - 1921), film qui a consacré Fritz Lang comme un réalisateur de premier plan à une époque où le langage cinématographique restait encore à inventer. j'avais découvert le film par hasard sur Arte il y a au moins 10 ans et il était important pour moi d'en avoir une copie, même Divx (pour un film muet c'est largement suffisant) ne serait-ce que pour le faire déocouvrir à d'autres.
Enfin on entend parler (un peu) des bienfaits du téléchargement avec cette initiative de BitTorrent : publicdomaintorrents.com. Enfin on trouve à intégrer le téléchargement dans la logique qui l'a amené sur le devant de la scène : accès au plus grand nombre d'un large catalogue où on cherche ce que l'on veut sans être assailli d'offres parasites de tête de gondole (on ne soulignera jamais assez ce point mais à l'heure du tout marketing internet apporte la liberté à celui qui sait ce qu'il cherche et l'esclavage à celui qui veut se perdre et perdre son temps).
Bien sûr ce genre d'initiative ne va pas soulever les foules de journaleux, et encore moins de politiciens en mal d'affirmation autoritaire. C'est bien plus simple et plus payant en termes de retombées immédiates de dramatiser une situation (ça doit être le premier cours à l'ENA), de stigmatiser des pirates virtuels, de dépeindre la décrépitude de la culture avec des trémollos dans la voix plutôt que d'essayer d'avoir un discours mesuré faisant montre d'une réelle capacité à appréhender le futur.
J'en profite pour réaffirmer mon opinion que le téléchargement ne nuit :
1/ qu'à ceux qui sont en retard sur leur temps et s'accrochent à leur royalties comme l'oncle Picsou à son premier dollar
2/ qu'aux oeuvres médiocres dont la seule ambition se limite à un opportunisme mercantile (le téléchargement illégal amorti l'achat d'impulsion, typique du cas où le marketing maquille l'absence de vrai valeur du produit)
Inscription à :
Articles (Atom)